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instants philosophie

allo la terre ? ici la lune.

12 Mai 2006, 15:20pm

Publié par zward

Le langage qui était jusque-là utilisé pour véhiculer des choses , des objets , des intentions , des projets , des organisations , devient en soi une unité à part entiére. Il n'est plus un instrument au service de l'imagination , des sentiments , des échanges , des groupes , des sociétés : il est en lui-même ce qui opére le tri de ce qui est effectif ou pas.

Par effectif , il faut comprendre : qui accepte un certain degré de clarté interne et qui appartient possiblement à quiconque. Et qui de ce fait peut être constater dans le monde.

Parce que le probléme résidera maintenant dans ce "peut être constater dans le monde " :
est-ce un "peut " qui indique la nécessité que , parce que clairement conçue , cette pensée existera nécessairement dans le monde ?
Ou est-ce la simple possibilité que cela , le clairement conçu , soit "éventuellement " constaté dans le monde , mais que de ce qu''il est clairement défini , au moins , on saura affirmer ou non si l'objet réel ressemble à l'objet pensé ?

Parce que si un ensemble , convenablement conçu , finalement n'est pas retrouvé dans la réalité ; cela signifie quoi ?
Sinon qu'il est nécessaire de revenir sur cet ensemble conçu ; d'en reprendre les éléments qui présidèrent à son élaboration conceptuelle , d'observer à nouveau le monde et cet objet potentiel , d'en extraire les éléments manquants , et de reformuler l'ensemble à fins de vérifications nouvelles

La conception , clairement conçue , erronée ou pas , importe peu , parce qu'elle servira de par sa clarté conceptuelle même , (vraie ou fausse) , à re-observer plus sensiblement le monde réel ...
La vérité ou pas  du concept , de l'ensemble conçu , est second par rapport à la relation potentielle que le concept  autorise.
Il ne s'agit donc non pas de "vérité" assénée , mais de concepts opératoires ou pas ... ou plutot de concepts plus ou moins opératoires ; de concepts relatifs.

Ceci est fondamental : la philosophie tourne autour.
Autour de ce qu'elle a à exprimer , extirper.
De sorte que la proposition "je pense donc je suis "
(qui fait date avec "l'être est , le non-être n'est pas " , et c'est plus que symbolique  , mais qui ne sont pas les seuls énergumènes bien entendu de l'expression philosophique )
cette proposition doit à la fois être épuisée ... et délaissée à son contenu potentiel ...

il ne faut pas en comprendre une formulation mathématique (quoique les cartésiens aient pu en tenter l'entiére expression : la philosophie ne se trompe jamais vraiment ; elle est exactement . )
mais doit être reçue comme la parole instantanée  ; que parlée , elle ne s'épuise pas , n'épuise pas "ce que"  elle dit : ce que s'impose dans le moment , et brode là-dessus.
Et pourtant il n'existe aucun moyen d'entrevoir "ce qui se passe " sinon via une expression de "cela".

Ca tourne autour ...mais ça ne veut pas rencontrer son être :  ça évite la religiosité et l'absolument là.
Résultat : ça lévite pour de vrai ...
mais ça lévite  non-magiquement , cad réellement ... ça suspend en-dehors...
( le second grand probléme est de discerner ce que c'est que le dehors. )

Ainsi il est fondamental d'expliciter une proposition , et d'exiger une évidence explicite mais il ne faut  pas en attendre une totale clarté ,  qui nuirait profondément en réalité à l'objectivité de l'expression-invention ...
ce qui se découvre , le sujet du je pense par ex , est mis à jour ET inventé ... à la fois.

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