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instants philosophie

Le réel est ce qui n’apparaît pas

14 Avril 2012, 16:26pm

Publié par zwardoz

Si la conscience est seulement un retour, elle n’a aucun contenu et est toujours réflexive ; or cette réflexion de ce fait absorbe tout contenu ; elle est indéfiniment ouverte à tout ce qui arrive (dans son champ)

De sorte que toute irréflexion est déjà aussi réflexion. Mais à perte.  A perte parce qu’il s’y perd, constamment, attendant ou non un retour éventuel qui vient ou non, mais peu importe parce que ce retour surgit indépendamment.

Que ce retour soit un être épiphénoménale quand bien même, c’est sa structure même. Et rien n’égale la fureur nietzschéenne d’affirmer que ce non être de retour est la mesure même de ce qui est vraiment. Que cette disparition qui ressurgit de rien est la seule dimension. Que sa destination est de maximiser la radicale perfection de son advenue intermittente.

Aussi l’affirmation nietzschéenne est un total lâcher-prise ; il abonde d’une confiance sans âme à son être propre. Mais c’est aussi qu’il se situe au plus de cet être ; il ne s’amoindrira pas dans de la bassesse de désirs faciles, puisqu’il est le savoir de son être le plus débarrassé de tout (contenu) et infiniment présent à sa structure même, qui permet de trier en toutes intentionnalités, puisque cet être se connaissant (comme être et non pas comme connu) ne peut presque plus désirer en deçà de lui-même, en deçà de sa logique structurelle.

Il n’est donc pas de « moi ». Ou plutôt il n’est de moi que construit ; et ce moi construit bien qu’effectivement réel, effectivement un peut tout autant fonctionner comme plusieurs fois Un. Puisque son être réel est le seul retour, qui peut installer ceci ou cela, puisque ce retour vide est l’unité (active ou passive) de toute détermination intentionnalisée, mais unité seulement et rien que structurelle. Pas plus.

Qu’il n’y ait qu’une structure signifie qu’il n’y a pas d’unité (ni substantielle, ni construite, ni intentionnelle, ni de détermination agrégée, etc). Mais qu’il existe une unité formelle qui survient ici ou là. Et que ce surgissement constitue notre être.

Evidemment on est aussi un tel-moi, une pensée, une conscience de soi (quel que soit le soi), une personnalité et relationnelle, etc. Tout ce que l’on voudra. Mais c’est seulement que « être » ne s’emploie pas de la même manière en tant que moi et identité(s), ou identifications (par ex objectivement dans une science), et d’autre part en tant que structure. Que l’on tienne à cette structure formelle comme étant réellement notre être et notre être seul, est question de choix du « soi ». Du soi que l’on veut exister, ou non.

Il n’est donc pas lieu de définir notre être selon une unité ; notre être est un (dans ses interventions ponctuelles), mais il Est cette unité. Si pour le dire, ou le penser, nous devons lui accoler un qualificatif, un prédicat ou du même genre, peu importe ; notre être n’a pas besoin de se nommer, puisqu’il est de fait un. Un structurellement, cad actif.

Et sans doute pour référer lui-même, il se nomme, cette nomination est suspendue dans l’activité et non pas penser extérieurement par une autre conscience. Elle est donc cette auto dénomination, vivante, mouvante, non statique et ne permet pas d’en déduire son être mais seulement ses/ces identités.

Actif autour de tas de contenus ; sans jamais y adhérer entièrement puisqu’il n’est rien, lui, d’entièreté.

Il n’est donc pas une identité (qui est toujours seconde du point de vue ontologique, si l’être est effectivement le structurel et non le déterminé), mais il est indivis. Il est un en tant qu’existant et en se soumet à aucune dénomination ; il n’en a pas besoin.  Continuer de limiter cet être à la nécessité de le parler ou de se parler, revient à l’exprimer hors de lui-même.

Sans doute la rationalité tendait à affirmer l’indépendance de la raison. Mais acquise, cette indépendance est déposée en chacun, et il n’est pas dit, nulle part, que l’indépendance soit une raison raisonnable ; puisque de raison il reste essentiellement cette structure de chacun, qui EST absolument et n’est que structurelle et il se peut qu’elle soit et devienne irraisonnable en comparaison de l’ancienne rationalité, mais relevant d’une plus grande rationalité si l’on est optimiste, ou un invraisemblable gouffre, pessimiste. 

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