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instants philosophie

Où ça le libre existe-t-il !?!

3 Février 2011, 20:16pm

Publié par zwardoz

La stricte définition de l’être de l’homme comme intentionnalité le supprime de fait du registre de l’être-même. Puisque l’intentionnalité prend appui sur l’extériorité. La rupture sartrienne s’en illustre.

Il est à peu près clair que l’intentionnalité ne contient en elle-même pas de vérité. Il faudrait supposer que le contenu intentionnel agripperait de par soi la réalité des immédiatetés du monde, telles que perçues, telles que vécues. Si donc il peut exister une logique intentionnelle des contenus, de sorte que tel contenu peut être construit ou reconstruit, et manifester une cohérence, ce sera uniquement comme effet de soi ; un vécu se produisant lui-même selon des modalités qu’il comprend, qu’il signifie.

Ce faisant étant entièrement rejetée du côté du monde, l’intention se limite atrocement. Mais cette restriction est l’acquisition de son être propre, de sa plus fine jusqu’alors connaissance de soi. Tant qu’elle se mêlait de ce qui ne la regardait pas, n’était pas strictement délimitée son unité de structure.

A rebours de cette vacuité éphémère de l’intentionnalité, comme être de l’homme, on déplacera tout le sujet dans l’ensemble de ce qui nous supporte ; l’homme est l’ensemble psycho-socio-naturel de ce qui est effectivement produit par l’homme ou de ce qui cause l’humain. Passons sur la « naturalité », qui offre une avenue aux idéologies. La version étendue de la naturalité serait d’accorder au donné toute la force de produire l’humain, en sorte que notre conscience prise serait de simple ou complexe enregistrement de ce qui a lieu. Ce qui arrive est premier, ce dont nous prenons connaissance (et nous ne prenons pas acte de tout ce qui arrive), ou que nous justifions, adviendrait après coup.

La question en tout ceci n’est pas tant que nous soyons ou pas déterminés, (on n’y peut répondre sinon par pétition de principe), mais quel discours en décide … ?

Si quelque discours que ce soit prétend enclore l’être de l’homme dans une description, il ne doit pas seulement prouver ce qu’il dit (encore faut-il qu’il prouve que sa démonstration s’applique toujours et imperturbablement, ce qui est impossible), il doit de plus présenter que lui, et lui seul, dévoile la vérité sur la réalité, et que sa prétention est justifiée. Il est clair qu’aucun discours n’est supérieur, en droit et en théorie, à l’assertion de l’être libre de chacun. Ce serait une décision, injustifiable, que d’imposer la vérité d’un discours, dont on ne peut que lui rendre l’honneur d’être lui-même, en tant que discours, issu d’une liberté, d’un être-libre.

Une position philosophique, ou psychanalytique, qui réduirait le libre à sa mesure, amoindrirait intégralement la possibilité que ce soit à des individus libres que l’on s’adresse ; et se couperait à vrai dire l’herbe sous le pied. Le marxisme est une hérésie, qui croit penser objectivement l’être de l’homme, (sous prétexte d’une naturalité historique, par ex). Mais aussi l’économisme ; qui restreint la sphère individuelle au calcul de l’intérêt ; ce qui parait universel, mais faussement ; il limite et ferme autant de portes qu’il en ouvre (ce en sont pas les mêmes).

De cela, autant en revenir à la démocratie, qui elle, au moins, tente d’avancer sur ses deux pieds ; pour tout dire, elle avance de tous les enjambées disponibles, indépendamment des idéomanies restrictives. La démocratie est en effet ; ce dont il n’y a pas d’idéologies. Ou du moins elle tend à y aboutir ; à forcer toute avancée à se réfléchir, à tendre tous les miroirs de coordinations possibles. L’économie, l’Etat, la société civile, le bénévolat, la culture, les mass médias, les vécus, la sexualité de chacun ; tout est en diversité et pluralités. L’Etat, au sens constitutionnel, (et non pas tel Etat particulier), ou donc l’essence de l’Etat, (au ciel éternel des vérités), est de rendre possible les dîtes coordinations.

Aucun ne peut prétendre donc à détenir la vérité, parce qu’aucun n’est la réalité. La philosophie du reste, contrairement à ce qu’on lui prétend, ou ce qu’elle-même fanfaronne, doit son prestige à l’immense et désordonnée ambiance contradictoire et désordonnée, sans que portant elle cède d’un iota sur son unité. Toutes les thèses, finalement, jouent dans le même pré carré ; et impose l’idée formelle que aussi importantes ces thèses soient-elles, ce qui compte existe par-dessus et en plus ; soit ; le devenir cohérent de ce que l’on dit, indépendamment de « cela ou ceci que l’on dit ».

Ce qu’impose la philosophie, c’est la forme impérative de l’être et non pas qu’il soit tel ou tel. Ce qui correspond dans la réalité, au libre, et politiquement à la démocratie-même. Et donc finalement philosophiquement à l’intentionnel comme être de l’homme ; non pas malgré sa restriction et son infinitésimalité, mais à cause de cette vacuité d’être, qui seul en impose (à tout le reste).

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