Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

La source antérieure

14 Juillet 2013, 11:19am

Publié par pascal doyelle

Puisque l’être de conscience surgit vraisemblablement de la cervelle, il embraie immédiatement sur le donné : qu’il considère tout naturellement et quasi logiquement comme donné tel quel, et en accepte les augures de sorte à en bricoler des synthèses qu’il articule, organise dans et par la parole. L’échange est donc fondamentalement la transmission et des objets et êtres et des paroles à l’intérieur d’un groupe qui synthétise, enlumine son donné naturel qui par conséquent est dés le début non plus naturel mais construit et pris dans une réflexivité que l’on qualifie d’immédiate (par opposition à ce qui suivra, bien qu’il n’y ait pas d’opposition réelle et bine que cette immédiateté soit déjà non immédiate mais réfléchie : toute conscience mène une réflexivité sur un donné).

Il arrive donc que par-dessus les mondes humains articulés par la parole d’un groupe (qui se préserve et préserve avant tout ses échanges et sacralise absolument sa parole, puisque sans cette communication tout s’effondre), il arrive en quelques localités une réflexivité accrue ; celle qui permet de dépasser le langage en formulant le langage universel qui vaut pour tous les mondes et se dirige vers le monde unique commun, soit donc l’universel grec. Mais il se développe le refus de quelques consciences qui n’admettent plus de subir leur propre immédiateté et engage toute conscience dans la libération et la supériorité indissoluble de la conscience indéfinie, libérée, en recevant qu’il existe la dernière conscience, celle qui reprend vos consciences prises dans le vécu, et celle qui réunit les unes et les autres consciences en une fois supposée (la communauté en esprit, soit donc le saint esprit, dixit).

Ces deux réflexivités qui articulent donc autrement la et les consciences, autrement sur le monde unique universel, produisent une gigantesque acculturation et formulent une a-civilisation ; une culture et une civilisation qui n’est plus liée à une localisation ni à un groupe. Ceci constituant l’humanisation généralisée qui sera suivit par la personnalisation comme devenir concret et réel de cette humanisation.

Les deux réflexivités (universelle et de dernière conscience, qui seront reprises selon les deux modes ontologiques ; Sartre comme ontologie objective, tout est exposé dans le monde, et Nietzsche comme ontologie subjective, l’unité a priori, hors de tout monde et hors du monde lui-même du sujet) ont lancé dans la réalisation, dans la production humaine, le mécanisme pur et simple de la conscience-de.

Puisque ce mécanisme est vide, il ne pourra se satisfaire d’aucune solution ; toute représentation est partielle ou dérivée, mais aucune ne peut déduire notre-être dé-couvert, à nu.

Mais pourtant la philosophie possède déjà tout au long de sa trajectoire la réponse interne : la philosophie ne vise pas l’unité au-devant qui nous révélerait, elle n’est pas fascinée par un objet, fut-il l’objet absolu d’une connaissance de tout en un discours clos. Dès la début la philosophie est réflexivité (reprenant de plein fouet cela même qui travaille l’humain, ça n’est pas une coïncidence si la philosophie réfléchit et que les deux révolutions internes sont dites réflexives, grecque et chrétienne ; la philosophie est dès le début cette articulation là).

La pensée de /sur l’être n’est pas fascinée par son objet mais l’entretien selon des conditions ; de cohérence. Autant dire que l’être est une surface vide, un contenu absent, un rien dont on prédispose. La pensée elle-même entretient son vide interne ; ce qui est non plus désiré et posé « là », mais retenu et suspendu à ses conditions de validité, est un morcellement ; une intentionnalité stoppée, arrêtée, annulée elle-même, qui n’accepte pas tel ou tel objet, mais le décloisonne, le compartimente, le réduit en éléments. Dès le début la philosophie est dans l’arrêt de toute intentionnalité suspendue hors du monde, du donné, du vécu ; elle stationne et laisse ouvert l’espace et le temps de cette suspension.

Cela produit des réalisations ; on connait celles de l’universel grec comme universalités (esthétique, politique, éthique, idéel), et celles du christianisme (désengagements de mes consciences prises dans le vécu et le donné, libération en une seule indéfiniment reportée, et réunion des unes et des autres consciences en l’esprit qui regarde et libéré ceux qui sont dans le monde). Ce sont non pas des donnés là, mais des articulations, réfléchies qui n’existent qu’en réflexion et donc ouvrent d’elles-mêmes le gouffre de conscience (qui formelle n’appartient à rien, ni ne se représente adéquatement, ni ne se satisfait).

Dès le début la philosophie tente de manifester, d’exprimer, de représenter l’irreprésentable ; de remonter des réalités ou réalisations humaines, à la condition, l’antériorité de ce qui se présente et de donne comme monde, donné, vécu.

Cela soumet l’ensemble à cette logique : la finalité de ce qui est, n’est pas posée au-devant de nous, mais il est possible de se tenir dans la source. La source ne prescrit rien de ce qui arrive, de ce qui se déroule ; elle se déverse et lance toute la réalité ou la réalisation, mais rien n’es écrit ni déductible.

Or l’universalité comme la dernière conscience tentaient de contrôler notre-être (ou l’être de tout ce qui est) ; la connaissance ou la dernière conscience essayaient de contrôler la réalisation en présupposant les ou la finalité (le bien ou dieu). Si la finalité n’est pas saisissable, par contre l’antériorité est accessible ; il ne faut pas s’avancer au-devant ou plus exactement les avancées au-devant n’ont de raison d’être qu’antérieures comme déploiement de l’être préalable, de la structure agissante.

Si elle est accessible, l’antériorité nous soumet à sa logique retorse ; puisque la source n’apparait pas, elle doit être reconstituée à partir de ce qui se présente à nous ; soit la réalisation humaine (l’humain produit des réalités) et soit la réalité (la réalité est et n’est qu’un monde déterminé, un donné présenté, un vécu existant).

Ce sont déjà les antériorités que développent ou plutôt enveloppent les deux réflexivités grecque et chrétienne ; cela se suppose en grande partie comme finalité, au-devant, (dieu ou le bien), mais qui ne voient qu’en même temps il est une antériorité devinée, un être à rebours qui se remonte (à partir du donné) vers sa source ?

Commenter cet article

LOHEZ 14/07/2013 20:27

si on considère que "je est un autre "ça complique encor les choses .vive l esprit libre .