Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

l'acte parfait

19 Avril 2006, 08:48am

Publié par zward

je me fâche toujours lorsque l'on affirme de but en blanc que la liberté n'existe pas :

d'abord ça me parait une aberration stratégique fondamentale : au sens où l'on ne sait pas , à moins de tout connaitre , si oui ou non , libres nous le sommes ... or nous ne connaissons pas tout :

de même, on ne peut pas dire si dieu est ou n'est pas : on ne sait pas .... on peut y croire , sans probléme aucun , mais la croyance est intérieure , et elle ne passe pas dans le langage ... elle peut s'exprimer , mais comme elle se référe à un réel hors du langage (dieu) ,  le discours que la croyance développe ne peut me parvenir sans adopter cet objet extérieur que je ne saisis pas a priori;

toute la question est donc ; ce que je dis se déploie-t-il dans le langage employé ou pas ? peut-il éventuellement y figurer de maniére explicite ou pas (parce qu'évidemment on ne s'amuse pas à définir chacun des mots utilisés , par contre il est essentiel :
1 , de partir du principe que tous le doivent être , explicités, (tandis que la croyance part du principe d'un ineffable , indicible , ou d'un objet éloigné )
et 2, que les concepts , les idées précises , elles sont nécessairement mises à jour (je dis "mises à jour"  , parce que les concepts sont opératoires , agissent dans le corps du discours , leur identification est mouvante : c'est ce mouvement du concept qui crée le devenir du discours ).

la liberté , qui est si difficilement définissable , est-elle ou non dans le discours ?
mais qu'est-ce d'autre qui est convoqué lorsqu'on lit une phrase ?

Le "je pense donc je suis " : on peut en renier réellement bien des aspects : notamment si l'on essaie de définir entiérement les concepts qui y sont contenus : mais ce qui importe en premier lieu , c'est l'acte même de l'énoncé , de cette proposition-là : dans cet instant-là , le sujet est présent dans l'énonciation même des mots : il y a effectivement un Je qui dit "je pense " et en déduit qu'il est .

et ceci indépendamment de ce que recouvre : "penser",  c'est quoi ?? 
je "suis" , c'est quoi "être " ???
"je" , qui est le "je" ????

peu importe en cet acte : le je est ce qui contrôle l'énonciation de cette phrase-là : il se met en scéne ;

ensuite on peut douter de tout ce que l'on voudra : ce sera second par rapport à cet acte complet, parfait , un et déplié : tout ce qui est dit , est là , tel que cela est. Parce que ce qui est dit , est la présence à soi du langage pour un sujet , ou la présence du sujet dans un langage : l'être du sujet est de se parler-être.

on peut ensuite contraindre et affirmer que cette autonomie , auto-nomie , le fait de se nommer ,  n'est pas absolue , éternelle , etc : peu importe , le Dit ne dit pas au-delà de ce qu'il dit ... ce qui signifie que le dire est la mesure exacte de notre possible , de notre possibilité d'être .

Commenter cet article