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instants philosophie

Rêve, identité(s) et intentionnalité maîtresse

24 Avril 2011, 16:48pm

Publié par zwardoz

Notre réalité est ainsi issue du rêve. De la représentation de la scène éveillée, copiée, re-présentée telle que perçue. Nous possédons cette représentation en commun avec les animaux ; nous rêvons le milieu vécu, éprouvé, ressenti, perçu. Il est re-présenté, vraisemblablement afin que le déplacement du corps puisse se recentrer ; s’enraciner dans l’information lui-même compris (les rêves agissent).

Au sortir du rêve, notre être est à rebours de s’exister comme tension ; tension dite intentionnelle. On vise quelque chose ; mais ça n’est pas le quelque chose de visé qui compte, pas prioritairement. (Il n’est pas de vérité ; mais seulement l’adéquation de la tension, de l’attention, à ceci ou cela ; sans jamais qu’un ceci ou un cela puisse englober ce à partir de quoi ils s’originent ; la tension elle-même, qui est indépassable). Ce qui compte c’est la visée, le rapport que la tension entame ; elle relie ; ne contenant rien, elle est rapport de ceci à cela.

Elle forme un horizon ; au sens où tout élément est relié activement à tel autre ; telle perception à tel signe, tel signe à tels autres (qui forment système en s’auto entretenant). N’étant rien l’intention peut glisser elle-même d’un signe en un objet, d’une perception en une émotion ; elle utilise ce qu’elle trouve ; opportuniste même si elle se réfère expressément à un système strict, le langage, la communication « en personne », au fin du fin, langage en tant que système de références, qui tend vers la plus complète liaison envisageable. Elle y est chez elle, puisqu’elle est en son être même « liaison d’un ceci vers un cela ».

La liaison, le systématique est difficile ; notre être est la tension, fonctionnelle (pour le moment), vide et formelle, mais par contre notre vécu se définit ; il se produit comme identité(s).

Autrement dit ; la tension peut réaliser selon son rythme, elle nourrit en même temps (et surtout) un ensemble de liaisons externes et internes ; ceux-ci obéissent d’une autre mise en forme, substantielle celle-là ; ce qui comble alors, ce sont les « quelque chose » : puisque c’est sur leur réalité ou leur composition, assurée, que l’on va vivre, agir, décider, imaginer, etc.

Si l’on en reste dans la tension pure, il apparait que très naturellement les identités ne sont pas stables du tout ; elles sont noyées dans l’ensemble des tensions, des liaisons dont se rend capable l’intentionnalité pure. Toute identité est en danger de se perdre dans d’invraisemblables liens entre tout ceci vers tout cela.

Ce qui arrive difficilement ; on ne dit jamais « n’importe quoi » ; ça forme toujours une liaison. Mais le danger demeure non vers le n’importe quoi, mais plutôt vers des liaisons décontractant ou contractant les identités … Elles se donnent la solidité, mais elles peuvent être atteintes dans leur substantialité même, puisque, en elles, c’est la substance, véridique, qui compte, et que cette véridicité est seulement une concrétion spéciale de l’intentionnalité, qui n’y tient pas plus que cela ; la construction psychique est juste une construction, formellement parlant. Et l’intentionnel bien plus étendu, au moins idéalement.

Dès lors où existe notre réalité ? Est-ce dans la re-présentation rêvée ou dans les identités (sous l’égide d’une identité introuvable, juste supposée dans l’horizon intentionnel) ou est-ce la tension même ; celle qui relie et ne s’obtient que de relier formellement ?

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