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instants philosophie

Mini anthropologie

4 Janvier 2010, 22:08pm

Publié par zward

Soit donc l’unitotalité ; la totalité du monde, de la réalité, du vécu, en tant que cette totalité est parlée par et pour tous dans une culture symbolique (partagée), qui fait sens à propos de toute réalité, et est échangée entre êtres humains ; en vue d’une action ou activité concertée et comprise adéquatement par tout un chacun. L’impératif en est la transmission égale.

Soit par ailleurs l’uni-totalité ; totalité brisée indéfiniment par le Un. Le Un casse toute parole continue et fait lui-même figure d’événement et de possible au sein de la parole et décomposant constamment le langage.

Les sociétés humaines anthropologiques vivent selon la première logique ; le langage subit l’impératif de transmission ; la vérité est égale à la réalité ; laquelle est ainsi échangée, transmise, agie ; ce qui est fondateur, c’est la transmission elle-même ; au détriment des événements (que la parole tournante résout) et du possible (que la parole canalise et réoriente). Cela fait Sens dans la mesure où la parole permet d’élever continuellement le désordre et le particulier, le multiple et le catastrophique (la mort par ex) dans l’expression ; de permettre malgré toutes les péripéties qu’il y ait un avenir, cad un échange possible ; et qu’ainsi se continue la nature humaine dans le monde tel quel.

Les sociétés universelles vivent selon la supériorité reconnue de la réalité sur n’importe quelle vérité.

La vérité n’est plus entendue comme intérieure à l’expression humaine du monde dans un groupe, (en ce groupe chacun renvoie aux autres la réponse adéquate et apprise à n’importe quelle question, étant entendu que la série des questions est connue entièrement) mais comme adéquation à la chose, à l’objet, à la loi en soi, mais aussi à l’autre comme rival ou concurrent, de même qu’à soi-même comme autre que soi.

Dans l’universel, tout est séparé ; cad que toute réalité subit la loi du Un ; chaque chose, chaque individu est distinct ; il ne convient pas de nommer une réalité dans le flux de la parole ; mais de stopper l’identification ; de l’extraire du monde. Cela suppose que le Un soit bel et bien marqué ; mais comme nous n’avons aucune saisie véritable du Un de cette chose, on ne peut l’identifier que si on le découpe et l’organise abstraitement ; on le décompose en éléments qui sont des signes puis on en produit l’unification. De par sa cohérence, cette unification tient réellement comme Une. Mais elle se tient seul ; le Un de l’universel n’est pas le Un total, le tout.

Le tout n’est connu que comme parole complète partagée ; dès qu’il est brisé par le Un (qui s’inscrit dès lors en toute réalité, qui inscrit activement toute réalité comme séparée), la parole ne peut plus se fermer sur son propre déroulement et la communauté ne pense plus comme une communauté.

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