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instants philosophie

Le Un philosophique contre la totalisation humaine

17 Janvier 2010, 20:05pm

Publié par zward

La philosophie invente donc le Un. Envers et contre toute totalisation.

De ce fait l’écrit acquiert son véritable statut ; il brise la parole et rend vain toute transmission qui ne serait que parlée ; ce qui est parlé demeure cependant comme mémoire en tout autre ; cette mise en relation de tous dans la parole formalise ; de soi inclut l’universel ; n’est retenu que ce qui est avalisé par tous ou par un groupe. Mais dans ce cas, qui est énorme et qui a travaillé l’humanisation durant des millénaires, depuis l’invention du langage, ça n’est pas seulement ce qui est dit qui est mis en scène ; c’est l’ensemble ; la situation, le corps, les comportements, les possibles, les passés, les échanges, la représentation de soi et du monde, des autres pour eux-mêmes et des autres pour soi-même ; etc.

La parole synthétise directement et forme un cercle complet ; pour comprendre ce que l’autre dit, il faut déjà le savoir ; un minimum ; c’est cela la communication ; on sait ce que l’on entend, on entend ce que l’on dit (dans l’oreille de l’autre). La communication s’établit dans un ensemble déjà formé. Et en ce sens, l’autre nous parle puisque nous parlons également l’autre.

L’écrit déploie une toute autre pratique ; on ne sait pas ce qu’il va dire. Le texte forme à lui-même la situation, l’échange, le comportement, etc ; un tout ignoré. Il signifie à partir de soi et donc, pour tenir, se doit à une cohérence exigée ; si le texte ne comporte pas sa situation, il s’inclut simplement dans la parole en général. S’il ne comporte pas son ensemble, il doit être appris.

La brisure que comporte l’écrit est effet de l’universel ; l’universel n’est pas la résolution de tout dans l’Un ; philosophiquement on dit vouloir le Un (l’idée des idées, l’universel complet, la pensabilité unifiée), mais en réalité, de manifester que du Un il doit exister, implique que le Un est en soi ; cad séparé de tout le reste , séparé des non-uns ou des uns subsumés ; le bien subsume la morale, mais le bien ne peut l’être sans être vrai ; et le vrai ne peut pas être incompréhensible, mais défini , et donc selon le Un. Etc.

De vouloir manifestement le Un, ça le rend impossible (comme totalité mais aussi comme Un des divers uns qui parsèment et qu’il engendre, lui, le Un) ; ce ne seront jamais que des Uns séparés. La question est donc la plus difficile qui soit ; si le Un n’existe pas (qui puisse former une totalité ;  de même : si je ne suis pas une personne Une, mais un bricolage), et que le Un, comme principe (en remplacement du Tout) provoque des uns innombrables, qu’est-ce qui lie ?

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