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instants philosophie

Histoire du devenir

6 Octobre 2013, 13:21pm

Publié par pascal doyelle

Raccourci réduit d'histoire de la philo.

La philosophie est « ce qui rend compte » de ce qui est arrivé l’humain et il lui est arrivé de réfléchir. Il fallait une théorie qui nous expose ce qui a bouleversé le mode de résolution de la réalité qui tenait jusqu’alors, pour faire court, en une synthèse immédiate entre le donné « là » et le langage.

Tout groupe humain s’échangeait entre soi et formulait le monde par la parole et la parole par le groupe (groupe-parole-monde formaient un cercle) ; il se produisait donc des mondes particuliers séparés ou enchevêtrés, chaque peuple, chaque culture autour de son axe propre, insituable comme axe puisqu’il s’agissait d’un ensemble, recouvrant le monde, le donné et le vécu. De il n’existait pas à proprement parlé de « chacun », puisque ce que l’on exprimait était dans et par la communication, l’information, ce qui forme, la réalité laquelle était partagée et échangée. L’ensemble était une résolution intégrale qui prenait le donné là tel quel et le saisissait comme vrai immédiatement, dans son apparaitre même, son apparaitre était parlé, le groupe qui communiquait avec lui-même se réfléchissait dans le groupe et le monde ; la communication faisait office de vérité, le groupe ou la parole était le vrai lui-même ; tout le lui certifiait.

Il advint donc que l’on s’est libéré de ces mondes pluriels vers et pour un seul et unique monde ; la réflexivité puisqu’elle est le dépassement du langage, du groupe et de l’immédiateté désigne un seul et unique monde, dit universel puisque un mais aussi universel puisque proposant à chacun de faire-retour sur soi, séparément du monde-parole-groupe.

Non seulement la politique, l’esthétique, l’éthique et l’idéel furent les réalisations en tant qu’universalités mais de plus il y eut le fondamental devenir conscience qu’inventât le christianisme. Enfin il fut lancé sur les mondes et sur les vécus la position d’une libération instantanée, une dernière conscience possible qui re-prend toutes les consciences (et donc tous les vécus et l’intégralité des contenus de ces consciences et surtout l’entièreté de la présence à soi de chaque conscience) et s’existe comme dernière conscience possible indéfinie, le libérateur qui nous renouvelle constamment au centre de nous même, et qui réunie par-dessus les intérêts du monde les consciences divisées et séparées.

Nb : Il ne s’agit absolument pas de croire ou non (cela est laissé à la conscience individuelle), mais de bien marquer qu’il ne s’agit en aucune manière d’une « idéologie » ou d’une moralisation fut-elle celle du ressentiment ou autre interprétation, mais d’une structure qui s’impose parce qu’elle augmente dans les deux cas (universel grec et dernière conscience indéfinie chrétienne) notre être.

Il est clair alors que suite à la métaphysique de l’ontologie grecque (l’universel est l’être en général pensable en une fois et intégralement) et à la métaphysique théologique chrétienne (qui forcément déborde la philosophie puisqu’elle tente de cerner l’être non plus général et intégralement pensable, mais l’être un suréminent qui garde de fait son inconnaissabilité, mais permet de penser plus avant la réalité en modifiant la pensabilité grecque), il y eut le renouvellement de la philosophie par Descartes.

En tant que Descartes cesse instantanément (Descartes joue de l’instantanéité de la réflexivité) de cibler le pensable pour relativiser celui-ci en pensabilité(s) ; la pensée devient une multi variété relative à un « sujet », un opérateur (qui n’a plus besoin de la certitude la pensée pour être lui-même certain de son être, ce qui est essentiel et le fondement de tout le reste ; l’être « là » de mon existence devient n et par lui-même réel et vrai, vrai parce que réel… La métaphysique est déjà en cela dépassée par une autre sorte d’ontologie).

De sorte que suite à Descartes Leibniz ou Spinoza tout comme parallèlement on cherchera à situer la pensée dans le monde et la perception, ne pensent pas métaphysiquement mais instrumentalisent la pensée de l’extérieur par le calcul de la pensabilité leibnizienne ou par la mathématisation spinosiste. En sorte que la relativisation de la pensée se poursuivra de Kant et de Hegel ; ce n’est plus la pensée métaphysique qui fonctionne mais c’est la pensabilité comme expérience plurielle et kaléidoscopique de l’historicité et de la phénoménologie ou le rapport analysé de la pensabilité au monde, au monde expérimenté.

Depuis que Descartes a ouvert le gouffre sans fond du sujet, c’est l’ensemble des sujets hyper individués (ce qui ne signifie pas subjectifs) qui s’élèveront ; la porte est ouverte sur la pensée cohérente de ce qui est-là ; s’élèveront et ce doués du libre pur, ce qui signifie de la force de la cohérence réflexive qui se portera sur l’expérimenté, sur le vécu, sur le donné objectivement là (y compris les sciences humaines, par ex), et l’ensemble de ces aventures (et le réflexif essaime dans tous les domaines, esthétiques, éthiques ou politiques ou idéels, ou personnalisant ou amenant un surcroit d’humanisation qui passe et dépasse l’universalité de la révolution) l’ensemble de ces aventures dresse l’ensemble des possibilités du monde, du donné comme du vécu, de l’expérience individuée précise et armée de tout son acquis.

Rimbaud solde la totalité de son vécu, l’outrepasse, voit l’à-venir et l’éternité.

Il est clair que si la règle (universelle) du libre pur qui explore son monde unique armé de tous ses acquis se déploie dans le monde donné vécu, cela aboutit aux expérimentations de structure (de soi, du monde, de l’humain) les plus exorbitantes qui soient. Le libre lancé sur le monde est une engeance, incontournable. Ce qui s’approfondit est une étrangeté radicale et profondément autre, à chaque fois, en chaque sujet expérimental.

Si le règne du libre se déploie, ça n’est pas, donc, par subjectivisme ; les expérimentations sont réelles et parfaites et intégrales ou intègres en plein. Elles manifestent, expriment ou se vivent de plein fouet en tant que vraies. La vérité est entière ; ça n’est pas parce qu’elles ne correspondent pas aux deux métaphysiques (grecque et chrétienne) qu’elle déchoit ou se perd dans la détermination ou le contingent ou le subjectivisme ou le désespoir ; c’est en tant que libres purs que les consciences poussent bien plus loin la même vérité ; la même articulation et puissance pure, celle du réflexif et de sa cohérence fondamentale. Sauf que ça ne ressemble plus aux réflexivités de l’universalisation grecque ni de la dernière conscience indéfiniment libératrice (dieu).

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