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instants philosophie

Le démocratique (13)

19 Mars 2011, 15:48pm

Publié par zwardoz

Nommons « démocratie » l’ensemble enveloppant qui crée ou est produit d’un nombre considérable de dispositifs ; en nombre inassignable, puisqu’il est de l’ordre du démocratique de se diversifier et de s’étendre. Il n’est donc pas de bornes qui circonscrivent le démocratique.

Il est particulièrement clair que si la démocratie est une forme, cad également une Idée, elle dépend de ses contenus ; non en tant qu’ils l’emplissent, mais en tant qu’elle les réforme. Si la démocratie est une forme, (et elle l’est structurellement puisqu’elle a pour finalité déclarée la liberté, qui est l’indépendance et la pluralité), cela ne signifie pas qu’elle ne soit rien en tant que forme, mais que celle-ci est en propre une restructuration complète de ce qui lui tombe sous la main.

La démocratie est donc une dynamique, en production constante et qui n’a pas de borne. Elle n’est pas plus libérale que collective, plus mass médiatique que culturelle, plus émotionnelle qu’intellective, plus subjective qu’objective ; elle déconcentre tout cela et en produit les devenirs. La subjectivité comme l’objectivité progresse de son poids, de sa puissance structurelle. Elle n’est pas l’affrontement des opinions dépenaillées, mais la propension à se dépasser des opinions en tant qu’au fondement démocratique existe l’affirmation solennelle des valeurs formelles ; le libre ne veut rien dire, sinon qu’il redésigne la réalité. De même la vérité ou l’égalité ne signifient rien sinon la recomposition du donné, du vécu, le déballage du relationnel, la remise en cause des identités.  

Mais de quelle cause s’agit-il ? Si le démocratisme connaissait la réponse, il n’adviendrait pas. Son être est de ne pas exister, mais de précéder qu’il y ait non plus une mais des réalités. C’est parce que le démocratisme dessine préalablement une forme idéelle difficilement précisable, mais qui littéralement existe.

La remontée du donné tel que représenté, puis exprimé puis pensé ; que cette pensabilité du donné puisse s’effectuer vers et puis à partir de la disposition démocratique qui dans l’effectivité restructure la transmission interne du groupe (cad toute la pensabilité), ce vaste déplacement forme en lui-même une logique.

La représentation, de soi, de l’ouverture démocratique est donc essentielle ; en tant que formelle, elle n’existe, se sur-existe que de se dire ; de se voir tout autant. Elle prédomine comme institution, mais elle n’éprouve de contenu que comme peuple et plus encore comme masse. Les mots trouvent à point nommé leur signification ; la masse (de tous ceux qui existent) veut, doit se percevoir. Et tous les modes sont affectés ; de l’intellectualité aux comportements béhavioristes, des pensées aux gestes, des choses esthétiques aux objets industriels. La totalité du spectre est couverte ; elle manifeste entièrement un monde complet de perception de soi.

Il ne faut donc pas se laisser égarer ; on ne peut pas admettre une réduction de l’ensemble à l’une quelconque de ses parties. Et le concept majeur n’est pas plus le libéralisme que le collectivisme de tout Etat, l’individualisme plutôt que la masse, la personne plutôt que la transmission accélérée. De même que le concept de l’intentionnalité n’est pas réductible à celui de raison, ou de conscience de soi, de même le démocratisme n’est pas tel Etat effectif, ou n’est pas seulement le droit privé ou public, ou n’est pas la nation, ni telle culture déterminée, mais est en plus et désigne un autre règne ; que l’on obtient par le concept adéquat seul.  

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