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instants philosophie

La philosophie antérieure (à ce qui est)

10 Décembre 2011, 11:29am

Publié par zwardoz

Le sous dimensionnement de notre être est très invraisemblablement partout pesant. On veut à toute force réduire la capacité universelle de tout sujet, à rien.

Comme il est dit ailleurs (Badiou évidemment), l’universel est une rupture ; il n’est pas un monde duquel on tirerait de la vérité, mais dans divers mondes livrés au particulier, dans lequel ces mondes humains s’effondrent, la vérité surgit.

Elle émerge.

Or pourtant il est une continuité historique, dont on voudrait nous défaire, qui mène singulièrement ce que l’on nomme « raison ».

Que l’on entend presqu’exclusivement comme « sciences ou connaissances », mais dont la philosophie connait une autre espèce ; celle du savoir (distingué de « connaissance », précise et mesurable ou taxinomique qui répertorie un monde, là, donné).

Le savoir (philosophique mais uniquement puisque contrairement à connaissance, le savoir n’a pas à se limiter ; il n’est pas conclusif seulement, mais également décisif ; il décide des avenirs possibles, et non pas décortique un monde donné-là, inerte) c’est ce qui tient, détient l’universel. Les sciences sont les positions secondes (mais non pas secondaires) d’une position principielle qui se sait. Comme unique.

Aussi on ne peut seulement abandonner les mondes humains comme s’effondrant dans le particulier (par exemple d’une démocratie, constitutionnellement acquise, qui s’annule dans la collusion et les intérêts privés, reniant jusqu’à sa constitutionnalité). Il est au travers des mondes humains et malgré les particularismes (tant les replis collectifs que les impasses des vécus individuels qui se dépriment sans plus de décisif mais s’absorbent dans l’état de fait, là, indéfini), il est une progression.

Une progression que l’on ne perçoit que bien difficilement puisque nos yeux sont envahis par l’immédiateté qui pour tous et partout constituent seule le monde, le vécu, le donné.

La science, la technique, l’économisme (qui se réclame d’une « science »), la production culturelle, la psychologie (diverse) ou même les hédonismes (…) s’abattent, comme stabilisant une réalité donnée une fois pour toute, en oubliant que leur position est seconde et que, par contre, le sujet qui y préside est, lui, premier. Tout cela s’appesantit comme universel, certes, mais passif ; le sujet est à l’inverse ce qui veut un universel actif.

Toute individualité est donc immergée dans un particularisme devenant vite encombrant et qui ne signifie rien, sinon la décrépitude d’une universalité qui s’est oubliée. Comme on n perçoit plus que l’immédiat, on tient pour bien plus réel le donné (les sciences objectivistes, l’antiphilosophie, le matérialisme réducteur, le sociologisme, la basse politique déprimante, le cours du monde livré à son affaissement universel ; le monde sans l’universel est un dépotoir), plutôt que de recomprendre ce dont on est issu ; originellement, la vérité n’est pas le monde, mais ce qui lui est antérieur.

Et pour nommer cette antériorité au monde, (qui n’apparait pas sinon, qui est non visible, qui est non déterminée), il est requis que l’on s’offre les paramètres qui permettent d’exprimer l’antériorité de la catégorie unique du sujet (il n’en est qu’une) comme fonction non pas d’un donné mais fonction de l’universalité ; laquelle loin d’être passive, est l’activité même qui recompose les mondes.

En ceci l’origine, exprimée, qui se contente très simplement d’exprimer notre être, est l’immesure cartésienne du sujet ; de même que l’être, cette position première, est l »universel pur et dur, le cartésianisme nomme le sujet comme immanent à la réalité, position des positions, décisive, cad décidée aussi, qui manifeste que si la réalité contient un sujet, la réalité n’est pas réductible à un « là », inerte, mais est retorse. Si le sujet est l’antériorité de la réalité et ce parce qu’il est l’antériorité de l’universel, l’universel est plus grand que lui-même (autrement dit on nomme « universel », par défaut, une ancienne version de l’universalité ; déjà amenée par Descartes mais non encore réellement pensée, de même que l’essence de cet autre réel, dans un autre domaine de la réalité, qu’est la démocratie n’est pas encore dans son essence, compris). L’universel, (l’être, le sujet, la démocratie, etc) c’est ce que l’on n’épuise pas et qui au lieu de s’effondrer dans des mondes humains particuliers, des personnalités atrophiées, des cultures imaginaires, c’est ce qui relève la pente.

 

Plus spécifiquement

Cependant, contrairement à d’autres, on ne peut admettre que l’universel soit générique (cad sans intention de la donner, la vérité). Ça supposerait, entre autre, que « ça surgit ». ça serait encore une fois annuler presque qu’intégralement que l’universel soit une volonté ; ça se réduirait à une « fidélité ». ce qui n’est pas faux, c’est même admirable, mais qui manque la vision même qui origine.

A savoir ; l’universel, du sujet, n’est pas en lui-même clos, il provient contre toute attente, du monde en tant qu’individué. Cad de la matière même. Et non de ce qui est supposé préluder à la matière (les mathématiques). Le préalable à l'antériorité (l'antériorité de l'antériorité en somme ...) est ce que l'on nomme l'individué. Cela seul dont un sujet est témoin, dans l'immanence tordue. Dont seul il peut parler. 

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