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instants philosophie

Le moi comme technologie avancée

12 Mai 2013, 13:15pm

Publié par zwardoz

Ayant épuisé la vérité classique puis la liberté classique, la réflexion, la forme pure sans rien de la conscience » (qui a décidé de ne plus se laisser faire ni par le langage immédiat et le groupe, inventant l’universalité, ni par le vécu et l’immédiateté de sa propre conscience, inventant la dernière conscience possible chrétienne, indéfinie) se retrouve fort dépourvue.

Elle n’a plus de quoi se mettre sous la dent ; excepté le monde.

Mais aussi elle se doit soudainement à elle-même et doit assumer ou assurer son devenir ; or elle est sans contenu, sans représentation, et c’est avec soulagement qu’elle recevra au fur et à mesure de son incertitude la définition de « moi ». La création du moi, comme absolument essentiel ; ce sans quoi on ne pourrait plus envisager d’exister. Le moi fournit la finalité renouvelée, celle qui gargouillait dans le romantisme, dans les révoltes et qui se continue dans les libérations, et les dites « reconnaissances » (chacun désirant être reconnu dans sa singularité).

 Et ça n’est pas faux dans la mesure où il est nécessaire que la mise en forme jusqu’alors universelle (et visant l’humanisation en général) puisse employer au plus proche de la réalité un moyen de soulever, de penser, d’ordonner cette réalité ; le moi est la technologie qui par surcroit d’informations peut se permettre de plonger jusqu’au plus près des choses, des objets et des êtres, au plus immédiat de la détermination. Qui n’est plus seulement prise en charge par l’universel, de généralité, mais par le particulier lui-même ; parce qu’en ce particulier il est un être-libre qui relève le détail dans et par sa liberté.  

 

L’humanisation va s’élargissant

Autrement dit l’humanisation ne peut pas ne pas contrôler « ce qui se passe » ; ce qui se gérait via et dans la parole-monde des tribus, ayant acquis l’universel (ordonnant dans les grandes largeurs), a pu par surcroit d’information, obtenir de chacun la technologie du moi afin de représenter le donné même, le vécu et le monde au plus proche

La mise en forme selon la parole-monde tentait de synthétiser en agglomérant les consciences en une fois dans et par le groupe (lequel réfléchit intensément en commun et dans et par le dialogue et l’échange). L’universalité tentait de réguler la diversité au prix d’un amoindrissement du particulier (qui était catégorisé et caricaturé comme particulier). Mais il restait quantité de déterminations qui n’entraient pas dans l’universalisation, aussi était-il nécessaire d’y pourvoir ; de développer l’universalité jusqu’à re-présenter le détail des réalités, mais cela ne se peut (à moins d’imposer à nouveau une humanisation générique communiste).

 

La reprise du donné dans sa particularité-monde

Et du reste ce que la parole-monde ou l’universalité refusaient, annulaient, ignoraient doit de fait et impérativement remonter dans et par la conscience ; doit se concrétiser en tant que représenté. Ainsi les échanges ne peuvent plus être ignorées comme libres, depuis l’ouverture du monde « là » et de ses possibles ; mais encore faut-il que chacun prenne conscience de ces échanges (qui étaient dans les mondes antérieurs masqués par la parole ou des universalités trop générales).

Lorsque l’on dit que la conscience est purement formelle, on précise par là qu’effectivement la conscience a de plein fouet affaire aux déterminations ; elle est formelle, vide, et donc emplie par la reprise, de plus en plus active et précise, de la détermination, de la masse matérielle, de l’énergie au sens propre, du corps et de la perception, des échanges et du détail des transactions. La conscience purement vide ne désigne pas (de fait) un être séparé sans rapport ; elle est le rapport au monde et au monde même, cad à la matière en soi, indéfiniment détaillée et précise.


 

La conscience comme dépassement des étapes

Il est clair que la conscience est ce qui justement ne peut pas se satisfaire de l’énoncé universel et de sa généralité. La conscience est ce qui dans la gestion de la détermination (du détail et de la particularité des réalités en dessous des mondes humains) passe outre chaque fois la parole-monde, le monde symbolique, et l’universalisation générique.


 

La forme est vide, et donc que vienne la détermination, toute la détermination du monde

Ce à quoi nous sommes confrontés est donc la mise en œuvre d’une plus grande prise en compte des déterminations (ce qui affecte directement la forme même qu’est la conscience, qui ne lui est pas du tout extérieur et autre ; en tant que forme pure elle est, est déjà la détermination, inutile de se demander comment se fait-il que la conscience qui est Une puisse admettre l’altérité ; elle est Un et Vide, et déjà-emplie de réalités, sans qu'elle y soit attachée)

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