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instants philosophie

La conscience comme seul accès au réel

5 Juillet 2013, 12:51pm

Publié par zwardoz

Le dépassement de toute réalité par la conscience, cad la réflexivité comme « mécanisme » radical, à la racine, nous a probablement surpris et désarçonné ; la structure du libre est en elle-même vide et sans rien, parce que la conscience est vide et sans rien.
Au-delà ou plutôt en-deçà de l’universalité et dans la continuité ou la poursuite de la dernière conscience (dieu), la découverte de l’être-libre est à ce point effarante qu’elle paralyse et que jamais l’universalité, la philosophie, la raison ne parvint à penser ce que « libre » signifie ; parce que libre est un vide mais ajoutons nous un vide formel, un vide qui existe et qui agit, ce qui est logique pour une forme et une liberté. Structure agissante donc.

Conscience n'est pas connaissance
La raison qui cherche des causes et des notions, qui ramène à la définissabilité afin d’expliciter ou expliquer, ne peut pas remonter jusqu’à « ce qui est sans cause ».
Or évidemment le libre, soit donc la conscience, n’est pas sans cause et notamment physiologique (mais aussi humaine, langage et cultures, et enfin psychologique, d’un corps et d’une cervelle individués), mais le problème de la conscience est que puisqu’elle est justement conscience de soi, ce lien, ce rapport échappe à tout autre rapport puisqu’il est lui-même « se sachant ».
On ne reviendra pas sur les limites de ce savoir ; ça n’est pas une omniscience ni un contrôle auto géré ; ces « limitations » on a déjà vu qu’elles n’en sont pas, puisque la conscience intervient ici et là d’une part (elle n’a pas une continuité d’essence puisqu’elle est une non-essence, ce que l’on nomme une structure, et donc non pas « rien » non plus), ni n’est liée au conscient, puisqu’elle surgit au cœur des dispositifs divers (physiologies, perception, signes et langage, relationnel humanisant, etc) et donc utilise ou peut user de toutes sorte d’extensions.
C’est intervenant ici et là, que la conscience en supervisant éthérée les rapports (de signe et de chose, de signe à signe, d’identité à perceptions, en tous les sens des sens déraisonnablement) que la conscience s’exerce et que s’exerçant par ailleurs, elle tisse.
La conscience n’est alors plus seulement un être, ce mécanisme (et ce illustrativement, et non pas mécanisme mécanique, puisque son être est « savoir ») mais un devenir ; celui du tissage en des rapports externes qui placent et déplacent notre activisme ici et là, ici ou là. Ceci marque bien que la conscience n’existe pas suspendue en rien ; elle ontologiquement une structure vide, mais elle marque ici et là son passage ; ce sont ces trajets qu’elle tisse.

La conscience non spécialisante
La raison raisonnante (cad qui tient absolument à garder la définissabilité comme cœur de son travail) prend ces trajets pour des contenus et donc en ce sens là oui le sens des contenus parait désigner une finalité (par ex phénoménologiquement d’Husserl ; un idéalisme ou une concrétion, le corps ou le désir ou autrui, ou l’inconscient, etc).
Mais la conscience ne se rapporte pas à des signes et des mots et du langage ; ce serait par ailleurs tops simple ; puisque la conscience qui donne vers le monde, l’extériorité des extériorités, est rapport ouvert sur le « là » du monde global réel. C’est aussi bien en tant que corps-se-déplaçant sur un monde ou en tant que physiologies chimiques que la conscience rapporte et tisse ; il n’est pas une localisation sinon celle-ci ; le cerveau, le cerveau qui centralise et rebondit, renvoie au corps multiple (la cosncience parait dans une cervelle au terme de quantités d’évolutions de tous ordres).
Si la conscience était un contenu spécial (de sens, et au plus près de nous husserlien) ou un contenant (et donc composé), elle serait d’une part difficilement mobile, pour nous et donc quasi inutilisable et manquerait sa fonction même, et d’autre part devrait chaque fois composer sa propre composition (non vide de contenant ou contenu) avec d’autres composés (réalités, signes, perceptions). Mais elle est formelle et donc absorbe et récupère toute composition n’étant pas elle-même déterminée. Elle se coule visiblement dans la perception, les signes, le corps, etc.

Le conscient ou la conscience limitée de fait
Il est vrai qu’elle se centralise et se renforce dans le langage ou l’exprimé ; on dira mieux : dans le conscient. Mais on ne peut pas fonder la totalité des manifestations de notre être en un spécifiquement localisé ; isoler le langage et en croire la toute valence est somptueusement certes mais réducteur. La conscience, en acte, en son activité, n’est pas cerclée en tel registre ; elle navigue partout et surtout est seule à accéder au monde donné « là » unique ; il n’est qu’un seul monde réel « là » ; tout le reste est reconstruction limitée du monde « là », découpe dans ce monde unique, et découpe qui formule évidemment un système clos (auto explicable)alors que le monde unique réel est un ensemble de systèmes immergés en une surface donnée « là ». Il est invraisemblable de prendre tel système forcément clos (par sa propre construction objectiviste) pour le non système du monde unique « là » en lequel la conscience existe.
De même si la conscience n’est attachée à aucun système exclusivement, ça n’est pas parce qu’elle subsumerait tous les systèmes, (il lui faudrait un hyper système qui rendrait tout déplacement impossible ; le contraire de sa fonction de navigation-entre), mais parce qu’elle survient en-plus de tous les préalables, et c’est à ce moment qu’elle fait être son tissage.


Le tissage, de quoi s’agit-il ?
De son trajet sur le monde donné là, en tant qu’elle usera de tout signe, de toute signalétique qui en marquera les accès.
Il n’est dans tous les mondes humains ou donc en toutes les personnalisations, rien ni personne, ni quoi que ce soit qui ait accès au monde donné « là » unique comme horizon (externe des horizons internes) excepté la conscience non en « ce dont elle a conscience » (qui en est toujours qu’une portion limitée), mais la conscience en tant qu’elle agit.
Puisqu’elle a seule accès à ce monde en son agissement, elle ne le connait pas … Elle ne le connait pas consciemment, mais non par défaut et manque, mais de ce que justement elle Est cette activité même.

la conscience n'est donc pas exclusivement connaissance (en quoi on pensait le libre classiquement) mais activité, agissement.

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