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instants philosophie

La philosophie et la perfection réelle

2 Mars 2013, 19:10pm

Publié par zwardoz

De la philosophie


La sortie du langage

Si notre être est une structure en-plus (que rien ne prévoit dans le monde naturel) alors il doit s’imposer tout autant à tout monde humain particulier et dépasser le langage comme tel.

C’est dans un groupe particulier, et via la Parole, énoncée en personne et qui prend en charge tout ce qui dans ce monde se rencontre, que nait le langage.

Il ne se pouvait pas que les mondes humains tous différents, continuent de s’aligner ; il fallait qu’un monde humain, au moins, ait l’idée de dépasser sa propre particularité et qu’il puisse imposer (et s’imposer) ce que l’on a nommé la raison. Laquelle est donc le dépassement de tout monde humain particulier au profit d’un monde unique, universel (valable pour tous les mondes).


La sortie de tout groupe humain particulier

De même cette invention, cette sortie du langage (utilisé partout et toujours en un monde particulier) est également la distance prise vis-à-vis du groupe ; inventions de l’éthique, de la politique, de l’esthétique comme valant en et pour elle-même. Et au centre de cette invention renouvelée, l’idéel ou la connaissance.


La sortie vers la surface vide de l’être

Ce que l’on nomme l’être, est la mise à distance du langage (partout collé à même tel monde donné immédiatement) et langage repris et contraint par et vers cet objet absolu, cette surface vide et formelle que l’on nomme l’être. N’entre sur la surface de l’être que l’énoncé ayant subi les contraintes de cohérence, de logique, de vérité, etc.

Les contraintes qui permettent de n’admettre que les idées dont on connait les éléments et jusqu’à reculer au plus loin possible les dits éléments, et a priori idéalement éléments dont toute la transparence nous éclaire, et plus avancé encore éléments qui forment une cohérence interne à la pensée même, de sorte que rien de ce qui est énoncé ne nous échappe et qu’aucune intention ne nous lance sur des pistes, théoriques ou pratiques, que nous ignorions.


La raison de l’idéal de la Pensée

La différence entre cette pensée, cad ce langage repris dans une intention qui pose l’être comme surface formelle, tient en ceci ; nous sortons de l’expérience limité (d’un groupe dans un monde particulier ou d’un vécu limité à son éprouvé ou perçu), expérience limitée et immédiate et qui nous enferme dans des nécessités données hasardeuses ou des unités bricolées, nous en sortons vers une nécessité complète, intégrale, qui nous accroche vers tout-ce-qui-est et augmente ainsi considérablement notre être.


L’esthétique (comme universel en tant que possibles d’un objet pourtant limité)

Pensant une idée, on en sait tous les éléments (en quelque monde ou quelque vécu que ce soit), et contemplant une œuvre, nous participons à la totalité des éléments contenus (l’œuvre ne nous montre pas seulement tel objet limité, mais cet objet est, contient la recollection intellective et perceptive de toutes les perceptions adjointes, qu’elle synthétise en une fois ; une œuvre, bien qu’objet individué, peut ainsi être dite universelle).


La sortie du soi limité

Ce que l’on nomme la raison (et qui inclut tout autant l’idéel que la politique que l’éthique ou l’esthétique) est l’augmentation potentielle non finie (au sens de parfaite, ce qui est parfait n’est plus fini au sens de limité mais fini au sens de complet, ce qui exclut pour les grecs qu’il soit infini, l’infini ne sera parfait que dans la suite via le libre) augmentation de tout ce qui est, qui nous permet de sa simple énonciation de passer d’une expérience limitée (et au moins hasardeuse sinon erronée ; des éléments vécus on ne déduit que des demi vérités, au mieux mais alors sans certitude) à une expérience de tout-ce-qui-est.


Politique, éthique, esthétique, idéel

Concurremment cela nous ouvre donc toute la politique, toute l’éthique, toute l’esthétique, toute la pensée (etc). C’est un mouvement d’ensemble de dépassement de toute collectivité limitée, de tout monde donné passif, et cela a révélé pour les grecs que la perfection est possible.

Autrement dit il est un achèvement, une exhaustivité, une intégralité, une réalisation totale.

Ce faisant les grecs passent à côté de l’infini ; si l’on veut la perfection, celle-ci ne peut être que finie ; et si l’on veut s’augmenter d’une cohérence totale, celle-ci est nécessairement ce qu’elle est, et ne permet pas qu’il y existe une indifférence, une liberté, un possible, une incertitude.


Le principe de perfection  

Ça n’est pas seulement les grecs eux-mêmes mais la nécessité même de la pensée qui tend à se refermer sur elle-même non par défaut mais par perfection ; elle doit ajuster absolument les éléments dont elle compose les idées qui ont à se joindre à leur unité en l’Idée des idées. Cela seul permet de concevoir en une fois la totalité et donc de donner à quiconque (indifféremment n’importe quel être humain, hors son individualité) de donner tout ce qui est en une seule expérience qui se sait et s’éprouve en se connaissant adéquatement.

Le principe même de cohérence signifie donc ; nous ne participons vraiment qu’à ce que nous comprenons, ce dont nous pouvons faire nôtre la nécessité (cohérente) qui est alors identique en notre être et en l’être de tout ce qui est pensé. La nécessité de cohérence remplace les nécessités hasardeuses de notre naissance.

Ceci n’est compréhensible que si l’on admet dépasser le langage et l’ayant porté dans une intention qui restructure le langage en Pensée. La pensée est donc la mise en articulation du langage et ce dans une intention, laquelle vise explicitement l’être (comme surface sans-rien, recevant ou non des éléments identifiés).


Compréhensibilité et compréhensivité

Il est donc un monde d’immédiatetés, qui nous limite à une pauvre expérience incomplète et non déductible, face à l’universel, les idées composées d’éléments identifiés, nouées en une Idée des idées, laquelle en somme nous donne non seulement le principe des idées entre elles (puisque le langage est ici voulu volontairement pour ainsi dire, il lui faut se comprendre lui-même, de rendre explicite à sa propre intention), mais qui nous donne le principe même de compréhension.

Autrement dit la pensée est non seulement compréhensibilité (elle nous permet de monter du donné là au donné pensé, à ce même monde mais intégré et complet) mais aussi elle nous confère la compréhensivité ; le principe même que « comprendre existe ». Ou donc ; la perfection, la complète réalisation, existe. 

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