des relations amoureuses contemporaines - 3
Dans le fond ceci est déraisonnablement grave.
Lorsque ni la nécessité (naturelle : famille, enfant : et institutionnelle : mariage) nila parole donnée (non pas forcément à l’autre, mais à soi-même d’abord) ne tiennent …
alors les sentiments et les émotions et les sensualités s’effondrent.
Par « tenir » il faut entendre « tenir dans le temps » , durer : ce qui dure , c’est ce qui est organisé, ce qui est construit. Et qui réclame des personnes construites : or les personnes sont construites, oui , mais autour de la facilité subjectiviste. Non pas qu’il n’y ait aucune organisation : la personnalité est active, multiple, apte, efficace, capable d’objectivités diverses. Mais son centre interne reste fondamentalement incertain et vain. Puisque toutes ces qualités énumérées en reviennent à une capacité socialisée, et non pas en une forte unification individuelle. Ce qui est du reste bien marqué dans toute psychologie théorique : le moi personnel est une unité (flasque) de complexités dont cette personnalité relève les défis… soucis de la performance : du bon fonctionnement en somme…
Sitôt que la socialité se relâche (par la pauvreté, faut-il y insister …, ou simplement dans la sphère privée, psycho-affective), le moi se désagrége ou girouette, décapité, tant son être personnel est seulement au croisement des diverses forces extérieures, et non par créé de sa propre coercition.
En quoi se montre que les émotions, les sensualités et les sentiments (dans la mesure où ils parviennent à peine à émerger, puisque le sentiment est une série d’émotions élargies, élevées : cad durable) ne suffisent nullement.
On dit : les personnes ne communiquent pas. Bien sûr que si ! elles ne font que cela !
Seulement elles n’ont rien à se dire.
Alors évidemment, la communication (impérieuse , cad tyrannique…) s’envenime…
se retourne en couveuse agressive, enfante un monstre communicationnel, éradicatrice, mauvaise, très mauvaise mère.
Puisque l’essence de la personne connue est dans le subjectivisme actif, son contenu ce sont les objets, les moments, les séductions, le plaisir circonstancié (qui n’a rien à voir avec le plaisir extatique), localisé, les petits projets visibles (vacances, voyages, etc ). Ad : le détail.
La subjectivité est incapable de se porter vers autre chose que le détail.
Ce que la socialité active, la consommation-production applaudit, béate, heureusement : emplie de détails inutiles, de qualités inintéressantes, de justifications hédonistes flashies.
Ça fait joli dans le décorum mental écervelé.
Ce qui manque est si cruel … que les personnalités se perdent sans gloire, sans gloriole, sans amour-propre profond, sans conscience. Pure vanité inutile, inutilisable.
(sauf dans le monde du m'as-tu-vu et de la séduction idiote contemporaine : cette mythomanie)
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