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instants philosophie

La destruction et la création de la forme de l'exister

23 Juin 2015, 13:31pm

Publié par pascal doyelle

Si les manifestations de la structure (la structure de conscience, mécanisme purement vide et sans rien, mais formel et si absolument positif puisque formel, sans composition, sans détermination, constamment parfait et strictement un en cette forme de « conscience ») sont la pensée, dieu-le christ, le sujet puis l’altérité (des pro-activistes Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc), il apparait qu’il faut abandonner que l’être, le « ce qui est » (le donné là et le « là » du donné, le réel en un mot) puisse se comprendre via la pensée, dieu-le christ ou le sujet mais tout autant via la seule altérité pure et dure.

Toutes ces manifestations positionnent notre être sur le sol effectivement là, et s’emplissent de la rumeur extensive, intensive et dense de l’altérité (en tant que l’altérité est tout aussi bien le Un de la pensée, dieu-le christ, le sujet comme évidemment l’altérité externe intégralement-là exposée par Nietzsche et suivants ; toutes attirances extrêmes (le Un des manifestations et l'Autre des activistes purs, se formant comme interne exister et externe exister) , extrémités exubérantes et prolixes et articulant par la flèche le plus lointain bien au-delà de tous les mondes, tous les systèmes, philosophiques et théologiques, toutes les personnalisations des sujets méta (philo) ou des grands sujets (éthiques, esthétiques, politiques). Parce que la flèche est tirée sur le plan fixe unique radical du « là », du « là » qui contient tous les donnés, tous les mondes ; la flèche tirée est la structure arcboutée sur le réel, au plus loin.

Elle est tirée en une fois (grecque et chrétienne) et s’ensuivent toutes les conséquences ; ce qui veut dire l’exploration des effets, des effets dans le monde, le vécu, le corps, l’humain ; c’est ce qui ne va pas se développer étal et sans soubresauts ; parce qu’un tel devenir est réflexivité pure voir brutale ; ça ne crée pas un en soi , là au-devant, une sorte d’acquisition terne et morne, mais cela se creuse. Se creuse du dedans. Or on a vu que c’est un dedans sans dedans, qui n’a pas d’intériorité à proprement parler, et s’exporte intégralement de plus en plus sur l’externe, l’exhibition, la monstration ; et cependant ce dedans sans dedans est un interne ; en ceci que nous ayant projeté sur le Bord du monde, la structure qui est elle-même un Bord de l’immanence, cette équilibriste conscience, et sur ce Bord elle avance, elle se crée non une intériorité mais un réel interne (interne est autre qu’intériorité qui correspond à extériorité, tandis qu’interne se conjoint à externe réel donné là).

C’est en cela que pensée, dieu ou sujet peuvent apparaitre comme intériorité et inversement dans l’extériorité posés (comme illusions ou chosifications ou facilités ou idéologies pour la théorosation objectiviste de la raison , naturalité et moi), mais en réalité il n’est rien de plus écartelant que la pensée, dieu-le christ ou le sujet ; qui étirent notre réel bien redoutablement et impitoyablement.

Lorsque l’on abandonne pensée, dieu et sujet, on aboutit donc sur l’externe dans les grandes largeurs (tandis que raison, naturalité et moi s'étalent sur la simple extériorité) ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan (etc ; Bergson, Wittgenstein, l’existentialisme, de Stirner à Lacan en somme, des sciences aux sciences humaines qui prennent appuient sur l’extériorité, pour le coup, en révolte tous et toutes contre la prétendue intériorité (caricaturée comme telle afin que l’altérité puisse survenir à nos yeux), alors qu’ils continuent, à leurs manières, l’effarant Interne du Bord du monde.

Interne et externe sont à la fois le Même et autres ; l’interne est le Bord se déployant sur, par et vers l’externe ; pensée, dieu-le christ, le sujet explosent littéralement le donné là autant qu’ils se tiennent du « là » du donné (le « là » du donné et le donné là étant l’être/le monde, dieu/la création, le christ/le corps, le réel/les réalités, le sujet/l’altérité). Il se crée donc la dimension interne à l’externe ; seul ce qui est formel devient.

La difficulté n’est pas de développer la structure sur le monde donné là, le corps, la réalité, mais de parvenir à se maintenir sur le Bord. C’est ce à quoi tend structurellement la pensée, la réflexivité, depuis qu’elle a eu lieu ; trouver le moyen de contrôler ce qui contrôle, que le miroir se perçoit dans le miroir et ne soit plus le jouet de lui-même.

Parce que si l’on ne parvient pas à maitriser la structure, on la désirera au travers de quantité d’objets ou de finalités ou de significations ou de corps et réalités, et parce qu’elle est la puissance, ne parvenant pas à entrer dans ces objets ou finalités, elle les détruira, les épuisera, ou éperdue de folie, d’images (toutes absurdes) dans le miroir (et non le miroir lui-même) se dégradera au fil du temps.

C’est la structure, filiforme, qui doit s’apparaitre afin de n'intentionnaliser que la structure ; tout autre intentionnalisation est un désir (comme vu au 20éme) ou une volonté (comme vu au 19éme). La structure n’a ni à vouloir ni à désirer ; elle est au-delà ou plutôt en-deçà de volonté et désir ; elle est intentionnalisation (qui est tout autre chose que la volonté) et source (qui est bien différent du désir).

La suspension de la conscience est ce qui est désigné par la pensée, dieu-le christ, le sujet, ou son aperçu nietzschéen ou sa retenue heideggérienne ou son exigence sartrienne ou le retour lacanien. Ça ne sert plus à rien de vouloir ou désirer, une fois parvenu à ce niveau. On n’est plus ce qui manque au Un, puisque le Un est. Le Un se suffit à lui-même parce que toute l’altérité en découle ; non qu’il soit Un parfait au sens de plein à ras bord, mais il est Un et vide parce que formel. Il est donc source unilatérale (il n’est rien antérieurement) de toute l’altérité et parce que tout est altérité il se produit en celle-ci encore plus d’altérité ; un être spécifique qui est conscience, rapport à (soi), qui est la cause insupportable la plus autre qui soit (autant que l’on sache, autant qu’on en ait l’expérience, on ne connait rien de plus autre que de n’être pas ce que l’on est, Sartre).

On a voulu maitriser la structure dernièrement via l’éthique (Kant mais aussi Sartre, c’est évident qu’il amplifie l’urgence et l’implication, l’investissement), la politique (Marx par ex), l’esthétique évidemment (Nietzsche), et ce sont uniquement les grands marqueurs et la liste non exhaustive. Ceci afin d’élever, de monter, de construire la structure via autre chose que la raison (la réduction de la pensée à la raison abstraite, ce qui veut dire absente ; la science absente le sujet) ou autre chose que, bien sur, dieu ou le christ, ou via la pensée et les systèmes. Tout cela est abandonné.

Et son remplacement par l’éthique et l’esthétique (Nietzsche), l’esthétique poétique et la métaphysique (Heidegger), l’éthique et le corps (Lacan), l’idéel et le monde (Wittgenstein), et il y eut des tas de court circuits de remplacement, ce remplacement n’atteint pas la structure même qui ne s’est apparue que dans la pensée, grecque, la réflexivité, chrétienne et cartésienne (l’unique sujet fondamental, qui se décrit, ne juge pas, montre, expose, in vivo), parce qu’ils étaient au contact instantané avec la structure (qui sortait à peine de sa formulation en mondes séparés dans chacun une synthèse pour soi-même ; il fallait naitre et mourir dans tel ou tel monde pour comprendre ce monde).

Il fallut donc installer l’intentionnalisation (de la structure) dans la réalité (et non plus selon la pensée, dieu-le christ ou le sujet), et on a créé à cette fin la raison, la naturalité et le moi ; la structure s’est investie fondamentalement dans ces trois ouvertures vers le monde, mais pour ainsi dire ils se sont pris les pieds dans le tapis ; on n’a plus voulu et désiré que ces trois là. Sans que la structure ne trouve de remplacement à la pensée, dieu-le christ et le sujet.

Les sujets qui voulurent encore maintenir leur élévation de sujet devinrent des grands sujets, complètement fous et auto destructeurs et destructeurs tout court, parce que la charge de puissance de la structure ne trouve pas du tout son expression, sa manifestation, sa représentation « naturellement » ni selon le moi, ni selon l’humain (de Sade à Artaud ; des révolutions ratées, la révolutionnite aigue, qui prit tout un siècle quasiment, et voulu imposer par volonté la Révolution ; mais aussi les fous bien sur et les dégradations qui s’accumulent dans les mois, leur corps, leurs désirs, leurs objets, leur folie d’images épuisantes de leur « soi », qui n’est pas, qui est et n’est qu’un bricolage, « psychologique » comme on dit), ni selon la science, les objectivismes et les objectalités qui débordent la puissance indistinctement dans le donné là et le dévorent.

Rappelons que les objectivismes sont pris-dans l’objectalité (objectalité définit limitativement notre être comme désir d’objets ou donc désir tout court), que les sciences sont utilisées par les finalités du moi, de l’étatisme, de l’économisme, soit donc la réduction des sujets à leur moi, l’économisme étant l’idéologie du corps, le corps comme « ramené-dans le donné » du sujet, de la structure, le moi comme corps-langage ; mais la raison, cette idéologie étendue et compréhensible (puisque moyen d’imposer la structure dans le monde), est déjà elle-même l’abaissement des finalités de la pensée aux finalités du monde ; si l’on prend pour principe que le donné explique le donné, on abolit tout le reste. Il devient strictement impossible de passer outre l’état du monde ; l’état du monde explique l’état du monde, on ne peut pas supposer un réel autre que la « réalité » (oubliant de ce fait que l’on n’a pas accès à la réalité autrement que via des discours, séparés, cad finalisés par le corps en fin de compte, et que l’on prend ce qui est « discours » comme étant eux-mêmes la réalité …)

Les anciennes formulations (formulations de la forme, cad de la structure) soit la pensée, dieu-le christ, le sujet (qui ont réellement et effectivement produit une acculturation gigantesque, Descartes aboutissant la Révolution unique par ex, la pensée aux sciences, le christianisme à l’acculturation de sujets bel et bien réels, auparavant il existait des esclaves, des castes, des divinités vivantes, Césars divins divers et variés, bref n’importe quoi ; le christianisme est infiniment plus précis ; tout corps est Un Corps… c’est une cause absolument infinie d’effets innombrables, etc), ces anciennes formulations ne pouvaient pas assumer le monde donné là des corps, et on a tenté, on a tenté très « sincèrement » en somme, de produire des formulations adaptées au monde et aux corps. Ça a tellement bien fonctionné qu’on a oublié tout le reste.

Non pas de recommencer la pensée, dieu-le christ ou le sujet (puisque ce qui est passé est passé), mais d’assurer une pensée, une réflexivité ou une inscription suffisante de la structure dans le monde. Inscription qui soit suffisante qui puisse admettre en elle la puissance de la structure et ne rien annuler de toute l’antériorité réflexive (la réflexivité retient par elle-même la réflexivité antécédente, hégéliennement, la pensée comme archi-intentionnalisation et le sujet comme hyper intentionnalisation chrétienne et méta intentionnalisation cartésienne) et proposer en même temps le redéploiement encore plus exact et précis de cette structure par-dessus la raison, la naturalité et le moi, soit donc par-delà l’immanence entendue platement, sans même perdre cette règle que « tout est ici et maintenant » (Descartes) et que « tout ce qui est sera voulu en une fois » (grecs).

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L'exister en-plus de l'être

20 Juin 2015, 08:45am

Publié par pascal doyelle

La philosophie est ainsi la discipline qui a pris en charge d’exprimer, de montrer, voir de démontrer cet-être très étrange tel qu’il se manifeste au sortir de tous les mondes particuliers, recouverts chacun par leur synthèse séparée, incommunicables entre elles, et qui, philosophie, non seulement met à jour qu’il est un seul et unique monde, donné là (et ce par le biais du « là » du donné), mais également qui expose notre-être, celui qui existe en dessous jusqu’alors de tous les mondes humains divers, et affirme qu’il n’existe qu’une seule structure valable pour tous les être humains, en deçà de toutes les différences, (y compris les langages).

Inutile donc de prétendre que cet-être est grec ou chrétien ou cartésien, etc, ce sont simplement des manifestations qui décrivent cet-être, lequel existe bien au-delà et tout à fait autre que ces représentations ; sauf qu’il est s’est apparu à lui-même en se montrant son activisme séparé de tous les mondes et que c’est par ces manifestations que cet-être, ayant pris conscience de sa propre activité en dehors des groupes-langages-mondes immédiats et corps donnés, que cet-être donc par ces manifestations a marqué le sol même du réel, de l’unique réel en tant que « là » du donné (le réel/les réalités, l’être/le monde, le sujet/l’étendue, etc).

Ceci, ce gigantesque mouvement retournant, a permis de proposer là, au-devant, tout l’externe ; la réalité comme existant externe à elle-même ; tout est altérité et il est dans cette altérité généralisée, une plus étrange altérité encore ; la « conscience-structure » qui n’appartient à rien, ni à personne, pur mécanisme sans rien, étant le « rapport à (soi) », absolument libre et formel, puisqu’en deçà de ce mécanisme il n’est rien, aucun monde, aucune réalité ; excepté le réel, lequel est l’altérité radicale (et qui ne contredit donc pas cet-être, ce mécanisme de conscience, altérité qui le produit comme « encore plus d’altérité » et retournement infernal, redoublement).

La « conscience » comme « rapport à (soi) » permet de placer entre parenthèses le (soi) puisque le dit rapport ne se rapporte pas d’un contenu à un contenu (de moi à moi, du conscient au conscient, de la pensée à la pensée, ou une intériorité, de dieu à dieu par ex), mais est un rapport-à, qui se donne toujours un contenu mais n’est pas contenu dans ce contenu ; n’est contenu dans aucun contenu, est ainsi le rapport en général de tout rapport déterminé ; et c’est cette dimension du rapport coupé, scindé sans contrepartie exacte, toujours inadéquat (et dans l’interstice duquel on placera les inconscients, le corps, la perception, etc, tout ce qui se présentera, puisque le rapport-à revient toujours à zéro, remet les compteurs, et les péchés).

On a donc dressé au travers de 25 siècles toute la verticalité ; ce faisant on a aussi proposé, pro-posé, avec un activisme déconcertant et profusionnel, toutes les horizontalités, horizontalités nées par et pour et selon une verticalité.

Techniquement cela se dit ; il n’existe que l’immanence, sauf le bord de cette immanence et on a reconnu que « conscience » est un Bord tandis que par ailleurs « présent » est le Bord ici même, seul existant, du Réel. Et de fait « conscience » est toujours déjà articulée au présent seul et rien que. Jamais notre acte de conscience, ce mécanisme parfait, ne quitte le réel, le présent et c’est en et par le Présent que l’on s’existe. L’exister est le pur et simple fait d’être instantanément, instantanément « là ». Et la philosophie a pour finalité première de rétablir cette instantanéité de faire-exister toute conscience dans la cohérence radicale en laquelle parait, nait, surgit tout exister, tout présent, en se rassemblant selon le Un.

Rappelons, encore, que le Un est et n’est que formel ; le présent et la « conscience » sont instantanément dans le même Exister, qui forme une surface unilatérale, d’un seul côté, tournée intégralement vers le devant et avançant.

Etant une technologie le mécanisme de conscience requiert une compréhension, une intellection technologique pour être saisi de lui-même ; depuis le début la philosophie dispose les moyens qui permettent de renvoyer cette « conscience » face à son être de déluge, son déversement de l’unilatérale source explosant vers et comme donné là ; le « là » du donné, la verticalité est le bord qui se déverse comme mondes, réalités, mondes humains, corps ou humanisations ou personnalisations.

Comme on a vu, l’univers, la réalité est une folie, un délire, un gigantesque n’importe quoi qui part en tous sens effectif et sa logique est la pure et simple réalisation du n’importe quoi, du gaspillage ; il s’agit donc d’une sorte d’ontologie sauvage et sans frein sinon que ici et là elle se régule, par ilots, mais aucun des noyaux d’ordre n’est soustrait à la logique démantibulée du réel (noyaux suffisamment stables, et si il est vrai qu’il est un ordre dans le désordre, c’est un ordre de statistique, qui forme le fond même existant, les mêmes sortes d’atomes, ou tenant lieu d’atomes, s’agitent plus ou moins de la même manière, mais ça ne fait pas sens, ni ordre, il faut attendre longtemps pour que la masse statistique formule ici ou là un îlot). Tel ilot de stabilité pourra fort bien subir une destruction hasardeuse et imprévisible. La réalisation est d’ordre (si l’on peut dire) statistique.

Pour-nous cela signifie ; jetez une poignée de consciences sur un monde et voyez ce que cela donne. La réalisation sera aléatoire mais statistiquement en l’une ou l’autre conscience-structure-mécanisme elle prendra conscience de son activité (dégagée de tout groupe-langage-monde immédiat).

Parce que si toute chose est à elle-même son « rapport », aucune n’est le rapport qu’elle est ; le rapport d’une chose à elle-même est une identité, et non un rapport à strictement parler ; un rapport à (soi) est « ce qui se sait » ; comme rapport et non comme identité ; les grecs ne perçoivent pas qu’ils sont « la pensée » mais que la pensée est « ce qui se rapporte à elle-même », et s’active telle par les grecs ; il n’est qu’une seule manière d’être rapport à soi ; c’est d’être à la fois soi et distinct de soi, d’être donc « conscience ». De même le christianisme disjoint tout vécu de sa Vie (ou si l’on préfère disjointe d’avoir conscience et d’être ceci ou cela ; chacun re-nait hors de son vécu, le terme « vivant », « vie » est assigné à un autre point de vue, intégralement autre de tout vécu).

On peut supposer que dans le dés-ordre général il apparait ici ou là des êtres spécifiques qui seuls ont « rapport à (soi) » et en lesquels le « soi » n’est pas nommable, puisque leur être n’est pas d’être ceci ou cela, mais d’être le rapport lui-même (si il était ceci ou cela il se supprimerait d’être rapport à (soi) et serait dans l’incapacité de rapporter quoi que ce soit).

Etre « conscience » est donc un rapport raté si l’on veut, mais qui sinon n’existerait pas ; c’est parce qu’il est coupé que le rapport est ; c'est donc un rapport parfait (dont on ne peut rien nier, ni décomposer, il est la forme "conscience") ou donc ; une conscience surgit de la cervelle et reste tendue vers le réel, sans qu’aucun contenu ne remonte dans cette conscience au point de prendre sa place (sa place est de surgir de la cervelle, de surgir vide et sans rien). Puisque son être est sa nature (se-savoir) il ne faut pas en conclure qu’elle connait quelque chose ; elle ne connait « rien » mais ce rien est son rapport et n’est pas « rien du tout » ; sauf qu'un rapport qui se-sait (ce savoir qui n'est pas un connaitre est sa forme-même), sait le rapport et non pas « ce que » il est ; parce qu’il n’y a pas de « ce que ». Pas de quelque chose. On ne peut pas dire que ce soit une âme ou un esprit ou une pensée ou une identité ; ça n’est pas même « un » au sens de « identité » de soi à soi ; puisque c’est "coupé" que ça existe. Et c'est en cela que c'est doublement parfait ; parfait indécomposable et parfaitement existant.

La surface d’une conscience est surajoutée à la surface du monde ; surface en plus de la surface, mais en un seul côté unilatéral de tout ce qui est ; tout est projeté là au-devant, surface en plus de la surface. L’immanence est intégrale mais l’immanence est sur elle-même ajoutée. L’altérité est complète mais il est de l’altérité en plus de l’altérité ; tout est autre afin qu’il y ait de l’autre dans l’autre et ce parce que le principe est l’Autre. Le réel est « ce qui se réfléchit », non en tant que pensée mais c’est en tant que le réel est réflexivement, est déjà lui-même tout à fait autre que lui-même, et la conscience est ce qui ré-ajoute en excès, en plus, de la réflexivité : tout, en fait, déborde d’altérité(s)parce qu’au principe il est, il existe l’altérité-même et rien que. Puisque le Un est ce qui produit de l’altérité. L’altérité est le principe même, sauf le Un qui produit justement toujours et rien que de l’altérité (puisque le Un n’est absolument pas le Tout, il est la forme qui n’a aucunement besoin de Tout, et cette forme qu'est le Un est, par ailleurs et suréminemment, le seul-présent, soit donc ce qui est au plus proche de toutes choses ou êtres, plus proche en ceci que le présent est antérieur à tout).

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L’exister, la découpe et le Un

13 Juin 2015, 07:41am

Publié par pascal doyelle

Alors l’absolu (s’il peut se nommer encore tel) est tout vide. Ça mène à cela la réduction formidable de la philosophie sartrienne ; ça coupe et ça tranche. Tous les développements anté-sartrien sont annulés et réduits à rien. Au rien justement qui s’active pro-activement par Sartre (d’où son intransigeance, son exigence, sa responsabilisation intégrale, sa négation même de l’inconscient) ; le rien ne peut vouloir que selon le rien et surtout il ne peut que « vouloir ».

Or il est clair qu’il faut déconnecter la conscience du conscient ; de sorte que lui soit accessible ses inconscients, ses physiologies, son corps, les donnés conditionnés mais aussi non conditionnés (autrement dit les désordres ou les non-ordres, les possibilités de rencontres, de heurts et de coïncidences, qui emplissent nos existences, pour de vrai, objectivement, des interlocutions pour ainsi dire des réalités ; la base du donné là, de la réalité est la rencontre, puisqu’originellement ça n’est pas la réalité qui existe mais le réel, que dans le réel il est des tas de réalités, de niveaux, de domaines, de régions, d’entrelacs). Puisque de toute manière c’est ce qui se produit effectivement ; une conscience réinstalle en et par ses déterminations ; il n’est rien de plus poreux qu’une conscience ; peu lui importe puisqu’elle est attachée au réel, par-dessus les réalités, au sens de « en plus des réalités » qui abondent.

La technique du sens

En ceci que l’acte de conscience s’effectue dans l’actualité et face au donné-là et par le « là » du donné ; que cette articulation ne soit pas tout, ni ne puisse tout est évident ; mais le moindre écart est autre et en plus de ce qui est déjà engrammé. Pour cette raison elle a inventé, créé, injecté des signes ; par le moindre signe on change la phrase. Et donc le sens.

Le sens est radicalement ce qui change tout ; mais il faut entendre le sens comme direction, littéralement. Direction vers « ce qui a lieu », réellement effectivement « là », dans la perception et par le corps (puisqu’il n’est rien que le corps qui soit à même le donné là et tout autant le corps qui soit dans et selon le « là », le réel, le présent). En cela il faut postuler que le sens est « ce qui détermine et redétermine » mais on voit bien alors que « ça ne fait pas Sens », ça n’indique pas ailleurs et autrement que dans l’actualité du corps percevant. Et donc ça signifie, mais vers le corps, et toute production est en définitive relative à la position, aux déplacements, à la surface du corps portée vers la surface du donné là.

Lorsque le sens, la signification aboutit au donné là, dans et par le corps, il ne fait pas sens en reflétant seulement le donné, mais en produisant du donné en plus. Qu’il se répéte constamment ou recycle ses causalités, d’abord et avant tout, certes, mais les quelques échappées ici et là, elles peuvent être elles-mêmes répertoriées dans le circuit souple de conscience ; et ces échappées indiquent précisément non pas ce qui est, mais ce qui n’est pas ; ce qui n’est pas mémorisé, n'est pas déposé.

Il faut imaginer que le dit circuit se crée une planification en propre ; d’un côté des mémoires (du corps, des inconscients, des cervelles, des langages, des acculturations, etc) et de l’autre les quelques engrammations du circuit souple ; et qui n’existent que si ils sont réactivés dans l’acte actuel du réel. Ces quelques circuits n’existent que recrés, d’une part (cad voulus à nouveau dans des actes actuels) mais d’autre part cette recréation puisqu’elle active l’acte actuel produira des créations tout court.

Et comme cette activité est un acte, elle ne peut pas ne pas être réflexivement et donc doit avancer non seulement dans le donné là (le monde, les réalités), mais aussi dans le là du donné (le réel, l’exister même comme positionner et positionnement qui se crée en inventant ses performances sur, dans, par le réel, l’exister). Toute connaissance (du donné là) se double d’un savoir (du là du donné). Parce que c’est le même ; il n’y a pas doublement comme dualité mais simplicité d’un seul arc boutant qui à chaque fois vise autre chose dans l’altérité. Le mécanisme de conscience, nue et sans rien, est toujours activisme dans l’altérité ; il est lui-même comme forme et structure, purement Autre. En fait n’existe que de l’altérité.

Autrement dit encore, cette simplicité est redoutablement complexe … mais c’est l’acrobatie que l’on exécute constamment. C’est cela que cet-être réalise. Toujours au bout du champ de la réalité en re-paramétrant d’une part les réalités (ce à quoi se doit toute activité de conscience qui intervient ponctuellement, et dispersée parfois, dans l’actualité), mais renouvelant imperturbablement l’actualisme de « ce qui est », du réel ; elle repositionne le réel et ce diversement.

Depuis qu’elle a quitté les mondes, toujours se refermant vers leur synthèse (qui les réouvre mais dans leur monde séparément chacun), l’activisme de conscience ne peut que créer, en plus, dans l‘actualisme qui correspond intégralement au « là » du donné ; au présent. Et ce présent n’est pas la présence, une sorte d’hypostase, d’hypertrophie, mais le chaque présent de chaque conscience (la pression est intégrée en et sur le moi) et de chaque champ donné là, de chaque état du monde, de chaque corps. Et toutes les consciences-structures sur la surface participent statistiquement ; en gros de toutes il y en aura bien une de ces consciences qui pensera ou décidera ceci ou cela.

Il n’existe donc pas de contenu ou de super contenu (la pensée, l’esprit, la raison, etc) mais ces contenus électifs (qui n’existent cependant qu’activés, volontairement, intentionnellement et d’une décision) sont les moyens d’une archi-grecque, hyper-chrétienne ou méta-cartésienne (et suivants) ou pro activation (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) de conscience arcboutée au réel effectivement « là ». Et les grecs, chrétiens, cartésiens et pro expriment, manifestent l'effectif positionnement de l'activisme de conscience sur le réel (entrainant la réalité, le monde, les connaissances, les déterminations par le réel, le "là" du donné, l'être, le un, la structure)

Il n’est pas seulement une connaissance du donné là, il est en surplus une intensité de performance dans le réel ; et qui requiert pour se décrire une ontologie, une philosophie, d’une pensée au sens radical ; la description de l’arcbouté lui-même au réel.

Autrement dit il est possible et effectif que l’on avance sur la corde raide de l’arc vers le réel. Les descriptions de cet arc (de conscience vide au réel là effectivement présent comme présent(s) ) sans doute se dénomment comme telle ou telle ; il faut intégrer Platon ou Descartes ou Nietzsche ; cela prend une appellation qui correspond à l’état du monde mais c’est le mouvement qui lui est unilatéral qui compte, c’est sur cette corde que l’on s’archi, s’hyper ou se méta ou se pro active.

Pourquoi sommes-nous encore platoniciens, cartésiens ou nietzschéens ? Qu’est-ce qui parle au travers ? Ce qui se montre.

Le retour indéfiniment réel

Ces exposés sont des expositions ; les retours sur le retour, la complexe relation actualiste au réel dans les réalités qui ne s’expriment que via et dans ce retour. On montre ce qui ne se perçoit pas parce que c’est « cela qui perçoit ». Aucun des retours sur le retour (ontologique) n’est adéquat ; parce que tous ils reviennent à indiquer, font le sens même de ce qui montre l’apparition. Ce qui est, est actuellement toujours en arc tendu, est toujours intégralement réflexivité, mais la réflexivité n’y apparait pas puisqu’elle est cette intégralité et pourtant est requis qu’elle se dise à elle-même afin de se tendre plus encore, que la flèche porte plus loin.

C’est que l’arc de conscience est ce qui existe, lancé vers le réel et le ramenant en le portant plus loin encore ; non pas le ramenant pour le ramener, pour former une sorte d’unité ou d’unification, mais formant une unification afin de l’outrepasser. Jamais les Uns (de Platon, Descartes ou Nietzsche) ne sont revenus ; ils sont utilisés au contraire parce que le Un est l’altérité même.

Pour cette raison les Uns de Platon ou de Nietzsche tombent toujours à plat ; parce qu’il faut les reprendre (et c’est seulement ainsi qu’on les entend, sinon on n’y comprend rien), les re-créer et entendre cela comme « re » plus loin « créer », à partir du même sol qui ne peut pas se dire ; le donné là pris dans le « là » du donné. il ne peut pas se dire non par défaut ou manque, mais parce qu’il est. Tout l’inverse. Ça retourne au donné là et au « là », puisque ça surexiste, et ça sur-existe constamment ; il y a un présent. Ça ne se stabilise pas, ça existe comme instabilité, comme altérité. Ça ne sera jamais perçu, parce que ça perçoit.

Et notre être si bizarre, est non pas l’annulation de cet « en cours » de réalisation (vers une unification ou un absolu ou un tout, qui sont uniquement des raccourcis utilisés jadis pour et par le circuit souple de l’acte de conscience, par les absolus divers et variés on découpe), mais est une accélération de ce qui est en cours. Il est toujours déjà pris dans le seul-réel, et pourtant doit réfléchir, acquérir, étant le mouvement et se côtoie par le Présent même ; il double le présent (sans en sortir puisque le présent est l’être et est tout ce qui a lieu), au sens de le redoubler mais sans obtenir autre chose que le présent, puisque le présent est l’altérité même.

C’est donc dans l’immersion intégrale (il n’est rien d’autre « ailleurs ») qu’est l’altérité que nous apparaissons ; mais si l’altérité est le fait même de « ce qui est »… jusqu’où s’avance-t-elle ?

Et si l’altérité est la « loi », n’est-ce pas pour nous, pour nos excès ou notre quotidien, pour notre développement ou nos désintégrations (les mondes humains s’effondrent, depuis toujours, l’ordre surnage sur le désordre, les acculturations progressent et régressent, les psychologies individuelles se dégradent ou se libèrent, etc) la constatation même de notre état, de l’état du monde ou du lieu des existences ?

Selon que l’altérité s’écroule sous son propre poids, ou selon que l’altérité s’assure et se rend encore plus autre et porte la flèche plus loin continuellement.

Or on a vu que si l’on veut cibler plus loin encore, il est requis de manier le Un, parce que le Un (étant sans aucun tout, de sa nature mystérieuse et il-logique) découpe, s’interpose, intercesseur qui apporte la division, mais tenue, portée par le Un (sinon les divisions n’apparaissent pas, sans le Un les découpes fonctionnent mais d’une courte flèche).

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De la couillonnerie du cosmos

11 Juin 2015, 09:01am

Publié par pascal doyelle

Serions-nous plongés dans les ténèbres et dans l’horreur ? Oui. Mais nous sommes les enfants du monstre. Ce à quoi l’on parvient est le stationnement sidérant devant ce qui est, en tant que cela « existe ». Lorsque Sartre annonce cette existence il remodèle instantanément le réel.

De l’étonnement des grecs à la sidération des existentiels, en passant par le regard écarté du christianisme (nous nous percevons extérieurement), c’est d’une part que notre dedans tout en existant na pas de dedans, et que d’autre part le réel double les réalités, il est un grand dehors intégralement Autre.

Serions-nous plongés dans les ténèbres et dans l’horreur ? Oui. Mais nous sommes les enfants du monstre. Ce qui veut dire que notre ressort interne peut relever et soulever la sorte insensée de logique monstrueuse, peut-être, avec un coup de pot. Allez savoir ce qui peut arriver. D’un seul coup, l’éclair.

Il suffit de regarder objectivement l’état de folies et de massacres qui nous reviennent en propre, et de comparer à l’opposé la quantité phénoménale d’appels à l’intériorité et à l’absolu (etc), qui en constituent le repli, pour se convaincre que tant que l’on ne parviendra pas à dessouder notre être de notre être, il ne parviendra pas à la maitrise de sa possibilité. Autrement dit on sera toujours entrainé par la folie monstrueuse de l’univers démesuré et cinglé, par cette logique et cette violence et alors même que nous ne sommes pas de ce monde ; fils du monstre sans aucun doute, mais en quoi ces enfants là devraient-ils suivre la banalité de la souffrance et de la mort ?

La difficulté et l’inanité des appels à l’intériorité et à l’absolu (toutes sortes d’absolu, en tous genres) c’est leur impraticabilité ; on a beau loué le seigneur ou s’immerger dans le Un, ça ne change pas grand chose, quoi que quelque part ça réduise les frais, peu ou prou ; ça organise parfois la débilité et au moins maintient une certaine distance et, comme vu, une réflexivité ; la pensée, dieu-le christ et le sujet (le citoyen ou le moi acculturé ou l’esthétique, etc) installent ici et là des possibilités, nous séparent du monde, des intérêts de bassesse, des finalités immédiates et supplée notre incapacité à porter de plus concertantes et permettent d’envisager, un peu, une redistribution, des rôles, des vies, des pensées, etc.

C’est la mise à plat qui est recherchée, et à partir de cet étalement à l’inanité des absolus (bien peu pratiques) se manifestera clairement la vanité des attentes, désirs, espoirs, envies et volontés toutes très habituelles, naturelles ou humaines ; tout cela c’est du caca et ne mène qu’à la mort, à la détérioration, à l’oubli, la lenteur et l’affaissement sur « soi-même », le ratatiné.

Comme bien vu par Sartre il n’est de Vivant que le minuscule écart de conscience tendue à vide et qui n’est rien d’autre que ce mécanisme là. Le reste c’est du monde, de la masse, de la mémoire qui s’embrouille, des tissages de miroirs qui s’effilochent. Ça clôt, littéralement et dans tous les sens, tout ce qui fut auparavant.

Evidemment non. Mais quand même… ça remet et ça recadre bien. Comme Rimbaud qui solde intégralement sa vie en une Saison recollectant et des Illuminations potentielles ou virtuelles. Ça remet les péchés.

Qu’il n’existe qu’une toute petite articulation de rien du tout (le mécanisme-conscience) qui surgisse dans l’océan ténébreux de l’univers (qui est vraiment du n’importe quoi fastueux et stupide, une sorte de cinglerie de gaspillage, éhonté) est plutôt très curieux. C’est là-dessus que l’on s’ébaubit. Pas étonnant somme toute que l’on ait voulu lui donner Sens. Que l’on ait postulé que c’était fait exprès. Que tout le déluge de délires matériels avait pour but, finalité, unité, cette articulation là.

Les tarés du cosmos

Ça n’est pas sûr. Enfin disons que si l’on prend diverses races dans l’univers (à supposer), il se peut qu’il existe de gros couillons qui ne valent rien. Qui se montent la tête et s’y croient parvenus alors qu’ils n’ont que succombé au monstrueux. Qu’ils n’aient pas défendu leur peau, littéralement leur peau, leur corps. Emmitouflés dans la stupidité et sans clairvoyance du tout, à se gargariser de leur « supériorité » alors qu’ils furent (c’est inscrit dans les annales galactiques) les pauvres loupés, ratés, les idiots de service.

C’est quand même bien grave tout ça. Parce que ça ne doit pas être si compliqué. Ou alors peut-être que ces idiots-là obtenaient une utilité dans le grand concert des races universelles ; par exemple bien calibrement perturbés (c’est visible) ces idiots là performaient à fond en représentant leur dinguerie spécifique dans des Œuvres, des Esthétiques, des acquisitions de l’Absolu, des illuminations ; ils seraient, intensément délirants, à la gonflette, de petites usines à fabriquer des enluminures, pendant que les autres races plus pragmatiques ou lucides (ou comme l’on voudra), s’employaient à étendre leur vie, leur durée, leurs physiologies, mais eux, les idiots, non, pas du tout ; ils se broient à s’enivrer de créer des « trucs », dans le déploiement universel, qui font jolis ou qui étonnent ou peut-être rien que des facilités marrantes.

Enfin on peut tout imaginer. Mais ça ne rassure pas.

Pour revenir au déchainement universel de toutes les forces délirantes du cosmos, qui est vriament un sacré merdier invraisemblable, une monstruosité, un déferlement de puissance qui vire à la lourdeur impardonnable, qui va nous tuer, quand même, pour de bon, enfin quoi nous assassiner (ça ressemble fort à un complot cette histoire de l’univers), il n’y a pas de raison de laisser faire. Enfants du monstre, soit, on n’a pas eu le choix, mais devrions-nous en rester là ?

C’est donc très curieux cette apparition d’un machin conscient de soi. On se demande à quoi ça sert. Dans le renversement qui eut lieu, le silence des espaces infinis et tout ça, il devint de plus en plus intenable de considérer le sens, mais au vrai il vaut mieux dire l’organisation de ce bazar. Ça n’est pas organisé du tout, c’est cafouilleux. Alors donc à quoi peut-il servir le machin conscient de soi (ce qui lui plante les épines) ?

L’idée commune est que le machin conscient ajoute de l’ordre. Mais au vu de l’état des choses, ça ne colle pas trop. Disons qu’ajoutant de l’ordre, il se massacre néanmoins bien plus efficacement que jamais, et se délaisse et s’exploite et se rend siphonné, et par ailleurs n’est pas capable de prévoir ses propres effets ou plus exactement lors même qu’il en trace les courbes, s’enferre et court à la mort, « Cours à la mort !! » Il faut croire qu’il veut bien ça ? Qu’il a décidément trop honte et préfère s’annuler. Que le grand univers m’engloutisse dans l’oubli des races abandonnées !

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La surface d'altérité

10 Juin 2015, 08:36am

Publié par pascal doyelle

On a pu chercher mille fois la compréhension de notre être, et l’on n’a rien saisi, mais quantité de perspectives se sont ouvertes si l’on maintient ces perspectives comme entames de l’exister.

C’est qu’il est absurde de croire que l’on pourra se détenir. Il n’est pas de solidification de notre être, pas plus soit dit en passant de solidité de la réalité ; il y a un présent qui devient. C’est le présent qui est réel, le reste existe ou « est » si l’on veut, mais est secondement.

Et cessant de croire que l’on puisse se solidifier, se figer en quelque « quelque chose » que ce soit, cela ne retire aucune des choses qui sont, elles sont simplement rétrogradées en seconde part. Et par ailleurs on peut alors comprendre les illuminations ; grecques ou chrétienne ou cartésiennes ou pro-actives (de Nietzsche, Heidegger et Sartre, l’illumination du pour-soi, qui est ce qu’il n’est pas et n’est pas ce qu’il est). Bref comprendre ce qu’il en est des mouvements ; des mouvements structurels. Et pourquoi on ne comprend la philosophie qu’en s’y existant.

Ceci anéantit qu’il y ait saisie (en terme d’objet) de la vérité ; c’est que l’on n’est pas selon la vérité sans être le réel. Et le réel on y est. On y est depuis les grecs, les chrétiens, Descartes et suivants. C’est le réel qui se réfléchit et qui non pas dénomme un objet, mais montre un exister. Parce que dans le réel il n’y a que cela ; un présent existant.

Il n’y a pas de regard externe qui connaitrait sans y exister. Tout regard objectif est lui-même pris dans la possibilité ; et on ne sait absolument pas du tout ce que veut la possibilité. Et pourtant notre effort est requis, appelé, sous-tend que la possibilité se réalise. Situation très bizarre, et qui admet tous les efforts ; aucun des efforts accomplis n’est sous estimable. Il faut reprendre tout ce qui de la réflexivité s’est voulu comme grec, chrétien et mono, cartésien et activistes existentiels et ontologiques, etc. Cela signifie que c’est tout l’ensemble qui (se) réfléchit. Le réel se retourne sur son existence, là, et se ré-élabore, ré-enroule la structure de conscience et son inscription dans le « là ». Ce qui se ré-enroule, se déplie non d'être déjà mais d'exister exclusivement comme présent.

S’il n’est aucun point de vue extérieur, c’est que le point de vue est interne, ce qui ne signifie pas intérieur. Autrement dit ça n’est pas, n’a jamais été un subjectivisme. Intérieur et extérieur se correspondent ; on a inventé qu’il existait une objectivité et on a cloisonné le sujet de l’objet, le subjectif de l’objectif ; tout cela est très bien, sauf que c’est une déclinaison d’un devenir qui jusqu’alors se tenait de l’interne du réel et de l’externe du réel. La pensée grecque est l’interne de l’externe, dieu est le christ (ou la communauté ou la loi) et on ne peut pas sans déroger prétendre que la pensée ou dieu ou le sujet sont des « intériorités ». ça ne correspondrait pas même à la réalité objective, pour le coup, parce que ces « entités » ont de fait ordonné la réalité humaine, l’humanisation, se sont rendues réelles, mais aussi que les penser en deçà de leur degré c'est ne pas les penser, c'est les interpréter d'un point de vue second.

Ce que l’on a divisé selon l’intériorité et l’extériorité est une version déclinée de la partition première ; sauf que la partition première ne divise pas ; elle inclut, elle abreuve, surabonde l’interne et l’externe. Et il ne fait aucun doute en ce cas que l’interne et l’externe continuent de jouer au travers de la division intérieur et extérieur. Nietzsche, Heidegger, Wittgenstein, Sartre et Lacan formulent la dite partition.

Ce qu’ils nomment antiphilosophie, est la mise sous tension de la division intérieur-extérieur dans une autre sublimation de la partition interne-externe. La compréhension négative de la philosophie (ramenée à une disposition subjective et les grands négateurs prenant cette subjectivité dans une « extériorité » mais une extériorité telle qu’elle est investie des pouvoirs de la partition interne-externe) leur permet de non pas fonder une extériorité valide (parce que l’extériorité nietzschéenne, heideggérienne, wittgensteinienne, sartrienne (l’historicisme) et lacanienne participent quelque part du grand délire, du même grand délire qui agitait les grecs, chrétiens et monos, cartésiens et suivants…), mais de dé-placer notre être dans l’externe. Et ce faisant d'acquérir de l'interne structure.

Mais si l’intériorité se posait face à l’extériorité, par contre l’externe ne se pose pas contre l’interne … L’interne (la pensée, dieu-le christ, le sujet) manifestent le mouvement de l’externe vers lui-même en tant qu’interne ; ce qui est le mouvement hégélien par excellence (mais qu’il résume, subsume comme concept ; en une fixité dont tout le mouvement est intérieur, la compréhension qu'il en a est inférieure à sa réalisation, comme toujours et pour tous).

Ce dont on s’est débarrassé ça n’est pas de la pensée, de dieu ou du sujet, c’est de la subjectivité ; ou plus exactement on l’a déplacée ; subjectivité fait partie de l’objectivité qui est elle-même (faussement) pensée (comme extériorité) par les antiphilosophies mais qui pensent de ce fait très exactement l‘étrangeté de notre situé en cet externe ; de même que fondamentalement les antiphilosophes parviennent à penser notre-être … Depuis Husserl, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc, on approche de notre-être ; et puisqu’il est placé dans l’externe (et que l’un et l’autre sont absolument formellement liés, contrairement à l’intériorité-extériorité), c’est l’interne lui-même qui se montre.

Et en ce sens c'est une sur subjectivité, autrement dit un point sur la surface du réel qui se-sait, comme point. L'externe ne noie pas l'interne, il le poursuit, crée encore plus de structure de conscience ponctuelle sur la surface du réel.

Puisque si il est une intériorité portée à la division par l’extériorité, il n’y a pas, n’y eut jamais de séparation sinon structurelle, entre l’interne et l’externe ; la séparation structurelle est une articulation, un mouvement, un rapport, et non une division (et en un sens c'est pire ; il faut porter l'articulation et le mouvement).

Nous sommes donc parvenus (en remontant à chaque fois l’interne à son degré, son niveau suffisant) à montrer le non montrable, le miroir dans le miroir, qui se voit lui-même ; nous sommes dans le commencement du saisissement de l’interne de ce réel tout externe. Il est clair que l’externe est décrit dans le faste et la surabondance et le suréminent de Nietzsche, Heidegger, Sartre (la pointe acérée, nue et articulée), le tortueux de Lacan ; et cet externe décrit tel une monstruosité, un délire, un enfer, une immanence désarçonnée.

Or pourtant puisque c’est notre être qui est dé-couvert/ inventé (les deux) par les grecs, etc, c’est le même externe-interne qui se manifeste ; il n’en est aucun autre. Les intuitions (structurelles cad arcboutées sur ce réel et notre être en l’être) et les constructions qui suivent au plus près les intentionnalisations de leur machinerie prodigieuses (de sorte que la métaphysique antérieure à l’ontologie cartésienne, la pensée antérieure au sujet, doit être retenue et tout entière prise) collent au plus exactement (n’étant ni intériorité ni extériorité, division seconde) proche de ce qui, arc réflexe surgi de la cervelle, s’arcboute au donné et au « là ».

Le grand externe est donc ce par quoi la réflexivité (la même que celle qui crée la pensée, se révèle par dieu-le christ, s’inscrit ici même par le sujet, se profusionne par les inhumains) peut s’étendre vers le donné là (le monde, fut-il connu par les sciences, l’histoire, l’acculturation et l’humanisation, l’Etat et le moi et son monde, etc) et vers le « là » ; le « là » et l’étendue cartésienne primitivement (ce « en quoi » nous sommes, mais de ce fait nous n’y sommes plus, nous y « existons », l’entame cartésienne est absolument existentielle, doutes affolants et délirants de la Méthode et Méditations). Mais décuplée.

L’infini (en fait la structure) posé sur l’étendue aboutit au concept d’un donné absolument là ; l’approfondissement de notre être est la recréation par le donné et dans le donné externe. Profondément inhumain. D’une part on continuera de remonter dans la structure de conscience (qui deviendra de moins en moins le conscient mais n'en cessera pas moins d'inventer la structure-conscience qui est autre que le conscient) et d’autre part le donné là mêlé du « là » du donné, permettra de tenter cent fois de passer outre que le donné soit pensable ; et la pensée cherchera de l’aide dans les sciences, les intuitions, les corps, les multiplicités, les mathématiques, les esthétiques, etc.

Ce qui constituait autrefois le noyau de la pensée était son contenu ; le contenu et le système créaient la réalité, et ce effectivement, machines intentionnalisatrices qui nous permettaient de voir, de percevoir le donné et le là (sans lesquelles rien de tout cela ne serait acté). C’est la même machinerie sauf qu’elle a étendu son expérimentation. Descartes engrène dans le penser l’activisme du sujet et l‘étendue du donné. Si la machinerie est conservée (sinon on ne pense pas), les explorations, les lancés bergsoniens pour ainsi dire, sont projetés de plus en plus loin et au dehors. Le penser s’est profondément renversé, de sa base, et ne perd jamais sa réflexivité dans le réel, sans l'atérité.

Si l’on reprend l’image de la pyramide ; les mondes humains fonctionnaient comme pyramides, dont la base dans un monde localisé immédiat, se construisait vers la pointe de synthèse ; les grecs inversent la pyramide qui repose sur la pointe, laquelle ne cesse d’écrire. Mais dans le renversement à partir de Descartes (qui est un marqueur et non l’unique représentant évidemment), l’évasement vers le haut de la pyramide inversée se confond avec le donné monde. Lorsque la pointe écrit, qui ne contient rien et se ré-écrit (dans le déchirement acté de son activisme cartésien), c’est le monde donné là, qui parait et si l’on a cru d’abord que ce serait le monde (d’un sujet), il s’est avéré que le monde donné là est aussi le « là » du donné …

Et ceci est l’externe. Que l’on a à paramétrer, à penser et si l'étendue peut être objectivité, le "là" de l’étendue est ontologique, ce qu’est le « là », soit donc l’étendue découverte et marquée ontologiquement par Descartes. Par rapport aux grecs le problème est le même, la machine (le penser) est la même, et le donné là (monde cosmos) et le « là » du donné (l’être, le réel) sont les mêmes. Le cercle s’est par contre élargi. Ce qui est entré dans le cercle est de plus en plus autre, y compris notre être qui s'expulse de plus en plus loin.

Lorsque les grecs pensent c’est selon l’autre, les chrétiens et les monothéismes se dirigent vers et par l’autre, Descartes expose cet autre très étrange ; notre être, qui de ce fait n’est plus le nôtre ; qui est devenu cet-être, ce mécanisme, et qui fera l’objet impossible mais réel de notre attention ; la conscience comme n’étant pas le conscient, de même que la pensée n’est pas le sujet ; Descartes essaie, tente de penser un sujet, par-dessus et indépendamment de la métaphysique, de la pensée des contenus, mais ce faisant il explose ce que « penser » signifie ; ça deviendra une réflexivité immanquable, à laquelle n’échapperont pas Kant et Hegel (et les idéalistes qui veulent se saisir de l’absolu esprit, ce qui est beaucoup plus que la pensée métaphysique et qui courent partout autour de la certitude de l'esprit mais qui n'a aucune autre certitude que le lâcher sur le donné là monde, dans le "là" étrange et autre) ni Husserl ou les pro-activistes Nietzsche, Heidegger et Sartre. Et la dite réflexivité est la torsion de l’externe vers l’interne ; c’est une nouvelle structure qui se recherche depuis les grecs, et livrée à l’altérité de l’externe, et qui n’est pas en tant qu’interne une intériorité ; à chaque fois ce sera l’interne précédent qui sera qualifié d’intériorité en fonction d’une externalité, d’une altérité, (les dieux multiples par rapport au dieu unique, le mythique et la pensée, le vieil homme et le nouveau corps, etc), mais c’est parce que tout va se retournant comme un gant.

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De l'exister, l'effroyable Exister

7 Juin 2015, 13:00pm

Publié par pascal doyelle

Nous sommes donc l’effet d’un mécanisme, celui de pur rapport de la conscience comme structure au réel, donné « là ».

Tant que l’on n’aura pas dénoyauté, extrait, isolé ce mécanisme il se représentera en un autre que lui, mais se représentant en un autre que lui, il nous détournera de cette structure réelle et nous laisse croire en une détermination de notre nature ; or elle ne l’est pas. Et subissant une détermination, laquelle est toujours quelconque, toute détermination nous pousse dans le monde, le donné, le corps, ou plus exactement le monde, le donné et le corps dans leur réalité.

Or la structure, notre être, n’étant aucun des rapports réalisés (sinon nous ne serions pas le rapport en lui-même), se perd de fait et immédiatement dans le monde en se soumettant à quelque détermination que ce soit. Il est clair que tout monde humain essaie par mille moyens de nous en convaincre, mille détours mais également spontanément nous sommes ce dont nous avons conscience en oubliant aussitôt que rien, quoi que ce soit ne correspond à notre être, lequel se destine autrement et ailleurs. Nous sommes sur le bord du monde et non en quelque partie du monde.

L’indétermination, la fameuse indétermination dont on aimerait nous convaincre qu’elle revient à une belle âme extravagante ou velléitaire. Mais l’indétermination est cela même qui crée le Un, Dieu ou le sujet. Si nous cessons de désigner le Un, nous tombons dans le monde et plus précisément quelques uns nous y poussent qui se dissimulent dans les théories, les idéologies, les représentations, et comme l’image est devenue la pensée, c’est au travers des images que l’on succombe ; image puisque tous étant des mois, ils sont leur corps. Et l’image détourne profondément la structure jusqu’aux fibres nerveuses, le long du nerf optique, dans la surface de la peau. Ça n’est pas une apparence superficielle, mais la structuration même de la conscience vers le réel, ce qui signifie vers tout, vers tout ce qui est, tout ce qui se présente et se présentera.

C’est bien en cela que l’on s’aperçoit à quel point nous sommes trop peu intelligents, d’une lourdeur terrifiante et probablement suicidaire, parce que nous rendant compte de notre bêtise, nous désirons finalement disparaitre. Un système tel que la démocratie devrait fonctionner à peu près correctement, en coordination et en projets régulés et auto régulés. Mais notre puissance de réflexion est si faible qu’il nous est impossible d’intégrer dans les conduites individuelles des complexités et des prévisions. Et donc les conduites personnelles s’engagent spontanément et immédiatement dans la hâte. Et spontanément et immédiatement se régulent comme elles peuvent en suivant bassement les pauvres finalités données stupidement, celles que l’on admet sans y réfléchir, sans considération, aveuglément.

Alors par-çi par-là il est bien un peu d’intelligence et d’intellection, et on en profite de celles là, on en use, mais comme de moyens dont les fins s’abaissent dans le monde, donné, corps, vécu ; les moyens intellectifs sont pliés en vue de fins bovines. Et on peut bien compliquer le corps, lui coller des images de « soi » ou d’objets, ça reste le pauvre corps, truffé de pseudopodes qui tâtonnent. Un monstre quoi.

Chaque moi, astuce géniale, y trouve son compte en ce qu’il se rétribue d’une sorte de mini amour propre. Et comme quand même ça se voit bien que tout ce déballage est morbide, on lui fournit ou il quémande un surplus de représentation, une sur consommation, encore un petit peu de faire valoir. Le système capitaliste et libéral est juste le non-système, celui du laisser aller, du laisser faire, l’absence d’intelligence, la réduction de l’intellectif à d’autres finalités très basses, son irréflexion ne mérite évidement pas qu’il reçoit la dénomination de «système », c’est un bricolage mais auquel tout moi, toute personnalisation participe activement ; parce qu’aucune structure réelle ne s’instancie ni dans les mois, les corps, ni dans la représentation ou les objets. Le défaut est interne. C’est-à-dire partout, puisque le centre manque et non seulement s’investit dans le n’importe quoi, le tout venant, le donné là, bêtement, mais surtout le centre est terrifié de se faire face, de s’affronter, de s’assumer.

Et le centre est « ce dont partent les lignes vers le bord ». La structure de conscience est sur le bord du monde, c’est le monde qui s’effondre sous l’attirance mortifère des lignes du centre qui est affaissé, affaissé et n’a jamais pu, su se relever, se soulever, le bord sur quoi nous sommes posés, nous dévore du dedans. Puisque notre dedans est dehors. Mais nous nous obstinons à nous représenter nous-mêmes comme un dedans. Il n’y a pas de dedans, et donc pas de représentation et donc pas d’objets et par conséquent pas de désir.

Le dedans sans dedans (qui est réellement pourtant un « dedans » mais purement sans rien, de fine structure) nous est une terreur sans fin, sans terme (et bien sur, puisque ça n’a pas de bornes, « ça » est le bord lui-même ; un bord n’a pas de borne, il l’ESt). Ne pas comprendre cela c’est dresser encore et toujours des pyramides, des comblements, des représentations et croire que ces représentations existent. Elles n’existent pas, elles sont « là », elles sont de l’être, le dépôt de l’exister, les dépositions de la structure. Se tenir dans l’exister est bien plus adorable. Se tenir sur le bord.

Le bord remonte toujours comme une vague sur tout ce qui est (déjà là), comme la vague unique qui revient et reprend encore plus loin, et l’être, le donné, résiste (il est déterminé), tient à lui-même, croit en lui-même, mais la vague est antérieure, bien antérieure ; en vérité elle est si étrange … qu’elle n’a pas d’âge ni de distance ; elle est le sans âge, sans distance qui secoue toujours constamment par le présent qu'elle est, elle secoue tout-ce-qui-est, déposé là.

Pour cela le présent n’a pas de « délimitations », il est et il n’est que lui, rien d’autre avant ou après, rien d‘autre antérieurement ou postérieurement à son exister pur. Mais rappelons que le présent n’est pas la succession des points (qui passent), mais le point unique qui a toujours et sera toujours « là ». Depuis le début il n’y en a qu’un seul. Qu’il soit formel, (cad sans rien), veut dire qu’il peut indéfiniment se multiplier.

Mais cependant il ne faut pas en conclure qu’il est le néant, ça n’a pas grand sens ; le néant c’est ce que littéralement ça dit ; rien. Or on est tout à fait à l’opposé ; ça est, ça existe et puis ça se dépose comme être. il eut été curieux que l’être, (cad ce qui est vraiment) puisse n’advenir que comme être (le dépôt) ; il fallait pour que ce qui est vraiment soi, s’joute à lui-même l’exister ou plus exactement que l’exister soit ce qui est vraiment et qu’il dépose ici ou là de l’être, diversement, sauvagement et de manière visiblement désordonnée et sans « penser ». Ça est, signifie que c’est intégralement tout l’exister en tant que ça produit des quantités d’êtres. Les quantités d’êtres sont réellement, mais en fait seul le bord, l’exister existent.

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L'uniplan du réel, tors et retors

6 Juin 2015, 09:11am

Publié par pascal doyelle

Intentionnaliser la conscience ESt ce qui arrive … au lieu d’intentionnaliser le monde, la perception, dans le langage et le groupe, on intentionnalise l’activité même de conscience et on systématise autant qu’il se peut et surabondamment. Penser n’est pas seulement aligner des idées (quand bien même dans la consistance, cad la cohérence, entre les idées, comme systèmes) ; penser c’est penser dans la forme de conscience ; dans cet être qui comporte sa propre nature ; autrement dit qui comporte sa situation dans le donné là, en tant que donné et en tant que « là » mais surtout qui comporte sa nature même, sa structure activiste, et c’est celle qui installe le Un comme Forme.

Le Un comme Forme et non pas comme Tout. Sans doute on penche naturellement à maitriser le Un comme la totalité de tout ce qui est, puisque c’est à partir de l’instance de division qu’est le Un que l’on pense (que l’on crée des distinctions qui n’existaient pas dans le langage, le groupe, le monde, etc), mais le un se signale de ceci qu’il crée, découpe, distingue, invente des intentionnalités, perçoit en plus, existe en activité, et ce parce que le Un est cette conscience, chaque mécanisme séparément de la réalité, séparément des autres consciences, de son corps et qui mécanisme qui n’appartient à rien, qui surgit du réel à l’occasion d’une cervelle (ou l’inverse qui nait d’une cervelle vers le réel et hors de la cervelle).

C’est cette présence à même le réel en tant que créant des découpes (en plus et hors du groupe et du langage) et produisant des inventions (qui n’existent ni dans le groupe ni dans le monde) que recherchent Nietzsche, Heidegger et Sartre, et originellement Husserl (soumettant notre être au regard abstrait de décortication ; la conscience peut, obtient cette possibilité parce qu’elle est autre, et elle est tellement autre qu’elle est autre qu’elle-même ; elle ne se rejoint jamais, en fait rien ne rejoint jamais la conscience-de) ; soit donc l’interrogation sur la nature de cet être, en retour sur sa racine. Et non plus seulement la recherche de cet être dans ses productions les plus concentrées, les plus réflexivement acquises (qui tentait déjà de se re-saisir du un, du point de vue orignal, du regard premier) ; les idées, les systèmes, les suppositions métaphysiques, les inscriptions ontologiques et tout cela était réflexivement, et amenait à se re-saisir de l’origine intentionnalisatrice, permettant de soulever le monde et de créer toutes les intentionnalisations possibles du donné là, le monde, et du « là » du donné, l’être, le un, le formel ; les grecs ont créés toutes les intentionnalisations agissantes possibles dans un monde (sur la mesure de l’intentionnalisation comme pensée, qui traverse les contenus, crée de super contenus).

Les grecs découvrent que l’on peut créer des différences et que celles-ci montrent le donné (qui n’était pas perçu auparavant, des articulations cohérentes qui nous permettent de participer au monde plus qu’antérieurement), les chrétiens soupçonnent et avancent que ces différenciations sont elles-mêmes en plus du monde et du vécu (naissance et mort d’un point de vue au-delà), et outre l’archi et l’hyper vient le méta ; que cet être est originellement créateur et qu’il crée son être. Son être suspendu.

L’origine a-percevante de tout cela, Descartes, comme mise sous tension, l’extrait ; comme suspension d’être et basculement dans l’exister, l’exister est intentionnalisé. Le retournement ontologique qui cherche le contrepied de Descartes (qui lui-même était le contrepied de la métaphysique mais le redéploiement de la réflexivité, dans le soulèvement de la réalité, l’étendue et du réel, le sujet), consiste donc à partir de l’altérité de la forme de conscience ; soit dans le total abandon à la forme du monde, Nietzsche, soit suivant Husserl mais l’enserrant dans le « lieu » de notre être, Heidegger, qui est un lieu ontologique autre de ce fait, l’Etre ou le sens vers l’Etre. Il reste donc à Sartre de strictement limiter cet être de conscience à son Point.

Sartre montre à quel degré le donné là, mais aussi le « là » du donné se nomme l’ensoi. Il est horriblement « là ». Il se peut que cet en soi bouillonne de vies, de matériaux, de fusions, de toutes sortes d’animations … mais ça ne change en rien qu’il soit purement un « là » autre et radicalement autre. Il n’est, si l’on y réfléchit, dans la description de Sartre, il n’est de « vivant », de structurellement vif que l’arc de conscience, vide mais formel et tendu.

Le retour sur la racine (du miroir qui veut se voir) est évidemment bien plus que son inscription dans un contenu (les grecs créent des contenus mais ce sont des super contenus, des contenus archi puis hypertrophiés par les chrétiens, et finalement intellectivement le Un est toujours le retour-sur, vers le monde, le donné, le corps, et retour-sur la conscience elle-même qui doit se convertir, convertir à la pensée, à dieu-le christ, au sujet suspendu cartésien) ; ce retour est la continuelle restructuration de cet être de conscience, dont on peine de le définir comme « nôtre » dans la mesure où bien plutôt nous en sommes l’effet.

Il apparait en somme que si l’on cesse de définir la conscience comme étant le conscient (ce qui est déjà le cas depuis Descartes soit dit en passant ; Descartes ou Kant expose un « contenant » non un contenu, jusqu’au transcendantalisme de Kant dont c’est manifestement et explicitement ce qui est voulu par Kant ; manifester l’architecture dont Descartes est l’arc préférentiel naissant, purement suspendu hors de (soi)), cessant donc de définir la conscience comme conscient, on aboutit à formaliser la conscience comme tension totalement dépourvue de contenus mais se disposant au réel ; autrement dit la conscience étant sans rien, est instantanément, dans le réel, articulée, ce qui veut dire réfléchissante ; elle réfléchit non pas sans en passer par les contenus, mais en plus et avec tous les contenus acquis (et avec toute la cervelle, les autres, les mondes, les corps,etc ; la conscience vient en plus au bout du monde, donné, vécu, sur le bord).

On sait bien que la conscience instantanée de Sartre est hautement difficile à saisir ; c’est que l’on pourrait attendre qu’il faut isoler la conscience d’un côté et le conscient de l’autre, la forme et le donné, la structure et les contenus. Mais c’est seulement positionner objectivement un « objet » qui serait « conscience », et dès l’abord impossible ensuite de relier un objet « conscience » et des objets du monde, du langage, du corps, etc. Cette objectivité là prétendrait réfléchir à la place de chaque conscience en acte, et on voit bien que tout l’effort flaubertien de Sartre est de saisir les arcs réflexes, réellement réflexes, d’une conscience « en situation » ; en ceci qu’une conscience n’est que dans l’actualisme de son exister (et cet actualisme loin d'être une totalité est une pointe exigüe, compliquée, intervenante presque au hasard, navigante et incoercible, une petite pointe très limitée, mais en-plus) et qu’il est impossible de restituer cette conscience en acte en ceci qu’elle produit des horizons à l’intérieur des horizons, mais surtout que chaque conscience débouche sur l’horizon unique ; du réel.

Il n’est aucune conscience seconde qui puisse accéder au sol même du réel (et la conscience première est déjà lancée sur le réel, le monde, le corps) ; toute conscience objectivante (aussi souhaitable et effective soit-elle, là n’est pas la question ; on ne remet pas en cause qu’il y ait effectivement objectivités, mais que ces objectivités se soutiennent du même plan, ce sont des plans seconds, triples, quadruples) est une découpe dans l’horizon des horizons qu’est une conscience laquelle n’est pas même son propre horizon dernier, parce que l’horizon dernier est celui tendu vers le réel donné là. Inamovible. Revenant sans cesse, et externe.

L’horizon unique externe est précisément celui sur lequel ça découpe, mais aussi cet horizon est la source interrompue de toute horizontalité. Que l’horizontalité unique soit récupérée par chaque conscience est la finalité. Et il faut toutes les explorations philosophiques (et toute la réflexivité de tous les domaines) pour commencer seulement, à peine, d’entrevoir l’étendue. On en est saisi, on ne le saisit pas.

Outre donc que chaque conscience est son horizon indéfiniment reculé, cet horizon déjà non accessible (et dont le moi est par exemple une fixité tendancielle) est lui-même installé dans l’horizon du donné là (donné là et « là » du donné) ; on peut produire des théories (relatives à l’aliénation si l’on veut), mais ces théories font elles-mêmes partie de l’horizon premier ; nous ne sommes pas aliénés parce que nous sommes déjà et depuis toujours dans l’altérité.

Aussi est-ce de maintenir cette altérité tout à fait autre, que l’on maintient à flot sa structure ; produire une non aliénation, supposée, dans le donné et le « là », c’est entretenir, toujours, une autre sorte d’aliénation seconde qui viendra étouffer la primitive aliénation, laquelle est seule existante (que l'on puisse exister authentiquement par ex, ou que la révolution résolve tout ou que le christ soit un havre de paix, alors que c'est un tiraillement interne déchirant dont la paix est l'extraction même). Et avec laquelle exclusivement nous devons nous débrouiller ; les objectivités ou les mois ou les conscients sont requis mais secondement, sous peine de croire que la réalité et le réel sont représentés alors que toute représentation se produit dans la présentation qui s’existe uniment, unilatéralement, radicalement. (Depuis les grecs nous agissons sur la racine et la structure, dans le miroir du miroir, sur cet uniplan).

On retiendra donc que quel que soit le nombre de théories, de pensées, de représentations, et il est impératif qu’ils se multiplient, qu’il existe des éthiques et des esthétiques, des politiques et des acculturations, il n’est qu’un seul fait ; chaque conscience accède au donné « là » du réel et toute représentation coupe seulement transversalement l’horizon de la présentation. Mais alors toute conscience est déjà en elle-même l’arc réflexe sur le réel, et non pas seulement connait ou sait mais perçoit et anime et incorpore cet arc réflexe horizontal. Il faut qu’il se produise quantité de théories et de philosophies (et d’esthétiques et de politiques, etc, et c'est ce qui eut lieu), mais le plan est unique et uniquement « là » et unilatéral. D'un seul côté, une seule pièce de monnaie d'une seule face, même retournée.

Ce plan unique est ce qu’entreprend la philosophie depuis le début, étant le dernier discours possible qui non pas théorise, mais qui pense le donné « là » et notre être instancié sur ce donné « là », et qui ainsi désigne, amène chaque conscience à s’y désigner. Ça n’existe pas ailleurs qu’en chaque structure et cela veut dire que le moi, ou les objectivismes ou les théories, les objets (et les désirs), tout comme les mondes humains particuliers, viennent représenter ce qui ne se représente pas, mais qui doit se savoir comme irreprésentable, qui doit délimiter son échappée hors du donné, en fonction du « là » du donné, du "là" du donné comme bord et un bord déjà déployé, déplié par la philosophie, dont on commence à peine à comprendre et animer l'exister. Si tout l'être est donné là, l'exister est le bord (comme conscience et comme présent).

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L'altérité vivante

3 Juin 2015, 08:35am

Publié par pascal doyelle

L’être de conscience vient en plus de tout le reste. Il obtient mille et une manières et logiques et potentialités dans le monde pour propager son interruption.

Son interruption est la possibilité de créer une dimension qui n’est pas dans le donné là, qui est en plus du donné, de même que de fait toute conscience est externe au monde, autre que le vécu, autre que le corps.

Ce point externe se situe sur le bord du monde, du donné, du vécu, du corps ; dans le réel il s’offre comme présent. Toute articulation de conscience est ainsi arcboutée dans l’actualité de son activité ; ce qui se déploie depuis les grecs, les chrétiens (et monothéismes), Descartes et suivants (et révolution) est l’attachement à l’effectivement intentionnalisateur. Effectivement.

Husserl clôt le méta-intentionnel (qui nait suite à l’archi des grecs et à l’hyper des chrétiens et s’est constitué comme réflexivité sur cet être de conscience, par Descartes)) et recommence alors par ce pro-activisme de Nietzsche, Heidegger et Sartre ; ils se distinguent par ceci ; l’altérité est absolument ce dont on part. Altérité non plus d’un monde mais d’un univers ; la présence brutale et sauvage du monde comme univers, et ceci non seulement naturel mais également du monde humain dans sa diversité incompréhensible ou dans sa violence inouïe, et tout autant de par son absurdité existentielle, sa mort prochaine, son corps poisseux, ses psychologies dépenaillées, etc.

Evidemment le passage qu’ils effectuent du monde (dont on pouvait supposer ou espérer qu’il se régule, par la pensée, dieu, la raison ou l’humanisme, la personnalité ou le sens de l’histoire) à l’univers les obligent à se concevoir comme absolument autres que les autres ; ils innovent tellement qu’ils ne peuvent pas ne pas répudier toute la précédance ; il faut qu’ils parviennent à dégager l’étrangeté et l’absurdité et l’horreur ou la stupidité du donné là.

On a vu qu’ils s’égarent en comprenant la précédance et les autres philosophies comme illusion et compensation et comblement du vide et sens réducteur du non sens effectivement « là » et qu’ils assènent la profusion ou le surhumain ou le mystérieux repli de l’être sur lui-même. Les grecs, les chrétiens et Descartes et suivants ont au contraire (apparemment) creusé radicalement à même notre être spécifique et inventé, créé, découvert, révélé, éprouvé, ont incarné le creusement de notre os, de notre ont-os ; l’être ontologique (qui se-sait ici et maintenant la forme sans contenu par Descartes) mais aussi l’être métaphysique (qui veut intentionnaliser totalement le monde, le donné, le perçu), ou cette formulation d’une ampleur radicale que fut la théo-logie christique (qui prend tout le vécu, tout le corps, tout le donné-monde en tant que créé extérieurement par la décision et l’hyper intentionnalité de dieu, non pas réinventant mais inventant littéralement le Corps).

C’est donc de plus loin que nous venons, plus loin que le pro-activisme de Nietzche, Heidegger et Sartre, et plus loin que la matérialisation (qui est la matérialisation, la concrétisation de l’intentionnalisation, et poursuit ces articulations que furent la pensée, dieu-le christ, Descartes et le sujet) en tant que respectivement la raison, le naturalisme et l’humanisme, le moi et l’humanisation généralisée. Les configurations (pensée, dieu et sujet) ne pouvaient pas pénétrer et se renouveler dans le monde sans ce mouvement de matérialisation (qui doit être compris inversement ; il matérialise la structure de conscience, et non pas la structure « spirituelle » qui se perdrait dans le donné là, bien qu’effectivement en oubliant qu’elle fut une articulation radicale, elle s’oublie et ne sait plus relier ses intentionnalités, qui se défont et s’emplissent de finalités basses et pauvres, mais il faut affronter la bassesse et la pauvreté, et en cela le spectacle que l’on se donne de tout le monde qui est, est le jugement dernier, pour ainsi dire).

(Le surhomme et l’homme du ressentiment, l’éternel retour sont le jugement dernier pour Nietzsche, de même l’être et le sens de l’être de Heidegger, ou la révolution et l’exigence de conscience pour Sartre, pareillement le spectacle mass et micro médiatique que nous nous donnons de nous-mêmes, nous juge et nous transit)

Si l’on ne pense pas les grecs, dieu-le christ et le sujet comme relevant de l’invraisemblable articulation formelle de conscience prise dans l’acte même de l’être, du réel , du « là », sur-prise par l’acte réel, on ne comprend pas comme l’étrangeté de Nietzsche, Heidegger et Sartre sont effectivement la même dureté, sauvagerie, abomination, explosion, surabondance, suréminence qui est née dès le début. Et grecque et christique et cartésienne et nietzschéenne, heideggérienne, sartrienne.

Sans comprendre cela on se retrouve plongé dans l’univers donné bêtement là, immergé dans un océan de déterminations débiles ou étouffés dans une historicité dépourvue de toute direction et emplie de massacres divers et variés.

Il s’ensuit donc que ce qui est originellement est d’une part l’univers et l’altérité intégrale dans laquelle nous existons et d’autre part cette articulation sauvage, et autre elle aussi, qui a pris le pas sur les mondes particuliers mais aussi sur les humanisations, qui est cause des manifestations grecque, chrétienne, cartésienne, de naturalisme et de l’activisme des trois derniers. Articulation qui s’est créée comme grecque, chrétienne et mono, cartésienne et suivants, et tombe à nouveau nez à nez par Nietzsche, Heidegger et Sartre en un arc de cercle identique à l’étonnement des grecs et et au renouvellement du monde et du corps chrétien, face à tout le donné et le « là », l’historicité massacrante et l’univers insensé, le moi bricolé dans un vécu et un corps absurdes.

L’articulation grecque, chrétienne, cartésienne parvient de la même dureté à avancer plus avant dans la description du donné monde et du « là » du donné, qui contient tous les mondes ; le monde grec de la pensée vivante (qui est la vie de ce monde, la vie amplifiée et proliférante des systèmes qui sont systèmes de perception dévoilant ce qui ne se voit pas), le dieu suréminent et à ce point sidérant et qui s’incarne malgré sa toute puissance une absolument autre dans le donné là et en ce corps, l’incompréhensible sujet cartésien suspendu et hors champ, ouvrant opératoirement la réalité sur son pli interne de conscience dans le pli externe du présent (de l'acquisition cartésienne de sa structure). Tout cela n’a rien de facile ni d’illusoire ; c’est la difficile ontologie qui s’élabore.

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Le mur existentiel

30 Mai 2015, 09:19am

Publié par pascal doyelle

A partir de notre état de moi nous nous trouvons dans la nécessité pressante et de plus en plus astreignante de non pas se réfléchir (soi) mais de réfléchir très communément le donné ; de se vivre dans le donné comme une partie du monde. De telle sorte que les finalités du moi puissent trouver dans tel monde humain leurs correspondances. Et ces correspondances passent par les autres ; puisque le monde appartient aux autres, qu’il n’est aucune possibilité d’atteindre le monde, le donné, mais aussi le vécu et le corps lui-même sans en passer par les autres (à moins de vouloir, d’intentionnaliser le sujet, la pensée ou dieu-le christ et encore est-ce dans une certaine configuration de (soi).

Mais le moi n’est pas celui qu’il est, tel quel, naturellement ; le moi est déjà une réflexivité ; il s’acharnera à trouver dans la réalité les finalités « naturelles » qui sont supposer le rendre adéquat à son identité, perçue comme éternellement ou naturellement destinée ; l’identité destinale est le principe du moi, par lequel il peut considérer comme réglée son articulation. Mais c’est cette articulation (qui n’est pas réglée du tout, qui est même l’irruption énorme qui désinstalle toute détermination, toute question-réponse en quoi consiste la pression du monde humanisé sur chacun) articulation qu’il va rechercher au travers de ses vécus. Mais l’articulation est la structure antérieure fondée sur chaque conscience-de, et ne trouvera pas dans ses débouchés vécus, mondains et dans les réalités, ce qui s’adresse structurellement ; il n’est que le structurel qui puisse porter le structurel.

Pour nous les extases majeures reviennent à Nietzsche, Heidegger et Sartre. Mais celles-ci sont en repli sur les fondements de l’historicité, de sorte qu’ils sont obligés de repenser cette dernière, et les articulations qu’ils proposent outre de montrer l’altérité absolue de tout, ne parviennent pas à réarticuler notre être, au même degré que la pensée, dieu-le christ, le sujet imposaient.

Et si l’on adresse au structurel on sera habituellement renvoyé aux anciennes formes et pour nous essentiellement ou suressentiellement (cad structurellement) en tant que pensée grecque ou archi intentionnalité, en tant que révélation chrétienne (ou monothéistes par ailleurs ; le christianisme n’est pas un monothéisme) ou hyper intentionnalisatrice ou en tant que sujet ; cartésien et suivants, puisqu’alors il s’agit du méta intentionnel. Qu’il s’agisse du méta intentionnel signifie qu’il ne peut pas être, s’exister sans un effort intellectif … Le méta comme sa dénomination l’indique, est volontairement qui il est, en tant que retour-sur ; si on pouvait admettre la pensée, (dans un effort considérable mais limité à quelques intellectuels, relevant de l’intellectif lui-même, cad de l’élaboration intentionnelle qu’est la pensée, qui surajoute au groupe-langage-monde localisé sa propre expérimentation du donné là et du « là » du donné), et si il était possible de croire, d’avoir foi en le Corps du christ, qui manifestait extérieurement un processus interne hyper intentionnalisateur, par contre il est un temps, méta, qui réclame que l’on ait la conscience que l’on est.

Ce qui définit le méta ; Descartes, Kant, Hegel (Spinoza et Leibniz ayant affaire à l’autre invention-découverte cartésienne ; l’étendue et l’étendue-corps). On comprend bien que tous les citoyens d’un Etat ne peuvent pas actualiser la pensée cartésienne, kantienne ou hégélienne.

Aussi le méta est au fondement de la Révolution (de la constitutionnalité des sociétés, qui inclut son universalité, qui la réabsorbe essentiellement), Descartes ne lance pas que chacun soit raisonnable (c’est Kant), mais que la pensée, soit donc la raison elle-même, s’origine en un être-étrange ; c’est cet être étrange, qui ne correspond à rien dans le monde et n’a affaire, au fond, qu’à dieu, et pour cela la position « infini » est résolument une incompréhensibilité bien autrement redoutable que sa régulation ou régularisation dans les philosophies du doute ou les antiphilosophies, qui évacuent le problème, qui repoussent dieu et l’indéfiniment réel (ce que veut dire l’infini, puisque l’infini est une position et non pas un réel ; dans le réel on n’obtient que l’indéfini, le « ce qui se force à être renouvelé indéfiniment », soit pour Descartes la volonté, aussi bien comme suspension dans le doute, et donc suspension ontologique de notre structure, que comme volonté indéfiniment réitérée, sceau ontologique de dieu en nous). Aussi la Révolution n’est pas tant que chacun soit raisonnable (version universaliste, le vrai, le bien, le beau, et on retrouve la formule kantienne, qui ne règle rien du tout) mais que chacun soit libre ; ce qui considérablement plus sauvage et brutal.

Et il faudra longtemps pour que l’on puisse à peine commencer de prendre en considération la signification, la capacité, la puissance de cette liberté, ou plus exactement de cet être-libre. Et par ailleurs il faut se demander pourquoi est-ce librement que nous ayons produit un monde invivable (non tant individuellement, quoi que les mois deviennent fous, mais collectivement).

Devant la nécessité interne de la structure de devoir exister visiblement devant elle-même et d’en passer par le méta,(l’auto compréhension de son être étrange), en un sens tout s’est effondré. On a cru ou voulu croire qu’en réalité l’anfractuosité structurelle qu’est notre être, cet-être étrange, pouvait très bien se retrouver dans le monde ; s’expliquer comme raison et non plus pensée, comme naturalisme et sa variante humaniste, et comme moi d’un corps-langage quelconque. Qu’il suffisait d’arranger la rationalisation et si la réflexivité était simplement réflexion (ce que croient tous les objectivismes et les objectalités), retour sur elle-même de notre « nature humaine », cela comblerait le vide, le creux, la distance, la rupture.

Ceci devait permettre la réintégration dans le donné, de la réflexivité, laquelle est en fait littéralement Autre et incompréhensible (si ce n’est par sa propre voie unilatérale qui réclame que l’on s’adresse structurellement à (soi), technologie très difficile pour un humanisme et une personnalisation). Ainsi la mass médiatisation a joué et joue encore le rôle de réintégration du structurel ; à se voir, percevoir là au-devant dans des images (des sons, des récits, etc), peu à peu le méta est censé s’incruster, et s’incorporer… Mais il y eut une autre forme d’intégration du méta et constitué par les idéologies ; elles étaient bel et bien, cad dans l’effective réalité des volontés et des corps, la supposée incarnation du méta, de la réflexivité se voulant activement et non plus passivement, réelle ; la formulation du méta est dans le cas de l’idéologie, la révolution (serait-elle communiste, nationaliste, libertarienne, etc).

Une autre réintégration et au fond la plus essentielle, aboutit au corps ; ce qui veut dire au moi. Le moi est largué dans un monde donné là, avec son corps, et qu’il se débrouille pour trouver une métabolisation, métaphorique et aussi littérale, de la structure et qu’il puisse supporter la résolution qu’il inventera de sa présence, de son absurde et incompréhensible existence. Qu’il y ait dans chaque corps une conscience qui se-sait, est une absurdité totale et qui n’a aucun sens (et pour cause ; elle Est le sens, en ceci qu’elle l’existe ; elle ne le trouve pas, puisqu’elle l’existe ; ou donc inversement tout ce qui fait-sens est précédé d’une antériorité dépourvue de sens, d’une structure, d’un mécanisme).

La conscience qui se-sait est toujours déjà bien plus vaste et ample que n’importe quel donné là, y compris ce-corps ; une conscience-de s’adresse à toute autre chose que les choses, les êtres, les objets, les pensées et les manifestations ; certes il faut impérativement acté la distinction entre les configurations (bien plus puissantes en un sens, que sont la pensée, dieu-le christ et le sujet) et les figurations (bien plus efficaces, que sont la raison, le naturalisme ou l’humanisme ou le moi-langage), mais ce ne sont que des manifestations de « ce qui n’a pas de nom » parce que tout à fait autre que n’importe quelle dénomination ; on ne sait pas du tout ce que cosncience-de signifie ou porte ou suppose ou implique ou promet.

Et elle est bien plus vaste en tant que cette ampleur est ressentie, perçue, appelée, cherchée, et se glisse dans le corps lui-même ; il n’est rien de plus proche de l’articulation de conscience au réel que le corps. C’est évident, ça l’a toujours été, des grecs ou du christ, ça nous devient évident dans les déboires du moi et son bricolage ; et c’est une insatisfaction, une angoisse, une exigence, une incompréhensibilité complète qui nous creuse du dedans ; le dedans sans dedans que l’on ne représente pas, que l’on ne nomme pas, qui est non pas infra nomination, mais en plus et supra nominatif ; le Un est en-plus de tout le reste et non à l’origine. Le Un est « ce qui sera » mais il n’est nulle part visible ni saisissable dans le monde, le donné, le vécu ou le corps. Il fallut le Corps de dieu pour le porter à ex-sister, ou est requis le décrochage cartésien de tout le donné (qui est tiré évidemment de l’incorporation du christ absolument éberluante, mais Descartes distancie infranchissablement toute la précédance, par le doute, qui n’est bien sur pas seulement la propédeutique à la connaissance ; ce qui se joue cartésiennement est une distanciation généralisée de toute réalité, et le doute est une suspension ontologique, de même que l’infini est tout autrement qu’un appel à « dieu » mais est l’actualisation de l’indéfiniment réel, ici même ; c’est pour cela que Descartes tient si fortement à toutes ces procédures … parce qu’il voit bien qu’il réinstalle la réflexivité, et passe de la métaphysique, des discours, à l’ontologie, ici et maintenant, en tout ici-et-maintenant, n'importe lequel ici même).

En comparaison de ces survenues toutes très bizarres, le monde du moi, le monde raisonnable, naturaliste et humaniste paraissent de telles réductions, qu’ils deviennent étouffants et complètement dépenaillés, tout de guingois, et les mois des collages, à la 6-4-2, des enfermements, des bricolages.

La récupération de notre être (cet-être étrange)

C’est en ce sens qu’il faut impérativement récupérer, reprendre à son compte, réactiver, réanimer la « super vie structurelle », les anciennes manifestations. Les configurations de la pensée, de dieu-le christ, du sujet. Parce qu’à ce moment d’autrefois lorsque s’effacent les mondes humains particuliers, chacun dans leur parole du groupe d’un monde localisé, bien au chaud, les consciences sont soudainement face à face à leur puissance structurelle ; les grecs, les chrétiens et Descartes en son moment propre (et déjà méta) affrontent sans protection le structurel ; les configurations, les manifestations qu’ils en inventent, créent ou qui se révèlent à eux s’imposent par leur puissance divine (grecque ou mono et chrétienne). C’est en cela que ces structurels se nomment « un ou vie divine de la pensée » ou « dieu et infini ».

Sans aucun doute nous avons gagné en précision et concrétisation en ajoutant au savoir (de cet-être/dans l’être) les connaissances et les acculturations, mais grecs, chrétiens et Descartes assurèrent l’apparition en propre de la structure-sans-rien et purent déployer de but en blanc la spontanéité réflexive. Or on remarquera ceci ; c’est le cas actuellement de chacun des mois… chaque moi est de pleine face confronté à la source structurelle même qui lui travaille le corps. Il est une proximité, et ontologique, qu’il faut acquérir ; n’étant pas donné là dans le monde, le vécu ou le corps (contrairement au moi raisonnable ou non, humaniste et naturaliste, qui imagine que tout est à la disposition de la main ou sous les yeux).

Et si il est possible de récupérer notre être au travers des configurations suressentielles, c’est que les grecs, le christ ou Descartes manifestent bien éloignés de la critique naturaliste, qu’il existe une dimension en plus qui n’obéit pas, qui n’obéit à rien, qui est antérieure à la réalité, au monde ; qui se joue hors de la temporalité et de la spatialité, qui coupe la temporalité par le temps et plante l’espace en chaque point, qui énormise l’instant unique existant, qu’il n’y en ait qu’un seul et qu’il ne nous quitte jamais.

La réduction rationaliste et naturaliste croit que les grecs pensaient un Objet et que le christ était un imaginaire ; ils étaient en réalité des articulations engouffrant le donné immédiat et le corps vers un renouvèlement instantané, et un renouvèlement du monde et en la renaissance du corps (retournement instantané du Regard).

On n’y retrouve pas un humanisme au fondement, mais l’humanisme et la raison étaient inscrits comme parties, et les articulations elles-mêmes sont non pas des suppositions ou des imaginations, mais des inscriptions agissantes dans le donné et le monde, via l’être et le réel. Hors de ces articulations, il devient impossible d’agir sur ce qui ne se représente pas ; l’archi grec, l’hyper chrétien et le méta cartésien prenaient en charge ; étant innommée l’articulation est dans le monde, le vécu et le corps en cette espèce de déchainement interne, inconscient, aveugle, sourd ; elle veut traiter par la raison, l’humanisme et le moi ce qui est non accessible par cette voie. Il ne s’agit pas d’annuler la raison et le monde, mais de récupérer l’entièreté de notre exister. Or cela ne va pas sans remodeler l’universel, le cadre humaniste universel naturaliste ; parce qu’il est évident que si il faut reprendre à son compte les articulations internes de la structure, il est impossible de les copier ; il est nécessaire d’en retrouver la source, de lui permettre de se déverser, de concrétiser à nouveau son archi, hyper et méta, son extensivité, son intensité, son intellectivité.

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Du christianisme

27 Mai 2015, 15:46pm

Publié par pascal doyelle

Propagation de la structure

Il y eut donc la foudre qui frappât le sol et l’onde s’est déversée comme l’océan. Dans le monde dispersé de la méditerranée se délimite une seule patrie ; le corps. Le corps du christ.

Ce qui crée la plus grande séparation de tout qui fut jamais et indiquant le chemin de la réunion, la réunion médiée, recréée à vif ; que le christ sépare chacun de tout ce qui est et de tous les autres, mais qu’ils soient alors tous en tant que chacun réunis en et par la conscience indéfiniment réelle unique, dieu, par l’intercesseur magnifiant son corps.

De la naissance à la mort, tenues au-devant, là au devant de chacun, diagonalisant notre réalité et ouvrant la dimension hyper réaliste de notre vue, indépendamment de toutes les anciennes attaches, restructurant intégralement et installant ce par quoi on ex-siste ; la conscience de (soi). Par-dessus les groupes humains, leur centration, s’ex-siste cela même qui est pour lui-même le seul réel, et que l’on n’acquiert que de s’en détourner pour être saisi du dehors ; la conscience d’un seul qui admet, accepte, aime en son regard. L’au-delà de notre réalité est matérialisé en et par un regard au-dehors, qui littéralement nous tient en sa vie ; c’est nommément et réellement (les deux) que le regard du christ s’est intégré intérieurement partout ; montrant comme la réalité ne se concrétisait pas de telle ou telle vérité ou monde humain, mais d’un seul.

Ce par quoi le christianisme sera contourné (mais non pas aboli) consiste en ceci ; la réintégration encore plus avant du regard externe se transformant en regard interne cartésien (rappelons que Descartes est un marqueur, il exprime parfaitement ce qui ex-siste multiplement dans le monde, le devenir réflexif qui avance dans, par et au travers de l’humanisation-personnalisation). Le mouvement consistant à ramener ici même encore plus précisément ce qui est manifesté par le christ ; la reconsidération de tout ce qui est.

Car de même que le christ crée le nouveau corps, pareillement dieu a créé, tenu à distance, exposé le monde ; il est une unilatéralité intégrale d’exposition et de concrétisation, la recherche interne à la structure révélatrice de suréminence de la réflexivité sur toute réalité déterminée donné là, la survivance, littérale, de la conscience sur ses contenus. Les mouvements, les déplacements structurels qui suivront demeureront à l’intérieur du cercle réflexif ouvert par le christ ; par le christianisme on se tient sur le bord de la réalité, ce qui veut dire dans le réel (en tant que bord). Tout se déploie ainsi « là » au devant et les consciences abandonnant le monde et l’ancien corps (qui les divise et ploie leurs finalités vers le donné là, vers la détermination, qui abime l’intentionnalisation selon telle ou telle partie du monde, non seulement prenant telle partie pour le tout, mais aussi s’effaçant comme conscience dans le tout qui s’imposerait au Un et la conscience perdrait alors qu’elle soit Une au profit d’une conception, d’un système, d’un monde limité), les consciences toutes séparées, s’étirent une par une vers l’infini, (cad l’indéfiniment réel), et par ailleurs l’infini les rassemble toutes selon leur nouveau mode d’être ; l’exister.

La pensée grecque qui aime le monde rencontre son Autre part ; et des deux elles s’articulent par Descartes en une fois ; en renouvelant la totalité de la conscience de (soi) il réinstalle la pensée en tant qu’esprit ; pour lui individuel, pour Hegel comme concept du concept, mais c’est Descartes qui l’emportera puisqu’ayant délivré chaque conscience de tout contenu et présenté l’articulation même de soi à (soi).

(L’autre part du (soi) étant inconnue, non exposable, non démontrable, la conscience ne se perd pas dans le contenu ; le concept, hégélien, ne contient pas la conscience et la connaissance n’est pas la raison d’être de la conscience ; c’est le concept, l’idée, le système qui est moyen pour-une-conscience ; l’être de conscience ne se stabilise pas dans la raison ; mais l’excède)

Le christianisme crée l’architecture de conscience, l’intentionnalisation complète de la tenue à distance et sa résolution (que cela soit une découverte, invention ou révélation importe peu ici ; l’effet est rendu réel dans toute l’historicité) dans et par le point d’attirance qui synthétise tout en une fois par le christ ; la dispersion a cessé et l’unification se révèle comme absolument structurelle, par-dessus les contenus (monde ou vécu), sustendu par la foi en ce Corps.

Une liberté qui serait attachée aux parties du monde (et donc aux désirs ou volontés selon le monde) se perdrait immédiatement, s’est déjà perdue ; le libre est radical et radicalement libre ; il est sa propre loi, mais il Est cette loi. C’est la mise en place du système formel en sa racine même ; celle qui n’appartient pas au monde, au corps immédiat, aux groupes mais se crée à partir de sa propre et seule intentionnalisation. Selon le Corps.

C’est uniquement et exclusivement à partir d’une telle conversion que l’on peut ensuite et en seconde part reconsidérer le monde ou le corps ou le vécu ou les contenus ; on se tient de fait et selon l’historialité même, selon le devenir interne à la structure, dans et devant le monde, le corps, le vécu, le donné, et que l’on tient à distance les contenus ; les contenus de conscience ; demeure donc intégralement externe la conscience-de. Et si l’on se plaint de cette externalité structurelle, c’est que l’on n’a pas compris que la distance (entre tout et tout) crée la possibilité qu’il y ait. Qu’il y ait une réalité, un donné là, un monde, les autres, le corps, le temps et finalement l’exister même. Sans cette séparation à la racine structurelle, tout cela n’apparaitrait pas.

De là cette incompréhension totale en laquelle le moi, cette personnalisation qui suivît et qui a poursuivi l’humanisation (à fondation universelle), dans laquelle il se noie ; le moi est assujetti à un contenu. Il croit coïncider avec « qui il est ». Son absence de bonheur se transforme en insatisfaction du corps (à laquelle il remédie diversement, soit par absorptions diverses, soit par transport d’images de lui-même incessant, y compris des images perturbées de son corps, de son vécu, de son identité, de son rapport à ce corps-là ou au corps des autres, etc), alors que son acte de conscience ne s’adresse pas au corps ni au monde, ni aux autres, ni à quoi que ce soit ; son acte de conscience réclame une autre sorte de passage ; soit donc la transformation du désir de contenu à la forme même de tous les contenus ; le non attachement aux contenus n’étant pas, pour nous, pour ceux qui sont assujettis au christianisme, ou qui reçurent l’empreinte adéquate du moi (donc tout le monde), n’étant pas une évasion vers l’absolu, mais étant l’invention par et en ce point existentiel du corps, renouvelé.

On sait bien que l’on a toujours su l’absolu, on l’a connu partout et en tout efficace ; mais le christ se signale de ceci ; qu’il est ici et maintenant et qu’il est ce-corps-là. Ce qui rompt toute dépendance d’une part comme l’absolument réel l’exige, mais de plus permet de recréer. De recréer la présence à et en notre être, mais entendu comme exister ici même.

Dès lors il était impossible de ne pas amener la structure de conscience vers encore plus de précisions ; ça n’est pas l’infiniment réel, c’est le détail de l’infiniment réel. La pénétration dans et par le donné de l’acte lui-même ; comme pour les grecs qui inventent le « là » du donné et expose le donné là du monde, le corps ici même est ce qui expose tout le vécu, ce qui veut dire ; tout.

Mais le christ si il est la Règle radicale et absolue, n’en demeure pas moins le report vers Dieu le père ; le christ instaure le Corps et lie considérablement l’actualisation de conscience à ce Corps-çi, annulant tous les mondes humains particuliers, mais il n’entame pourtant pas l’individualisation, l’hyper individualisation ; il la contient en germe, en possibilité. De sa capacité de transcendance se crée de fait le Corps comme Bord du monde, certes, mais essentiellement ou suressentiellement (cad structurellement, de forme sans contenus) le Bord du vécu ; à partir de ce point totalement externe, c’est tout le donné là du vécu qui se soulève ; et en ce sens, comme il est dit (et contrairement à ce qui traine ici et là), le christ aime et anime le corps dans sa transcendance d’exister ; l’acte de conscience, libéré et renouvelé dans le Corps, se trame dès le début comme structure agissante dans le corps cherchant sa transformation autre.

Le drame est si puissant, la puissance est à ce point gigantesque (de la structure qui se radicalise et arrache de l’immédiateté cette conscience, chacune, une par une) qu’elle se fascine évidemment de sa capacité ; et il n’est pas encore trouvé, découvert, inventé, créé, creusé dans l’os même de la structure qu’elle est ici et maintenant l’agissant lui-même ; Descartes plante le clou mais on voit bien qu’il ne l’opère pas n’importe comment … On ne peut pas prendre un fait du monde, ou un ressenti du vécu, ou une identité du moi, ou un contenu quelconque en général pour marquer le creusement de la structure par elle-même ; parce tout repérage selon le monde, retombe dans le monde et n’est acceptable de la structure que le structurel lui-même.

Nietzsche, Heidegger et Sartre recherchent une telle inclusion qui soit suffisamment énormissime et qui contienne l’universel, cad pour eux qui soit plus ample encore que l’universel, de même que Dieu-le christ maintiennent une articulation (organisée, orchestrable, multi dépliable dans le monde, créé, et le vécu, renouvelé par le Corps du christ, hyper intense et hyper intentionnalisé et intentionnalisable qui nourrira des siècles d’approfondissements) bien plus considérable que celle des grecs ; la pensée grecque sera réinscrite dans le christ.

Le challenge est donc immensément complexe ; que l’incrustation de tout ce qui est (le monde, tout le monde qui est, et tout le vécu, toutes les humanisations et personnalisations) soit acté dans la structure et ayant force, puissance égale à cette structure ; sinon elle ne se tiendra pas de vive voix, elle ne sera pas acte et actualisation effective de sa puissance d’être, soit donc comme on sait maintenant de sa puissance par delà l’être, d’Exister.

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