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instants philosophie

La liberté classique et la liberté-nôtre

24 Décembre 2012, 12:37pm

Publié par zwardoz

La liberté classique : l’esprit universel contre la contingence immédiate

Nous sommes donc totalement déterminés, intégralement embarrassés de signes, de causes, de contingences très immédiates qui annulent premièrement toute pensée et il y aurait peut-être à dégager la pensée elle-même, universelle des contingences données, acquises, naturelles, physiologiques, hasardeuses, et ce serait ce dégagement de l’immédiat contingent (qui n’a de raison d’être que particulières et qui nous enferme en une particularité), il y aurait, classiquement, à se déprendre du contingent nécessaire(qui s’impose à nous), pour se déterminer, encore, mais selon la nécessité universelle, de la pensée, ce qui nous rendrait plus « libres » mais au sens où ça nous rendrait notre esprit qui hormis cette nécessité de pensée dégagée du particulier (et du particulier de notre propre vécu, de nos rencontres immédiates et limitées avec tels autres, telles choses, tels événements hasardeux), et ayant par l’esprit même réinvestie comme nécessité universelle la totalité de « ce que nous pouvons être ».

Sauf que cela aboutit donc à se confondre à nouveau avec une nécessité ; on passe des nécessités contingentes (qui limitent à telle étendue d’expériences vécues notre être) à la nécessité universelle (de l’esprit libéré des hasards). Ce qui est un bienfait puisque reconquérant l’esprit, on le désengage de son aveuglement limitatif du contingent immédiat (qui est pour l’esprit d’un moindre intérêt).

 

Or ça n’est pas ce que l’on nomme, pour-nous, liberté.

Liberté veut dire ; ne pas dépendre de quoi que ce soit. Etre-autre que tout.

La position intermédiaire fut assurée comme telle ; le libre est ce qui invente autre chose que ce qui est.

 

Résumé : l’augmentation universelle de notre esprit

La liberté classique entendait que par la raison, l’esprit se reconquiert lui-même ; il cesse de se soumettre au donné (vécu, expérimenté chichement, au cercle du ressenti, de l’immédiat, etc) pour se soumettre à la nécessité de la pensée mais bien plus étendue et ample et par laquelle celui qui se pensait comme simplement « soi » (un fourre-tout) devient l’esprit lui-même dans son extension qui atteint tout ce qui est. Tout ce qui est sous la forme « ce qui dans les choses immédiates est universalisable », et ce pour la raison que ce qui est universalisable augmente considérablement mes possibilités.

Ces deux soumissions ne valent plus pour-nous ; c’est que l’être-libre s’est imposé comme radical. Il est et sait instinctivement que ce qu’il va être, il l’invente.

 

L’erreur-oubli du libre pur

Notre erreur, commune au moins, consiste à croire que l’on s’invente spontanément, alors qu’en réalité c’est parce que nous sommes, libres, installés par et dans l’universel abstrait, du droit, de la personne, de la Kultur (classique) et de la culture (contemporaine, mass médiatique par ex), nous sommes installés comme « individualité » et que comme telle nous activons instinctivement, par réflexe pur et simple, notre être comme libre et raisonnant ; comme réflexif.

 

L’invention comme réflexivité pure de soi

La réflexivité (qui est intégralement réelle en chacun parce que tout simplement il est « chacun » et un de fait), nous fait-libre et donc la liberté ne tient pas « toute seule ». Mais peu importe parce que dans la forme « libre » est de fait incluse la rationalité (bien que sous une formulation spécifique qui n’est pas réductible à la raison comme « pensée totale » classique).

Et donc pour-nous, la liberté est l’invention. Ce qui se montre partout. Non seulement on invente la matière en mille dérivés et autres compositions, mais aussi on sort littéralement de toute esthétique dogmatique, soumise, en tous les genres (littéraires ou esthétiques proprement dit, musiques entre autre, en ses moyens tout autant, cinéma, bd, jeux vidéos, etc). Mais aussi chacun entant que chacun invente son essence et produit non pas une résolution de soi (qui appliquerait des recettes, psychologiques, par ex ou morales ou idéologiques), mais produit une invention, du jamais-vu qui résout autrement et inattendu le problème que chacun est pour lui-même.


La personnalisation (le savoir au-delà de la connaissance)

Autrement dit la personnalisation (qui prend la suite de l’humanisation soumise à l’universalisation) n’est pas un idéal qui s’applique uniformément, mais est un devenir inattendu et incertain soumis … à son indépendance radicale. C’est sa seule soumission (qui n’en est pas une, parce que l’on ne « connait pas » ce que l’on « peut » ; le pouvoir-être est si radicalement détaché de la connaissance-que-l’on-est, qu’il faut requérir autre chose que le connaitre (qui sait précisément ce qu’il sait), qu’il faut en appeler à un « savoir-être » (qui est si vague, éthéré, délicat, subtil, impensable, étant le possible-même de chacun). 

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