Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

pourquoi le Un est-il partout ?

19 Décembre 2010, 23:04pm

Publié par zwardoz

La surface (de l’être) est l’explosion de l’intentionnalité elle-même.  Ce qui ne se donna jamais comme tel ; comme explosion ; qui empruntèrent cent volumes divers pour signifier la déconstruction, totale, complète, et ayant déjà le pied sur l’autre bord du monde, et en quoi consiste justement sa pleine unité vide, formelle, neutre, indifférente, et provoquant toutes les différences.

Que tout soit fonctions diverses d’une unité formelle, cela montre l’intentionnalité même ; et puisqu’elle est formelle, elle n’est pas ceci ou cela, et est le Un ; l’unité de tout consiste en une forme vide, qui par ailleurs supporte toutes espèces de réalités ou de contenus. Notre difficulté tient en ce que nous ne pouvons la penser que sous la forme, en dessous, d’une détermination qui sera toujours quelconque. Alors même que cette pensabilité bien que s’octroyant en tel ou tel contenu, telle ou telle détermination, n’y opère pas par hasard.

Quelconque, oui, mais du point de vue formel uniquement ; lorsque le formel s’accroche au donné, ce qu’il découpe (l’espace ou le temps, le désir ou son objet, l’image ou l’idée, le politique ou le pouvoir, etc), ça n’est jamais en vain ; de ceci que depuis le début, la philosophie, qui est la mise en œuvre de la formalité pure de l’intentionnel, n’a jamais décroché du réel ; elle frappe juste, là où il se doit. De même l’esthétique telle qu’indépendante (de toute autre institution et cessant d’être faire-valoir, et même alors du reste), dessine adéquatement ce qui peut être (et qui n’est pas là, qui n’est pas sous les yeux). Qu’il y ait une telle perfection, au sein de toute la multitude, est proprement stupéfiant.

Mais on voit bien que cela ne formalise pas une « intention dans ses contenus» ; ça n’est pas la « raison » ou la pensée ou la Vérité ou quelque énoncé que ce soit ; c’est seulement la distinction de la structure et de ses contenus. Mais ça n’est pas non plus le moi, objectivement, ou le moi-même, vécu, mais un être-simple. Sans doute doué d’une mémoire et d’une identité (et qui ne peut pas, ce sujet, exister sans un moi, un monde humain ou humanisé), mais intentionnalité qui existe en et par soi ; de se créer comme présent dans l’actuel et juge et agent de cette actualité. La surface de l’être, telle que là, devant, mais vide et non pas de telle immédiateté, ou de ce monde-çi, mais de toute espèce de monde, et ayant donc à pro-poser ce qu’il en est de l’essence des choses, de soi, des autres, de tel autrui, de la musique même, de la perception ; tout est posé comme ayant actuellement une essence possible au travers de l’activité intentionnelle.

Ça n’est pas seulement la pensée, ou l’esthétique ou la science qui sont appelées, c’est toute intentionnalité lorsqu’elle porte sa qualité, sa quantité, son extrémité acharnée, sa volonté d’achever ceci ou cela ; de saisir l’essence même de tel ou tel contenu. On peut vouloir rechercher jusqu’où le corps est. Autrement dit ; l’intentionnalité, ça pense tout le temps.

On se perd parfois dans une identité ; cad un faisceau d’intentions qui nous définissent et qui est, comme identité, chargé de réunir le divers et le n’importe quoi. Hors cela, cette complexité galopante est par comparaison d’avec la simplicité intentionnelle nue, neutre, intacte, vide, formelle, un piège.

Tant que l’on active cette identité comme image-idée-réalité de soi, on s’engage dans une tourbière dont on attend ce dont on ne peut exiger que du sujet, qui y existe pourtant et sans le moi duquel de sujet il n’existerait pas. Et tant que le piège se referme, il parvient à contaminer l’intentionnel lui-même dans sa partie spécifique, son règne adéquat, son empire caché, son installation structurelle qui prédomine pourtant sur tout donné, toute détermination ; au point que l’identité supprime tous ces possibles intégrés en l’intentionnel-même.

La philosophie est depuis le début instrumentalisant la libération de l’intentionnel en ceci que ses entrelacs, sa complexité textuelle, son achèvement structurel autorisent de manipuler l’intentionnalité même en la contraignant, en lui imposant la surface (l’être au-devant de soi, cette spatialité temporelle plane, univoque, formelle) adéquate à la structure qu’elle est.

Mais la philosophie ne fait que révéler ce qui travaille partout où l’intentionnalité tente d’imposer sa planification ; esthétique, politique, science, éthique, et quant la nature du désirable pour un corps ; toute sa panoplie de percepts et d’affects, d’images et d’imaginations nourrissent certes une identité, qui vit son vécu, mais ça n’est pas la finalité structurelle. Mais d’autre part la finalité n’est pas non plus universelle, au sens de la réalisation d’un homme nouveau, d’une surhumanité ou d’un devenir universel de l’humain (marxiste par ex). La finalité est en interne à l’intentionnel-même. Que notre identité ne soit pas la finalité dernière ne signifie pas qu’une planification externe nous prenne en charge ; mais à l’inverse, toute planification (culturelle, mais cela s’opérera de par soi si par culturel on entend l’élévation nécessaire.. ; ce qui n’est pas évident ; politique, c’est plus improbable ; relationnel, rien n’est dit) n’a d’essence que de parfaire l’institué de l’intentionnalité-même.

Commenter cet article