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instants philosophie

La réflexivité explosive

28 Mars 2013, 17:37pm

Publié par zwardoz

 

Tout est donc transporté dans la réflexivité.

Le christianisme et l’universel portent l’humanisation dans et par la réflexivité ; si il s’agissait d’une vérité, elle serait comparable à toute autre vérité (de tout autre groupe humain doué de son ordonnance d’un monde particulier, de sa synthèse qui emporte tel monde donné, telle expérience limitée à son cercle). Mais ni le christianisme ni l’universel grec ne sont des vérités ; ils établissent le cadre au-delà de toute vérité particulière, et donc « ce qu’ils disent » ne peut pas être lu comme étal et un, mais comme retors, distordu, visant non pas un contenu mais remontant de « tout contenu » quel qu’il soit, au cadre général de n’importe quel contenu.

 

Les contenus et le cadre unique

Ce qui est énoncé n’est pas une vérité de contenu, (ni d’aucun monde particulier), mais est la vérité sur le cadre général de toute vérité et de tout contenu.

De même le libre n’est pas une vérité, ni un contenu (en quoi serait-il alors « libre » ?), mais est la forme pure de tout contenu, quel qu’il soit.  

Il apparait uniquement les objets de conscience, mais la philosophie n’est pas si simple ; il n’y existe pas véritablement d’objets, mais seulement des objets de conscience reportés ; soit sur l’être, soit sur l’être-libre.

Lorsque l’universalité s’est élaborée comme vérité du monde donné au-delà des immédiatetés, et au-delà du langage habituel ou de cette transmission entre soi d’un groupe, elle a saisi qu’il existait un rapport absolu ; elle a cru que ce rapport absolu permettait de comprendre intégralement. Et ce sur un seul et même plan.

 

Noyée dans la réflexivité

Or elle oublie (elle l’oublie puisqu’elle est toute entière engagée dans cette énorme réflexivité de faire passer tout le donné, immédiat, et le langage commun dans sa réflexivité) elle oublie de fait à quel point elle se devait de la réflexivité et imaginait de recomposer un seul uni-plan, sur lequel le vrai s’étalerait, là, au-devant. Il suffisait de penser, d’amener le divers donné incompréhensible et limité, dans l’universalisation ; l’uni-plan des universalisations devient à lui-même la compréhensibilité (du donné) et la compréhensivité (l’universalisation elle-même) a à charge de « se comprendre ».

Et ça n’est pas tant son impossibilité (de tout comprendre et de se comprendre) que la puissance souveraine de son être réflexif qui le pousse à outrepasser le seul plan de la compréhensibilité ; c’est que le langage même repris en réflexion est épuisé, intégralement exposé, et c’est que assurée de son maintien dans le langage (toutes les notions élaborées réflexivement sont venues grossir sa mémoire), s’anime à accélérer sa propre origine ; la compréhensibilité est entièrement produite, reste la question de la compréhensivité.

 

L’extension de l’intensité

La réflexivité s’étend ; il est devenu impossible de formuler seulement qu’il existe de l’universalité ; c’est avec incompréhension que la pensée tente cent fois de revenir à la simplicité d’une universalité étale, plane, tenue au-devant comme l’objet complet (de toutes les immédiatetés réduites à leurs universalisations). Elle ne découvre pas encore sa nature, son être, sa structure réflexive ; bien plus réflexive qu’elle ne se représentait (comme réflexion au-delà du langage et du groupe et du donné immédiat, et du vécu). L’universalité était un effort absolu (il brisait tout monde particulier antérieur) et voici qu’il est en plus une réflexivité seconde encore et un approfondissement de la réflexivité sur elle-même ; pourquoi existe-t-il un être qui pense le monde et pourquoi existe-t-il un monde ?

Le procédé de réflexivité entend donc tout bouleverser ; il ne supporte rien qui lui soit non inquiétant. Il recherche fondamentalement à quoi il peut bien être du, et il sait que l’universel peut s’appliquer en universalités (qui fonctionnent effectivement, du droit aux sciences) mais que l’universel n’est pas la cause de son être, qu’au contraire l’universel est effet de cet être-autre.

Ce qui ne rejette pas évidemment l’universel, mais doit le soumettre à plus grand que lui ; et cette extension de la réflexivité est structure agissante, purement formelle et donc absolument activiste ; aussi le sujet peut-il prendre quantité de formulations, de formules de son être non attaché mais déjà intégralement réflexif ; ce que signifie littéralement « être-libre ».

L’être-libre est donc effectivement, cad dans la réalité même en tant que réalisation, la réflexivité en acte. 

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