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instants philosophie

Nietzsche, la réflexivité d'un être-libre

15 Décembre 2012, 10:54am

Publié par zwardoz

Le monde n’a donc pas de sens, sauf qu’il s’origine.

C’est la logique nietzschéenne qui nous le préfigure. Il est une énergie originelle qui avance vers l’avant et on ne peut retourner sur cette énergie et la déduire ou l’inclure en quoi que ce soit d’autre.

Tout est « en-avant de soi » et rien ne fait retour pour lui conférer un sens. Il n’est pas de sens, mais l’énergie même est l’activité unique qui devient. Ça ne va nulle part mais cela devient et prend plaisir, jouissance à son être propre.

Il est clair que ce mouvement s’effectue, s’augmente de ce qu’il en est conscient ou pas.

 

La subtilité du devenir d’une volonté

Mais pour Nietzsche ça n’est pas si évident ; il ne s’agit pas tant d’un surplus de conscience (bien que l’on ne voit pas comment il pourrait en être autrement), mais de « qualification » de cette énergie ; selon qu’elle se mord la queue ou qu’elle s’accepte.

L’énergie ne peut pas s’annuler ; elle est absolument agissante, et rien ne peut la nier. Mais il se peut que face à sa puissance, cette énergie se replie et s’utilise par elle-même afin de se nier. C’est cette négation qui crée ce que l’on nomme habituellement la conscience ; entendant par là grosso modo la conscience morale, la surveillance morbide sur sa propre puissance. Et c’est cette surveillance morbide qui engendre (paradoxalement du point de vue moral) la pire violence et décrépitude.

Parce que ce n’est pas la puissance qui s’accepte elle-même qui engendrera la mauvaiseté ; dans la mesure où elle s’accepte, cette puissance sera d’autant plus encline à développer une magnificence, une grandeur ou une élévation. Autrement dit de s’admettre, elle se parfait et est en elle-même civilisation et créativité.

Autrement dit ce qu’elle crée est d’autant plus subtil et délicat et élevé et ample et organisateur, qu’elle se « sait ».

 

La Valeur

Cependant comme cette énergie délaisse toute morale de surveillance (ou désignée comme telle), elle aboutit à une idée stupéfiante de la Valeur ; cette énergie se réalise véritablement et se « justifie » en élaborant des grandeurs, des qualifications, et cela seul vaut. Tout est soumis à l’élaboration du spécifiquement sublime et qui lui-même de par sa ramification de plus en plus précise, due à son acceptation qui lui autorise de se démultiplier, sans se caricaturer dans une négation de soi, une grande santé et non pas une lourdeur énergétique mais un tissage de plus en plus sensible.

De sorte que l’on se retrouve dans une morale mais d’exception et sous couvert que cette énergie s’entrelace d’elle-même et se veut plus ou moins déliée en l’élitisme de quelques uns qui obéissant à la volonté seule, sont isolés et de purs surgissements (passons outre la configuration éventuelle d’une « société élitiste » qui parait vraiment hors de propos et incohérente).

 

L’exceptionnalité universelle

Il est évident qu’en nommant cette énergie comme physiologique, dans sa rage critique de démonter la conscience ou ce qu’il croit telle, ce qu’il place et déplace là-dessous, Nietzsche met à jour une dynamique, un être dynamique purement vide, (« énergie » cela n’a pas de contenu dicible), mais qu’il ne peut alors comprendre que cet être-spécifique (le sien, son être en propre singulier : « Nietzsche ») est essentiellement représentatif, exemplaire, typologique ; qu’il manifeste individuellement un réel universel et qu’il en dessine ou commence d’en tracer les devenirs, les trajets, les courtes et longues portées, musicales y compris, mais que ce retrait dans la montagne et des plus hauts sommets, décrit un être-spécifique, absolument condensé et qui existant pour-lui-même ne peut pas se généraliser ; excepté comme exemplarité, comme exceptionnalité.

Et c’est une exceptionnalité qui s’applique à chacun, mais à chacun en tant que chaqu’Un. Avec cette brutalité-là, puisque le sujet, cette forme, cet être n’a rien à voir avec quoi que ce soit qui existe (comme monde, donné ou vécu). 

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