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instants philosophie

Le devenir interne individuel et collectif

23 Janvier 2013, 10:00am

Publié par zwardoz

Le sujet comme idée de soi, et donc l’être-libre comme universel réel

Le sujet n’est pas seulement ce qui existe dans un moi, en tout moi, tel que chacun se connait, chacun se sait libre, et en tant que libre est pour lui-même une Idée ; d’un genre spécifique, évidemment, mais une idée. Et celle-ci s’oppose à toute réduction objectiviste ; non seulement le moi-même est-libre, non seulement il le doit à son sujet, et non seulement ce sujet est-libre, mais de plus c’est en idée, en expression, en représentation que le moi doit acquérir son être-libre de sujet.

 

La captation de la vérité

Le moi est et restera toujours soumis au discours d’un Autre sur le moi (qui aurait pu être le Un) ; il voudrait, cet autre, se faire passer pour le Tiers, le super-autre objectif et vrai (de l’étatisme aux psychologies via le mass médiatique), qui convainc par évidence et capter ainsi toute énonciation sur le moi et donc sur le sujet, en délimitant ou limitant le moi. Mais tout discours aussi objectif soit-il est encore et toujours celui d’un autre sujet sur le premier ; autrement dit une décision politique, éthique ou morale, mass médiatique ou esthétique, psychologique ou existentielle et ontologique ; une décision, un autre point de vue qui s’impose aux mois sous couvert d’objectivités.

 

La micro captation de la vérité

Mais d’une manière bien plus proche, c’est chacun qui est pour tout autre que soi, un autre. Il est une régulation instinctive ou naturelle ou au fondement donc logique, qui permet à quiconque de prendre ici et là l’habit de l’autre et donc du plus de vérité, celle perçue extérieurement et qu’intérieurement à la quelle personne n’a accès pour soi-seul, et que chacun subit de ce fait ; en ce sens que chacun est dépouillé de son sujet en propre, puisque quelque part c’est encore une légalisation de soi qui passe par les autres ; de fil en aiguille.


La vérité représentée

De fil en aiguille parce que les mailles du filet se sont desserrés mais le filet encore agissant ; et ce d’une manière tout à fait étrange, et non pas seulement directement, face à face, mais aussi dans le miroir global généralisé du mass médiatique. Chacun agrippe ici et là les mots organisateurs, les significations, les orientations, et se soulève et s’affaisse de longues vagues de sens, les directions que le tout humain représenté dans le média, tel qu’il s’unifie ou se décompose.

Nul doute que les vagues sont incessantes et sont en devenir ; il est des nappes de sens étendues qui ne s’avancent pas au hasard, et démocratiquement de tels mouvements se collisionnent et fusionnent et se divisent et tout moi et tout sujet en réagit d’autant et s’additionnent.


La vérité en démocratie, par en-dessous

Ce qui ne signifie pas que c’est individuellement que cela résonne, ces vagues continuelles (les fameux flux d’informations incessantes), mais l’inverse ; qu’en chaque moi et individu, il est justement un sujet non subjectif et non uniquement objectif mais qui juge et se dirige. Ceci pour donner l’aperçu que le sujet est autre et plus que le moi, puisqu’il est ce vers quoi le moi doit devenir.


Le sujet, au-delà du subjectif et de l’objectif

Et la bêtise serait cependant de nier les objectivismes ; il est hors de question de prétendre que le sujet soit suffisamment, de par lui seul, apte à exister indépendamment de tout discours, et ce serait absurde. Puisque le sujet est « ce par qui, par quoi, il est de l’objectivité et de la vérité » ; il n’est pas, le sujet, sans effets innombrables dans le monde, le donné et le vécu ; il est même ce par quoi-qui, il est des effets, de tels effets dans le monde donné vécu. Il n’est donc ni le moi, ni les objectivités ; il est l’hyper objectivité qui est elle-même devenue. C’est son jugement et ses décisions qui sont à élaborer et il ne se sépare pas de l’intellect, puisqu’il est lui-même idée de soi.

Que chacun n’ait plus dans un tel-monde à n’être qu’un  « moi » (de restriction du sujet à son seul moi, objectivisé par cent procédures de l’autre prétendument Tiers), être un vécu, ce à quoi nous orientent ou s’imposent les mass médiatisations, les économismes, les naturalismes communistes jadis ou libérales actuellement, les psychologisations, les médicalisations, et les étatismes (qui sont des déviations de la démocratie au sens où l’Etat se prend pour le sens de la démocratie alors que c’est la démocratie qui est le sens de l’Etat et le sens de l’économie, le sens général de l’histoire elle-même).


L’universel devenu inerte

Ceci est la lente extinction du devenir universel ; sa caricature hors de ce que l’universel est devenu ; si l’être-libre est ce qui prend la suite de l’universel, les discours qui prétendent reprendre à leur compte seul la dimension universelle, sont mensongers et erronés.


L’universel renouvelé et en cours de devenir, partout

Mais si le sujet est la continuation de l’universel sous une autre forme, alors le devenir de chacun, constitutionnel ou psychologique, mass médiatique ou relationnel, (dans la mesure où l’on est ou devient l’autre de chacun), prend tout son sens, ou se saisit de la totalité non close de tous les sens possibles élaborables. Il est donc en cela logique d’admettre la fixité et la stagnation de l’universel constitutionnel, et en regard le déchainement des différenciations. Les différenciations sont susceptibles de proliférées parce que la constitutionnalité les contient ; et leur donne sens.

Constitutionnalité qui ne tient pas uniquement du statut de droit et d’Etat, mais qui se définit également dans la sphère culturelle, et dont il ne faut pas opposer la mass médiatisation, qui ramènerait à une immédiateté pauvre, puisque la mass médiatisation est également la continuation de ce point de vue, de caméra, qui montre et expose et explose et divise et recompose l’image de soi, et via l’idée de soi. 

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