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instants philosophie

La vie tribale

10 Octobre 2009, 19:05pm

Publié par zward

On s’aime soi parce que l’on croit que cela nous vaudra parmi les autres ; ainsi le dernier bastion d’une hypothétique liberté d’être s’évanouit dans le champ de l’autre, des autres, d’autrui. Le fondement spontané de notre amour propre, c’est la prévision du regard d’une autre attention. Et qui nous ouvrirait la reconnaissance du groupe, de la tribu. 

Pareillement lorsque l’on communique, ce à quoi l’on s’adresse au travers de l’individualité, c’est à un certain regroupement, ce que l’on nomme « valeurs »par exemple, mais qui sont toujours dites « valeurs partagées », ou pas. Qui sont toujours symboliques ; le symbolique signifie que ce sont des signes partagés ; la question que l’on y pose est déjà dans la réponse que l’on y entend, ou pas. Hors ce partage, il n’y aurait aucune communication.

Sauf celle des individualités hautaines capables de s’effacer, pourtant, entièrement dans n’importe quel message ; capable de ne plus être, et de s’enfoncer le plus immédiatement possible dans le contenu de « ce qui est transmis » ; en quoi leur arrogance est une humilité fondamentale. Et indépendamment de toute tribu d’appartenance ; l’ensemble de qui l’on est, est alors utilisé dans une finalité absurde et emplie du réel, et non pas de ce que l’on y prévoit. On sort dès lors de tout système symbolique de communication ; et de fait la majorité des œuvres effectivement réelles, contiennent, entre autres, l’abattement, la destruction, la concentration mais distordue de ces systèmes symboliques ; la corrosion par la réalité des échanges humains hiérarchisés et valorisés.

Pourquoi cette destruction, lente, complexe, incroyablement difficile ? Parce qu’il s’agit de la lutte interne entre l’individualité pure et simple et la méta organisation humaine qui préside aux destinées habituelles ; entre la réalité étrange et pleine d’altérités comme vérité d’une part, et d’autre part la vérité « humanisée », idiotement, comme prétendument seule réalité…

Aussi les systèmes de signes libres manifestent la réalité du monde (dans l’esthétique, qui n’embellit pas la réalité, qui la montre et laisse voir comme la perception même dépasse la connotation humaine habituelle), des attentions de conscience (et s’ouvre le champ du littéraire et des devenirs individués purement démontés dans les mélanges complexes vécus), des faisceaux de sens qui se détruisent dans les faisceaux purement intentionnels (poétiques par exemple qui extraient des motions hyper signifiantes) qui portent leur vérité réelle contre et au-delà des vérités imaginaires humaines, psychologiques, relationnelles.

Ce qui se manifeste, ça n’est pas la destruction des ordres humains, mais ce qui existe en dessous ; les présences au monde, au donné, au vécu, à la perception, aux signes, débarrassés de toute mise ne ordre humaine dont le groupe est toujours-déjà la résolution. Le sujet se dirige vers l’insoluble.

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