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instants philosophie

Perception augmentée

3 Août 2025, 11:47am

Publié par pascal doyelle

Rappelons.

Notre être ne se limite pas au connaître, qui fut sacralisé par les grecs, mais consiste en la mise en forme par les signes, et non seulement par les signes mais dans la mise en jeu de la perception au travers des signes (de là qu’il y ait des œuvres), et non seulement comme continuation de la perception, mais comme création du réel même dans sa structure. Le champ de perception du vivant est court-circuité. Sans doute la formalisation rationnelle offre une maîtrise, mais d’un objet, toujours, limité (“la” science n’existe pas, il n’existe que des sciences, chacune adaptée à son objet ou son champ), mais la mise en forme par les signes affronte un plus difficile problème ; réguler, organiser, relier et inventer et créer le champ tout entier tel qu’il est, de fait, absolument ouvert par le monde, le corps, la société humaine, le soi-même, qui sont des réalités qui ne sont pas fermées  est requis dès lors un arc ouvert, ce que l’on nomme un rapport, un être dont la structure est de rapport (et qui ainsi n'est pas un “être” mais un mouvement, l’intentionnalité). La “conscience” est de toute manière faite pour actualiser constamment toutes les situations et surtout pallier aux mémorisations en inventant d’autres résolutions (sinon les êtres seulement vivants y suffiraient bien).

Cette extension absolue de notre “être” se rassemble tout à fait exclusivement en cette structure qui est de pure apparence, de simple apparaître. La formule est simple puisque les signes, qui s'introduisent dans la perception (celle d’un corps vivant qui perçoit), intensifient, augmentent, approfondissent, précisent dans ce corps vivant cette perception ; et via l’apparaitre, commandité par les signes, l'apparence du monde, du donné, du groupe humain, du corps, etc, de tout, est modifiée. 

(l'apparaître dans l’apparence du monde est probablement le champ régulateur, oui, et créateur des choses et des êtres ; il y a une manifestation, la réalité, afin qu’elle se produise, se crée).

(les signes formulent les raccourcis dans la perception).

Ces modifications, évidemment, peuvent battre la campagne, mais plus certainement s’astreignent à coller à la réalité (sous peine de se perdre, cad de ne pas survivre, tout simplement). 

ou encore ; la naturalité, le donné, le monde, la réalité surent instruire une réalité qui, bien que déterminée (comme tout ce qui est, sauf le Présent, cad l’acte même, l’exister) une réalité traversante ; qui joue de la détermination afin de dévier cette détermination ; les signes ‘empruntent de la perception. Mais les signes ne constituent pas eux-mêmes l’essence de cette activité ; puisqu’il existe des signes parce qu’existe une conscience, cad un rapport au rapport ; si le rapport n’était pas unifié par le rapport lui-même (par son signe et qui plus est son signe “manquant”) le rapport serait fixé en telle déterminité… ce qui rendrait impossible quelque mouvement que ce soit ; il n’existerait pas de signifiants qui glissent des uns par les autres ; pas de langage. Et n'existerait pas que le rapport (qu’est l’arc de conscience et qui est pur mouvement, intentionnel donc) que le rapport donc vise au travers des signes le monde, les choses, l’horizon, et il existe l’horizon parce qu’existent des horizons qui glissent eux-mêmes les uns dans les autres. 

Tout se meut (et donc est rendu possible dans l’actualité du présent par l’activisme de l’arc de conscience, l’arc de conscience se glisse dans le temps lui-même, dans la distanciation du réel, la distanciation qu’est le réel) et donc c’est le glissement, le mouvement lui-même qui doit être saisi (et non ramené à la fixité d’une essence intellective, d’une substance, d’une unité non vivante, non Existante). 

Le mouvement même doit être d’abord élaboré et ensuite architecturé ; en vérité il est à la fois élaboré et architecturé (aussi devra-t-il passer d’une architecture à l’autre (judéo-gréco-romano-franco-européen), puisque se déploie forcément une totalisation (qui n’est pas une totalité, il n’y a pas de totalité close puisque le réel est le présent, de fait ouvert, ayant à créer ce qui n’est pas) ; ou donc, c’est systématique mais non pas un système. 

Et ainsi l’arc de conscience, c’est ce mouvement, ce rapport, qui passe par-dessus l’épaule du langage et cible la réalité ; permettant ainsi de toujours ajouter des signifiants, nouveaux, aux acquis. Il est clair que c’est l’utilité même (déjà d’adaptation et de survie, c’est évident) du langage ; il est un moyen de percevoir plus. Et ceci vaut autant sinon plus pour l'auto perception ; cette élaboration et cette architecture (qui est une architexture du corps, couvert de signes sur son autre surface) s’instancie comme rapport puisque le mouvement doit demeurer vivant, existant ; ces signifiants sont des rapports (de même que les mathématiques ou tout autre systématique de signes instanciés), ces rapports ne s’épuisent pas en eux-mêmes et donc le rapport est en lui-même réel, et ne manque pas de se signifier lui-même puisqu’il agit, il agit en tant qu’opérateur ; l’opérateur ne peut pas être ignorer dans l’opération ; sauf dans l’illusion de la raison raisonnante, de la pensée idéalisée, en tant qu’elle imagine son résultat (ou le moi en tant qu’il idéalise ou s’illusionne sur l’objet mirifique de son désir) ; 

et ce non par réduction au subjectivisme, mais parce que l’arc de conscience est hyper objectivité, ou comme dit structurel (c’est de fait l’arc de conscience qui met en jeu les mathématiques, la raison, les sciences mais aussi les esthétiques, les poétiques, les humanisations et les personnalisations, jusque dans le moi effectivement existant). 

Les signes  intensifient (dieu), augmentent (la pensée universelle), approfondissent (christique en un corps), précisent (le cartésianisme et le réel donné là de la révolution, qui concrétisent l’ensemble de toutes les intentionnalisations humaines et puis personnelles qui pourront se réal-iser dans l’historicité) ; ils réarticulent le champ de perception, puis le champ d’élaboration, puis celui de l’architexture et de l'architecture ; occupant les positions sur l’horizon, lequel horizon, celui du réel, de la position du réel qui désarticule et réarticule l'ensemble de l’apparition, de la manifestation du possible (les signes accélèrent le possible).

 

 

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