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instants philosophie

La lettre et l’esprit de la constitutionnalité des sociétés (la révolution interne)

1 Février 2012, 15:44pm

Publié par zwardoz

La lettre et l’esprit de la constitutionnalité des sociétés (la révolution interne)

Que l’on puisse apposer en parallèle Richesse et Salariat, revient à se demander à qui appartient la richesse. Bizarrement tous les acquis dits sociaux visent à redistribuer la dite richesse qui appartiendrait en propre à ceux qui causent cette richesse.

C’est un saucissonnage de la richesse sous condition privative ; celui qui a l’idée de ceci ou cela, c’est lui qui est cause de. Il est bien certain cependant que telle entreprise ou telle invention n’est pas due qu’à elle-même ; le mythe de la sortie de terre d’un-tel, comme plante miraculeuse, est une vision extrêmement limitée. C’est un ensemble (de conditions) qui permet à un-tel d’inventer telle idée. Le problème est d’importance, parce que si l’inventivité n’est pas due à quelques uns, spontanés, il est crucial que l’ensemble des conditions qui autorisent de telles inventivités soit bien mises en branle. Et de plus il ne s’agit pas seulement d’inventions extraordinaires, mais d’inventions quotidiennes, qui réclament elles-mêmes une « participation collective ».

Autrement dit, le niveau d’inventions dépend du collectif, et même l’utilisation simple des inventions appelle que chacun soit à même d’en user.

Or malgré tout il faut comprendre qu’une inventivité (un ensemble historiquement déterminé d’inventions) peut s’admettre de tel cadre général (par ex une révolution qui redistribue les cartes), et qu’elle n’aura de cesse que d’épuiser ce cadre par lequel elles sont tout bonnement possibles.

De sorte que si il est une richesse, qui se dégage de ses conditions, elle est avant tout d’une part et enfin de compte d’autre part collectivisée, de fait.

On peut dire que la cause universelle de la richesse est le collectif au sens le plus large et qu’il ne convient absolument pas d’approprier unilatéralement les moyens de cette richesse en quelques uns, ni d’autant plus de capter les conditions, le cadre inventif général au profit de quelques inventeurs, fussent-ils géniaux, et ils le sont, s’instituant cause de tout cela, alors qu’en réalité cette captation (comme la captation des constitutions, généralissimes, dans telle ou telle idéomanie, communiste ou libérale exclusives) aurait pu si elle n’était interrompue par quelques intérêts, aurait pu elle-même devenir et se parfaire d’une part, ou se révolutionner en passant d’une logique élaborée et précise (qui autorise tel monde d’inventeurs) vers une seconde (qui ouvre soudainement un autre monde susceptible d’autres développements inventifs).

La captation est ainsi radicalement profonde ; elle s’origine dans la constitutionnalité même des sociétés, et elle s’incruste comme très précis et très déterminé, empruntant tout un monde, le constituant intégralement, et intégrant les constitutionnalités dans les affres d’un monde trop, beaucoup trop déterminé. Sans le renouvellement constitutionnel, tel monde ne vit, n’existe que la substance de telle constitution.

Or si l’on peut parler de constitutionnalité, c’est que celles-ci, déployées avec plus ou moins de bonheur sur la planète, s’héritent de sa pensée propre ; à savoir l’universalité. C’est que les sociétés en sont venues à penser leur ordonnance ; et l’essence de cette ordonnance qui se tente partout au travers des constitutions, est la démocratie. Mais l’essence réelle de ces démocraties est (outre les sujets mais sur le plan ontologique), est, en ce monde, l’argent.

L’argent en tant qu’universel absolu, au sens où monnayable partout et en toute chose, il ouvre (ou ferme) le possible ce qui veut dire l’autonomie à tous mais surtout à chacun. L’argent est purement comptable ; il est accessible dans sa pensabilité même à quiconque sait compter. Indéfiniment malléable, prenant toute forme loisible, il autorise ou interdit.

Il est clair que si l’on part de la dominante collective de toute chose, il ne convient pas qu’elle appartienne absolument à quelques-uns, mais aussi il est manifeste que l’argent mesure la richesse (par essence collective d’abord) et que normativement, moralement, politiquement l’argent revient en propre part à chacun dûment. Dûment en ceci ; que chacun soit un possible autonome qui ne soit pas seulement imaginaire, frelaté, déjà détourné (au propre comme au figuré), approprié et déjà décidé.

Mais ce point de vue ne signifie pas que tout soit collectif ni que l’argent soit également distribué dans une sorte d’idéal indifférencié ; mais le contraire. L’argent doit être encore plus profondément comptabilisé et encore plus globalement et particulièrement (à la fois) soumis à ses propres exigences internes ; d’être universellement une mesure réelle de ce qui est ou non possible pour chacun ou tout groupe.

Il est apparent que par constitutionnalité, il n’est pas uniquement question de la lettre même, mais de sone esprit ; on voit trop qu’une lettre très parfaite constitutionnelle peut s’appliquer absurdement et engendrer quantité de déboires (collectifs et individuels et historiques) de même que l’esprit d’une constitution peut engager énormément de temps historique pour parvenir difficilement à une demi réalisation de son projet. Toutes les sociétés sont en-deçà de leur projet constitutionnel.

Il est certain tout autant que l’esprit de telle constitutionnalité doit être poursuivi si l’on veut que la constitutionnalité même, la propension universelle de toute société ne dépérisse pas. La clarté constitutionnelle doit s’inaugurer d’une pensée ; et en ce cas d’une pensée démocratique qui soit capable de au moins exprimer ce que par démocratie il fait comprendre compte tenu de toute l’expérience accumulée. Les soldes, divers et sans limitation a priori, font défaut. 

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