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instants philosophie

Potentialité pure et démocratie

5 Décembre 2010, 23:15pm

Publié par zwardoz

Nos malfaçons restent et demeurent du règne de l’ancienne tribu. L’espace-temps tribal celui dont on conserve la nostalgie interne ; interne à la parole elle-même, à la transmission, à l’échange. Et finalement à ce que philosophiquement on a nommé la reconnaissance. S’y installe le cycle de l’obtention ; on y cherchera à augmenter son être ; étant entendu que cet « être » est notre « identité ». Laquelle est une nécessité, mais qui est reprise avec espoir en chacun ; de cette identité on entend être soi. C’est par là que ça prend, la frénésie. L’être tourne à vide, ne sait pas en quoi s’employer, il se crée ses problèmes.

L’identité qui est fondée en sujet universel de par son statut politique, se perd en cet indéfini qui reproduit en son sein l’unification immédiate ; ce qui signifie qu’elle use de ce qu’elle trouve pour ordonner les multiplicités, les objets, les signes, le relationnel, l’unité de soi.

Le manque politique voulut être comblé par l’empire rationnel marxiste par exemple. De cet effondrement, mais aussi de l’attente structurelle générale des peuples, il se prouve qu’il existe une essence de la démocratie. Que l’être démocratique est cela même qui doit exister pour des sujets, quand bien même lesdits sujets ne seraient que leurs identités psychologiques.

Tout vient à trainer dans l’esprit des sujets restreints à leur identité ; il faut bien qu’elle se nomme cette identité ; aussi emprunte-t-elle toutes sortes de signes, d’objets, de distinctions ; elle épuise le monde ; alors même que l’être démocratique pour son efficience réclame de l’intellectif.

L’intellectif est l’inverse de l’immédiateté du psychologique ; qui voudrait que le territoire soit étal et puisse laisser libre champ à sa fantaisie, ce que l’on nomme liberté habituellement. De son installation en sujet politique, le moi psychologique ramasse autant qu’il se peut toutes les caractéristiques tribales qui prévoient le fond indifférencié d’une gestion spontanée du donné. il désirera ce que chacun désire entrant en concurrence d’élection ; il voudra y être reconnu.et dans le regard des autres se manifester son essence propre.

Démontrant par là que son être, sa capacité n’a pas dépassé le niveau de la transmission ; puisqu’autrefois, en une tribu, ce qui garantissait le vrai, c’était le connu par tous ; le groupe faisait office de vérification. De même que la parole, on s’y conformait absolument puisque sinon la communication faiblissait et disparaissait et qu’il était impératif de parler du Même. L’oreille de l’autre est ma bouche.

On peut rêver occuper la place, le rôle du sentencieux ; celui par qui la parole arrive aux oreilles. Le prophète en est le dépôt légal, entre autres, ou le leader. Ou absorber les paroles de tous qui se fondent en une seule vague déferlante.

Il en est du sujet qu’il en demeure imperméable ; il n’est rien, ne veut rien, ne désire rien ; il est. Ce qui veut dire ; il agit.

Encore faut-il bien cerner, discerner en quoi le sujet agit ; il ne se confond pas dans l’action forcément ; mais dans l’action investie de sa puissance ; c’est ici qu’il faut placer ce que par puissance ou potentialité on entend. Il s’agit de l’action intellective. Celle-là même qui ajoute non pas au monde, mais au possible.

De même, le sujet est dans la formalisation démocratique et non pas dans les vécus ou les drames psychologiques ; de même, le libre n’est pas dans la fantaisie ni même dans une vie ordonnée, mais dans la position éthique de dépasser ce que du monde on reçut. La forme, démocratique, libre ou intellective, est l’accomplissement du possible des mondes. Non pas des mondes eux-mêmes. Non pas le possible du moi psychologique, de la gouaille tribale, de la parole annéantisante, de la multiplicité des immédiatetés données, du vécu empilé, des objets lucre des désirs récompensés. Le possible n’est pas la complexité de l’agencement individuel, tel qu’il s’en débrouille de condenser en son « identité », les signes avant-coureurs de son essence, tels que psychanalytiquement on peut les dérouler.

Par ceci on voit que c’est dans la nature même du politique que le psychologique, le relationnel, la parole, les rôles et les désirs, les échanges et les transmissions, puissent seulement enfin aboutir.

Or de nos principes démocratiques on les tient comme base dont tout le reste serait le libre champ ; sans voir qu’en retour et ayant épuisé tous les mondes humains, le politique est ce en quoi et par quoi l’ensemble des mondes rebondit. Hors cela, ils s’effondrent. Comme psychologiquement les individualités sans sujet s’affaissent à plus ou moins long terme et plus ou moins manifestement.  

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