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instants philosophie

Oh quelle surprise ! Mon bras s'élève sans ma volonté !

2 Novembre 2012, 13:36pm

Publié par zwardoz

Oh merveilleux, mon bras s’élève sans ma volonté !

On connait l’expérience ; sous le scanner le cerveau sait avant que l’on en prenne conscience que le bras va se lever. On en déduit que la conscience est seulement une sorte d’enregistrement d’état de fait, et que la volonté (autre manière de caricaturer et fantasmer la conscience) n’y est pour rien.

On ne voit pas bien comment est postulée la conscience dans son être pour la confonde en une forteresse qui se voudrait par quelque fantaisie subjective ou idéologie des contraintes (si chacun est responsable on peut l’inculper et si il est responsable, cela éviterait de repenser l’ordre social en concentrant chacun sur son devenir personnel, ce qui n’est pas faux en soi).

Descartes n’a rien présupposé

Si l’on remonte à Descartes (qui ne pose pas de « sujet » dit pourtant cartésien, qui décrit plutôt un dispositif de dispositifs, sans le nommer comme Un et qui seulement ensuite le formulera afin d’en composer une philosophie comme chose qui pense, ce qui ne veut pas dire grand chose puisque la « pensée » pour Descartes est cet ensemble de dispositifs dont l’unité est quasi insituable). Si l’on remonte à Descartes, il n’est qu’une seule sorte de « conscience » elle est décrite comme Méthode ; autrement dit c’est une structure qui se déploie pluriellement comme doute-cogito-infini et puis étendue comme Idée intuitionnée abstraitement et comme union supposée mais incompréhensible de l’esprit et du corps. Bref insituable et difficile, mais quasi parfaitement décrite de façon si rigoureuse.

La conscience existe à demi

Que la conscience soit une forme signifie qu’elle existe à demi et que l’autre partie est remplie de « ce qui vient » ; signes, perceptions, émotions, autrui ou théorie quantique, ce qui « arrive » de quelque lieu que ce soit.

Si elle est à-demi, elle n’est pas l’autre partie ; elle absorbe donc ce qui vient et n’a pas même nécessité d’absorber « tout ce qui vient ». Il faut vraiment fantasmer la conscience pour prétendre qu’elle contrôle ou prévoit tel geste ou contient tout élément ou tout événement ou donc connait par avance … ce qui se produit ou ce qui se produira. Ceci est absurde ; ça ne signifie rien du tout sinon l’imaginaire dont on caractérise la conscience ou le sujet, de lui conférer, réflexivement, en seconde main, des propriétés qui ne lui reviennent pas.

L’imprévision constituante

La forme « conscience « n’a pas besoin de connaitre ce qu’elle ne connait pas ; ni même de contrôler le moindre de ses perceptions, imaginations, signes ou gestes ; ce serait tellement énorme de déplacer toutes ces données en la moindre volition que la conscience ne parviendrait pas même à bouger le petit doigt sans mobiliser d’indéfinies quantités de données, d’informations.

Pas même Husserl

Si l’on caricature à ce point la conscience comme forteresse (et fut-elle-même cette semi forteresse phénoménologique qui présuppose que au travers des intentionnalités se dessine un Sens de l’intentionnalité, proposé par Husserl comme idéaliste en tous cas), il n’est pas étonnant qu’on l’abomine de sa fatuité.

L’efficace de la conscience

Il est bien plutôt à l’inverse, si l’on entend que la conscience est, de la supposer tellement éthérée et vide et simple et structurelle, qu’elle peut s’employer éventuellement (mais non constamment puisqu’elle surgit dans des dispositifs, de perceptions, signes, images, corps, etc) et donc ponctuellement ; pourquoi monopoliserait-elle une continuité invraisemblable et pour le dire incompréhensible, alors que sa forme est d’intervenir et de se déplacer et de surgir ou paraitre ponctuellement et que c’est ainsi de subvenir lorsque réclamée, qu’elle est fonctionnellement efficace et qu’autrement, forte d’un être compact fantasmé, elle serait inutilisable ?  

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