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instants philosophie

Le devenir continu de l'ontologie post cartésienne

19 Juillet 2013, 12:26pm

Publié par pascal doyelle

Le sujet est donc fondateur bien que l’on ne sache pas réellement ce que peut le sujet.
Ce qui signifie que l’être-libre est antérieur au rationnel, mais en use et donc est lui-même plus-que-rationnel, ou ce qui revient au même que le rationnel est l’effet de la réflexivité, qui ne le contredit en rien et même qui avance plus loin et plus profondément que le rationnel.
L’indication que nous transmet la philosophie puisqu’elle s’est extraite de l’idéal d’un discours complet sur tout ce qui est, (de même que ce discours universel s’était extrait du langage et des groupes comme des mondes particuliers immédiats), l’indication est que le sujet est activité de conscience. Mais en cela il ne faut pas se tromper ; activité de conscience et non pas activité consciente.
L’hypothèse est au fond, entres autres, que certes la conscience en son maximum contient le conscient, comme sa meilleure part, mais que le conscient est pour la conscience un moyen.


La rationalité est intégralement conservée ; elle est même absolument garantie ; l’universel comme le devenir conscience du christianisme sont l’expression d’une réflexivité qui s’impose au-delà des mondes particuliers et des langages, comme des vécus et des consciences prisonnières dans le monde et les unes des autres. Mais définir qu’il est un être de conscience, c’est amener l’idée qu’antérieurement à la raison, il est un être spécifique étrange et étranger, qui outrepasse la rationalité et ce non pas par défaut mais par excès : l’être de conscience est plus que rationnel.
Ce qui revient à dire que si le discours métaphysique ou de raison seule, se donnait pour fin la contemplation, on voit bien que même cette universalité entendait assurer un contrôle sur l’ensemble de ce qui est de sorte non pas qu’il y ait une contrainte exercée sur la totalité, mais afin que chacun soit universalisé et puisse augmenter son être individuel jusqu’à l’être universel, et que l’activité comme l’action ou la conduite soient en accord au devenir ou l’apparaitre du monde.


L’indéfinitude englobe l’infini
De même le sujet, dit cartésien, cherche à éprouver, ressentir et met à l’épreuve, son être libre en tant que suspension du jugement. On ne s’étonnera jamais assez de l’étrangeté de cette suspension ; en fonction de quoi, si le jugement est suspendu, pourra-t-on juger ? D’où viennent les idées dites claires et distinctes ? Sinon d’une aperception externe, quasi injustifiable rationnellement, qui accorde infiniment l’être au monde et au moi.
Parce que le cartésianisme ouvre une pensée qui ne se referme pas ; il est impossible de penser le monde et impossible de caractériser réellement le sujet. Monde et sujet échappent à la pensée universalisante, mais n’échappent ni au sujet comme libre ni au monde comme étendue. Bien que l’étendue et le moi soient en eux-mêmes indéfinies, et relèvent d’une indéfinitude. L’indéfinitude ne désigne aucun infini ; elle prendrait plutôt l’infini par surprise.
La certitude qui anime le sujet (hypothétique tant que l’on n’en saisira pas la finalité) est fondamentalement ouverte. Ce qu’aucune pensée universalisante ne peut comprendre ; seule la philosophie maintient incertaine la certitude. Il ne faut pas lire Descartes ou Kant en tant que professant des vérités, mais lançant des perspectives à partir de la structure réflexive même (dont on sait qu’elle constitue les deux réflexivités historiques et acculturantes des grecs et du christianisme).


Le ce-qui-est-déjà
La philosophie est infiniment certaine de son être du sujet, mais ceci sous la forme d’une indéfinitude : pour cela la réflexivité prolifère ; il est quantité de réflexivités en tous sens ; c’est une exploration systématique de tout le possible qu’a déchainé le dépassement des langages, groupes, vécus et immédiatetés. Non seulement la rationalité n’est pas obstruée (par sa propre exploration achevée, Hegel par exemple) mais elle a (déjà) rebondi et pousse à être toutes les explorations.
La réalité, le réalisme du sujet est si intrinsèque que non seulement il ne contredit en rien la rationalité universelle ou de devenir conscience du christianisme, mais de plus il ne consiste pas à projeter quelques utopies qui recouvriraient et étoufferaient les réalités ; on voit bien que des sciences naturelles ou humaines, des psychanalyses ou des consciences nietzschéennes ou heideggériennes, ça n’aboutit pas à imposer une raison mais à remuer ciel et terre tels que « là ». Le mécanisme de conscience creuse indéfiniment tout ce qui est et pour elle-même permet de découvrir ou redécouvrir ou amener au jour « ce qui est déjà ».
Le « ce qui est déjà » est fondamental ; il n’est pas d’idéal (puisque la conscience est sans contenu), mais un acharnement structurel à ne rien nier ou délaisser ou oublier. La conscience est le creusement en tous sens et indéfini de l’indéfinitude du monde et de son être propre ;il faut donc admettre que le gouffre ontologique qu’ouvre la conscience tend à épuiser tout ce qui est au monde, son être y compris.


La forme réellement pure et simple
Puisqu’il n’est pas de raison que la conscience, qui est un « savoir-de » mais aussi un se-savoir, ne s’extériorise pas elle-même, ou plutôt ne s’externalise pas lui-même en son être. Ce qui nous envoie à la singularité d’un être qui est tellement forme pure qu’il est à lui-même autre. il est nécessaire donc de présenter l’altérité totale de la conscience-forme. Et altérité qui n’a pas de limite, ne dispose d’aucune résolution de son équation sinon de devenir encore et de découvrir ce qu’elle « veut », ce que son mécanisme veut d’un monde, de quelque monde que ce soit. En ce sens la conscience n’est pas comme le dieu d’un monde ou d’une création, elle recèle bien plus que tout monde et toute création, elle existe déjà au-delà de tous les possibles, et cherche donc d’abord et comme naturellement à épuiser tous ceux à sa disposition.
Loin de définir ou délimiter, la conscience-forme comme principe est précisément ce qui creuse tout ce qui est déjà et ne laisse rien (ni personne) dans l’abandon ou l’ignorance. Elle est en-plus mais non pas comme ajoutant un monde sur le monde, un moi-même sur le moi, un sujet sur l’humain : elle est l’acharnement (que l’on a dit illustrativement « mécanique ») à creuser n’importe quel « tout ce qui est ».
Il faut donc partir à la recherche de cet être tel qu’en lui-même qui précède tous les mondes, tous les univers, toutes les réalités et dont on ne sait encore aucunement la finalité réelle.

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