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instants philosophie

La personnalité et le mécanisme de conscience

16 Mars 2013, 10:34am

Publié par zwardoz

La personnalité

Il est donc en l’homme un être-autre qui n’obéit à rien sinon à sa propre forme structurelle vide, une forme, et n’appartient à aucun des contenus en lesquels pourtant se représente ou représente quelque réalité que ce soit qui lui tombe sous les yeux ou sous la main.

Dans ce miroitement elle peut bien croire qu’elle est tel ou tel contenu, ou qu’elle désire tel ou tel objet, ou de s’imager en telle identité. Mais elle ne renvoie en elle-même, en sa pure structure, à rien ; elle n’a pas de visage bien qu’elle soit Une. Elle n’a pas d’identité mais elle est un point ouvert à tout-va, n’importe quoi et tout, et ne désire rien ; il lui faudrait se tenir comme composée pour désirer se compléter, mais comme elle n’est pas, rien en cette forme ne peut se composer avec quelque objet de désir.

 

L’angoisse

Ce qui nous inquiète, nous cause de l’angoisse, ça n’est pas son manque ou son défaut de ceci ou cela, et elle ne désire pas pour combler un vide ; le vide qu’elle est, est actif, et c’est cette activité qui pousse dans l’angoisse pure, comme en son océan de possible pur.

Ce qui angoisse c’est la certitude extrême de son être ; rien dans le monde, le donné ou le vécu ne peut satisfaire son appétit mécanique et résistant.

 

Le mécanisme réflexe de conscience

La conscience, cette forme vide, est en nous un mécanisme ; elle est le réflexe issu de la cervelle, qui pourtant n’a plus rien à voir avec la cervelle. Elle réclame une identité psychologique mais n’est pas attachée à cette personnalité autrement qu’à une potentialité expérimentale.

Le mécanisme qui surgit de la cervelle, s’effectue et opère même hors et indépendamment et parfois, souvent, contre toute identité psychologique, contre et envers la personnalité, en dehors des intérêts (conscients ou inconscients) : le système mécanistique de la conscience consiste précisément à articuler, à réagir immédiatement, à reprendre un-tel-donné, quel qu’il soit, à transformer une réaction en action pure ; la forme-conscience entièrement vide lance tel contenu au-delà de lui-même. Catapulter les contenus cela se joue en partie statistiquement ; une fois sur cent il en ressort une attirance, une étrangeté, une invraisemblance, une difficulté, un appel d’air, un creusement.

 

L’énergie nietzschéenne

Aussi la précision du catapultage d’une part et d’autre part l’utilisation que l’on saura en retirer dépend de l’entrainement poursuivi jusqu’alors. Entrainement comme exercices et comme motivation-vers. Ce qui renvoie à Nietzsche ; il n’est d’autre raison d’être que d’être, en cette positivité sans raison qui se meut, et qui accepte plus ou moins d’assumer cette puissance, ou qui la refuse et la tord jusqu’à se nier, s’empêcher d’être.

Il faut exercer l’acuité d’une part et d’autre part la contenance, la volonté de retenir, la flèche de l’articulation entre les percussions, la contenance d’un sujet prêt à assumer la portance de son catapultage.

 

La conscience, sans-rien, prend le train du monde en l’état

Et ceci implique donc cela ; loin de s’exercer en dehors d’une connaissance exacte du monde, du donné, du vécu, l’exercice part de la plus entière connaissance détaillée et réaliste du monde en cours, en activités diverses, et se tient au bord des différences actuellement en cours en tel monde humain.

La conscience ne réagit pas à partir d’un être qui lui serait « intérieur », (elle ne contient rien), mais à partir de l’attention au centre de tel monde en tel état et de telles déterminations spécifiques. Elle est le contraire d’une belle âme, d’une identité éthérée ou éternelle, ne relève absolument pas d’un savoir qui se déroulerait en connaissance de cause ; elle ne sait rien mais pense exercer son activité en soutenant la précision et l’articulation la plus resserrée possible sur sa faculté interprétative du monde, du donné ou du vécu.

 

Le savoir comme acuité

Or c’est justement ce qui se passe pour tout moi, tout moi-même ; un moi-même, une personnalisation cela « sait » (de par son propre entrainement) extraire ce qui marque ou démarque, flue ou reflue ; une personnalité est précisément cet avantage de devenir de sa propre attention à « ce qui lui arrive ». En cela, la personnalisation est réellement l’activité de repérage précis qu’est la rationalité ; en activité extrêmement éreintante, astreignante. Elle est ce que supporte (en tous sens) chacun ; elle poursuit ce qu’est la raison ; la distinction.

C’est donc possédé par un mécanisme astreignant et difficile que la personnalité de chacun, travaille ou si l’on veut, œuvre. 

 

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