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instants philosophie

Le réel et la conscience : le devenir

5 Octobre 2013, 11:27am

Publié par pascal doyelle

Si il n’est de vérité que d’un autre être ; la conscience comme conscience (cad comme n’étant pas un conscient, qui est lui-même pris-dans la conscience en acte et comme celle-ci est glissements vers tout ce qui la précède, perceptions, physiologies, signes, identités , etc, il est doublement dépassé sur sa gauche et sur sa droite), elle n’en déchoit pas du tout, la vérité, et au contraire est portée absolument ; c’est que la conscience est le bord du monde (au moins pour-nous, à voir si elle est le bord du monde en tant qu’être, en tant que « tout ce qui est », ça n’est pas évident) et qu’ainsi relative à un être qui est extrême, il n’est rien en deçà qui puisse contraindre et absorber la vérité.


De sorte que si la vérité (et essentiellement la vérité métaphysique ; soit ontologique grecque, qui définit l’être général et veut en rendre compte intégralement, soit théologique, qui définit l’être suréminent, dieu, qui, si il est inabordable en soi, permet de saisir l’existant donné comme monde plus profondément que l’être général de l’ontologie grecque),
si la vérité est relative à cet être-libre incompréhensible, insituable, purement formel et sans aucun contenu (bien qu’il apparaisse toujours de et avec un contenu ; il n‘existe aucune conscience « suspendue », mais peut importe puisqu’au travers de n’importe quel contenue, elle se-sait), alors le devenir de la vérité est si parfaitement exact et constant et tendu radicalement qu’il faut reconnaitre dans l’historicité de la philosophie une perfection sans nom.


Evidemment il ne s’agit pas du tout d’une perfection telle qu’on a pu l’attendre ou la désirer ou la comprendre ; l’être de conscience est un mécanisme radical qui n’obéit certes pas à notre idée fantasmatique de la perfection ou de la vérité ; il n’est pas, littéralement, d’Ordre, pas de programme qui serait coextensif à l’être de conscience ; son programme c’est sa structure qui agit et réagit et reçoit, actif ou passif. Elle n’a pas besoin de se « dire » pour être ; non qu’elle s’en passe, au contraire puisqu’elle poursuit tous les Dires en tous sens, elle pousse le langage au-delà de lui-même (c’est le prorpe même des grecs qui dépassent le langage et sa synthèse immédiate, cela se nomme réflexivité en tout). Mais elle surnage au langage et ce vers le monde, le donné, le vécu (le christianisme) elle le tord, petit à petit ou à grand bruit.


Aussi assume-t-elle les mondes ; aucun monde humain et par conséquent aucune vérité ne l’arrête ; il faut bien cela, ce déchainement impitoyable, fonctionnel, formel, pour constituer les mondes humains, mais tout autant pour re-prendre, saisir le monde unique donné, le Là gigantesque qui est.
Comment peut-on croire que la détermination, ces masses considérables, puissent être saisies et découpées, et reconstitués par un Ordre statique et figé ? Il leur est corrélatif qu’un être, purement structurel et vide mais formel, puisse se couler, naviguer, explorer, décomposer, en tous sens la multitude et les pluralités (les séries de multitude). Il faut que cet être soit sans-rien et qu’il soit né de et dans la multitude ; qu’il naisse des physiologies, des langages, des identités, du relationnel etc ; qu’il s’ajoute sans rien bannir de ce qui est, et qu’alors sa performance n’est pas de reconstruire une vérité sur le monde donné là, mais d’y ajouter.


La conscience ne tend pas vers la vérité (qui existerait en soi on ne sait où ou interviendrait mystérieusement), elle la crée. Ou plus exactement elle crée une matrice réellement fonctionnelle, réellement en un mot agissante.


Cet agissement on pourra prétendre qu’il équivaut à une variation subjective ou hasardeuse ou livrée en la contingence ; rein n’est plus faux et absurde. La raison en est que la conscience, cette activité mirobolante, est au bord de ce qui est (pour-nous en tous cas et autant que l’on puisse en juger momentanément), ce qui signifie qu’il n’est rien « en-dessous » ou « au-dessus », qu’elle n’est nullement une interprétation ; elle agit parfaitement et en dés-ordre (qui n’est pas néanmoins le n’importe quoi, qui assume le libre pur et le devenir pluriel voir multiple, malfaisant et bienfaisant pour faire image, que ça ne peut pas être retranché du devenir, même si le mal doit être annulé).
On comprend bien que ce qui existe si souplement (qui supporte donc la masse effroyable du monde donné Là), ne peut pas ne pas s’égarer et poursuivre mille et unes vérités ou aberrations ; une rigidité rendrait la performance impossible sinon.
Autrement dit si l’on avance que la vérité est relative à un être qui ne l’est pas, ça n’est pas pour soustraire la vérité ; c’est afin de comprendre que la conscience n’est pas sans les dispositifs qui la précèdent ; qu’elle est et n’est que le dispositif au sein des dispositifs (physiologies, langages, relationnel, etc). Sauf que ce dispositif très limitatif, minuscule, est conclusif ; conclusif en ceci qu’elle seule est « hors de la cervelle » et qu’ayant affaire au réel, donné Là, comme Là gigantesque, elle perçoit le rapport. Elle juge de la vérité de telle ou telle inscription dans la cervelle.

Elle mettra du temps peut-être à remodeler la cervelle, mais le réel la soutiendra et elle le poursuivra puisque le réel est ce qui est sa structure même.

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