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instants philosophie

Vérité et liberté classiques

11 Mai 2013, 08:44am

Publié par zwardoz

La philosophie permet donc de mesurer, de prendre conscience, d’intégrer, de compléter ce qui existe, de fait, mais dont on n’a pas immédiatement la connaissance, le savoir ; ce que l’on existe mais que l’on ne sait pas.

Pour ce faire il est requis d’employer d’autres mots et d’autres sens, qui permettent de paramétrer ce qui normalement ne se sait pas.

Mais ce faisant on aboutit de l’autre côté de la conscience ; qui s’emploie unanimement vers son objet ; une conscience a conscience non pas d’elle-même mais de ce qu’elle vise. Et lors même qu’elle se nomme un-tel, d’un nom personnel, elle n’a conscience que de et dans cette identité et non pas de son être seul, de ce squelette, de cette structure. Comme dit, il est impossible que la surface du miroir (dépourvu du cadre, tel que le supposait la philosophie classique) se perçoive elle-même ; elle reflétera toujours les images intérieures, les réalités reflétées sur sa surface. Le miroir comme surface ne se perçoit pas, ne s’exprime pas, mais est ce qui exprime.

C’est donc la remontée vers la surface du miroir, sans image, ni pensée, qui prévaut et qui est lancée par la philosophie et ce malgré son impossibilité ; c’est ce que signifie la pensée de l’être. L’être est d’abord conçu comme surface neutre, vide, formellement, et soumise à des contraintes (de logique, de cohérence, d’adéquation, d’universalité) ; tout élément placé sur la surface de l’être est sélectionné et sur lui opérées ces contraintes.


La voie universelle, des choses aux idées, des idées au penser

Ce qui est installé en l’être (comme idée générale) est universalisé, universalisable ; il s’agit donc non pas d’un objet, délimité, mais d’un tout qui délimite ses éléments, une opération réfléchie qui continue de détenir à part soi, le total (lequel est reporté, hors du monde ; puisqu’il contient les objets de pensée, les idées, qui elles-mêmes sont universalisées du donné, des choses réelles, des êtres, de la multiplicité). L’être est donc un « objet » total (et de ce fait pas un objet mais ce qui entoure tout objet, toute idée, qui elle-même délimite dans le donné-monde-vécu ses quantités de différences).

Il était donc pensé qu’il puisse exister un objet-tout, l’encadrement du miroir, qui, s’y accordant, nous livrerait toutes les idées (et ce dans tous les domaines, toutes les régions ; éthique, esthétique, politique, idéel et connaissance), puisque révélant l’Idée des idées, le penser. L’idée engendrant les autres idées régionales, et l’idée comme principe engendrant, causant, réellement en nous, la compréhension ; autrement dit d’une part la compréhensivité (de la pensée comme penser, comme activité engendrant) et d’autre part la compréhension (des choses, êtres, multitudes, via les idées secondes).


 

La voie singulière, des consciences diverses à la conscience indéfinie

Il y eut une seconde dimension d’ouverte ; celle qui consiste à intégrer les unes dans les autres non plus les idées (ces objets de la pensée) mais les intentionnalités ; le christianisme invente de réunir les intentions en une seule qui les jugera toutes. Ce qui ne prend pas seulement un tour moral, sur le bien ou le mal des intentions, mais qui s’étend outre mesure bien au-delà ; il est question, mis en jeu, de délimiter et dessiner le sens des intentions. Ceci en supposant, de même qu’il y eut de supposer un encadrement général de toutes images reflétées dans le miroir, qu’il puisse exister une conscience qui les contienne toutes. On comprend que malgré son orientation commune moralisatrice, c’est bien plus qui se met en jeu ; après tout le Bien peut être considérer comme étant « la meilleure manière d’organiser les choses », le principe de déroulement de ce qui est.


La singulière comme productrice de Sens

Ce qui fait-sens c’est ce qui intègre ou réintègre les intentionnalités, toutes les consciences que l’on est, fut, sera, en une seule. Il faut donc que cette unique conscience soit particulièrement performante et accélérée pour admettre toutes les significations possibles et qu’elle opère un tri absolu sur chacune ; et cela seul fait-sens à proprement parler, ce qui n’en a aucun ; puisque le principe est que demeure la possibilité même que cela fasse-conscience, qu’aucune intentionnalité ne perde la conscience même dans son équanimité, dans sa perfection, dans sa réalisation possible ; autrement dit le sens même de trier toutes les consciences prises est qu’elles ne soient pas justement prises inconsidérément dans leurs objets ; outre donc qu’il vaut mieux cesser tout objet excepté l’unique et dernière conscience possible, il est, en-dessous, de régler tous les objets une mesure qui bien qu’installant ces objets, cette investissement ne contrevienne pas à la suprématie de l’unique et dernière conscience possible.

De même la morale, la moralité (outre donc cet unique conscience dernière qui doit, elle, gouverner mon éthique, ma morale personnelle, individuelle, indépendante de tout le reste, elle est une éthique, un face à face), consiste en ceci ; que chacun soit pour tous les autres en sa dernière conscience possible ; annuler ou anéantir la conscience dernière en l’autre est le crime moral unique. Si je cesse d’admettre dans mon action, ou mon activité serait-elle quotidienne, l’autre conscience comme possible (cad possible pur), je redescends dans mon propre degré de complexité et d’intégration (de mes propres consciences prises dans le monde, en lequel de cela je m’enferme) outre d’enfermer l’autre conscience en ce monde, qu’elle n’est pas. 

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