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instants philosophie

Bilbo le Hobbit, comme principe réel

4 Octobre 2013, 10:50am

Publié par pascal doyelle

La vérité est donc relative au libre pur ; les deux sont les formules dans le monde, la réalité, la détermination ou un univers, comme on veut, de la réflexivité. Par quoi vraisemblablement la réflexivité peut être dite transcendante dans l’immanence ; il y a un univers, puis il y a un être (ou des êtres ; on ne saurait préjuger des extraterrestres !) qui s’y adopte ou adapte réflexivement.

Que la vérité soit relative au libre, c’est parce que le libre est l’ultime borne ; autrement dit, il n’est pas relatif. Lorsque l’on prononce « libre », on atteint de fait la limite, une limite extrême de « ce qui est ». Du reste « libre » cela signifie rapport à soi irrécupérable (par quoi que ce soit). Ce qui n’implique nullement que ce rapport soit omniscient ou total ou infini (il serait plutôt indéfini) ou continuel ; il suffit qu’il soit une fois, au moins, pour exister « libre » et en part très limitative. Nous sommes très loin d’un libre qui serait une sorte de forteresse ou de puissance absolue ou de conscient si conscient de soi ; le libre s’ajoute à. Il ne possède rien, sinon il devrait se trainer et ce serait impraticable et ajoute à (compte tenu de tout, littéralement tout le reste qui le précède).

Nous sommes donc par le libre à l’extrémité du monde, du donné, du vécu (cad de la pensée, des sciences et de la politique, des esthétiques et des personnalisations et des mois, etc). On y Est.

Sous entendu que cet « être » est celui du libre qui existe « à demi » ; le demi-être, le hobbit en somme, s’ajoute à l’aventure de « tout ce qui est » et aussi minuscule soit-il, il est décisif. Il est petit, inaperçu, inconsidéré, mais se faufile partout de sa petitesse ou de sa faiblesse qui lui ouvre la disposition, la disponibilité (des choses et des êtres, des péripéties et des géographies, etc).

La vérité n’est donc pas, puisque l’on Est à l’extrême limite de « ce qui est », relative à n’importe quoi ; elle est relative à un être qui ne l’est pas (on reporte à plus tard de comprendre pourquoi dans un monde, un univers, il est un tel être absurde et autre et autre parce que formel, cad à demi).

Mais une fois atteint cet être (en commençant par Descartes), la vérité n’est donc pas abandonnée ni oubliée ; le libre, la réflexivité (et Descartes est radicalement la réflexivité, sa méthode même, tout comme Hegel est la réflexivité « absolument », qu’il doit être lui-même inclus entièrement dans le processus général) la réflexivité conserve et assume.

Nous ne sommes plus dans les mondes particuliers ; qui s’effacent les uns les autres, qui disparaissent (encore que la réflexivité adore les musées et cherche à tout comprendre en soi). la réflexivité est unique et grecque et chrétienne est intégralement conservée ; pour ses propres raisons complexes, mais aussi parce que l’on est au bord du monde ; il n’est rien en deçà, et tout au-dessus.

Ayant acquis la vérité, (tout le pensable en son état, ce qui ne signifie tout ce qui peut être pensé en vérité), nous avons assumés la liberté pure qui est non le subjectivisme (ou la traduction libérale d’un être naturel qui serait donné là comme « vrai » ce qui est absurde ; notre être n’est pas un donné) mais qui est la cohérence poussée plus loin.

L’attention à ses propres intentionnalités… comme le montre Descartes en somme. La méthode d’être.

Se révèle que la vérité peut dire, exprimer, montrer l’être en son état effectivement « là » ; qu’il est une intentionnalité qui instrumentalise la vérité mais en tant que cette intentionnalité est unique et qu’il n’y a « rien d ‘autre » , ou donc qu’elle est la limite fondamentale de tout (pour nous mais aussi en soi ; le libre comme forme est formellement autre que tout, puisqu’il est de former un Un avec soi, le se-sachant, fut-il limitatif qu’il est positivement et non comme un manque, un défaut, quelle absurdité !) .

Tout autre discours est absurde en ceci ; il n’interroge pas du tout son objet au niveau de son objet, il le dégrade. Il fait passer le libre sous la vérité, et vagabonde dans les limbes des vérités sans voir que la vérité est seulement un moyen pour un être, pour un être agissant. Que ferions-nous de la vérité sinon d’agir par elle ? On veut bien que la vérité soit un idéal magnifique (sans conteste), mais ce sera pour l’activisme d’une conscience ; aussi la vérité jamais ne répond à la question : que fais-je de moi-même la vérité ? De même la vérité sera toujours la vérité de quelque conscience qui veut en imposer aux autres consciences … qu’elle soit science ou philosophiquement tronquée ou idéologique ou psycho moralisatrice.

Nietzsche avait parfaitement raison de percevoir que la vérité est relative à un être, sauf qu’il faut remplacer son édifice abracadabrant d’interprétation (qui recèle de réelles structures par ailleurs) par ceci que cet être, étant une limite absolue de tout monde, est en soi déjà-vrai.

On dira qu’à ce tarif là autant vouloir n’importe quoi… Mais on ne « veut » jamais n’importe quoi … On est toujours à l’extrême limite de ce que l’on peut vouloir (il faudrait du reste repréciser ce « vouloir »). Ça n’est pas que l’on n’ait pas le choix, mais que puisque l’on est à la base du monde, de n’importe quel monde, ce sont tous les choix qui se profilent potentiellement ; le libre est intégralement « ce qui se réalise ». Pour cette raison cela part en tous sens et l’entièreté de ce qui peut être exploré, l’est.

Et les choix que l’on va choisir, ne sont pas d’un « choix » mais d’une inventivité. On ne choisit jamais entre blanc et noir, on invente. C’est d’ajouter de l’être à l’être qui joue ; la vérité, qui au fond décrit un état, et une conformité à cet état, est l’abaissement des consciences à un tel état, au lieu que le libre (qui ne veut jamais en dehors de la vérité comme agissement réel) explore et invente.

Le mal serait précisément de ne pas ramener la vérité (on croit être la vérité) aux libres ; le libre propage le libre et la vérité non comme contenu mais comme principe. De ne pas saisir la réalité humaine comme organisée par le libre mais par des intérêts (sans envergure et qui donc s’effondrent tôt ou tard, à l’inverse du libre qui continue d’être et augmente) ou des vérités.

Mais si le libre est adéquat à son agissement (et qu’il est l’extrémité de la réalité), alors la réalité supporte ce déchaînement du libre, cette exploration : elle n’est pas en soi rationnelle, mais non pas pour cela irrationnelle ; elle est structurellement. Elle est un extrémisme et ce vraisemblablement parce qu’elle doit « se produire », et qu’elle ne manque rien, rien de ce qui est.

Or c’est ce que pense ou en tous cas manifeste la philosophie. Ce dés-ordre fondamental.

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