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instants philosophie

Le délire individuel originellement

3 Avril 2011, 22:15pm

Publié par zwardoz

En toute généralité, la vérité ne manque pas. Il en fut extrait une quantité considérable ; de s’en tenir à ce qui est, tel que cela est, ça n’a pas manqué son but. Nous sommes issus de la vérité comme rapport de la pensée sur ce qui est donné, en tant que le donné est sous l’emprise de l’être comme principe ; ce qui oriente la pensée en définissant l’horizon qui permet d’exploser, d’explorer le donné bien au-delà de la perception et de ce qui y est sociétalement, habituellement, traditionnellement inclus.

Ce qui reviendra en dessous et martyrisera la raison et la conscience rationnelle, ce sera la parole telle qu’anciennement et aussi loin que l’humain est humain, elle ordonne la réalité donnée via la transmission entre tous, oralement. En présence. Le groupe fait office de ce qu’ensuite nous nommerons la vérité. Autant dire que la vérité des groupes est multiple ; autant de sociétés humaines que de vérités. Qui ne sont pas seulement réductibles à un relativisme ; en tout groupe se développent des pratiques suffisamment cohérentes à la survie, interne au groupe, externe vis-à-vis du monde, d’affrontement ou d’échange avec d’autres groupes internes ou externes. Mais aussi la Parole se garantit elle-même contre de maximales atteintes ; elle doit poursuivre la régulation qu’elle transmet entre tous et via le monde donné. Elle est essentielle et s’effectue absolument en présence.

Lorsque s’installe la vérité rationnelle, tout énoncé est divisé ; autrement dit, toute parole s’énonce à partir de chacun. Il n’est plus de relais, de liaison globale qui supporte cette parole individuelle. Aussi doit-elle prendre dans son propre champ le support de l’engagement de par soi de chacun ; chacun est le support absurde de la parole.

Absurde parce que si elle n’est pas relayée par les autres, la Parole abattant toute individualité devient folle.  

Comprenons bien : la raison est en chacun en des finalités exclusivement limitées ; en telle pratique, en telle finalité très précise. Hors cela elle ne délivre qu’un statut formel ; de cette ouverture tout et n’importe quoi s’engouffre dans l’absence de la Parole, en tant que celle-ci relayée par tous dans le groupe, par le donné lui-même comme monde mythique de signes, par la régulation autonome du parlé, n’est plus, en présence, imposée de soi.

Ainsi le prêtre, l’artiste, le démiurge politique, le philosophe souvent, tentent de s’y substituer ; de parler comme parole pleine (de tous, du donné et des signes emplis). Ça ne suffit absolument plus puisque dès lors que l’être (comme surface vide formelle) est prononcé, le parlé est constamment divisé, découpé et découpeur du donné. C’est donc tout ce qui se présente qui peut s’investir de la capacité de signifier.

Tout, n’importe quoi qui prenne un sens pour un tel, ou en tel groupuscule. L’écho interne en ce groupuscule va contaminant le monde, ou la perception même de ce corps s’exprimant comme signes idiosyncrasiques pour un tel.

Idéalement, selon la raison, chacun est certes livré à soi, mais chacun est tenu d’user de sa rationalité pour sélectionner le dit et le repoussé ; ce qui suppose que chacun adopte une réflexivité, presque intégrale, de soi sur soi ; de toute parole énoncée surveillée du haut de la raison. Non seulement ça n’est pas réalisé, mais de plus c’est sans doute impossible ; la rationalité qui devrait fonder des personnes raisonnables, n’atteint pas la racine de chacun (c’est l’intentionnalité qui seule y parvient), et de plus le temps que cette rationalité soit partagée par tous s’étirerait indéfiniment.

Que la rationalité ne soit plus l’universalité tel un corpus qui se déverserait immuablement dans les individus, (mais devient de cela une contrainte qui bride cela seulement qui est individuellement actif ; l’intention), ne répudie pas la raison ; mais demande que celle-ci soit augmentée et qu’elle se transmute en ce qu’elle doit. Le dispositif cartésien.

En tant qu’il porte en germes ce qu’il est advenu. Mais il est clair qu’il n’y suffit pas ; mais par cela on voit que le développement est unanime, évident, invincible, totalement imposé partout, de l’être philosophique comme surface formelle vide et comme sujet fonctionnel de systèmes.  

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