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instants philosophie

Nietzsche, la philosophie

13 Décembre 2012, 10:20am

Publié par zwardoz

La finalité humaine existe comme si quelque chose avait un sens. Et le sens minimal, celui qui reste après que toutes significations aient déserté l’horizon, est celui de la bête satisfaction. 

Il est supposé une « nature humaine » qui devrait se corroborer dans sa réalisation ; ou selon la variante que chacun serait un manque à combler ou plus subtil que chacun ait à assumer ce manque insurmontable et qu’en s’équilibrant en et par la construction d’un moi adapté ce gouffre intérieur s’effacerait dans le silence (puisque du manque à être on ne peut rien faire ; c’est un trauma quelconque qui nous empoisonne la mentalité, une défaillance contingente et nécessaire comme telle). 

 

Le non sens comme non finalité (ce qui est, est)

L’autre position, celle décisive, est nietzschéenne ; ça n’est pas un manque à être, mais un surplus indiscutable et si effroyablement positif et un que nous n’y résistons pas. La positivité absolue qui nous pousse-à-être est si énorme qu’elle ne s’écoule en aucun canal, ou du moins aucune circulation établie et donnée ; elle doit, cette créativité littéralement ontologique, inventer un ou plusieurs mondes. Sa raison d’être c’est son être. Et il tient à chacun de l’accepter ou de le refuser, de s’enfuir et de céder, de nier la lutte et le combat. 

 

L’incompréhensibilité nous étreint l’être

Cet être intégralement positif nous en imposerait s’il n’était des pare-feux, et serait si intransigeant qu’il nous fourvoierait en une exigence inhumaine. Sans compter que d’exister absolument intégralement requiert une innocence, puisque rien ne justifie, ni donc n’explique ou ne rend rationnel et donc ne rend dicible et transmissible cette positivité, qui est source sans raison de tout monde, quel qu’il soit. La position nietzschéenne relativise tout monde possible. 

Il nous en imposerait mais non par sa surabondance (c’est une illusion que nourrit Nietzsche) ; en soi il est vide, et ce vide nous laisse sans voix ; il serait impossible d’adapter le positif intégral au monde puisque dans le monde il n’a aucune représentation. C’est techniquement que de représentation de l’être-positif, il n’est aucune idée adéquate. 

Nietzsche est réellement celui par qui nous vient à l’oreille que le sans-raison d’aucune sorte est le fondement de notre être ; et qu’il est, ou non, un accord secret, non dit, inexistant, entre soi et soi qui permet de « tenir le pas gagné »

(Saison en enfer : Rimbaud est notre Nietzsche … mais d’une brutalité sans nom, innommable, muette, partie, enfuie). 

L’idée, la représentation nietzschéenne d’un accord ou désaccord quant à l’acceptation pour nous-même de notre être, prend comme figure un vitalisme (tellement trituré, et à juste titre structurellement, en ce qu’il décrit les volutes et circonvolutions de cette « volonté », cette énergie qui devient), et comme telle cette interprétation colle non pas aux faits éventuels, objectivement valides, mais aux 

 

Nietzsche instruit la position cartésienne 

Or la cohérence extraordinaire nietzschéenne signifie bien que cette positivité antérieure (à toute autre position, de sorte que toute autre position apparait en comparaison comme une attitude, seconde,  parmi d’autres, tandis que la nietzschéenne est fondatrice, de même et équivalente en certitude à celle cartésienne),que cette positivité est radicalement de rationalité ; de rationalité philosophique et donc réflexive (la philosophie n’est pas un discours tout étal, mais un discours retors, dans son essence même il est « replié-déplié » ; il fait voir ce qu’il dit être, et est l’inverse de toute abstraction, cad qu’il est infiniment concret).

La sûreté de la cohérence nietzschéenne déploie la plus précise vision possible ; mais non pas dans les faits et les connaissances. Il surinterpète considérablement, et essaie de traduire illustrativement un devenir complexe de l’évidence positive absolue : une lecture structurelle s’impose et non pas exacte ; ça n’est pas un connaitre que la philosophie, mais un savoir. La philosophie décrit la position de l’intentionnalité (laquelle renvoie à un horizon et non des contenus). 

 

La philosophie

La description intentionnelle (ce savoir philosophique lui-même) est aussi dénivelée et continue que possible, mais n’est pas une connaissance puisque son objet est cet être même que l’on est, et est donc de fait et immanquablement réflexive ; elle tente de décrire et de faire-voir notre être en acte propre. Ou ce qui en fut originellement, expose une autre surface ; l’être ; la surface autre absolument, qui pour se définir s’expatrie en contraintes (de raison, cad de compréhension en acte, de compréhension effectivement actuelle, et non pas reportées sur le groupe ou au-delà du monde). 

 

Nietzsche nous montre sans l’ombre d’un doute quelconque (mais en surinterpétant puisque « cela », cet être, n’a pas de représentation, il s’efforce de l’illustrer et ce dans ses moindres cohérences complexes) notre être tel quel ; il s’appuie sur la même évidence de cet être-qui-est-là, ce roc que décrit pareillement Descartes, mais dans la plus extraordinaire lucidité cartésienne.

Ce roc est un « être réel » et donc n’ayant aucune représentation, ce qu’il en dit et qu’on en peut dire est illustratif, fait-figure-de. D’une intentionnalité qui se suit elle-même pas à pas dans ses moindres devenirs, ses enlacements. Nietzsche est une position (à partir de laquelle rareté il existe seulement des attitudes, nombreuses). 

La philosophie ne s’adresse donc pas à la théorisation ; ou plutôt elle cumule la théorie à une monstration ; elle expose à nu ce qui est tel que cela est et ne dispense pas des vérités, mais la vérité sous sa forme exacte de réalité. Elle ne se distingue pas du tout de la science, sauf que son objet, effectif, est « notre être » lequel ne peut pas se transvaser dans un discours, une théorie, une objectivité ; puisque toute objectivité se tient dans le faisceau intentionnel et ne peut remonter en interne mais seulement décrire extérieurement cet être tel qu’il est ; acte cartésien ou énergie nietzschéenne dite « volonté » sans finalité. Il est acte et on ne peut le remonter comme un fleuve (ou démonter comme un emboitement de pièces) ; il se déverse en activité pure nietzschéenne ou activisme radical cartésien. 

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