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instants philosophie

La psychanalyse, l'inverse de l'universel : quoi que...

15 Décembre 2010, 16:05pm

Publié par zwardoz

Psychanalyse ou politique, mais au fond c’est le même ; sauf que la résolution de la psychanalyse achoppe là où le politique commence ou le devrait ; en tant qu’existence du sujet.

De reculer indéfiniment le sujet dans sa coquille évidée, la psychanalyse ne parvient pas à saisir que le sujet est ce qui se fait-être ; que par conséquent il ne peut pas être pensé, puisque lui-même se pense déjà. En ce sens que tout moi-même est déjà en lui réflexivité, qu’il le veuille ou non, bien que la plupart du temps, il évite.

Il évite puisque la position du sujet ne peut pas se tenir seule ; du moins, c’est impossible sociétalement. La position du sujet est celle de l’universel. Que l’on croit que l’universel soit mort et enterré, est l’effet mortifère de l’effondrement dans l’immédiateté ; soit ; l’incapacité à passer au-delà de la réalité immédiatement consentie ; à laquelle, bien sûr, on ne consent que moyennement, puisqu’il est impossible à un sujet d’admettre la réalité telle quelle, et même la réalité quelle qu’elle soit.

Il est donc un retour indubitable vers le sujet ; il usera constamment de l’immédiateté pour ce qu’elle ne peut pas lui procurer ; son être ne peut se restreindre à telle ou telle réalité, chose, objet ou signe ; cet excès pensera. Pensera pour lui-même et on ignore en quoi et pour quoi. Et cette pensée concernera tout autant son propre vécu, comme la plus étendue universalité.

Le secret réside dans l’intentionnalité ; elle n’est pas obnubilée par l’objet intentionnel ; puisqu’elle relie cet objet à tel ou tel autre. C’est la liaison qui compte ; le lien d’intentionnalité à intentionnalités et sous couvert d’objet à objets. Entre les objets se glisse donc une articulation qui apparait sans apparaitre complètement ; dans sa disparition l’intentionnalité articule, pense et tresse sa pensée.

Elle sera plus ou moins complète et l’individu y accèdera en plus ou moins grand nombre ; nombre de soi. Parce que l’identité individuelle tient de par ses objets ; le sujet qui tient par les intentionnalités, est donc une, hors de ces objets, et existe multiplement ou pluriellement, et non pas en une identité une, unifiée et unifiante, qui ne se connait que dans un Objet ; lequel est du reste à la fois absolument précis (cad une réalité du monde) et global, cad insituable ; ce qui signifie qu’il est imaginaire au sens non seulement de l’imagination (qui image une scène particulière), mais au sens de l’imaginaire ontologique de soi ; qui n’image pas une scène, mais la personne, comme un tout de scènes particulières ou un tout de signes, sur la scène, là, au-devant.

Et comme il est très difficile de ne s’imaginer que soi, c’est perçu par un Autre ; s’imageant, on se perçoit selon un Autre point de vue. Ce qui est la seule manière de s’imaginer, de fait, on adopte un point de vue dégagé qui permet de se percevoir ; on est déjà autre que soi et rendu à un simple regard, extérieur, neutre. Que l’on habille néanmoins selon les expériences que l’on a reçues ou imposées par tout autre rencontré ; l’expérience fondamentale étant que cet Autre n’est « personne ». si l’on reste accroché à l’impression monumentale d’un Autre en particulier, on se mé-perçoit, se méprend et se restreint ; on se perçoit sur la scène selon une exigüité insupportable. Que de particulier et parcellaire et limité, l’Autre, par lequel on se perçoit, doit devenir universel. Au sens de vide, absolument neutre, et donc non pas Un, mais pluriel. La diffraction seule du point de vue Autre autorise de battre en brèche la limitation et l’empêchement ; non pas l’annulation de l’Autre, mais son pluri-contournement.

On voit qu’alors c’est structurellement que l’Autre est réclamé comme tel ; il installe ou permet l’installation d’une identité à ce qui n’en comporte pas vraiment, à ce qui ne s’y accordera de toute manière jamais.

L’astuce consistant non pas à définir plus précisément l’Autre, mais à le multiplier. Ceci est la surface de l’être, l’explosion de tout point de vue non pas dans le rien, mais dans le pluriel ; l’universel est ce qui assure de la validité du pluriel ; l’être est pluriel bien que Un , et ceci parce que l’être est une surface vide ; surface Une, mais étant vide elle permet tout-un, et non pas une totalité de soi-même qui serait Une et terrifiante, tout-un quel qu’il soit, sous réserve qu’il se puisse exister comme et dans une surface.

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