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instants philosophie

Le sujet est au-dessus du moi

11 Juillet 2013, 15:39pm

Publié par zwardoz

L'incarcération du moi dans le monde tel qu'en l'état

Il est bien clair que de confondre le sujet et le moi permet aux idéologies d’anéantir les devenirs possibles en surnombre et identifiant notre être à un « moi » de le déterminer. Ce que d’un sujet il serait impossible.
Tout nous incline à n’adopter comme point de vue que celui limité d’un ego psychologique dont les finalités sont intérieures et dont l’intériorité en fin de compte est basée sur le corps ; autrement dit le bonheur.
Or le bonheur on ne peut pas se le représenter, sinon d’accrocher des déterminations aux déterminations, et il n’est de déterminations réelles que celles du monde, lequel n’est considérable que d’un corps. Ce sont donc des devenirs à finalité essentiellement naturalistes ; que ce naturalisme se définisse selon le corps physiologique ou que qu’il se reconsidère selon une identité psychologique, dont tous les éléments sont ici dans le monde, le donné, le vécu.


Or si le sujet n’est pas le moi, alors de fait il est seul à savoir ce qu’il peut ou veut ; si il est sujet, la détermination selon le monde, le donné ou le vécu, ne joue plus ; puisque le sujet est ce qui embarque plus ou moins, et ne serait-ce que minimalement, la détermination dans un horizon ; un horizon intentionnel. Le sujet n’est pas en soi, mais est l’horizon reculé indéfiniment qui déracine les déterminations, et annule l’exclusivité de toute identité et donc de tout moi.
La question n’est pas de remplacer le moi par le sujet, ce qui n’aurait aucun sens. Un sujet est une structure et non pas une identité quelle qu’elle soit. Mais que dans le moi il y ait la possibilité du sujet ; et qui plus est de chacun, son sujet.


Le sujet n’est pas non plus une sorte d’homme générique de haute plus ou moins volée ; ce serait annuler le moi et l’individualité, ce qui est absurde (aucune humanisation conséquente ne peut plus se passer de la complexité de l’individualité, à moins que par les (mauvais) temps qui courent, il faille recourir à une universalisation nivelante qui permette de réguler les excès, ce qui ne serait guère étonnant).


Le sujet est ce qui en chaque moi, donne à ce moi accès aux devenirs du sujet.
La mauvaiseté ambiante veut que non seulement la pensée mais l’universalité elle-même soit répudiée ; c’est que l’universalité si elle était appliquée (de par les constitutions même des sociétés) forcerait à un partage et une redistribution et même une distribution de la Richesse (au lieu que cette richesse est privatisée à l’excès et que donc les avenirs rendus possibles par cette richesse fabuleuse sont annulés et probablement annihilés à jamais, ne serait que physiquement ne quantité d’énergie disponible par exemple). Rappelons que l’universalité se fondait en horizon au partage égal entre tous du vrai, du bien et du beau, mais c’est illustrativement ; le partage Est la fondation même de l’universel humain.
L’universalité annulée, il est également la poisse qui colle aux corps et par laquelle glue chaque moi est immergé dans son corps ; c’est son tombeau comme on dit. Et il le croit. Ce qui repousse radicalement l’intentionnalisation chrétienne ou pour le dire autrement le recul de la dernière conscience possible indéfinie, soit donc la libération mentale elle-même : non que le devenir corps qui s’est installé soit néfaste mais l’attachement exclusif au devenir corps n’a pas de signification structurelle si elle ne libère pas en effet le sujet.
Or le contraire de la libération est l’incarcération du sujet en un corps de déterminations ; et il n’existe en fait de détermination que dans une société humaine en cette perspective, et en cette société humaine il n’existe que les échanges. Tout corps est donc assujetti aux échanges. Comme on voit on connait effectivement ce mouvement qui s’est révélé dans toute son ampleur et installé partout et en tout. La monétarisation n’est pas en soi la vérité, la vérité universelle est l »échange en ce que seul l’échange détermine.


Il est évident que la détermination est en elle-même bien plus vaste et profonde et démultipliée que la restriction abêtissante qui submerge les mois et leurs corps. Il est clair également que le moi, après tout, est bien plus important que sa réduction aux images incarcératrice du moi tel que sociétalement représenté. Et de même il est évident que le sujet est incomparablement plus étendu et un que ces figures limitées des mois aussi libérés soient-ils (et une part ces libérations sont adéquates, sauf que tirées, ces libérations mêmes, en une traduction extérieure).


Le sujet quand à lui peut s’offrir une telle pluralité de devenirs qu’il pourrait tout à fait se passer de tout monde humain et de tout progrès et abandonner là ce monde pseudo universel et pseudo unique (en sa version naturaliste libérale ou communiste ou corporelle), sauf qu’en tant que sujet il ne peut que vouloir reprendre absolument ce dont il est issu ; à savoir les extases.
L’extase universelle est son expression, l’extase du devenir conscience indéfinie est son expression, les extases de première conscience (Descartes), conscience première et de conscience existentielle ontologique sont ses incrustations réelles.
Si un sujet est arcboutant en ces structures, un moi est finalisé selon son identité et son corps.

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