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instants philosophie

Matière et horizon

2 Août 2011, 20:14pm

Publié par zwardoz

En clair notre être est posé là sur le monde. On peut dire sur le monde, parce que notre être n’est pas noyé par l’épaisseur du monde.

Pour s’y reconnaitre il use du langage, dans ce langage qui laissé à lui-même enroule le monde immédiat (naturel et transmis humainement dans un groupe) sur son expression ; les mots sont les choses qu’ils désignent et les choses sont prises dans les phrases que l’on échange, dans ce langage, il crée un entredeux qui consiste à dépasser l’immédiateté et à définir un projet. Projet unique ; celui de l’être.

L’être est la réalité visée et explicitée ; au contraire du monde parlé qui est le monde connu et importé dans et par le langage. L’être ne peut se dégagé que visé, ciblé, voulu par une intention explicite, qui en somme voit ainsi l’extension de sa perception du donné. Le donné ne se limite pas à ce que l’on reçoit tel quel.

Par cela, on s’aperçoit qu’il est profitable de creuser la pensée, la compréhension en elle-même et pour elle-même ; de déployer théoriquement le pensable, cela pousse à percevoir plus et autrement. On fait don confiance à la pensée, laquelle considère « ce que l’être peut être en général » ; il est un, total, logique, etc.

Quoi qu’il en soit de ce développement valant, dit-il, de par soi, évident, il permet d’élaborer tout ce qui est pensable à partir de quelque chose qui est ; ou de n’importe quelle chose qui est.

Or on ne sait pas « ce qui est » a priori ; aussi faut-il attendre la science pour que les éléments réels soient identifiés et que l’on puisse les composer effectivement.

Cependant « cela qui pense » doit s’assurer de soi ; il doit définir son propre programme, se motiver, s’expliciter, de déployer ; aussi crée-t-il l’ensemble de ce par quoi il peut dire et se dire ; je veux que le monde soit non pas immédiatetés échangées dans un groupe, mais au-delà de tous les mondes, soit la surface unique de l’être. Puisqu’il est non pas la pensée-langage d’un monde immédiat, mais la pensée-discours du monde en général (au-delà du perçu immédiatement ou immédiatement partagé) : autrement dit au-delà de tous les mondes.

Parvenir à produire non pas tel monde vécu, mais le monde même tel qu’il est, y compris le vécu même tel qu’il peut ou doit se vivre, et notre être tel qu’il lui est possible de ramener ce qui est à son intention.

Si cette intention est interprétée comme subjective, elle redescend dans l’immédiateté ; si elle se hausse objectivement, sa mesure est « ce qui est ». Mais il n’est pas de « ce qui est » sinon de s’y hausser, avec intention ; et donc tout, hors cela, constamment redescend dans le « là ».

Il ne s’agit jamais de considérer que l’énoncé tel qu’acquis soit la vérité, mais qu’il n’est la vérité que d’être en mouvement ; autrement dit la vérité n’existe que portée dans un horizon.

L’horizon métaphysique est de considérer l’Etre comme finalité du discours total et un. L’horizon moderne est d’imposer le monde comme étant cet horizon. Et au sein de cet horizon, d’admettre la matière d’une part ou à l’opposé le sujet comme seul formulant cet horizon.

La philosophie a toujours privilégié le dit sujet ; soit donc à l’origine le discours total et un, (la pensée de dieu ici-bas), ensuite le sujet de volonté et enfin le sujet disparu. Et ceci non pas présupposé, mais pour cette raison ; que de prétendre fonder selon le sujet, cela augmente le possible. De fonder selon le monde, cela réduit le possible. Or pourtant fonder selon le monde pousse à préciser l’exactitude, à connaitre les causes réelles, mais ce qui est relevé, c’est que cette recherche des causes, mondaines, ne doit pas s’effectuer sans perdre de vue que toute recherche de causes est fondée seulement et par la fondation du sujet.

Sinon tout redescend d’un niveau et l’on est amené progressivement ou brutalement, à ne plus intégrer le point de vue du sujet dans les calculs et à l’évincer des stratégies. On peut considérer que l’abandon du sujet, de ce point de vue exclusif, aboutit à l’aplatissement des recherches fondées selon les causes et à la négation qu’il puisse exister une articulation plus ample qui gouvernerait une stratégie bien plus universelle.

La question est alors, si l’on admet qu’un sujet doit exister, de savoir ce que c’est. et l’on comprend bien que le dit sujet n’est pas autrement que selon la vérité et son horizon reculant ; et comme il est dit cependant « sujet » chacun le prend comme étant « qui il est ».

Les ambigüités sont que cela n’est pas faux ; chacun est absolument demandé de se prononcer (sur le sens de la vie, cad le plus dans l’épaisseur, sur le « vécu », mais aussi sur le donné, de connaissance, et sur le monde, politique, de la plus grande stratégie possible). Et que sujet s’emploie bien effectivement comme « individualité ». Au sens où tout monde humain qui ne respecte pas qu’il y ait pour chacun un « monde des mois » est inutile et, parce qu’aliénant.

Mais s’employant comme « individualité », il dérive si aisément, qu’il risque de ne plus ressembler à rien, sinon aux immédiatetés dont il se convainc, cad un tas de monde, un bric à brac.  Si malgré cela il s’emploie si aisément, c’est que par en-dessous de sa « facilité » individualiste, il est, lui, le point de vue unique ; non pas individuel, mais individué.

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