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instants philosophie

la réflexivité philosophique

18 Janvier 2011, 22:24pm

Publié par zwardoz

Ceci mérite le terme d’esprit. Puisque si l’intentionnalité est une et en la limitation de son être, en même temps, elle est propagée ou se propage au travers des fonctions ; perceptions ou signes, tout ce que comporte notre vie. Esprit est l’autre nom du « dispositif ».

Parce qu’il faut bien le nommer et que du fait de sa grande distribution, il n’est pas nommable,  il doit garder la possibilité de se caractériser ici ou bien là, et pour cela demeurer dans la possibilité de soi.

Que l’on nomme esprit ou âme, le centre décentré non pas de notre être, mais qu’est notre être, ce en quoi nous in-existons, ce par quoi nous ne pouvons pas exister, mais s’évanouir sur la brèche, c’est ce par quoi la vérité échappe toujours, et ce par quoi il n’est pas de vérité, solide, ni d’ego cartésien, ni donc de philosophie, sauf en ceci ; que la philosophie n’est pas du tout d’acquérir des certitudes, des connaissances, mais d’installer ce dispositif du savoir ; c’est une mauvaise lecture que de croire comprendre Descartes comme une chose qui pense ; la description n’est pas le mouvement de ce qui est décrit.

Et le mouvement de ce qui est décrit est une méthode de saisie par elle-même de la brèche qui nous propulse. Que cette brèche puisse se saisir de soi, il le faut bien puisque c’est de tirer de son être spécifique ce qui nous anime ; qui ne se rencontre ni dans le monde, ni dans le moi-même, le corps ou n’importe quel donné, et qui est annulé par tout autre, puisque, de tout autre, on cherche avant tout à communiquer, à dire ce que l’autre sait déjà.

Ce qui nous anime, qui est inidentifiable, puisque c’est cela qui identifie, s’en prend difficilement à lui-même ; étant à la fois dans la dépendance et dans l’indépendance, il peut, nous pouvons donc aussi bien le prendre pour un autre que nous même. Il l’est. Notre être est autre que nous même puisque « nous-mêmes » c’est tout autant dans le faisceau intentionnel qu’il est posé, que ce qui lance le faisceau vers ce qu’il désigne (tel objet, tel signe, etc). Où sommes-nous ? Dans le faisceau comme objet désigné ? Ou le faisceau lui-même en tant qu’il désigne (n’importe quel ceci ou signe ou cela)?

Alors effectivement il n’est pas de vérité sur le sujet et le sujet est lui-même en son être à distance de tout ce qu’il peut désigner ; Wittgenstein et Lacan. Le sujet est poreux, lâche, fuyant, malléable, impossible à réaliser (jamais la structure ne passe dans son faisceau ; elle est déjà en dehors de ce qu’elle manifeste ceci ou cela en croyant se manifester soi).

Et la philosophie, sous ses apparences de solidification, ne renvoie pas au saisissement figé mais à la manipulation, la composition, la mise en œuvre du sujet comme mouvement.

Or il se trouve que cela passe par l’abstraction ; le concept est non pas ce résultat (telle idée définie par d’autres idées adjointes), mais tout concept est placé sur l’horizon de sa compréhension ; de sorte que souvent il est très difficile de penser adéquatement un concept dans la mesure où il est non pas seulement ce qu’il dit, mais est, dessine l’horizon qui l’inscrit. On est ainsi renvoyé de l’idée à toute la pensée de ce que Descartes ou Nietzsche pense, et chaque signe peut en moduler l’expression et remonter le long de l’intention jusqu’à non pas l’intentionnalité première, mais le tissage, la toile, la trame horizontale sur laquelle elle se peint.

Autrement dit ; la difficulté n’est pas de définir par les mots, le monde, mais de laisser recomposer l’intention par-dessous ou par-dessus les mots ; ayant pris appui sur le sujet cartésien, on a pu, ensuite, remonter jusqu’au sujet même, caché ou replié ou excentré ou démultiplié, tel qu’il surgit ou est agi par et dans sa structure intentionnelle. Le sujet cartésien peut bien paraitre caricatural, mais c’est à ses propres yeux.

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