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instants philosophie

Le conscient habite l'inconscient

18 Janvier 2012, 22:03pm

Publié par zwardoz

Bizarrement on a un corps qui occupe une certaine quantité d’espaces divers, ça pèse son poids, c’est dimensionné. Mais la conscience que l’on est visiblement pèse peu, ou rien, et parait constituée d’un va-et-vient continuel entre ceci et cela. Elle ne pèse rien puisque dans le mouvement électrique ou magnétique ou quantique, allez savoir, entre des éléments. Comme il n’est pas de conscience sans cervelle, ce mouvement provient des éléments en quantités, évidemment. Quoi que si il en pour-lui-même existant (il sait qu’il est), au moins, au minimum ce savoir est malgré tout ce dont on voudra bien le remplir, ce mouvement existe en tant que tel. Comme mouvement.

Or ce mouvement ne sait rien de ce qu’il « est » ; il n’identifie pas ses neurones en action, comme il ignore que ce corps respire spontanément. De même il serait bien en peine de définir son identité, qui est « ce moi égal à soi-même » qui se sait, qui dit « je ». Cette unité vide, mais disons plutôt formelle ; puisque vide elle ne l’est pas, elle est un (non) quelque chose, cad un mouvement, a priori.  

N’empêche que.

Il est aussi assez clair que l’on n’a pas besoin de savoir que l’on est « libre », pour être libre. Ce qui signifie ; pour décloisonner une situation autrement qu’elle devait l’être ; on peut ruser, de tous temps, bifurquer, dériver. Bref inventer dans la situation même, et de telle sorte que du non prévisible surgit ou s’impose constamment. Et cela peut nous surprendre. Ainsi sommes-nous une forme qui (se) sait, mais très petitement ; elle est dispersé ici et là, chaque fois une (pour peu qu’elle soit en mouvement, ce qui n’est largement pas toujours le cas explicite, et qu’elle le soit souvent implicitement seulement et parfois quasiment peu ou pas du tout).

Le un se rétablit en chaque unification de notre être décidant, inventant, ou dérivant, désirant ou simplement percevant (on ne perçoit qu’en construisant la perception, et ce non pas en « réfléchissant la perception, mais parce que la perception est déjà « réflexivement »).  Autant dire que le un de notre être ne se quitte jamais, mais non pas du tout en tant que totalité ; on ne parvient jamais à totaliser quoi que ce soit ; on intervient ici et là. Et en tant que pur mouvement, il peut bien s’égarer dans le perçu, le désiré, le décidé, sensation ou sentiment ou donc dans chaque mot, chaque signification ou tout signifiant qui se présente. Il est donc, comme mouvement, un activisme dispersé, à son bon vouloir.

Lequel n’est pas nécessairement le nôtre ; on peut tout à fait décider absurdement, et pourtant on y entre en partie soi. C’est juste que telle décision, telle perception (reçue ou ignorée « volontairement », cad non consciemment) vient de plus loin que notre décision bien visible apparente, ou qu’elle découvre ou renie une partie de la réalité ; une perception qui, glisse du champ vers un autre, qui disparait n’étant pas retenue mais seulement perçue et évacuée instantanément. Le mouvement est facteur d’ignorance autant que connaissance ; et ce sujet là peut ainsi se « connaitre » d’un savoir absolument aberrant et difficile, voir d’un savoir impossible ; puisque dans le champ de la perception, ça ne marque pas.

C’est que notre identité de par soi-même conçue, est certes dans ce que l’on perçoit, ressent, éprouve, etc. mais de tout ce que l’on éprouve on ne retient que les mots ; ceci n’existe que parce qu’exprimé. Et évidement exprimé pour ou par ou selon ou avec les autres ou donc avec un Autre en particulier ou général.

Les perceptions seules, les pulsions ou les souvenirs, nous emplissent, mais ce qui lie consciemment tout cela opère un tri magistral, de ne retenir que le lié explicite. Or et c’est là que se situe spatialement l’inconscient ; c’est que l’explicite qui est très étroit, suppose l’implicite.

 De sorte que l’inconscient ne peut jamais être isolément d’un explicite (ce que l’on dit de soi, à peu près visiblement) avec lequel pourtant il n’aura pas de rapport apparent ; il aura des rapports compliqués, alambiqués, et surtout des rapports, ce qui est le comble, in-visibles (cad se retirant dans les chaines des signes eux-mêmes). Et ceci parce que notre être explicite est quasi entièrement seulement relié, en clair, que par les mots.

Et il est relié par les mots, parce qu’il ne totalise rien du tout ; la totalisation est toujours une imagination. Et cette imagination, en laquelle nous semblons manier des solidités, est elle-même articulée par des signes encore. Elle est intégralement effet de signes reliés entre eux, cad d’un mouvement.

Les signes eux-mêmes n’existant qu’en tant que mouvements (on signifie ceci par cela), alors même qu’ils paraissent stabiliser quelque « chose » en soi. 

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