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instants philosophie

N'en retenir qu'un : Lacan

2 Octobre 2013, 10:30am

Publié par pascal doyelle

Si il fallait n’en retenir qu’un : Lacan.
Puisqu’ayant été le seul à décrire la conscience comme n’étant pas le conscient.
En ceci en fin de compte que la conscience n’apparait qu’en acte (et que donc elle n'apparait pas). Et que donc cet acte n’est pas énoncé, parlé, manifesté ; qu’il est l’effondrement de ce qui est parlé avant et après cet énoncé.
Chacun repart en lui-même, ayant été parlé et ayant dénoyauté peut-être quelque lien, mais le vide béant non dit, non dicible, revient comme conscience, cad comme acte (il s’est seulement peut-être avancé un peu plus). On n’est pas un autre mais on est légèrement autrement. Ce qui entoure notre conscient s’est modifié. Et ce qui entoure le conscient c’est la conscience sans que celle-ci soit elle-même un conscient en quelque manière que ce soit.
Si la conscience n’est pas le conscient, cela signifie qu’elle se noie, se noie constamment dans tout ce qui la précède ; perceptions ou physiologies, corps ou autrui, un tel ou les autres, le langage ou les gestes, etc. elle ne se noie pas inexistant d’abord puis se noyant ; elle est noyée, immergée puis ici et là passe la tête hors de la masse touffue des signes et sensations et émotions.


Il est absurde de prévoir la conscience comme si elle était un conscient. Il faudrait, grosso modo, que le conscient se précède ; qu’il existe avant que d’être. Et c’est avec raison que l’on abomine qu’il y ait un conscient, un conscient de soi ; c’est une illusion. Tout conscient est déjà pris dans l’immersion et est effet de causes en tous sens. Et est effet d’une ligne suivie qui ne sait pas elle-même où elle va.
Il n’est pas question, du tout, de prétendre que l’inconscient serait comme de la conscience qui se joue et se prédisposerait elle-même ; parce que la conscience est totalement et fondamentalement déjetée et déjà accaparée par « ce qui la précède ». Elle est emplie de signes et de perceptions, ou plutôt il n’est d’abord que des signes et des perceptions en lesquels elle émerge ici ou là ; de sorte que ni les signes, ni les perceptions ne la contredisent ; pour la raison qu’elle ne peut pas assumer tous les signes et toutes les perceptions, c’est une évidence. Et elle ne peut pas, parce que ça n’est pas du tout son rôle, sa fonction, sa possibilité. Il lui faudrait s’amarrer tel un conscient énormissime pour assumer tous les signes et toutes les perceptions, et du reste signes et perceptions existent bien en eux-mêmes pourquoi la conscience se chargerait de ce qui existe déjà ?


Que la conscience soit emplie de signes et de perceptions (de tous ordres), ne l’annule visiblement pas ; c’est bien de mettre sous les yeux (de la conscience) le nœud qui fait mal, ou qui abolit ou qui sursoie le conscient, que l’acte de conscience va se saisir autrement et cela sans même sans doute s’en rendre compte. Elle n’en rendra pas compte, elle ne va pas le rendre en conscient ; le nœud dénoué (qui ne l’est jamais, puisqu’il s’enfonce dans les signes et perceptions et est repoussé constamment, que jamais le conscient n’agrippe) ne va pas devenir conscient renouvelé, sinon par effets seconds, mais par contre la conscience en acte va se placer autrement et ayant acquis non consciemment une vérité sur elle-même. Une vérité qui n’en est pas une ; qui n’est pas consciente d’elle-même mais parce que la conscience en est l’acte. L’acte agit.
C’est cette activité qui croit se fonder dans le conscient ; et le conscient est « ce que l’on exprime de manière à être compris » par les autres ; les autres sont donc ce qui me comprend ; autant dire qu’il n’est pas suffisamment d’étendue en « les autres » pour que toutes les variations de conscience mais surtout les immersions indéfinies de « conscience » s’y retrouvent ; conscience est toujours bien plus étendue que conscient parce que conscience est signes et perceptions qui non seulement ne sont pas exprimés mais surtout n’ont pas à l’être, sont autrement qu’énoncés.


Et au fondement conscience ne se dit que « étant en acte » et cet acte n’est su de personne ; il ne sait pas lui-même (mais par contre il est ce qu’il fait, et se « sait » d’une certaine manière qui n’a plus grand chose à voir avec le conscient, qui en est l’effet second et par lequel cependant une certaine manipulation peut s’opérer ; quant à « vouloir » déchoir de son principe de conscient). Il ne sait pas, parce qu’il l’est et puisqu’il l’est il ne pense pas consciemment tout ce qui (lui) arrive, mais il est dans la résolution (forcément en grande part inadaptée si on l’observe extérieurement) ou pseudo résolution ; sa résolution est son acte, forcément absurde ou décalé. En somme en se croyant un conscient, (ce qu’elle ne peut pas ne pas croire), conscience renvoie l’immersion, la masse, la chose, dans la conscience mais celle-ci n’est pas le conscient et s’existe des perceptions, des signes. Dont elle s’emprunte. Elle est en-plus et émerge seulement ici et là, sans pourtant qu’on puisse affirmer qu’elle n’est pas, puisqu’elle est surgie des signes et perceptions, hiératique, incertaine, invisible.
En somme elle voit sans se voir, et se voir est toujours second par rapport à voir. Et voir n’apparait jamais, et forme le trou de ce qui se voit ou est vu (par un tiers). De sorte que le réel de chacun est l’impossibilité de voir le voir, de se voir (sauf faussement ou comme symptôme). Tout se-voir glisse dans le voir. Et c’est seulement cet acte (voir) qui se résout sans se résoudre (il est indéfiniment réel).

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