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instants philosophie

Démocratie et liberté

8 Août 2013, 18:57pm

Publié par pascal doyelle

Il est curieux quand même qu’ayant accompli tout ce qui fut, on se mette à douter à n’en plus finir de découragements en crises d’angoisses, historiques ou individuelles, alors que visiblement ce qui fut lancé, (dont la philosophie est la pointe étrange mais non pas certes toute la surface), fut mené bon train.


La philosophie tire donc son origine de saisir cela même qui devait s’imposer, partout, à savoir la réflexivité comme dépassement de la synthèse (des langages et des groupes, des immédiatetés et du corps donné « là », via donc l’universel grec et le devenir conscience chrétien).
Puisque c’est de réflexivité dont il s’agit, réellement, il ne se pouvait pas qu’elle n’acquiert pas d’elle-même une Idée. C’est cette idée qu’expose la philosophie, dans sa structure même du savoir-connaissance : alors que savoir n’était pas découplé de connaissance.
La réflexivité est donc ce qui arrive un peu partout à tel moment, et qui refuse de se laisser faire par l’immédiateté et les vécus, comme par les langages et les groupes. Ce qui arrive a pris nom de « raison » et « universalisation ».

Les sciences, récentes en somme, ont poursuivi le dépassement inauguré par le savoir-connaissance qui prétendait ne se tenir que dans les mots, mais transformées en idées et les idées en systèmes ; les nombres s’incrustent plus délicatement dans les multitudes de variations de la réalité.

On remarquera que chaque science sait ce qu’elle dit, au moins à tel moment, mais ne peut affirmer que cette connaissance limitée soit partout et totalement applicable ; ce serrait non raisonnable d’extrapoler une description au-delà de son point d’application.
De même mais inversement, les sciences n’existent pas indépendamment de tel milieu et requiert une humanisation qui les soutienne. L’ensemble culturel qui les permet, est nommé acculturation généralisée, en ceci que la réflexivité est instituée comme humanisation et universalité et comme liberté et devenir conscience.


Il se trouve que cette universalisation s’est stoppée en des Constitutionnalités (qui ne parviennent que difficilement à se transformer en démocratie, quoi que d’innombrables inventions y prennent place, non seulement institutionnellement mais des mois eux-mêmes, les mai 68 divers et variés en tiennent lieu), de même que ces libertés se sont appesanties en des vies personnalisées, ou plus exactement en des « mois » ; parce que toute humanisation, universelle, se découvre comme un monde de mois, de moi-mêmes, et on ne pourrait plus concevoir de développement, de progrès sans cet investissement absolument concret qu’est « chacun ».
L’humanisation n’est pas la réalisation d’un homme générique, de besoins universels, mais la distinction en et par tout-un-chacun. L’engouement pour l’individualisme, l’hyper individualisation (consumériste en partie mais pas uniquement), est donc en partie légitime, censé, et valide.


Ceux qui réclament une réforme gigantesque qui annulerait la débauche d’individualisme en appellent donc à une règle universelle qui supplanterait ceci ; que dans une démocratie réelle individuelle, ce serait l’accord de chacun qui devrait permettre de réguler et non pas une universalité, une généralité ; forcément autoritaire. Dans une démocratie réelle, les tout-un-chacun doivent penser et accorder leur pensée aux autres. On dira que c’est précisément l’individualité qui s’oppose à ce qu’il y ait une pensée non pas commune mais un consensus intelligent, alors qu’en réalité ce serait plutôt la mécompréhension que chacun a de son individualité, stagnante dans l’immédiat, qui ne permet qu’il se fasse jour un devenir-intelligent.


Il n’est donc en ce sens pas suffisamment de raison, d’individualisme qui se comprenne plus adéquatement, de même que les institutions ne comprennent pas à quel degré elles naissent et se justifient de la Constitutionnalité même (qui n’est pas respectée en sa programmation), tout comme la constitutionnalité ne saisit pas qu’elle n’est pas un « état de chose » inerte, mais qu’elle tend en une finalité ; que cela soit réellement et de plus en plus dynamiquement démocratique.

Autrement dit, dans l’ordre des raisons, des concepts ; l’individualisme se doit à une acculturation réelle (et non pas fantasmatique exclusivement, sans que soit annulé le fantasmatique évidement), tout comme institutions, constitution et démocratie s’engrènent les unes dans les autres

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