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instants philosophie

Le nez dans le guidon

14 Mars 2010, 01:16am

Publié par zwardoz

A quoi sert le vécu ?

À éprouver, au sens de mettre à l’épreuve. Il nous est donné un certain laps de temps pour découvrir ce qu’il en est. Jusqu’à quel degré de fusion est-il possible de coïncider avec ce qui est ?

On reconnaitra peut-être le challenge nietzschéen ; l’approbation qu’il ya d’être seulement ce que l’on est. Laquelle acceptation est la porte grande ouverte à la réalisation intégrale du possible que l’on est soi-même ; en effet comment pousser l’être que l’on est, si l’on continue de désirer ce qui est irréel ?

Nous voici donc en présence de l’irréel ; mais sous deux formes ; d’abord en ce que l’on peut s’illusionner de soi ; peu importe, le vécu aspirera notre psychologie. Ensuite en ceci ;  que l’on cessera d’être la personne que l’on est ; et c’est déjà beaucoup plus intéressant.

On traitera la personne que l’on est comme un processus ; non pas une identité personnelle, mais une personnalisation. Une synthèse, parfois hâtive, des nécessités, des arbitraires, des finalement contingences ; on nait selon ces événements, mais ils auraient pu être autres…

Rien de ce que l’on est de synthèse bricolée, n’est planté dans le réel. Ça « est-là » ; comme n’importe quelle chose ou objet ; on en emboutit simplement un Sens ; dans lequel on essaie de pousser un rendement fécond ; comme si cela était une destinée, une attente, une vérité en un mot qui soit réalité.

Or ça ne se convainc pas ; et c’est cette incompréhension qui revient ici et là, hanter quelques uns, et souvent quasiment tous, si cela parvenait à l’expression effective plutôt que de se reclure dans l’impensé, le non explicitement conscient.

C’est que la vérité est autre, quoi qu’on fasse, autre que la réalité ; le plus surprenant étant qu’au fond la vérité n’a pas besoin de la réalité ; en un sens, elle est plus réelle que toute réalité ; qui sera toujours particulière, contingente et partielle, unijambiste. Or notre être ne l’entend pas du tout ainsi ; ce qu’il vise c’est l’universel. Cad ce qui vaut absolument pour tous et partout ; hors cela, ça ne vaut pas ; ou ça vaut relativement, certes, mais de ce point de vue universel, ce relativement est absurde. Que ce point de vue universel soit constant, impératif et imposant, même dans le plus incongru vécu, n’apparait pas nécessairement à tout un chacun.

Il n’est pourtant pas suffisamment de tout un vécu pour expérimenter ce qui, universellement, déjà fût historiquement voulu et déployé ; l’ensemble des faits et gestes, représentations et systèmes de signes ayant valeur universelle.

Le nez dans le guidon, le moi, la personnalisation obtuse (mais nécessaire et légitime d’un autre point de vue et même résultat et fondateur d’une telle historicité) dont nous sommes l’objet, ne voit rien.

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