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instants philosophie

Qu'est-ce que la métaphysique, puis l'ontologie ?

17 Juillet 2013, 09:47am

Publié par pascal doyelle

On ne voit pas ce qu’il y aurait à achever de la métaphysique puisqu’il y a belle lurette que ça n’est plus la métaphysique qui nous agite.

Ça n’est plus la métaphysique depuis Descartes ; il le dit nettement, absolument ; l’ontologie remplace la métaphysique. L’ontologie est la description de l’être de l’homme par lui-même, laquelle description inclut la métaphysique (le discours sur tout-ce-qui-est, multiplement), mais en la mettant au pas ; il appert nettement qu’aucun discours ne pourra dépasser l’être de l’homme et que celui-ci est l’origine, la source de tous discours.

De même Kant perfectionne la description, et Husserl et Nietzsche et Sartre, Heidegger ou même Marx (puisque l’homme est l’être humain générique, un corps qui utilise des outils pour ses besoins, c’est une compréhension à partir du sujet de la science, du sujet objectif, vide et morne, qui mène une connaissance objectiviste de notre être).

De même Hegel qui décrit patiemment le devenir de cet être étrange : la négativité en marche.

La philosophie gardant en mémoire son ancienne ambition, éprouve un mal fou à discerner de quoi elle retourne en son interrogation ; ça part en tous sens, faut-il le dire ? Mais est-ce exact ?

Si l’on sort de l’ambition d’établir un discours étal qui exprime ou représente toute la réalité en une fois compréhensible et qui discours se comprend lui-même, sait pourquoi il est la connaissance de ce qui est, on se heurte à l’impossibilité de dire quoi que ce soit ; sauf si précisément on s’aperçoit qu’alentour, autour, en contrepoint ou au préalable de tout discours, la philosophie depuis longtemps sait manier la raison afin de représenter l’irreprésentable, afin de montrer, exposer notre être (en tant donc qu’il est l’origine de tout discours).

Admettre la raison comme moyen au service de notre être n’est pas sans problème ; puisque cet être si il n’est pas « trié » par le rationnel, devient situable ici ou là, on ne sait trop et chacun peut y aller de sa propre illusion. Excepté que si cet être peut user du rationnel, c’est que bien qu’existant antérieurement au rationnel, il en est capable, c’est en sa capacité, en sorte que se décrire rationnellement (en un discours cohérent et adéquat à son objet, lui-même) et y avancer sans incohérence ni absurdité ou sans que son propos dépasse la rationalisation, cela signifie que cet être est bel et bien antérieur à la raison, d’une part, et qu’il la supporte (au sens de la subir adéquatement et qu’il en est supporter et fan).

L’ontologie de cet être-çi

Que cet être admette la rationalisation, qu’elle soit non plus métaphysique mais ontologique (ou objectiviste supportant cette fois les sciences, naturelles ou humaines, qui se débutent d’un sujet abstrait mais sujet néanmoins qui se tient extérieur et certain de son unité abstraite), signifie que la concrétion, la réalité de cet être est parvenu à sa propre conscience de soi et que son « se savoir » (en l’occurrence pour nous cartésien, mais c’est en partie illustratif) est la raison même qui non plus se projette mais se creuse, atteint son être même et qui donc change de matricule, change de dénomination ; au lieu de raison et métaphysique, cela se révèle ontologique et réflexif.

Ce qui éclaire autrement ce qui métaphysiquement désirait le discours complet total. La nomination de l’être n’est pas la substance (qui serait l’objet d’un discours), mais est constamment la positon de l’être comme surface existant en soi dont la conscience-de (cette surface) en est la réflexion.

Ainsi ce qui compte est ce qui agit. L’activité de la conscience à la surface de l’être.

L'augmentation de notre être

De même certes la métaphysique se donnait comme contemplation ; ce qui signifie extraire des différences jusqu’à obtenir des séries (idées) et exposer l’idée de ces idées ; argumentant d’une part la compréhensibilité (des choses via les idées) et la compréhensivité, soit donc l’idée en ce qu’elle produit les idées qui produisent les choses, qui sont les raisons d’être telles plutôt que telles.

L’essence est ce qui cause les choses, et l’essence est idée (de fait elle est réellement l’universalisation des différences des choses, universalisation qui nous donne tous les chiens en l’idée unique de Chien, alors même que l’on n’a rencontré que tel ou tel chien réel). Il n’est donc pas absurde d’extrapoler de l’universalisation qu’il y ait l’universelle idée des idées ainsi que les idées elles-mêmes comme règles des choses et des choses multiples.

Mais accéder à l’universalisation (qui ne s’était jamais rencontrée non pas comme telle ; le langage universalise de fait ; mais en tant que systématiquement universalisante ; les grecs inventent de systématiser) s’est s’adjoindre l’augmentation considérable à son pauvre vécu individuel limité immédiat, la capacité de saisir tout, même ce que l’on n’a pas rencontré. De sorte que émergeant de l’individuel limité, on parvient à se rendre adéquat à l’ensemble (que du point de vue individuel on ne perçoit pas, et connait encore moins), et conformer l’action ou l’activité, le devenir ou notre être donc tout entier, via notre pensée, au roulement du monde.

On aboutit ainsi à réguler non plus n’importe comment ou au petit bonheur, notre être dans le monde, mais en en possédant les raisons d’être.

Il est de la sorte non pas seulement une contemplation du vrai pour lui-même, mais l’adéquation de notre capacité à tout ce qui arrive dans le monde. Autrement dit une certaine forme d’activité adéquate (extrêmement complète et non limitée) qui ne rompt pas le monde, ni ne nous démolit ou désespère ; cette adéquation est plus qu’une contemplation, serait-elle contemplation intellective (des idées et de l’idée) mais mérite amplement qu’elle soit ontologique, ce qui veut dire structurelle ; elle réalise notre-être, le rend réel dans le réel. Mais via l’universel.

Il n’est donc pas de distinction fondamentale entre l’être grec et le devenir sujet cartésien ; dans les deux cas la réflexivité, et s’appliquant, de l’universel, à l’origine de cet universel : le rapport.

L'exploration ontologique

Le rapport plus qu’universel s’installe, littéralement, sur le monde avec Descartes ; il est action et activité sur le monde, là. C’est non aux idées des différences que l’on s’en prend, mais aux mesures des choses, d’une part et d’autre part à la manipulation de notre être par lui-même, méthodiquement.

Ce que l’on nomme le sujet de la science, cet être abstrait, ce regard vide, n’est pas relatif seulement à la science, mais est littéralement ce qui est creusé suite à Descartes ; il s’explore et étourdissant, il produit sa, ses descriptions, ses êtres au monde mais aussi son être en propre, isolément du monde, de tout monde. C’est une entreprise « objective » qui s’impose partout ; le dit sujet (inidentifiable mais qui se précise de l’attentionnalité cartésienne à l’intentionnalité husserlienne) est ce qui use intégralement de ce qu’il peut (sa puissance) afin de décrire rationnellement son être.

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