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instants philosophie

Le principe cartésien de véridicité

24 Janvier 2012, 16:01pm

Publié par zwardoz

Le principe cartésien de véridicité

A cela, hypothèse cartésienne de l’être qui se dit lui-même sans s’effacer en tant qu’être, on oppose que ça n’est qu’une idée et le profond rejet de Descartes, vient de ce que l’on ne s’accorde absolument pas sur la transformation de notre être en et par et selon la seule idée qu’il a de soi. Soit on en rabat vers le monde, soit on en produit une qui soit rien que et seulement uniquement « idée », cad un concept (hégélien), une notion (scolastique) ou une idée des idées (grecs).

Le concept est la réduction de l’idée, des idées, à une notion ; cad à une définition qui rentre comme telle (parce qu’elle est définissable) en composition avec d’autres. Formant un système abstrait.

On remarquera que si cette critique vaut pour Descartes, elle vaut aussi pour les grecs ; car alors il ne s’agit plus d’une idée (la seule idée cartésienne, l’idée de soi, du dit sujet, qui se divise ensuite en idée de l’infini, et en idée de l’étendue comme monde), mais des « idées ». Les idées grecques sont, pour nous, nous apparaissent comme en elles-mêmes de pied en cap, réflexives ; les idées se tiennent entre elles (comme un système de notions), et elles s’éternisent dans leur être. Ou pour le dire autrement ; elles forment un système qui se déduit de lui-même, qui est sa propre cause idéalement intégralement développé. Le Bien est ce qui emporte tout le mouvement de tout ce qui est, mais surtout qui est la vie même du discours, le discours est fondamentalement vivant (de sa vie propre).

La notion c’est tout autre chose ; la notion forme système mais objectivement, au-dehors posé, là.

Ainsi le système hégélien n’est pas une déduction de l’idée par elle-même ; c’est une dialectique. Ce qui veut dire que toute idée posée devient une autre qui la reprend ; mais ça n’est rien dire que cela, c’est même plutôt artificiel, voir incompréhensible. Ce qui se passe c’est que toute idée posée, existe dans le monde, et que l’on ne perd jamais de vue le monde, et que considérant cette idée on s’aperçoit qu’elle manque ; qu’elle ne rend pas compte du monde, et que dans ce manque, il se produit une plus grande compréhensibilité, qui ne tire pas le « néant » de l’idée d’ « être », mais qui produit le néant pour penser ce qui sera ainsi nommé le « devenir ». Et dans le devenir réel, celui qui est-au-monde de fait, on aperçoit alors que devenir il y a. et en ce sens esprit et monde forme une seule logique ; c’est bel et bien que l’esprit convoque ou est convoqué par le monde, et qu’il en est forcé à produire les concepts qui au fur et à mesure couvre toutes les variabilités du monde tel que là.

Ensuite seulement est pensé la logique qui se prête une perfection soudaine ou conclusive, qui déduit de sa prime idée qu’il y en ait de suivantes parfaitement enchainées. Et dès lors on ne sait plus si le concept produit est égal à son propre auto développement (grec) ou s’il est entré en composition avec un monde donné, là, qu’il a absorbé.

Or ceci c’est uniquement si l’on stabilise toutes les opérations de pensée, dans la seule connaissance qui table sur ; cela seul qui est raison, existe pour-nous. Effectivement seul ce qui est réductible ou ramassé en une compréhension peut en nous et par nous se transmettre (aux autres et à nous-mêmes).

Il est une autre dérivation du logos grec ; elle origine l’idée de, par, vers dieu. Et en ce cas, ça n’est plus tout à fait une idée (le bien) qui produit le discours, et qui de plus alors crée les choses mêmes ; c’est une volonté. Ce qui change tout. Si idées il y a ce sont les idées de dieu, et les nôtres (cela dépend) sont plus ou moins des imitations pour-nous, de l’analogie. Il n’est pas cependant en ceci un accès direct à dieu en tant qu’idée ; et cela très précisément en ce que certes on obtient l’idée de dieu, mais elle n’est pas affirmée intégrée en notre être sinon comme analogue.

Descartes vient seul présenter l’idée comme plus grande qu’une idée et il prétend par là accorder pleinement le réel statut, la réelle dimension à ce que l’on nomme « idée ». À savoir ; l’expérience même de son être d’idée en tant que cet être est, absolument et non pas analogiquement, le nôtre.   

Ce qui bouleverse considérablement toute compréhension. Non seulement celle scolastique, mais aussi celles qui suivront y compris hégélienne ; parce que cartésiennement, il n’est pas de réduction de l’idée absolument là, intégrée en un (et par) un être, en un concept extérieur à cet être.

Autrement dit Descartes ne prétend pas à objectiver l’être qui est comme une connaissance (d’un objet en un concept), mais pas non plus à déduire les idées d’une Idée encore plus idéelle (le bien), et pas plus à adapter les idées divines à nos idées analogiquement. Il dit que l’idée est (au moins pour nous et on ne peut pas aller plus loin dans la réflexion) que l’idée est l’expérience même qui est là-ici-maintenant non pas même est l’idée de soi (qui serait complètement transparente à elle-même, ce qui reviendrait à un concept), mais est l’idée adéquate que notre être (autre que sa représentation) forme de lui-même et par laquelle il peut non pas se « vouloir » (au sens caricatural d’action sur un objet, une extériorité) mais se réorienter pour peu qu’il s’en donne les moyens (en quoi il n’est pas une action magique ou autoritaire). 

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