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instants philosophie

La vérité existante

10 Juillet 2011, 09:56am

Publié par zwardoz

La vérité (que nous n’avons rien à faire en un tel monde, pas plus qu’en n’importe quel autre) ne doit pas cesser de nous travailler. C’est en cela qu’il faut tenir ; n’en pas désespérer du tout, ne pas s’en dégoûter surtout, s’en amuser un peu, mais essentiellement le vouloir, notre être.

Si nous l’abandonnons, que lui restera-t-il ?

Il s’effondrera dans diverses images de soi, toutes défaillantes, mais recouvertes de pas mal de mensonges ou de vagabonderies, parfois distrayantes. Il dispersera l’énergie sur de plates surfaces et non seulement l’énergie physique, mais surtout la capacité d’attention et de concentration, de mobilisation ; c’est une économie, une dynamique, un entrainement à être. C’est que son activité propre est en plus ; elle ne se déduit de rien du tout qui soit dans le monde, et n’existe pas dans un vécu. Et si son activité est en plus, elle est suprêmement pour chacun inexistante en une vie ; on ne sait pas ce qui peut en surgir ; chacun étant infiniment éloigné de sa vérité, se contentant de sa réalité vécu, espérant que ce soit une destinée, que ça ait un sens, un retour vers soi, bien confortant, repoussant les limites du supporté, de l’accepté. Un moi contient bien autre chose que lui-même, dépasse très largement sa propre existence noyée.

La plus confondante illimitation de notre vécu s’enlève dans les dimensions de l’éthique, du politique, de l’esthétique et de l’intellectualité. Et celles-là participent de leur essence même ; la réflexivité. Par quoi l’être réflexe-de-vivre se transporte en réflexion recherchant, volontairement, l’adéquation ; il est impensable qu’une éthique, politique, esthétique ou intellection puisse se développer sans réfléchir sa propre contenance. Et il ne s’agira plus d’absorber ce qu’un vécu, quelconque, nous aura ou non accordé, mais de ce que l’on en aura extrait, ennobli, composé.

L’adéquation : entre son effort d’y être et l’apparence mais réécrite. L’apparence de l’inanité du vécu, apparence du désordre historique, de la complexion de la perception, de l’entrelacement invisible du simple. Chacun existe réflexivement, sans doute aucun, (puisque parlant, le langage s’immisce constamment quelque part), mais il n’est pas dit que ce réflexe vivant s’acquiert soi comme activité. Notre être risque fort de rester suspendu, latent et/ou virtuel. La latence, la virtualité et le réel laissent, au lieu de nous peser dessus, le possible comme grande ouverture impensable, seulement décidée.

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