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instants philosophie

Nietzsche, l'épreuve du devenir

5 Janvier 2011, 15:10pm

Publié par zwardoz

Il apparaitra donc que l’être de l’homme ne peut être circonscrit ; lors même qu’existerait dans les faits et réalisée une connaissance exacte de ce qui est, l’être de l’homme est en-plus ; mais on ne saurait se contenter d’un pour-soi, sartrien, libre, qui s’ajouterait à l’en-soi, du monde. L’être en plus de l’homme est ou dessine une structure ; laquelle, étant absolument libre en elle-même, est formelle ; inutile donc de rechercher à quelle satisfaction notre être peut correspondre ; il ne se satisfera jamais de rien.

C’est en ceci que Nietzsche intervient de décider que : peu importe. Il n’importe pas que notre être obtienne satisfaction, sinon de son acte même. En cela, ça ne fait pas Sens, vers quoi que ce soit ; ça est.

Mais si cela, notre être, est, c’est uniquement une description d’état toute extérieure ; en réalité, puisque nous le sommes, cet acte, c’est une activité de le vouloir ; une réflexivité ; il faut accepter, passivement que notre être est activité, radicale, à la racine.

Or chacun sait bien qu’il est ce corps, cette identité, image de soi et pour les autres, ces besoins, ces possibilités et surtout impossibilités, etc, sa classe plus ou moins sociale, sa culture, tout ce que l’on voudra comme causes essentielles de soi ; essentielles dans le monde, mais dans la réflexivité, causes adjacentes. Nietzsche, en pratique, signifie que « l’on fait avec ce que l’on a, mais selon ce que l’on est ». Plaçant l’être en plus du monde ; il donne son accord à ce qu’il a, pour le faire-être au plus loin ; li dépendra de la nature de votre force, énergie, volonté de mener plus ou moins loin « ce que vous êtes », ce que à partir de ce qui vous est alloué, vous deviendrez « qui vous serez ». Autrement dit ; vous existez dans le monde, alloué à telles qualités ou défauts de déterminations, mais le plan de l’être, vous y deviendrez ce que ce plan requerra de vous-même ; et seulement là, alors, vous serez, immédiatement, jugé.

Et vous l’ignorez. En un certain sens, vous ne savez pas ce que l’énergie ou la volonté vous autorise à être ; parce que ça ne dépend pas vraiment de ce qui vous est alloué ; mais ce que devenir signifie pour votre être. Celui qui passe de la puissance à l’acte, du virtuel au réalisé, mais via le possible ; ce qui font trois dimensions ; le possible n’est jamais, jamais réalisé tel quel mais pourtant il demeure exactement le Possible (et du virtuel et du réalisé).

Nietzsche était excessivement cultivé ; son être en devenir passait par les signes, tous les signes envisageables. Aussi pour lui le devenir est de devenir son être-en-signes inscrits ; la grande possibilité du signe est qu’il n’a pas besoin de grand-chose … Il n’a pas besoin de l’histoire ou des autres ou des choses ; on peut esthétiquement réaliser, rendre réel, n’importe quoi ; autrement dit ; sa volonté même ; le signe n’a de limite que la volonté d’n tirer, soutirer ce que l’on en veut ; et si il est un empire en lequel la volonté mesure sa capacité, (qu’elle ignore ; elle ne se veut pas énormissime ou clinquante ; elle s’y éprouve au contraire ; c’est là qu’elle , au pied du mur, perçoit ce dont elle est capable), si il est un empire qui mesure la volonté (d’achever « tout ce que l’on peut ») indépendamment de circonstances extérieures, Nietzsche sait bien qu’il s’agira des signes dans leurs extensions indéfinies.

Or dans ce temps-même, Nietzsche ouvre une singulière advenue tout à fait générale… Il est une partie de ce qui est, dont on ignore ce quoi elle est faite. Que l’on y soit « libre » ou non ontologiquement, n’a pas grande importance ; dans la pratique même de la puissance et de l’acte, du virtuel et du réalisé, il est ou non et plus ou moins de « capacité ». Et ça ne se juge pas antérieurement à l’épreuve elle-même. Il n’existe pas de théorie préalable à l’accompli, à la réalisation, au devenir potentiel.

Mais il se peut que, par contre, on aille tout à rebours de soi… de ce soi possible. Que l’on refuse d’y advenir. Qu’on se vive dans la restriction et que le potentiel de ce qui est (possible) se condamne et s’abroge, et qu’il annule tout autant chacun ou tout potentiel de quiconque ; une non-volonté, cad une volonté négative. Non pas donc à rebours du soi que l’on est, mais du soi potentiel ; or celui-là ne se juge pas à l’aune du monde déjà là, mais sur cet autre plan du possible pur qui barre (positivement…) la puissance virtuelle et le réalisé acté. Celui dont on ne sait rien et que le donné, le monde, le vécu, le connu, ignorent tout.

Pour cette raison l’énergie, l’énergétique nietzschéenne simulent, inventent, démontrent un autre plan de l’être ; le seul vrai plan qui vaille ; celui sur lequel les valeurs sont de fait toutes autres. Une coupe gigantesque qui affecte notre volonté d’y être …  ou pas.

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