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instants philosophie

Le libre travaille la matière même des choses et des corps

2 Décembre 2012, 12:53pm

Publié par zwardoz

La pesanteur du libre est celle du monde

Ce qui implique donc que le poids est superbement augmenté sur le dos de chacun ; le libre est pesant, il adhère à la pesanteur même de ce monde, il y travaille. Il existe une pression constante sur la décision, l’envie, le désir, la volonté d’être (ceci ou cela) qui appuie en chacun de son exigence. 

Mais comme c’est du libre même dont il s’agit, cette sur-pression (dite ontologique) est l’attachement à « qui l’on est » ; elle stresse le moi-même, mais il n’a d’autre intérêt essentiel que celui-là ; c’est son exister réel qui se joue constamment. 

 

Les devenirs divergents tous égaux devant la Loi (du libre être)

L’être-libre est sa propre loi ; mais il Est cette loi, il est réellement une loi impérative et non pas n’importe quoi ; il est 

En cela, il faut donc admettre que les enjeux qui parcourent tous les vécus, ne sont pas des absurdités ou des délires ou des malheurs ou des plaisirs ou des dépressivités ou des désordres mentaux ou affectifs ; ou plutôt ils sont tout cela à la fois … C’est la substance même des réalités que de se débattre au travers des difficultés rencontrées en tout, par tout moi-même. 

De même ce sont ses engagements (éthiques ou politiques) ou ses littéralités (idéelles ou esthétiques, y compris mass médiatiques puisque telle est notre culture en propre, inventée) qui emplissent ce que par « universalité réelle » on dénomme. La raison ou la Kultur de jadis s’est réinventée absolument en un autre-nouveau-monde ; celui du 20éme. De même l’Etat (qui devait rendre réel l’universel général) s’est explicité en démocratie. La moralité universelle abstraite en choix existentiels concrets et de plus en plus concrets. 

Ce qui se dégage en universalités concrètes ce sont les motions éthiques, politiques, esthétiques et idéelles. 

 

La préoccupation angoissante de soi

Mais ce qui préoccupe est la dimension strictement individualiste de chaque existence réelle. il est absolument légitime que chacun soit à lui-même la compréhension la plus étendue ou approfondie possible de ce qu’il est ; les contempteurs de l’égoïsme mélangent tout. Mais les hédonistes ou autres satisfaisants limités ne perçoivent pas plus que le drame individuel est tout autant un devenir universel qui vaut en et de par soi. 

Les difficultés du moi-même, de chacun, sont l’épaisseur du monde, du donné et de tout vécu ; le moi est à proximité immédiate des choses, des corps, des relations, des désirs ou des avenirs potentiels. Il n’est pas ailleurs et ses divergences, ses névroses ou ses rêves, sont la matière même que la forme qu’est sa conscience, son attentionnalité, doit débrouiller. 

Ce à quoi il s’affronte, est la densité, l’épaisseur de « ce qui est » ; il n’est pas seulement ce corps ou ce langage, mais ces finalités en nombre indéfinies du monde ou du vécu, universalisées ou immédiates, et encore les architectures qui règlent ces mondes de moi-mêmes, et encore l’architectonique intérieure qui presse aux portes du devenir que chacun Est. 

 

L’intellectualité démocratique requise

C’est dynamiquement que l’ensemble humanisant et donc individualisant s’organise ou se désorganise, part en vrilles ou se coagule, se rend en somme intelligent. Le devenir interne de la démocratie, (dont on ne sait rien a priori ; l’humanisation n’a jamais existé de cette manière là), mène évidemment à une coordination, une coordination des gestes comme des décisions, des à-venirs comme des vérités, parce que l’on ne peut y exister sans comprendre, intellectuellement, psychologiquement, et fondamentalement sans comprendre structurellement ce qui est ordonné des uns par rapport aux autres. 

C’est en ceci que le vocable lui-même « démo-cratie » est absolument tel qu’il se dit ; le pouvoir au peuple(s), c’est-à-dire aux gens, et ceci en et par chacun. Et il est apparent que si l’on veut éviter le plus gigantesque n’importe quoi, il est requis que tous ceux-là se comprennent. Et se comprennent non d’un amour béat universel (qui ne signifie rien dans les faits), mais se comprenne intellectuellement et précisément. 

Que l’on ne revienne pas sur l’utopie et ce genre de rêveries ; c’est déjà effectivement et bien réellement ce qui a commencé de s’imposer. Au point que l’on pourrait quasiment proposer une formulation de type ; la densité de l’information du monde humain est à ce point augmentée, qu’elle produit d’elle-même des régulations autonomes. 

 

Nb : Sauf que ce ne sont pas des « régulations » uniquement mais essentiellement des inventions. Si ce n’était pas des inventions, les supposées régulations demanderaient un tel niveau de concentrations pour se résoudre mécaniquement que bouger le petit doigt demanderait des lustres… L’invention est encore le plus court chemin de stabiliser des multi-dimensions, incompressibles autrement. 

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