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instants philosophie

L'intention interne du réel

11 Avril 2015, 15:27pm

Publié par pascal doyelle

Ce que dresse unanimement la pensée c’est le mur intrinsèque du réel mais conçu, admis, explicité dans son immensité propre. mais le mur ne peut être saisi, il est "ce à partir de quoi l'on saisit" et "ce dont on est saisi", offrant une face unilatérale, très étrange et nous poussant au devant, au-dehors. c'est cette surface que la pensée met au jour, et dans les plis, de laquelle surface, œuvre l'activisme.

Le diagramme est relativement clair. Illustrativement, la pensée définit la vérité, mais en réalité elle fonctionne comme conditions de la vérité (la philosophie ne délivre pas une vérité mais remonte dans toutes ses conditions obtention, y compris la disposition personnelle de recherche), qui, de ce fait, se démultiplie, et quantités de vérités deviennent alors possibles ; bien qu’une critique facile, et surtout sans lendemain, de la pensée et de la philosophie se contente de caricaturer les conditions de vérités soit comme compactes, en vue d’une substantialisation, ce qu’elles ne présentent jamais en aucun système créé, qui s’évasent tous en un Un affolant, le Bien ou la pensée de la pensée, le cogito ou le sujet transcendantal ou l’être heideggerien, soit comme simple fonctionnalités, opérationnalités rationnelles (langages, logiques, etc), largement insuffisantes quant à la conception de la vérité et de l’être, cad de l’archi intentionnalisation, des grecs, ou l’hyper des chrétiens ou le méta de Descartes et suite.

De même le libre cherche à situer son être ; le « là où il se trouve ». Afin d’être en mesure d’appuyer sur cette élucubration, d’être à lui-même son propre levier. Aussi et dans l’impossibilité de se saisir de sa structure (puisque c’est elle qui saisit …), il a commencé de détourer son être, son « là situé », usant de mille artifices afin de préciser la notion qu’il éprouve de lui-même.

Notre être ne peut pas être objectivé et tenu là-au-devant, c’est donc dans le retournement infini qu’il est (infini parce qu’indéfini), qu’il non pas se saisit de lui-même mais est saisi sur le vif de sa surface ; surface intégralement tournée vers le donné là, absolument corporelle.

Le réel est ce qui est arrivé aux mondes humains antérieurs, et les grecs les premiers s’en emparent ; suivis par le christ, puis par Descartes. Formulant les descriptions de la structure agissante. Dès le début la structure étant réflexivement, se-sait et se saisit d’elle-même ou plutôt, c'est très visible, est saisie d'elle-même; la certitude de notre être est absolument pleine et entière dès l’origine ; les discordances, la multiplication des systèmes, la pluralité des inventions, le déchainement des créations de réflexivités, rien n’y fait, la certitude est interne à non pas telle ou telle idée, mais à la structure même.

Il se peut qu’il y ait un christ ou un dieu monothéiste, qu’il y ait un sujet ou une pensée ; peu importe, ce sont dans tous les cas ici-même, ici-bas si l’on veut ou préfère, des structures agissantes qui manifestent, expriment, représentent et, mieux que tout, re-présentent, rendent présente qu’il existe non une idée de soi de notre réalité, mais une structure qui agit. Qui a créé ou a été découverte ou s’est révélée sous ces dénominations.

Le défaut de la nouvelle épistémologie (qui prend appui de Kant par exemple malgré qu'il en ait, puisqu’il voulait nommément l’inverse de cette épistémologie réduite ; il entendait la continuation du transcendantalisme) est d’annuler la concentration des dites structures, mais par contre ce sera afin de préciser, de matérialiser, de poursuivre le Même programme de distinction puisque ce « programme » n’est pas un système mais est un être réel qui s’est libéré de tout monde.

Cependant l’aveuglement qui consiste à renier les origines structurelles rend impossible que l’on puisse se comprendre soi, et comprendre cela même qui s’est exporté au travers de toute la planète ; ce ne sont pas le christ ou la pensée grecque ou le sujet mais les effets directs de ces articulations qui furent lancés au travers de tout (Etat, raison, liberté, nature humaine, etc) ; ceci puisque la structure (de conscience-de) est la puissance même, ou au moins la forme en nous de la puissance (ou ce qui peut être dénommer tel ; entendant par là non la "Puissance", mais la potentialité, le "qui est possible" en sa racine réelle).

Suite à cela il faut alors entendre éthique, esthétique, politique ou idéel comme étant non des disciplines séparés mais les déploiements engendrés originellement par cette articulation telle qu’elle s’extrait de tout monde humain particulier, et tel qu’elle rompra à nouveau tous les mondes, furent-ils issus de l’émergence (grecque, chrétienne ou cartésienne), jusqu’à imposer d’une part l’humanisation (sous fondement de l’universalisation) et la personnalisation (sous condition de l’être libre).

Il n’est pas besoin que l’on soit chrétien pour mener individuellement son existence, ou que l’on connaisse les grecs pour que la société humaine s'organise comme Etat et comme démocratie (plus ou moins, cad au moins constitutionnellement), ou de lire Descartes pour mathématiser la réalité. C’est évident. Mais en ceux-là se sont ex-sister les sources structurelles de ces effets.

On peut entendre par exemple Badiou présenter le dieu chrétien comme infini qui abaisse notre finitude et la morfond. C’est assez déloyal et à vrai dire cette interprétation rend la réalité, l’historicité même illisible. C’est que l’on juge du christianisme d’un certain point de vue ; celui du moi acquis démocratiquement, dans cette acculturation, le moi qui nait-avec-soi et donc déjà lui-même dans le rapport à soi, ce qui est le libre-même et que de ce point de vue qu’il y ait un dieu infini est effectivement très étrange voir frustrant. Mais lorsque le christ présente, de visu pour ainsi dire, que tout être humain est en lui-même selon l’infini … c’est une « idée », un principe, une logique qui abolit la totalité des mondes humains préordonnés selon toutes sortes de hiérarchies, qui, pour le coup, nous paraitraient à nous, les mois, des absurdités sans nom en plus d’une inhumanité très sévère… Il faut savoir ce que l’on dit.

Tant que l’on ne comprend pas cela, qu’il faut sortir du point de vue très limité (acquis historiquement qui ne ait même plus de où il s'ex-siste) qu’inclut la positon d’un moi (fut-il communiste ou beatnik), le poitn de vue qui présuppose la définition de la raison d’une nature humaine qui serait « donnée là », spontanée ou contrariée par un ordre social, ou légal ou démocratique, etc, on ne parviendra non seulement pas à soulever ce point de vue limité (cad que l’on sera un communiste petit bourgeois, de fait et en structure , un hippie, ou un « jeune » ou un anarchiste limité de et par son moi, ou un nietzschéen, pareillement) mais surtout on cesse de fait d’être en mesure de comprendre que l’on est non pas immergé (comme si il s’agissait d’une vague exogène), mais que l’on est poussé à être par la source structurelle (qui s’est engendrée comme grecque (jusqu’à Plotin), chrétienne (jusqu’à Eckhart), cartésienne et méta (Kant, Hegel), grand sujets (de Stirner à Lacan en passant par Rimbaud ou Mallarmé, tout cela ce sont des exemples entre mille autres) et existentielle ou ontologique (de Heidegger à Sartre). Poussé à être dont même et y compris et surtout les mois, chaque moi s’origine.

Autrement dit le moi, qui a à charge la densité comme les grecs l’extensivité et l'archi (l’universel), les chrétiens l’hyper (l’intensité d’être dans un Seul et Unique Vécu, le Vivant, la Vie, qui contient, littéralement, tout, y compris le monde créé et qui engendre le Créé comme catégorie expresse et radicale, ensemençant les esthétiques, les éthiques, les mystiques, les etc, l’au-delà d’après la naissance et la mort, l’au-delà dont on prend la position que l’on y croit ou pas, c’est ça le plus fort de l’histoire !), les philosophes ensuite créant le méta

et ici il faut comprendre que dans le méta, il existe, absolument et radicalement, l’hyper des chrétiens et l’archi des grecs ; parce que la structure (de réflexivité qui n’est pas la réflexion, la raison, le report de notre nature humaine naturaliste sur elle-même, mais existe comme et en tant que réflexivité, dont nous sommes les effets, et non l’inverse), la structure est « ce qui admet encore et toujours son propre être de structure en elle-même ; la réflexivité ne se sépare pas de la réflexivité (et pousse même à rechercher dans tous les mondes particuliers ce qu’ils possédaient de réflexivité, esthétique ou mystique ou politique, etc).

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Libéralisme et communisme, de la soumission

9 Avril 2015, 10:47am

Publié par pascal doyelle

De la matérialisation, de la réal-isation, du monde rendu réel

La méta organisation de la réalité humaine, bizarrement, étrangement, absurdement, est à ce jour la technologie du moi, du moi comme pseudo résolution de la problématique dernière du mouvement anthropologique inauguré par les grecs, les chrétiens, Descartes et suite, la raison et le naturalisme, l’objectivisme et l’objectalité.

Si l’on se demande pourquoi le communisme s’est effondré comme hypothèse et comme réalité historique, c’est qu’il n’intégrait pas ce début de singularité qu’a réalisé le libéralisme ; la personnalisation. Le communisme gardait encore l’universel, l’universalité, l’universalisme comme paradigme et pensait instruire un homme générique, applicable partout indifféremment.

L’Etat démocratique (aussi peu démocratique était-il au début, totalement déchiré par les classes et une pauvreté et une exploitation massive) sous couvert de l’Etat universel, a lancé en fait dans la réalité historique non pas la Vérité (comme le communisme a pu l’entendre), mais simplement que chacun était en mesure de sa propre raison, de sa propre réflexion (non pas sa réflexivité que l’on réserve pour l’ontologique, de retour formel de la réflexivité, effet de structure de son être, mais de sa réflexion, soit le retour sur soi du moi, ou généralement le retour sur elle-même de notre nature humaine).

Il se passa comme pour Descartes ; qui ne définit pas la « raison » mais le sujet et laisse intégralement la raison, l’entendement, dans le cercle (très étrange et autre) de la liberté, de la volonté, de la suspension du doute-cogito (toute l’entreprise cartésienne nait et demeure dans l’épisode aventureux du doute, toutes les propositions restent suspendues dans l’intégrité du doute-cogito, à preuve l’impossibilité de définir ce qu’est une « chose pensante », puisque impossibilité par Descartes de définir ce que la « pensée » est, tant il s’aperçoit que la structure de notre être agglomère toutes les fonctionnalités, que la conscience-de (plus loin) soi est somme toute une sorte de dispositif des dispositifs ; en réalité ce que l’on nommera plus tard le « sujet » est le texte lui-même de la Méthode, cette inscription là, cette description même et non pas une « chose pensante »). Il se passât comme pour Descartes, donc, d’inscrire l’homme comme raison, renvoyât finalement chacun à sa capacité de réflexion elle-même, ce qui signifie à son individualisme.

On remarquera que le communisme a fonctionné comme cheval de Troie de la pensée occidentale ; en l’imposant, armée, aux peuples qui n’auraient sans doute pas de leur seule spontanéité adhérés à cette universalité. De sort que c’est « tout naturellement » qu’ensuite des peuples éloignés en esprit, se convertirent du jour au lendemain, pour le dire en survol, à l’économie de marché, de même que d’autres instituèrent l’Etat comme forme adéquate (supposément) de la société humaine (et avec plus ou de moins de démocratie, puisque l’essence de l’Etat devrait être la démocratie et que pourtant on ignore encore beaucoup de ce que c’est que cette essence et que de plus l’étatisme, formule tronquée de l’Etat, dérive de cette absence).

Autrement dit c’est un mouvement général, mais aussi pour les mois, la personnalisation qui suivit l’humanisation, l’universalisation, un resserrement. La structure de conscience est la pointe de notre réalité humaine, est, cette pointe, à strictement parler notre être lui-même ou plus exactement ce qui « en nous » (une structure étrange en nous), dans toutes nos compostions, une structure qui se joue et dont nous sommes les effets. La pointe est ce qui tend à restructurer instamment tous les dispositifs ; de la sociétalité au langage, du corps aux acculturations (grecques, chrétiennes, de la renaissance ou moderne ou etc), puis des humanismes aux personnalismes différents.

Comme il était impossible de demeurer dans l’ancienne réflexivité (la pensée grecque, chrétienne, cartésienne et suivants), il fallait que l’on invente une épistémologie nouvelle, une épistémè, adéquate au donné là expérimenté et éprouvé, dits objectivement et subjectivement, adéquate à l’humanisation d’une part et d’autre part à la personnalisation.

C’est ce basculement qu’il faut nommer « naturalisme » en ceci que l’on est censé trouver le donné par le donné, la réalité par l’objet, le désir lui-même en et selon son objectalité. Ce qui par contre devait annuler l’ancienne réflexivité qui articulait métaphysiquement et ontologiquement (par les grecs et les chrétiens, Descartes et le méta, la réflexivité de notre être lui-même, soit donc la réflexivité SUR la réflexivité, la position, le positionnement de notre-être/sur l’être, du sujet sur l’étendue, du transcendantalisme ou du dialectique de la négativité hégélienne).

De là que pour nos mois il n’est plus qu’une seule apparition à soi (de la conscience-de, qui est autrement plus vaste et ample que cette limitative opérationnalité, qui réduit au donné là le « là » du donné, qui réduit le réel à la réalité), et que tout, absolument tout, toutes les représentations, tous les comportements, tous les vécus, tous les objets et les choses mêmes ne nous offrent pour ainsi dire qu’une seule canalisation de l’être ; la soumission à la conscience obscure.

Conscience obscure parce que « conscience-de » est ignoré par le moi (qui se prend pour « qui » il est), absenté par l’objectivisme (des sciences, de la technologie, de l’étatisme, de l’économisme), et qui plus est, cette conscience-de est reniée par les théories, les pensées elles-mêmes qui croyant fonctionner comme révolutionnaires s’embarquent dans une dénégation de l’activisme structurel de haut vol, métaphysique et ontologique, et privilégient, ces pensées non enracinées, une abstraction (qu’elles condamnent prétendument) et une extériorité (qu’elles croyaient abolir par ailleurs).

Notons bien que par pensées non enracinées, on n’entend pas « racines « historiques mais racines métaphysiques (des grecs) et ontologiques puis existentielles (des chrétiens, de Descartes, des méta sujets, Kant Hegel, des grands sujets, Rimbaud ou Nietzsche, etc). Par non enracinées c’est le contraire de ce que cela parait présenter qu’il faut comprendre ; de théoriser le moi comme psychologique le déracine de son être de structure de conscience-de, et le lui remplace, cet être, par une composition qui est tout entière dans la dépendance des psychologues (des économismes, des étatismes, des scientismes, des pharmacologies, tout ce que l’on voudra du même type) ; dans la dépendance de la théorie des autres consciences … C’est en cela qu’il s’agit d’une soumission totale, absolue et volontaire aux discours-des-autres. Les discours-autres se sont multipliés comme autant de centrifugeuses qui évacuèrent notre-être, l’éloignèrent radicalement en lui coupant les racines justement. Théories objectivistes ou objectales (le moi est « de désir » ce qui signifie en sous main, est dans son objet de désir … il est décentré déjà toujours fondamentalement par ces théories hors de son être-structurel).

Rappelons ceci ; il ne s’agit en réalité nullement de choisir entre le libéralisme et le communisme ; pour la raison que toute société humaine suffisante ( !) devrait s’organiser à la fois du libéralisme et du communisme et que ce fut une vue de l’esprit (cad une idéologie, hyppocrite) que de les séparer. Une absurdité sans nom, d’autant que de toute manière toute société est à la fois, et de fait, communiste et libérale... D’une part.

Et d’autre part même si l’objectivisme, (science, étatisme, économisme, technologie, etc) et objectalité (théories qui excentre vers l’objet) ont déchiré la structure (grecque, chrétienne, cartésienne, méta ou grands sujets, etc), c’est cette structure même qui a déployé ces/ses négations ; elle récupérait par là la densité, la matérialité, la matérialisation (cad la production de la réalité, mais aussi son inventivité de tous ordres, institutionnels ou technologique, ou sa créativité selon les œuvres et les esthétiques puis les mass médiatisations, etc). Ceci étant, donc, la ruse de la structure qui parvenait ainsi à envahir le monde donné là (Le « là » du donné, le réel, l’étrangeté prenant d’avance, d’assaut, de puissance, la réalité, le donné là, le perçu).

Sauf que à force de produire de la matérialisation on a oublié le structurel qui pourtant seul l’origine, ce qui revient à se prendre les pieds dans le tapis.

Ainsi pour chaque moi revient l’étrangeté ; il est non évident que nous soyons un corps, et de plus ce-corps là, le un-tel, le nom du moi, ce vécu, et il est absurde de se couper du structurel ; en tout moi existe un sujet et ceci envers et contre les discours-autres, théories de l’objet, épistémès dérivées, mais aussi envers et contre les fleuves d’images-idées qui se déversent continuellement et nous agglutinent à une saisie objectale de notre existence. Une seule et même logique constamment répétée, lassante, offrant toujours la même face forcément aveugle, percevant en 2D.

Toute la mass médiatisation depuis le début nous fige, nous glisse, nous attire dans la même et centrée logique d’objectivisation, de perception extérieure, de soumission, en assénant, et ceci est le plus évident, un objet à notre désir, et ce n’est pas que notre désir ait à s’affliger d’un objet, c’est que notre être n’est pas de-désir… Et c’est pour cela que tous les mois du monde n’y comprennent rien à la vie qu’ils se font eux-mêmes et dont on les convainc si aisément ; ils sont décentrés dans l’instance du discours-autre, de la logique abstraite (qui pourtant se croit la plus concrète et réelle), de l’extériorité dont ils attendent une intériorité, que l’on nomme aujourd’hui une identité, psychologique ou autre, ou une vérité, qui n’existe pas. Ça n’est pas de ce côté-là (du monde) que ça se passe.

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L'archi, l'hyper et le méta ; l'historicité philosophique

6 Avril 2015, 12:20pm

Publié par pascal doyelle

L’archi est inventé, créé, découvert (dé-couvert, annulant ce qui le couvrait) par les grecs comme pensée, soit donc comme élaboration intentionnelle (idée) de machines intentionnalisatrices (les systèmes), se chargeant de démontrer le monde en tout ce qui, dans le monde, n’est pas perçu (ni par le corps et l’immédiat, ni par le groupe et le langage commun, par définition) mais ne se saisit que par la pensée qui ajoute au monde des différences et augmente notre être (notre être dépend de la pensée qui est le foyer actif, l’ardeur du cosmos constituant le monde dispersé ou troué, comme cosmos et pensée animant le monde, le donné là, et son immanquable corolaire ; le « là » du donné, l’être, le réel).

L’hyper est inventé, créé, découvert ou révélé (comme on voudra) par le christianisme qui arcboute instantanément tout donné en un seul au-delà de tout vécu (le vécu, la « vie », l’existence) est l’aperçu gigantesque qui englobe tout le perçu, tout le pensé, tout l’imaginé, tout le ressenti, selon le monde et le corps donné là, et bascule tout cela en une fois en une re-naissance ; par là le christianisme atteint la racine même ; non seulement le vécu de chacun, mais le Vécu lui-même, la Vie, y compris le monde créé et aperçu dans l’immédiateté. Tout est « sous la vue » d’une autre conscience.

Dans les deux cas, c’est la Même réflexivité archi et hyper, extensive et intensive (universelle et singulière, intense, puisque par la re-naissance on est appelé tel quel et entièrement et au-delà de entièrement), de sorte que grecs et chrétiens s’interpolent et s’engagent l’un par l’autre d’un seul mouvement.

C’est ce mouvement d’outrepassement (du monde donné là et du vécu comme Vie et entièreté du donné là) qui se nomme réflexivité ; mais contrairement à sa « traduction » affaiblie (de la pensée comme raison, du sujet comme moi, de l’être, du réel et du là du donné comme naturalisme généralisé), la réflexivité n’est pas la réflexion (de notre nature humaine sur elle-même) mais est en soi une structure en plus (de tout monde humain, de tout vécu, de tout donné, de tout contenu) et dont les mondes humains, l’humanisation ou la personnalisation sont les effets.

La réflexivité est la conscience-de (qui n’est pas le conscient, dont le conscient est un effet), soit donc cet être autre et étrange qui s’extrait de tout monde humain et de tout Vécu, et qui étant réflexivité, se-sait et prenant conscience de sa spontanéité, se-sachant tel quel (sous d’abord la conscience de l’être, du réel, puis de la conscience indéfiniment réelle, dieu, puis du sujet qui se re-tourne vers lui-même et crée son être comme rapport pur et simple, pur et dur), entame instantanément toute sa potentialité ; d’où qu’il sera plus tard, bien plus tard, connu comme puissance (potentiel en soi).

L'abysse

La réflexivité n’est pas du tout chose raisonnable … c’est une porte ouverte abyssale. C’est le mécanisme (né de et par la cervelle qui s’exporte dans le donné là, vers le réel) qui broie et absorbe et épuise les mondes, les mondes humains et les personnalisations (ce qui intéresse n’importe quel moi). C’est une sauvagerie, d’autant plus puissante qu’elle requiert intrinsèquement la Cohérence dévoratrice, qui ne laisse aucun répit ; c’est ici et maintenant que cela doit se réaliser, se rendre réel. Les grecs ou les chrétiens ou Descartes sont les impératifs absolus ; la radicalité même. L'être réel systèmatiquement voulu.

Ce dont on a voulu pallier l’intransigeance. En s’en protégeant mais aussi en usant de sa potentialité en réduisant le donné là au monde rationnel, le sujet fou structurellement au moi, dieu et l’être en une épistémologie faible, le là du donné à la détermination. Le mouvement de se préciser, de fouiller et ramener le détail, d’assujettir le donné à la mathématisation, à l'objectivisme est nécessaire, mais il n’est pas « ce qui est » d’une part et d’autre part entraine une limitation (tout à fait légitime et valide mais en son ordre seulement) de notre être, qui de ce fait éclate, éclate du dedans, du dedans (non de son «intériorité »), du dedans structurel. Rendant impossible de maitriser la rationalisation, le moi ou la nature humaine qui ignorant sa fondation structurelle ne peut pas par ses efforts de raison, de psychologie ou de science atteindre cela même (structurel) qui existe antérieurement au monde, corps physiologique ou psychologique, langage. C’est la même logique de pensée de l’objet, selon l’objet, qui empêche de passer par-dessus (compte tenu de toute l’objectalité que l’on voudra, que l’on trouvera), et de doubler la raison par la pensée, la réflexion (de la nature humaine sur elle-même) par la réflexivité.

Les monstrations de la réflexivité

Or la réflexivité elle s’est montrée mille fois ; il ne faut pas croire qu’invoquant la réflexivité ou la pensée ou le sujet (que contient tout moi) cela s’adresse dans le vague ou l’infini insituable … ça a déjà eu lieu et s’est déjà réalisé ; pensée grecque et chrétienne, sujet cartésien et grands sujets qui suivirent, délires effarants des mois ou exposition intégrale des causalismes (de toutes les sciences, y compris humaines) montrent les articulations ; ça ne montre rien d’autre ; ça a travaillé effectivement (avec des résultats, des effets, des possibilités) à ce mouvement et de ce mouvement bine plus conséquent qui est d’un seul tenant. Ce que l’on juge comme inadéquat à notre maitrise possible (en jugeant selon les critères limitatifs de l’humanisme naturaliste, de la raison rationaliste, du moi psycho quelque chose), ce sont en réalité nos racines ontologiques qui sont niées, oubliées, refoulées, par lesquelles il y eut entre autre le rationalisme, l’humanisme, le psychologisme.

Le monstre

La réflexivité avant de se démontrer, est en elle-même un monstre (l’engendrement monstrueux de l’univers effroyable) ; lorsque l’on passe de la démonstration (en quoi les grecs trouvaient le moyen de répercuter l’archi intentionnalisation du monde, de démultiplier les intentionnalités dépassant le langage et le groupe, l’immédiat et le localisé, le corps donné et animant de la divine réflexivité, la pensée est divine) à la monstration, ça n’est pas une réduction de l’ambition ; parce que originellement les grecs creusent à même la réflexivité arcboutée sur le réel (le là du donné) et emportent la réalité (le donné là, devenu monde unique universel pour notre-être effectivement actif, et non recouvert par des contenus, qui donc rapportent les contenus à une archi intentionnalisation, attendant l’hyper intentionnalisation chrétienne).

Lorsque Descartes inaugure que cet être là se-sait et qu’il est épouvantablement noyé dans les suspicions, les doutes, les folies, les délires, les préludes au cogito (le pseudo monde philipkdickien des irréalités virtuelles qui engouffrent la conscience de la conscience) qui dresse en une seule fois que c’est ici et maintenant que « cela », cet engendrement structurel du sujet existe (celui impossible qui veut impossiblement remonter dans la structure-source qu’il est de s’articuler en toute actualité, en tout présent ici même, au réel, de l’étendue du monde), il augmente radicalement que l’archi et l’hyper se créent selon et par et dans la méta-réflexivité.

Si Spinoza et Leibniz s’en prennent à l’étendue (qui est impensable depuis qu’elle est matériellement étendue et non pas idée, notion scolastique de la forme idéelle de la matérialité brute), Kant, Hegel et l’idéalisme allemand s’engouffrent dans le différentiel de conscience ; ce par quoi la subjectivité est subjectivisme, l’esprit qui se sait ; la pensée, outre l’intermède kantien qui décrit au plus loin la différence entre la conscience et son être (la structure et la source), la pensée ne peut plus se nommer autrement qu’esprit. L’esprit est devenue à ce moment la pensée (jusqu’alors tenue objectivement) comme sujet. Non seulement l’étendue est devenue un problème absolument majeur, mais de plus qu’il y ait un différentiel intentionnel entre soi et (soi) est proprement confondant. Tous voient bien que ça ne résout pas en objectalité, en objectivisme (du concept) ou en objectivité (des sciences). Il faut attendre Husserl pour saisir comme ça se structure intérieurement en conscience (il admet encore que cela forme une intériorisation-extériorisante du Sens) ; ou Heidegger que cet être est posé là en son « être-le-là », dans l’ouvert du donné là, arguant d’un monstrueux « là » du donné (dont le rassemblement est confié au Sens de l’être, mais un Sens a-humain, comme celui de Nietzsche était sinon inhumain du moins surhumain, tous deux frôlant ou s’effondrant dans l’inhumanité).

Mais même cela nous est devenu étranger, puisque l’on a annulé (prétendument) le différentiel conscience/conscience (sauf Sartre qui plante carrément qu’elle est, toute une, bizarrement un mécanisme), et remplacé et l’étendue incompréhensible et le différentiel par des objets. Moi, raison humaine, humanisme et étatisme, naturalisme technologique ou économique, libéral ou communiste, épistémologie limitative (de résoudre tout ce qui est en objets, en détermination et non plus d’activer les structures intentionnalisatrices fabuleuses finement tissées par-dessus la réalité vers le réel, de sorte que l’on se perd le nez dans les seules réalités aveugles, rendues aveugles et sourdes).

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Le Divin et le Corps

3 Avril 2015, 08:03am

Publié par pascal doyelle

L'instance originelle de notre être.

On a voulu donc tendre la pensée, grecque, au travers du monde, mais c’était insuffisant, il fallut qu’il y ait dieu et son retour sur terre pour que l’on prenne toute notre réalité, tout notre vécu, de la naissance à la mort et au-delà (forcément) pour que paraisse qu’il y ait unité au-dessus du donné là.

Or cela originait l’être dans une conscience, celle de dieu, ce qui échappait fondamentalement à l’établissement d’une pensée onto-logique, qui puisse penser intégralement l’être puisque cet être se référait à un monde créé par une décision, une intention, et tout devait alors glisser dans le processus de cette intention divine et une (processus signifiant ; que l'on y croit ou pas, c'est un processus, comme la pensée grecque est un procédé).

L’articulation par le christianisme se montre doublement ; d’abord en réassignant le Un, dieu, et d’autre part en posant ici même une conscience qui soulève l’intégralité de la réalité par la foi, cad par la renaissance en conscience de ce qui jusqu’alors existait comme corps donné là. Comme corps ou comme pensée, pensée du et de ce monde, pensée dite divine par les grecs, mais divine en elle-même et non pas ajustée à dieu.

Ce qui existait comme pensée est devenu l’intention à définir. Or on ne peut pas définir une intention ; elle doit, elle, se dire, se manifester. Sinon on n’en connait rien. Et le jeu extraordinaire qu’elle engendre n’arrête plus dès lors d’ensemencer la réalité humaine ; son schéma est exportable ; qu’il y ait dans la réalité un retour intentionnel (qui se dénomme ou le fut comme christ, saint, esprit assignée au Un, qui vient nous chercher l’être) est un schéma tellement duplicable puisqu’il ouvre la prise en main de chacun sur la pensée, sur le discours, sur la parole, sur donc et par une intentionnalisation qui ne se réfère qu’à cela seul ; le Un. Et ici et maintenant, le Un est le corps. Réintentionnalisé.

Le renouvellement du corps

C’est ce que l’on nomme l’esprit (par l'idéalisme allemand par ex, mais dès le début par la réflexivité monothéiste et chrétienne) ; le « qui ne s’épuise pas dans la pensée ». Mais on comprend alors que si l’on ne veut pas pour cela dire « n’importe quoi » et que l’on veut continuer de penser selon le Un, il faut que l’esprit se réassigne à lui-même et dresse son repérage ; pour ce faire il faut qu’il garde, préserve en lui-même la pensée, étant donné que la réflexivité étend son domaine par le réflexif chrétien, ça n’est pas en abandonnant la règle du discours rigoureux, mais en s’ajoutant à lui (ils reprennent toute la pensée grecque). Mais aussi il faut qu’il garde la « foi », or celle-ci consiste en la résurrection des corps ; que l’on y croit ou non peu importe. Parce que l’insistance radicale est mise sur le corps, une fois pour toutes. Et c’est ce support là qui va demeurer intact et ce pour la raison que chacun apparait de et par son propre corps, que le renouvellement est toujours constamment identique ; on nait tous et chacun identiquement selon le même corps dans le même monde unique des grecs et que l’un comme l’autre existent universellement.

Soudainement donc l’histoire est pliée. Il existe un pli dans l’historicité. Le procédé des grecs pour résoudre l’apparition incongrue et incompréhensible de la réflexivité, soit donc la pensée, ne suffisait pas ; la réflexivité étendant son domaine, par le corps du christ, découvre une autre solution au problème ; à condition d’étendre en plus la sainteté, cad ce qui insuffisamment se nommait la divinité de la pensée grecque, la justice, l'idée du bien, au corps. De là qu’on lui reproche une « morale ». ce qui, on le voit, est parfaitement exact, sauf que ça n’est pas une « morale ».

Parce que l’on entend morale comme « moraline raisonnable », de type (faussement) kantien ; terne et tout à fait abstrait (ce qu’évidemment Kant n’est pas), issu de la réduction de la pensée à la raison (laquelle raison est celle d’un « sujet » sec et pauvre, tourné vers l’objet ; le sujet cartésien est tout sauf réductible à l’objectivisme). Il est clair que la sainteté christique est intégralement prise dans et par le Un, qu’il réussit, exploit insoutenable, à inscrire comme corps.

C’est parce que le moi, son naturalisme, le naturalisme de la raison objectiviste, le corps comme donné là et non comme corps schématique absolu (cad comme Idée, comme Image), sanctifié par le un, parce que le naturalisme du désir, fondement des psychologies diverses et variées, qui veulent vous penser comme « chose » (et ils le disent en plus ; vous désirez la « chose », on ne sait pas du tout ce que c’est que cette chose, et puis ensuite pour vous asséner que ça se pourrait que ce soit le sexe, la sexuation, le rapport sexuel, une chose non nommable), c’est parce que le moi et la raison naturalistes ne supporteront pas d’être assigné au Un. Qu’ils réduiront la pensée chrétienne comme ils réduisirent la pensée grecque, l’une à une illusion entre autres illusions, et la pensée à une raisonnabilité (en quoi la pensée grecque est-elle rassise et raisonnable ??).

Rappelons par contre que si la pensée se résout à la raison, c’est afin de gagner en précision ; de sorte que naturalisme, raison, moi sont utilisés par, en l’occurrence, un sujet … qui continue au travers de ce qui le contredit ou au moins l’oubli, son exploration ; que nous ne serions donc pas sans la raison, le moi et le naturalisme, mais que ça n’est pas une raison de s’en satisfaire.

Champ épistémologique et réflexivité ardente

On va bagarrer ; on va bagarrer en se soumettant néanmoins au champ épistémologique, comme on dit, qui délimite la pensée, devenue raison, à la science (et puis plus loin au calcul, sauf que dans le calcul il va se montrer l’univers délirant que l’on sait, le monstrueux, c’est bien embêtant pour la raison fadasse). On va bagarrer en tentant d’instiller dans la raison de la folie, structurelle ; quelque part la philosophie, la pensée, la réflexivité tentent le tout pour le tout, et se veulent plus dures que la raison et la science et le calcul ; et c’est très bien parce que non à bout de ressources, on va tout réinventer. C’est la réflexivité formidable qui va se déployer, engendrant quantité de ressorts structurels ; de Kant ou Hegel ou idéalisme allemand, ou des grands sujets (Stirner, Rimbaud, chacun ses Grands sujets , énormes et terrifiants, les esthétiques qui s’énormisent de précisions et de clartés, illuminations, etc) ; Descartes avait raison, il a montré que le sujet est, qu’il est ce corps sur cette étendue et que rien n’est joué.

Bref, la réflexivité surajouté à la réflexivité grecque, la réflexivité chrétienne entame un corps infiniment riche de son idée-image, assigné au Un, n’oubliant rien, pas un iota de la pensée antérieure, et ensuite rassemblant encore mais cette fois toutes les esthétiques, les politiques le esthétiques, les mystiques, les idéels de tous les mondes humains (parce qu’il ne faut pas oublier, n’est-ce pas, que nous faisons œuvre de ne rien, rien laisser dans l’oubli, tous les peuples sont appelés, en une fois, puisque c’est notre-être, strictement vide et formel de conscience-de et d’autre part le monde unique universel, qui contient tous les mondes, qui ont surgi dans le pli de l’historicité. c’est littéralement qu’il faut entendre le christ et son schéma idée-image du corps se disant corps de tous et de chacun ; c’est le corps même qui parle, pense, se perçoit, se rend intense. Les grecs inventent l’extensivité, le christ (ou cette figure) l’incroyable intensité, et aux mois revient la densité ; aux grecs l’archi, aux chrétiens et monothéismes l’hyper, aux sujets (ce par quoi il existe des mois) le méta (de Descartes, Kant, Hegel, grand sujets, etc).

Tous ces passages témoignent de l’acquisition de cet être étrange, la réflexivité, soit le retour-vers, dont évidement le christ est plus que l’archétype, est le corps même, le pli dans l'historicité. Rien de tout cela n’est un hasard ou une illusion ou une erreur ; il vient instantanément à la réflexivité, à la conscience qui est conscience-de, cad retour-sur, de saisir, au vol, dans l’effroi ou l’illumination, de quoi s’agit son être, structurel ; elle le sait de se tenir de la cohérence même activée depuis les grecs, le christ, Descartes et cent mille autres aventures ontologiques. cela se nomme instanciation. Dans l'instant se-sait.

Que l’ontologique se joue de et par chaque corps est une hérésie à l’époque, pour la pensée antique, et pour le monde tout court (et notamment les classes sociales du temps), mais est devenu également une hérésie pour la raison, cette simili pensée (mais absolument nécessaire), comme pour ceux qui en admettent le joug épistémologique. D’où l’incapacité à ramener pleinement l’instance originelle de notre être, là où il fut créé, inventé, découvert ou révélé (comme on voudra). L’instanciation de notre être est l’effectivement réel ; le ce qui n’est pas, le ce qui est impossible, est le possible lui-même (il n’y en a aucun autre, puisque nous ne sommes que cet être même dans le monde unique universel).

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La haine fondamentale et la soif du Un

1 Avril 2015, 08:47am

Publié par pascal doyelle

Heidegger cherche donc l’originaire ; le là.

L’être-le-là est l’essence de l’homme mais c’est le lieu par lequel nous sommes, dans le monde donné, ouverts à tout le donné et au-delà ; parce que le là est antérieur, il précède, et ne se localise pas dans un donné parmi d’autres.

Il précède quoi ?

Heidegger considère que l’on est parvenu au bout du bout de l’histoire fausse (en quoi il inclut les juifs, évidemment, les grecs depuis Platon, le christianisme, Descartes, Nietzsche, bref tout le monde … sauf lui ; ce qui est ridicule). Et outre l’absurdité de cette position (qu’il faudrait comprendre, il faudrait en saisir les raisons à partir de ce qu’il découvre effectivement et qu’il interprète faussement) il part de Husserl ; Husserl montre, manifeste, objective (philosophiquement et de là que Husserl tient à ce point à une philosophie scientifique) l’être de l’homme phénoménologiquement. Il décrit notre être comme conscience intentionnelle.

Heidegger se demande « où » est cet être, de quel lieu (ontologique) part cette intentionnalité. Il dit ; cet être intentionnel est « là », ça nait dans un « là », et de dérouler l’expérience extatique de notre activité « là » dans le vécu ou plus exactement de signifié comme notre exister même nous pousse à l'extrémité. Il est en un « là », et dès lors s’ouvre une possibilité interprétative de ce « là ». Heidegger commence donc par décrire le là de tout être de l’homme, le dasein de Etre et temps. Angoisse, temporalité, être-avec, etc, et finalement authenticité et inauthenticité. On ne sait toujours pas très bien ce que « authenticité » signifie

(il est probable ou visible qu’il n’existe aucune authenticité, qu’il n’existe pas de langage qui serait comme le verbe ou la pensée de l’Etre, en tous cas sitôt que l’on tente de définir ce « verbe-langage » on tombe dans des absurdités ou des idioties, idiosyncrasies si l’on veut ; notons bien que le dieu est bibliquement bien au-delà du verbe… le verbe quoi que l‘on fasse ou dise, est second… c’est une récupération que d’identifier le dieu-un au verbe ; on peut s’animer du verbe pourvu qu’on l’ait originé dans le Un, le christ ne dit rien d’autre, d’être le chemin vers, mais absorber le un dans le verbe, est une hérésie, une bifurcation, une élucubration, Maitre Eckhart le sait, et le dit, qui parfait suprêmement la pensée chrétienne entièrement, le Un seul surexiste et n’est pas pris dans l’être).

Et de ce fait, Heidegger, ça ne lui suffit pas, il veut comprendre ce que le là « où » nous sommes signifie, porte, comporte, réalise, entraine. Et il suit alors des tas de cheminements, parce qu’il s’engage, et il a raison mais par le mouvement seulement, dans l’impensé du « là » qui n’appartient à aucune tradition, ni aucune pensée. Il origine donc bien qu’il existe un « là » qui soit très étrange, mais est pris dans l’étrangeté de cet être-le-là, antérieur et autre que tout.

Or il est vrai que le là « où » nous sommes ; ce que notre-être ouvre au sein du donné (et que l’on nomme donc ici outre le donné là (le monde), le « là » du donné), ce que notre être ouvre (à savoir la DimensioN) que ce « là » n’est pas humain.

Ça n’est pas humain, mais non au sens que l’on a pu donner à cette altérité radicale au cœur ou au-delà du cœur de l’humain (ce que tend à porter Heidegger, c’est au-delà de toutes les représentations jusqu’ici rétablies dans le monde, il n’a pas voulu lâcher cette altérité effrayante), on a voulu, comble du vertige qui se mécomprend, lui donner un sens inhumain, voir de négation de l’humain... Heidegger tombe dedans, à plat ventre. Heidegger, c’est une illustration, a voulu remplacer le verbe chrétien et juif par un verbe, un langage plus grand, plus massif ; il s’est doublement trompé, en s’estimant plus grand que ses prédécesseurs, ce qui est ridicule, mais aussi en n’assignant pas le verbe, le langage et la pensée au Un.

Que ce ne soit pas humain ne signifie pas que ce soit infra humain ; ça pourrait bien impliquer le contraire, que c’est en plus de l’humain. Autrement dit que cela existe, cette DimensioN, mais l’humain y compris, et que l’on ait eu raison alors d’identifier cette altérité au divin des grecs, au monothéisme ou à l’infini cartésien ou au Un plotinien.

Sauf que Heidegger voit bien que c’est encore plus Autre que ces autres-là déjà connus. Il se tient de Nietzsche par ailleurs. De sinon l’horreur fondamentale, du moins de l’abyssal. Ça n’est pas seulement Un ou Infini ou Dieu-autre (même celui de Eckhart ou le très bizarre dieu cartésien, qui flirte avec l’absurde tout comme le doute entrainait dans les méandres crépusculaires de l’existence égarée, folie, perception déviée, personnages et masques, parapluies mécaniques) ; c’est, l’être-le-là, radicalement et totalement de fond en comble un horrible réel surabondant mais de désordre et de folie interne au réel lui-même. Le réel excède bien au-delà de l’imagination, puisque l’imagination s’emploie à partir de cette empirie, limitée déjà par l’expérimenté, le perçu.

Il revient à Heidegger de laisser sensible à quel degré effroyable le réel est (disons que effroyable est de trop et qu'Heidegger en reste seulement transi, extatique). Il n’est pas exclusivement besoin de convoquer les autres potentiels milliards d’univers, il suffit de bien affronter le désordre et l’épouvante d’exister, la souffrance et le malheur, le n’importe quoi et la déréliction, l’abandon dans le grouillant et la dégradation, et comme toute réalité retombe de là où elle est issue, dans le bazar idiot, c’est de la soupe opaque et sourde. Ça n’a visiblement pas d’ordre ni de sens. Ça est.

C’est somptueux par ici, c’est merdique bien autrement par là-bas, peu importe ; le « est » engendre bien plus et bien plus fortement, puissamment que l’esthétique ou l’éthique ou tout ce que l’on voudra. Le « est », le « là », est incommensurable. Rien ne le mesure, ne le dit, et il ne s’aperçoit qu’aux confins de la conscience du réel qui nous prend, nous superpose, uniquement accessible de la plus a-humaine abstraction, ce qui se nomme une idée. L’idée en tant que le triangle n’existe nulle part, sinon des similis de triangles, mais l’idée de triangle est plus grande, pareillement le « est », le « là du donné » effrayant est une idée perceptible tout au-delà de sa représentation.

Et c’est là-bas que l’on nait, que l’on ex-siste, quelque chose de notre être (et qui seul est vraiment notre articulation au réel) se situe « là », dans l’horrible. Dans le grondement sourd du réel qui emplit tout, puisqu’il est tout, que c’est son aventure, pas la nôtre.

On y participe plus ou moins, et comme Heidegger, comme Nietzsche, voit bien que ça ne peut plus se dire comme étant le Bien ou le Un ou Dieu, il tombe dans la surdimensionnalité dépourvue de tout réfèrent, et cela seul est, le non référent. Du reste Nietzsche comme Heidegger tentèrent de récupérer l’abomination, de lui offrir quand même une belle surface ou une profondeur de la Vérité de l’Etre, on ne sait trop quoi en fait (le langage tellement distordu que l’on n’en peut rien soutirer). Ça n’en a pas, ça existe d’un seul pan démentiel, bien au-delà du langage, il n’y a aucune prise. Sinon la conscience la plus précise possible que l’on en saisira. C’est l’acte de conscience de structure qui s’en saisit sous la forme d’en être-saisi.

Parce que ça ne signifie pas qu’il faille se laisser happer par l’horreur. Enfin chacun décide comme il l’entend. Mais on peut vomir tout ce réel d’une débilité sans faille, cette abomination, et vouloir ici même que le Un soit, que Dieu soit, ou que le sujet soit, ou, bref, ce que l’on voudra (qui se tienne du Un-qui-n’est-pas, qui doit être).

Histoire de contrer cette ampleur délirante de l’être réel, ce nauséeux bordel. Histoire d’être bien guerrier et bien méchant envers ce qui veut nous tuer. Que ça vienne, la haine de ce qui me tue, que je lui crache jusqu’au tréfonds.

Il faut juste ne pas se tromper d’ennemi (ce qui est le cas de Heidegger ; il s’est égaré dans l’infra pensabilité).

Nommons ce qu’il faut vouloir, désirer, appeler, énoncer, formuler, expectorer, énormiser : le Un. C’est neutre, ça ne dit rien, c’est insituable (ça ne mange pas de pain). Et visiblement ça n’existe pas. Et bien que cela soit.

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Libération du corps

29 Mars 2015, 13:45pm

Publié par pascal doyelle

La conscience intentionnalise tel objet, un signe, une intention, une identité, sitôt elle disparait. La conscience n’apparait pas dans ce qu’elle intentionnalise.

Ce recul est constant, l’activité de conscience est toujours activité de conscience-de, mais sans jamais se clore sur le contenu (sinon elle ne serait plus capable de reprendre d’autres intentionnalisations). Une conscience ne se définit jamais par son contenu, et on sait que le moi lui-même est un contenu parmi tous les autres et que l’ensemble de toute l’intentionnalité est extérieure à la structure.

Il n’empêche que la conscience est un point, ce qui signifie qu’elle est posée à même la surface de ce qui est, à la surface de l’étendue-monde.

La fausse bonne idée est de considérer cette « conscience » comme un tout ; elle n’existe pas, on l’a suffisamment répété, elle surgit. Et elle ne fait que cela. Sauf que le dit surgissement est un être, une structure, une forme. Ce qui dessine l’arc boutant vers le réel.

La structure de conscience, la conscience-de, puisqu’elle nait constamment de son objet ; il n’est aucune conscience « vide », elle est toujours conscience de quelque chose, mais ce rapport déterminé est « supervisé » par le rapport même, que la conscience est pour elle-même, et si on a cru que ce « pour elle-même » signifié une réalité, ça en sera toujours une fausse et bifurquée, empruntée, et donc ce qui est ça n’est jamais un contenu mais le rapport et rien que le rapport, le « qui-se-sait ».

Le « qui se sait » ne peut pas se nommer mais il se désigne ; Descartes nous dit ; « voila je suis là ». Par cela il montre que ce qui est (cad la vérité) est « là », n’est pas ailleurs ; la finalité, ontologique, de la pensée n’est pas une connaissance mais un être. C’est en et par un être que cela se réalise (le réel) et non pas qu’il y aurait un discours, une connaissance qui se serait plus réel que cet être lui-même.

Pour cela la raison, l’objectivisme et l’objectalité, détournent le regard ; ce qui doit être structuré est notre-être et non pas seulement produire des discours clos (pensés par une autre conscience, scientiste, psychologiste, étatiste, ultra libéraliste, qui enferme dans la nature des objets produits, etc). Et si notre-être doit être structuré, étant lui-même la structure, la forme, ça ne peut être que par lui seul ; ce qui ne condamne pas la raison, l’objet, etc, puisque si la structure témoigne du réel, elle emporte avec elle la réalité. C'est l'arc entier qui est en branle.

Engageant le réel, la pensée grecque approuve la réalité, son cosmos (évidemment puisqu’elle invente et découvre la raison en plus de la pensée), et ce non par des notions ésotériques, mais par l’analytique intentionnalisatrice (laquelle consiste à couper les cheveux en quatre, à engendrer l‘intentionnalisation par elle-même, hors du langage du groupe et ce en faisant appel à l’expérimentation actuelle de la réflexivité qui court-circuite la pensée du groupe et celle de la perception dans le donné là, et qui, passant outre le groupe, doit créer son vocable adéquat à son expérimentation d’une part du monde unique universel et d’autre part expérimentation de notre être né, émancipé de tout monde particulier), puisque activer notre-être est égal à exiger ici et maintenant la Cohérence ; la conscience-de est ce qui découpe, ce qui distingue, et produit des idées, cad des intentionnalisations, des différences en plus, en plus du groupe-langage-monde local immédiat, et ces distinctions, ces divisions ne s’emploient nulle part ailleurs que d’être supporter réellement, n’existent que de creuser le même réel (sinon elle s’évanouissent puisque le réel ne les retient pas).

Autrement dit, si chaque monde particulier formait une pyramide, de la base, assise en tel monde localisé, jusqu’à la pointe synthétique, les grecs procèdent inversement ; la pyramide repose sur la pointe. La pointe écrit ou réécrit la réalité, et la pointe est le réel, cad l’être tel que « là » (les grecs n’inscrivent pas la réalité dans l’idéalité des idées, les idées montrent la réalité, sont la parole du monde, tel que seule la pensée nous le donne en nous dévoilant ce qui autrement ne peut pas se percevoir ; la pensée est ce qui perçoit (le monde tel qu’il est dévoilé).

Lorsque Descartes développe que l’être est l’étendue, le donné là, il ne le découvre que de poser son être à lui au bord du dit monde-étendue ; le sujet-doute-cogito-infini-corps est au bord du monde, précisant la pointe, et relève, ce bord, non plus de la réflexion à propos du monde (le monde étant réfléchi par la raison), mais de la réflexivité (celle qui en plus de penser le monde, l’étendue, situe notre-être/dans l’être, en l’occurrence pour Descartes c’est dieu mais en vérité c’est la construction-découverte que délimite le doute-cogito-infini-étendue-corps, cad c’est le dispositif même dont il situe comme Bord, et c’est sur ce bord que Kant ou Hegel ou l’idéalisme allemand ou les grands sujets ou l’existentiel ou la psychanalyse, pour le moi, s’attachent).

La raison, l’objectivisme, le naturalisme, l’universalisme (qui croit qu’il est le bout de la réalité, que la vérité est en soi, alors que le bout de la réalité est le réel, seulement accédé par la conscience-de, en état de saisissement et non pas comme pouvoir, en tant que puissance donc au sens de potentialité, puisque seul le réel offre la potentialité suffisante, et ce qui n’est pas réel s’effondre dans le temps, passe et disparait, et non pas puissance au sens de main mise sur le monde, les autre, le corps ; en ceci la volonté nietzschéenne a sa vérité dans l’intentionnalisme husserlien qui laisse-être l’être), le naturalisme des définitions de l’humain comme corps-langage, anthropométrie, anatomie, physiologies, la raison qui se définit comme réflexion de notre nature humaine sur elle-même, au lieu qu’en réalité c’est la réflexivité, cette structure qui s’est emparée de l’humain, qui est « ce qui est arrivé » à l’humain, et que la réflexivité divise constamment ou, autrement dit, distingue.

Elle distingue en produisant ou auto produisant l’intentionnalisation effrénée. Non seulement sur le monde, mais en auto entreprenant son être propre ; elle démultiplie l’articulation au réel, entrainant conséquemment la multiplication de la réalité.

C’est en rendant excessif notre être que tout cela intervient… ça ne vient pas du monde, puisque même dans la supposition que l’affluence autour de la méditerranée engendre quantité de langages et de peuples, ça n’est pas en compilant cette affluence que soudainement s’ordonne structurellement une intentionnalisation ; l’intentionnalisation grecque découvre la structure jusqu’alors engagée dans un langage-groupe, crée la vision (littérale) d’un monde cosmos révélé par la pensée (puisque seule la pensée énonce mot à mot, un par un, élément par élément, que ce soit l’idée ou les atomes), de même que le christianisme (on voit par là que la réflexivité existe en elle-même, agissante, et non pas relative à la philosophie qui pense l’apparition de la réflexivité, même si au fondement elle l’accélère) l’architecture existentielle de la réflexivité ; c’est donc, de la perception le corps entier qui est soudainement pris, par le christ et par les grecs. Le corps ici maintenant perçoit (le monde) et se perçoit, en ceci que l’on bascule dans l’être le là du corps lui-même déplacé dans le là du donné et conséquemment le donné là, le monde ; aperception du monde, aperception de l’être, aperception du corps, forment le Un.

Le Un en tant qu’il est actuellement là. Ou donc l’être est ce qui est là présent, en tant que présent ; recherchant la cohérence comme libération intégrale. La libération qui n’est pas, jamais extérieure, mais sourd du dedans, non d’une « intériorité » mais justement de l’extériorité, là, explosée, du monde, de l’être et du corps. Peu importe qu’elle soit explosée, puisque c’est le Un qui explose, expose, manifeste, rompt, divise, ce qui veut dire distingue ; il apporte la distinction. Ce qui ne sourd pas du dedans (de la structure et non d’une intériorité, qui ne serait qu’une détermination parmi d’autres, et c’est pour cela que Socrate ou Jésus excède toute la détermination, ou Descartes, etc) tombe dans le monde puisque c’est là qu’est née la détermination ; le Un ne retombe jamais dans le monde, il n’y a jamais existé, il est antérieur.

Éthique, politique, idéel (objectivisme et objectalité dans l’hypothèse naturaliste), et bien sur esthétique, tout cela concerne le corps. Le nouveau corps, qui se forme, qui est investi par la structure.

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Le point de conscience dans le corps

25 Mars 2015, 12:09pm

Publié par pascal doyelle

Comme la conscience n’est pas le conscient, il faut voir cela comme suit.

« Conscience » n’est pas un contenu, ne désigne pas du tout le « moi-même », la subjectivité ou des variations objectives, ne signifie pas une « âme » ou un conscient ou la raison ou « conscience morale » ou ne porte pas un sens ou un ordre, ni ne désire ou ne visualise un projet, etc. C’est un mécanisme, une articulation hors de la cervelle (produit par celle-ci) vers le réel, rapportée au réel, et mécanisme qui s’émancipe par et dans la nouvelle anthropologie en s’extirpant des groupes-langages-mondes immédiats et localisés, et commence dès lors son propre jeu.

La conscience prend le départ, elle surgit à propos de ou en tel objet ; visé. Ce qu’elle connait à ce moment là, c’est cet objet et non pas elle-même. Vient l’évidence qu’elle se sait elle-même mais comme un objet et donc ce faisant elle se retire ; en se désignant ou en se nommant, elle se retire dans/de la nomination même ; si je dis « je suis un-tel », je deviens Pierre ou Paul, mais le je de « je suis un-tel » est déjà retiré, reculé.

Si je dis « je suis un homme », je distingue par là que je suis un être humain, mais je peux dire aussi « je suis un homme » au sens de « je ne suis pas une femme ». Or vous n’êtes ni un homme ni une femme ; dans les deux cas vous êtes une conscience, un mécanisme. Rien d’autre. De même vous n’êtes pas un « être humain », mais cette structure qui, pour nous (depuis l’humanisme), se dit « être humain ». Or votre être n’a rien à voir avec « être humain ». Vous êtes une structure qui « se nomme ». Rien de plus.

Etre humain ou être homme ou femme, définissent, délimitent une zone de déterminations ; que l’on prend pour une substance, une essence, pour une réalité constituée, alors qu’elle est une construction. Ce qui ne signifie pas qu’elle soit fausse, cette zone découpée ou inventée, mais ça n’est juste pas « cela que vous êtes ».

Lorsque l’on dit « conscience » on sous-entend soit le conscient (qui sait ce qu’il dit), soit « ma conscience », cad « moi-même ». Mais « conscience » n’est ni l’un ni l’autre. De même elle n’est ni subjective, ni objective (mais elle est à chaque fois un point, individué de cela même) ; qui sont des découpages intérieurs au donné et à l’intentionnalité que l’on y porte. Encore une fois toutes les distinctions et découpages sont valides, mais il ne faut pas y croire ; on peut y croire comme découpages, comme utilités, utilisations, et c’est ce que l’on fait habituellement, mais en plus de les utiliser on croit qu’ils sont vrais et réels.

Or ils sont vrais et réels mais relativement. Relativement se dit à partir d’un absolu, d’un absolument là, radicalement réel ; mais qui n’apparait jamais dans les découpages, jamais dans le conscient ou dans le moi-même. Ce sont des supports de « ce qui ne se montre jamais » mais qui est ce à partir de quoi on découpe. Et si « conscience » n’est pas subjectivité ou conscient ou moi-même, chaque conscience est cependant un point existentiel absolument existant. Ex-sistant, ce qui veut dire « sortant de ».

Le point formel

Si « ce qui ne se montre jamais » était lui-même un mot, une idée, une réalité, une essence, une substance, on pourrait critiquer tous les découpages que l’on utilise en fonction d’une « authenticité », une âme, une idéalité, une vérité, etc ; mais le caché ne se montre ni ne peut se montrer, s’exprimer, aussi on ne peut pas fonder à partir de la conscience-même, vide, formelle, cachée, retirée, autre chose que de remodeler sans cesse les découpages, et c’est ce qui depuis 2500 ans ne cesse de produire ; des découpages, de plus en plus précis ou distincts ou de plus en plus de différences et donc en somme de possibilités. C’est pour cela que depuis que notre être vide et formel se veut (impossiblement), il crée, il crée continuellement, renouvelle et transporte des couleurs et des signes, des modes politiques, et des éthiques, des sciences et des personnalisations si diverses, qui creuse et engendre, des corps nouveaux (depuis le christ on invente non plus seulement des pensées et des systèmes, comme les grecs, mais des corps nouveaux, comme il le montre lui-même, et lorsque Descartes affirme que c’est ici que ça se passe, des corps il en existe de plus en plus, des distinctions indéfiniment nombreuses, des romantiques aux mois, aux personnalisations, y compris dans la dévoration consumériste).

Il ne cesse de créer et de se produire comme détermination.

On ne juge donc pas des découpages, des mondes humains, des vécus, des idées et systèmes en fonction d’une « conscience » ésotérique, vague, nirvana, universelle, insituable, etc. Mais en fonction de chaque point-conscience, nu, vide, formel, sans rien, ne correspondant à aucune réalité, isolé radicalement, une et étrange (Husserl, Heidegger en première partie, Sartre et sa clarté cartésienne explorent cela, mais Nietzsche ou Stirner ou Rimbaud ou Artaud le vivent et pensent ce point étranger, de même que suite à sa découverte/expression/invention Descartes est repris par Kant et l’idéalisme allemand).

Or la philosophie est précisément de s’amener dans cet être retiré et de montrer où il est. Contrairement à ce que l’on croit, elle ne le définit pas ; ou plutôt toutes ses définitions sont coupées, tranchées, repliées, tissées et retissées, au point qu’en fait si l’on philosophe, si l’on pense, comme les grecs, si l’on est, comme les chrétiens, ou pour nous, au 21éme ou depuis au moins le 19éme ou depuis Descartes, si l’on veut se saisir de notre être, on ne peut le saisir sans l’être … sans le déplier en chaque conscience propre, sinon ça demeure incompréhensible (la philosophie, le foi du christ, le cogito ou les grands sujets, les créateurs Rimbaud ou Mallarmé, etc, sont incompréhensibles si on ne les prend pas sur soi). Autrement dit la philosophie (et les remontées dans la structure, seule, formelle, les mystiques par exemple qui ne lâchent pas le morceau, qui veulent éprouver leur être) montre à quel point c’est insaisissable, mais montre aussi comment on en est saisi ; comment il faut s’y introduire.

Et ceci est essentiel.

La psychanalyse

Si l’on ne veut pas s’orienter vers le saisissement de notre être (par quoi il est soudainement absorbé par son être seul, sans rien, vide, formel, structurel), alors le corps vient prendre la place. et tout le naturalisme proposé depuis l'humanisme, la raison, la nature humaine, l'objectivité et l'objectalité (qui cerne le moi).

Le corps est, devient la référence fondamentale de notre réalité, de notre vécu, de notre identité, de notre moi, de notre idée-image de nous-mêmes, qui occupe entièrement le terrain ; c’est pour cela que la psychanalyse découvre que c’est la jouissance qui commande. La jouissance est la position constante du corps qui ramène notre être (qui pourtant n’a rien à voir, notre être structurel, qui n’est pas notre réalité, qui est impossible et autre que tout), notre être au corps ; parce que la conscience est volatile, pour ainsi dire, et le corps est « là », massivement influençant, les finalités du corps sont inscrites d’elles-mêmes dans le monde, il désire de et dans le monde et finit par, lui, coaguler notre être structurel.

Et c’est fort compréhensible puisque notre être est vide et purement structure ; elle n’a aucun contenu et bien aise de se soumette à « cela » qui sait tout de suite qu’il est, le corps. Elle n’a pas de guide, de main courante, d’orientation en propre (elle doit créer ses orientations et qui sont fondamentalement fragiles et difficiles et pleines d’efforts constitués, continuées plus ou moins, on ne peut pas vouloir longtemps et durablement, c’est entrecoupé, une conscience, c’est éphémère et velléitaire en somme, il faut s’y motiver pour durer en conscience de structure). Aussi se coule-t-elle bien aise dans le corps.

Et si le corps et la jouissance, si le corps est la jouissance, et que l’acte de conscience n’ayant pas de repère en lui-même, s’y confond, alors le moi, le conscient, les sciences, les représentations, les identités, sont elles-mêmes seulement et rien que des détours plus ou moins réussis (ou ratés comme dit l’autre), de la jouissance. Et lorsque le moi ne va pas bien, et qu’il tente de se résoudre en mots ou idée ou image de soi, ça n’atteint pas, ça reste dans les effets et effets dont la cause est sur ou dans le corps ; une jouissance marquée sur le corps.

Notre être est cinglé

Or pourtant notre être n’y a rien à voir. Du tout et en aucune manière. Notre être lorsque donc on restreint notre être à la fine, très fine pointe de conscience purement structurelle, vide et formelle ; on ajoute « formelle » à « vide », pour bien montrer que ce vide est un être et que cet être est une forme entièrement positive ; entièrement et seule qui soit « entièrement » puisqu‘elle n’est pas composée, elle est rapport, reliaison, et ne contient donc aucune fracture. Elle est déjà toutes les fractures qui seront ou ont été ou s’existent), elle est source unilatérale parce qu’elle n’appartient pas, à rien, ni à quiconque, elle est autre que tout et sa forme n’étant pas composée est non négociable ; elle veut ici et maintenant, exigence à la racine, que « ça soit réel » et réellement « là », en quoi elle est le présent radical.

Qui pourrait bien sacrifier tout le reste… cad le monde, la vie, l’humain, le moi, et dont on doit se méfier absolument, qui est infiniment dangereuse et plus que sauvage ; mais en même temps elle ne se réalise que dans la distinction et donc recherche la non violence (qui ramènerait son être au corps… au pire du corps, cad au massacre des autres ou au suicide ou à la dégradation).

De la faiblesse

C’est donc avec précaution qu’il faut « se manier ». Manier notre être. Le cogito de Descartes n’est pas autre chose. Il suspend notre être et il le dit, très exactement. Il suspend et essaie de s’introduire « entre notre être et lui-même». Entre le vide et le vide, ou si l’on veut entre le vide et la forme (pour cette raison on prend notre être comme un « néant », négativité, manque à être, etc, parce que notre être qui est radicalement positif, ne rentre pas dans le monde, dans le corps, dans le moi, le conscient ou dans quoi que ce soit ; il ne rentre dans aucune case, et c’est pour cela qu’il ne peut que se saisir lui-même et ce sous la formule du « en être saisi ».

C’est la même faiblesse que celle du christ ou celle de Nietzsche ; il faut être faible et passivement recevoir « ce qui est », parce que c’est là qu’est le réel. Cela seul montre, la fragilité, la petitesse, le minuscule, qui peut seul s’introduire et non pas imposer au réel (ce qui est une aberration… qui ou quoi peut s’imposer au Réel ???), parce que « imposer » est non du réel mais de la réalité, de ces réalités-là, toutes sortes, raisonnables ou aberrantes, qui retournent toutes au corps ou à la jouissance du corps. C’est pour cela que le christ ou Nietzsche pensent.

La pensée est le détour qui ramène notre être vers son être réel impossible (cad faible et velléitaire et pauvre et infime ou infirme, la conscience est infime et c’est cela même qui lui permet de s’introduire, de s’intercaler, de jouer du décalage infime) ; la pensée est pour cette raison ce qui influe sur les siècles, elle n’utilise pas les corps ni ne s’adresse au corps, en quoi elle n’est pas cette forme faible de la pensée qu’est l’idéologie outre qu’elle annule le pouvoir de la violence qui en fonde jamais rien, sinon la reproduction, du monde déterminé ; elle a remis les compteurs à zéro qui sont vaincus par la précédence, précédence antérieure à toutes les réalités, qui en imposent inutilement.

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Des grecs à Heidegger

22 Mars 2015, 11:03am

Publié par pascal doyelle

Lorsque se sont repliés les mondes particuliers, chacun dans leur synthèse, leur parole, séparée, au milieu de la méditerranée, univers de mondes mouvant, c’est l’articulation de chaque conscience au réel qui commence de s’élaborer ; mais ça ne prend pas exclusivement le nom de raison, ça s’élance comme pensée ou réflexivité.

Ça n’est pas la raison qui s’impose (comme retour sur elle-même de notre nature humaine), c’est la réflexivité qui devient cause d’elle-même ; raison ne se dit que de saisir en objets la réalité, mais réflexivité lorsque l’on est saisi par notre-être/dans l’être ; et notre-être/dans l’être est une formule, vide, formelle, mais active, voir hyper active ou activiste.

Si l’on admet la raison selon ses objets (l’objet est désigné comme un, et tout extérieur), la raison s’en prend à la réalité, mais la réflexivité aborde un plus grand cercle ; non pas l’objet mais notre-être/dans l’être, et doit installer un circuit externe qui ramène, relativise toute donnée dans la considération du rapport. Évidemment le grand circuit inclut et pousse le petit ; le réel entoure la réalité (et si les grecs veulent saisir la réalité, ils n’en obtiennent que des réalités, totalisations par totalisations sans parvenir au Tout lui-même, sinon crevé par le Un ou le Bien ou la Pensée de la pensée ou la matière sous diverses formules).

En concevant d’abord notre-être/dans l’être, cela engage la raison, mais ne s’y limite pas ; la pensée, les grecs, sont parvenus à subsumer toute la réalité dans un Effet Réel. Même si ensuite cet effet sera découplé ; d’une part selon dieu et le christ et d’autre part selon le sujet-même cartésien (qui supportera tout l’influx du Réel dans l’affluence de la réalité, posée là comme étendue du monde, de l’étrangeté du monde pour un sujet outrepassant, autre ; ce que l’on définit comme posé sur le bord du monde, comme la transcendance dans et par l’immanence, en une fois).

Il apparait donc que si la pensée n’est pas la raison, il est absurde de lui appliquer les règles de la raison, et ce qui semble inutile, pour la raison, relève donc non d’un système de raison, mais d’un système réflexif, et système qui permet seul de situer la position de notre être dans l’être. De là que les systèmes philosophiques incluent à la fois un système raisonné (du donné là) et un système formel (du là du donné, de l’être des réalités).

La réflexivité philosophique, la pensée, brise donc la réalité et se plante ici même ; dans l’ici même il est exigé de rassembler tout en cohérence ; c’est en somme l’ici même qui se-sait (de sa certitude formelle) et qui tente de se connaitre (en pensée réflexive et en raison, à la fois et distinctement).

Distinctement parce que bien sur au début le couple est lié ; pensée et raison, sauf qu’en la pointe de la pensée ça se retourne par l’idée des idées, le moteur énergia, le un de Plotin ou la matière sous quelque forme que ce soit. Mais qu’ensuite ça se distingue plus encore dans la mesure où l’on propose dieu comme intentionnalité ayant créé le monde, le donné, la matière, actualisant le concept, la notion, l’idée comme logique (d’un esprit).

La difficulté de conception revient à ceci ; qu’il n’existe alors qu’une seule intentionnalité (dieu) qui pense, qui crée, qui fait exister. Il reviendra donc de perfectionner la pensée en ceci que chacun crée et pense et invente et désire et fait-être.

Le christianisme

Le christianisme enjoint un arc en ciel absolu qui traverse toute la réalité, toute la réalité humaine et toute la conscience ; il prend de bien plus haut la description de notre être en état d’existence. Mais n’est pas encore affirmé la prévalence du sujet, et cela tombe sous le sens, parce qu'affirmer la prévalence du sujet est une opération d’une extrême complexité, retorse, effroyable, exploratrice, devenante ; tout ce qui se produira à partir de Descartes, et ce y compris par la pensée rationaliste mais « métaphysique » de Leibniz et Spinoza (qui ne se fient plus à la pensée comme les penseurs du moyen-âge, les théologiens ou les scolastiques qui tentaient de poursuivre la pensabilité divine), et qui, Leibniz et Spinoza, doivent tenir compte de ce qu’ils redoutent ; l’étendue cartésienne et le sujet structurel.

Une fois cette nouvelle pensée assumée, viendra l’éprouvante conscience de soi de l’esprit ; par quoi, ayant acquis que la pensée s’origine en un être (le sujet décrit cartésiennement), c’est de ce point de vue que l’on va réfléchir notre être même en embarquant toute la pensabilité ; la pensabilité devient une extension du sujet et non pas cette conscience soumise à la pensabilité comme auparavant (soumise au penser grec ou soumise à la pensée de dieu, soit comme pensée du monde créé soit comme dieu étant pensé lui-même, comme ontologie du Un conscient de lui-même et de nous et de tout).

Criticisme de Kant ou dialectique historique de Hegel, idéalisme allemand qui essaie de se saisir du Un, du sujet, qu’ils nomment « esprit », pensée consciente d’elle-même ; où situer, positionner, déplacer la conscience de cette pensée ??

Et lorsque suite à Hegel qui expose totalement l'esprit, (il croit que la pensée se sait et se connait, à la fois, et non que la pensée dépend d'un être-étrange), naissent les Grands Sujets, ils usent de cet activisme et si ils prennent l'apparence d'irrationalismes, ce n'en sont pas ; ils pensent, tout simplement, et mènent plus loin, jusque dans leurs mois, leurs corps, leurs perceptions, la réflexivité qui travaille, œuvre et creuse.

L’être-le-là heideggerien

La vérité est que c’est toujours le même problème qui reviendra ; Descartes nous a installé sur l’étendue et de l’étendue on ne sait pas quoi faire, ni comment définir notre être sur la surface, puisque désormais la surface, l’étendue est l’être… Ce qui abat toute la notionalité antérieure à Descartes (grecs, scolastiques) toute la pensabilité au sens propre (la pensée est ce qui augmente notre être, et nous sommes dans la dépendance de la pensée). Problème qui poursuivra jusqu’à Heidegger ; l’être-le-là est le « lieu » métaphysico-ontologique qui nous crée sur la surface et l’étendue, mais qu’Heidegger tente de subvertir … de replacer dans une (méta) ontologie.

L’être-le-là est fondamental, mais dérive vers une tentative vouée, dit-elle, à une méta-réflexivité (ce faisant il la réalise plus encore, on ne peut pas dépasser les grecs, les chrétiens, Descartes, Hegel, etc, puisqu’ils disent et montrent "cet être qui est") ; il veut métaboliser un autre sens puisque le là, le là du donné excède considérablement la raison (que dépouille Heidegger, sorte de para délire criticiste), excède le sujet (il veut contourner Descartes), et désigne le « là », celui des grecs qui relativisaient le donné (le monde, cosmos) par le « là » (l’être, le réel), le constituant en retour comme cosmos (pensable et la pensée seule nous ouvrant qu’il y ait un monde, un Tout, intotalisable en vérité mais au moins posé tel).

L’être-le-là, le lieu en lequel nous sommes ouverts à « l’être » heideggérien, voudrait réunir en sa conception, son élaboration, en son engendrement, réunir toute la précipitation, la catalyse ontologique ; celle qui excède la raison, le sujet, la pensée (post socratique), la technique, toute la philosophie. Et c’est vrai.

Il est absolument vrai que notre-être/dans l’être excède toute rationalisation, universelle et grecque, notionnelle et théologique, du sujet et de l’idéalisme allemand, au point qu’il faut à la limite remonter à maitre Eckhart pour parvenir à instituer une lecture de notre-être/dans l’être. maitre Eckhart qui est le clou du christianisme, il le rive "là où il Est, Existe", en plein dedans.

Mais ce en quoi Heidegger s’égare est de considérer que cette folie outrepassant toute définissabilité, se situait hors de la philosophie ; parce que depuis le début la pensée veut accrocher l’excès, l’impossibilité, et elle le sait, elle sait l‘impossibilité comme telle ; c’est dans cet effort même qu’elle entend rétablir ici même et rigoureusement l’articulation au « là ». Il ne voit pas que l’articulation réflexive est outre-pensable et que c’est cela même qui fonde le philosophique (soit donc la saisie de « ce qui arrive » à l’humain dans la nouvelle anthropologie au sortir de tous les mondes particuliers, qui amène d’une part le monde unique universel et d’autre part notre-être comme structure valide intégralement).

La philosophie décrit objectivement « ce qui se passe » ; elle en « fait état ». Elle le décrit objectivement mais comme ça ne rentre pas dans une définissabilité « objective » cad ne peut pas se relativiser comme « objet », ce qu’elle montre (et parfois démontre et à tout le moins démontre comme « ça est », cad le démonte, pièce à pièce et qu’elle ne cède rien, pas un iota), ses textes sont explosés de l’intérieur ; ils contiennent la réflexivité, la non immédiateté, l’articulation au réel, autrement dit contiennent notre-être/dans l’être.

Et il est impossible de connaitre ce rapport, or pourtant ça avance

Le projet (interne à la structure de réflexivité elle-même, elle n’a pas un « programme », son être, sa forme est son programme, son agissement, son activisme, son acte est une forme agissante et qui veut ici et maintenant, irréductiblement et ne cédant en rien quoi que ce soit ; puisque sa structure est cette intentionnalisation, cette intensité du réel articulé), le projet creuse à même notre réel, et avance en ceci qu’il parvient à isoler l’articulation même et ce sur quoi elle joue.

L’erreur consiste à admettre, puisque la conscience est réflexivité, que la conscience connait par son contenu (le conscient ou le concept ou l’idée), alors que c’est l’expérimentation même du réflexif par lui-même qui « se-sait », hors contenus et cela se nomme la forme. L’auto consomption, l’auto effacement de la conscience, de la structure par elle-même qui se-sait ; étant sans contenu cette instanciation de la forme « conscience-de » est inattaquable … il n’y a rien à attaquer, c'est de là que ça part, comme source.

Pareillement, il est absurde d’opposer pensée, dieu et sujet d’une part et raison, naturalisme, mois, d’autre part, puisque c’est seulement une querelle à l’intérieur de la même chapelle, dans la même logique ; sauf que pensée, dieu-christ (que l’on y croit ou non, cela n’a pas d’importance) et sujet tentaient le grand arc de cercle qui pose l’horizon intentionnalisateur intense le plus lointain, le présente ou le représente objectivement, et la preuve est que ça a marché… Intentionnalisateur signifie ; je veux ici et maintenant amener le « ce qui est » tel qu'appréhendable.

Je dis « que l’on y croit ou pas », à propos du dieu-christ, parce que de même que l’on est de toute manière aristotélicien, ou cartésien, on est chrétien structurellement ; quiconque sur terre, mais cela nous conduirait très longuement et pour résumer on précisera ; de ce que l’on est un Corps, chacun est ou est devenu ou est en cours de devenir son corps. Et rien d’autre. Et cela n’est absolument pas du tout évident… On voudrait bien, mais non. Tellement que l’on voudrait on s’est réfugié dans le naturalisme, la raison et la science (le donné), le moi (corps-langage ou image-corps), on a oublié, si l’on a retenu seulement le donné là, on a oublié le là du donné. C'est en ce sens que le christianisme est l'apport, l'afflux du mécanisme radical, qui place ici et maintenant que "cela a déjà commencé", est déjà actif radicalement, à la racine.

Du même ordre on a cru que le présent était fonction ou effet, alors que l’hypothèse ici est que le présent est justement l’être, l’être même (et l’être n’est rien d’autre). Rappelons que le là du donné, est le là qui contient tous les donnés, et comme tel le là est la fondation, le sol, la base de tous les donnés (les mondes naturels, les mondes humains, les langages, les mois, tout ce que l’on voudra, puisque l’on va nommer ou percevoir dans et à partir du « là », et le « là » lui-même ne sera pas nommé).

Pour résumer dans l’autre sens ; le message livré par le christ est « ce corps-là ». Ou donc ; de la naissance à la mort et au-delà. Et enfin ; nous sommes ainsi déjà en plus de la naissance-mort en ce que chacun assume son vécu, cad tout et qu’il est en-plus, en-plus du tout. Le mécanisme est de fait installé et fonctionne.

Ce qui revient à annuler ou reporter le Tout mais à saisir le Un ; ça se saisit par le Un, le Un est spécifiquement ce qui est actif, est l’Agissant. La philosophie cherche le Un et s’en est emparé, sous une forme incompréhensible ; d’en être saisie, et non pas de le saisir.

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Pensée-raison, sujet-moi, Un-naturalisme

18 Mars 2015, 10:01am

Publié par pascal doyelle

La récupération de l’être.

Le sujet, soit donc la volonté d’une conscience qui entend remonter dans l’impossible structure qu’est une conscience articulée au réel même, cette remontée qui s’en prend à elle-même et veut exposer, exhiber, se saisir de son être, de la fine pointe qui s’existe hors de la cervelle, rendue vers le donné là (et dont la philosophie a créé le « là » du donné, l'être, ou le réel),

le sujet est un fauve redoutable, impitoyable, qui se dévie de toute détermination et par conséquent détruirait bien le moi qui le supporte, rien que pour voir. Pour en observer les effets.

Les grecs pensaient canaliser cet être-de-puissance (cad de potentialité) et les chrétiens de même ; de le convertir en sa face blanche et lumineuse. Mais la conscience est l’être même dans la pointe et dans l’attention qu’il instigue dans la réalité, le vécu, l’identité du moi, la relation aux autres, la perception, ça n’a rien de simple ; ce qui veut dire qu’il va vouloir épuiser, atteindre, absorber, ressaisir en détournant comme conscience encore et à nouveau. Que ça n’a pas de fin, y compris au sens littéral, ça n’a pas de finalité parce que c'est l’activisme même ; cette pointe qui creuse est ce qui calcule.

Autrement dit la soif de notre être est un travail, une torture, une exploitation ; et peu importe de quoi. Inutile de lui chercher un sens, ou un ordre, ou une attente ; ça travaille parce que. C’est son être, et ce au sens littéral ; en deçà il n’y a rien (quant à au-delà, c’est affaire de croyance). Depuis les grecs, les chrétiens et Descartes nous sommes à la racine, nous existons de et par la racine (et les criticismes divers et variés qui nous condamnent à l’insatisfaction, à la néantisation que serait notre être, au manque à être, etc, ne comprennent pas que « ça surgit », c’est entièrement positif quoi que bizarrement positif et ça surgit parce que c’est la source même, la structure est la source radicale qui emplit l’atmosphère).

Et ceci est essentiel parce que le moi ne peut comprendre cet être de conscience comme source puisqu’il en attend que ça soit sous la forme du désir, du manque et de son objet et que la source évidemment n’est pas du tout un objet ; le moi veut saisir son être, or on en est saisi et que pour en être saisi il faut cesser d’être volonté, cette caricature, pour devenir intentionnalisation ; l’intentionnalisation est le rendu complexe de ce qui croyait se fixer solidement au-devant de soi.

C’est pour cela que ceux qui critiquent la pensée et la philosophie (en pensant la révolutionner) sont obligés de caricaturer la pensée et la philosophie et de laisser accroire qu’elle désirait l’objet et qu’elle maniait la volonté ; or l’objet de la philosophie et la volonté, cartésienne par ex, est bien plus biscornue que selon son traitement caricatural. C’est parce que le moi, qui est la dernière acquisition suivant l’humanisation préalable de la révolution unique, interprète la source, la structure de conscience, en désir et son objet, ou pour la philosophie du « sujet » (figé et caricaturé) et de la raison (pensée fixée squelettique), ou quant au vécu du moi et du bonheur, de la satisfaction, dont de toute manière on n’obtient que le monde, les finalités pauvres et amenuisées du monde (non que le moi soit méprisable ; il faut qu’il soit exigé, mais il est impératif qu’il ne soit pas tout et que pour tout moi il y ait un avenir, qu’il y ait son sujet dans son moi, et de toute manière, quoi qu’on veuille ou fasse ou désire, il y a, de fait un sujet dans chaque moi… et qui travaille ce moi).

Les objets ou les volontés de la philosophie sont fouillés, complexifiés, insaisissables … sinon il serait facile de philosopher et si l’on traite la pensée comme la raison, alors évidemment ça simplifie … sauf que de fait la pensée n’est pas cette traduction mollasse qui en fut donné, de raison. La raison est hors du moi et se déploie sans le modifier lui ; ça n’en va pas de même pour la pensée, on y est, dedans, ou pas.

C’est pour cela que l’on a imaginé la raison, la science et le moi et la société humaine naturaliste (qui tient notre réalité pour un corps langage, ou pour un moi psy et notre désir pour un objet, objectalité et objectivité sont la même logique, y compris technique ou libérale); pour ne plus remonter vers la pensée, le sujet et la division non naturelle de l’être.

Or pourtant tout dans la pensée antérieure nous indique absolument autre chose ; sauf qu’on ne le voit plus et que l’on s’offre la surenchère de croire reprendre en objets et déconstructions, doute et remplissage naturaliste à nouveau, d’interpréter selon cette position du donné là, ce qui autrefois fut installé non comme donné là mais selon le là du donné …

Pour remonter dans la pensée, le sujet et le là du donné, il faut affronter l’être et le un, dieu et le christ, Descartes et le sujet hyper tendu invraisemblable ; mais aussi commencer de comprendre la soif destructrice des grands sujets, des fous structurels, des grands dégradés du monde qui abiment, au deux sens de ramener à rien et de tomber vers l’abime, que furent précisément les créateurs, et dont la culture mass médiatisée nous offre soit l’étouffement (en nous proposant une vie entièrement naturaliste) soit l’explosion énergétique et prophétique (comme furent le pop rock et la science fiction et le fantastique).

Joyce, Artaud ou Rimbaud relèvent d’un autre monde en comparaison ; ils sont eux non des mass médiatisations mais des grands sujets, qui s’attaquent avec l’infinie complexité au sujet, à la pointe de conscience et remontent, ou le tentent, dans la structure, plus que complexes ils sont retors.

Si l’on se déchausse de la pensée et du Un, de dieu et du christ (qui est naissance et mort et au-delà et l’étrange inquiétude), du sujet et de l’étendue là du monde, on perd tout ; ou plus exactement on perd qu’il n’est pas, nulle part, d’objet, et on perd que « ça n’a pas de sens » parce que c’est le sens. Le réel est le sens. et il n'y a pas d'objet, parce qu'il n'existe que la source-surface unilatérale qui avance vers le devant ; soit donc le Un, la source mais on verra cela.

Mais si le réel n’est pas la volonté, le désir ou le langage, il se révèle tout autrement complexe et fondamentalement autre que l’on ne croit du point de vue la raison, du moi ou du naturalisme. Le réel n’est pas le « là » bêtement posé comme objet, il est le « là » du donné ; le là en quoi existent le, les donnés ; le là qui existe antérieurement aux mondes humains, aux mois dans leur corps inerte, aux langages qui parlent (cad qui échangent toujours le même sens).

Ce que disent les grecs, les chrétiens et Descartes, c’est cela qui s’est réalisé.

Il est clair que le « là » de tout donné, on n’en connait rien, mais alors sont recevables les illuminations. Nommons illuminations toutes les approches desquelles naitront les prophéties. Illuminations qui se tiennent ou se tirent des plus hautes tours, en quelque civilisation que ce soit, mais pour nous essentiellement grecque et chrétienne et affiliés (puisque c’est là que c’est ici et maintenant, là dans le monde, immédiatement, instantanément et sans remords que l’on a voulu décidé que ça serait existant, et pas ailleurs sou autrement qu’instantanément) et prophéties qui prenant d’être saisies du là du donné et du sujet, de la pensée cohérente (la pensée pas la raison cohérente, la raison rationnelle qui est une version seconde de la pensée), sont effectivement la puissance. Et de fait la puissance, la potentialité même, réalise. Elle réalise un monde humain fondé d’une part sur le monde unique universel et d’autre part sur notre-être même, celui qui est en deçà de tous les mondes et de touts les mois.

De ce que l’articulation majeure fut tendue comme pensée, dieu et christ ou sujet cartésien, il fallait bien s’attendre à ce que l’ampleur décroche et tombe dans le monde.

Mais il est tout à fait désaliénant de vouloir réduire les anciennes ambitions à des éléments du monde ; le désir, le langage, la physiologie, et leurs prises en main technologique ou étatique ou scientiste ou psy, soit donc dans la désappropriation de soi et l’appropriation par une autre conscience ; parce que ce qui n’est pas admis au Un (accessible au seul je) sera absorbé par un autre ; et donc la désaliénation est aussi l’aliénation rendue autrement, selon une autre formule.

Il apparait alors que la récupération de ce qui mésinterprète l’ancienne ambition, est la reprise de celle-ci ; que le sujet soit, que la pensée advienne, que le Un s’impose à nouveau, et ce non pas sous la forme des objets (ou de ce que l’on a prétendu qu’ils furent des Objets) mais en tant que ce qu’ils étaient ; des Articulations. Des instanciations du réel. Soit donc les plus grandes, amples, profondes tensions. Tensions que le moi ne peut que mésinterpréter ; selon sa propre vision de la tension, des tensions immédiates, mais qui jouent cependant à plein ; parce que le moi en se cantonnant à l’immédiat et aux petites finalités, se les rend adaptables et saisissables ; on ne lui fera plus le coup de la grandeur non accessible.

Il faut malgré tout qu’il se méfie, et ne pas prendre les objets ridicules, les données du monde ou du moi, pour des réalités pleines et entières ; ce sont des fétiches agités sous son nez, et ça n’indique pas du tout la récupération de son être.

Pareillement le moi doit cesser de croire qu’il pourra se saisir de son être ; il n’y a aucun autre moyen que d’en être saisi, de le recevoir.

Que l’on ait oublié qu’il nous vient d’ailleurs et autrement, notre être, cela reviendra de toute manière à continuer de s’enfermer dans le monde, dans et selon telle ou telle partie du monde et repoussant, reniant ce qui autrefois s’est imposé comme articulation structurelle, sous prétexte que l’on continue de comprendre la pensée, le dieu et le christ, le sujet comme choses réelles mondaines illusoires… C’est que c’était autre chose qui au travers de ces figures, de ces positions se formulait ; la question n’est pas de croire ou pas en la pensée, dieu ou le sujet ; la question est que c’est cette ambition qui était efficace, qui a poussé à être.

Et que hors de ces articulations, les reniant, on aboutit à ce monde-çi, celui qui tourne en rond. Parce qu’il ne trouve plus dans sa définition de lui-même comme monde, comme donné (et non pas comme du donné), comme humanité naturaliste, comme corps langage ou comme raison ou sciences, il n’y trouve pas le moyen de subvertir cette définition ; elle repasse constamment le même sillon.

En réalité elle épuise la possibilité ouverte. L’arraisonnement du monde, le consumérisme ou le désir à tout va, la sexuation ou l’objectalité recherchée partout, l’exploitation des ressources ou l’égocentrisme psychique, la mass médiatisation ou l’obsession des images, tout cela est l’utilisation, l’abus de la possibilité ouverte. Son épuisement. L’impossibilité tout autant de maitriser la possibilité tant que l’on se tient en elle, tant que l’on ne dispose pas de la lecture qui relativiserait ce que l’on prend pour la réalité même.

Ou dans une autre perspective ; expliquer la pensée ou dieu ou le sujet par l’économie, le langage ou l’inconscient est totalement passionnant, mais ça ne marche pas ; ça n’est pas suffisant, et c’est en réalité la pensée, dieu ou le sujet qui se donnent la dite interprétation au-devant d’eux-mêmes, qui rendent possible qu’il y ait de telles compréhensions (dont il n’y a pas à dénier la valeur mais seulement à les relativiser, exigeant par ailleurs qu’il y ait une réelle et suffisante compréhension de la pensée, du dieu et du sujet).

Or la réalité même et sa définition sont fondées sur l’universel, l’humanisation ou la raison, mais aussi et surtout pour nous-mêmes dans et par cette formulation distincte qu’est le moi. Relativiser ce serait donc relativiser ce moi, sa formule, sa concrétion, son corps même, ce serait reprendre le registre du naturalisme (du libéralisme ou du communisme, de la science ou de l’objectalité du moi psychologique, du désir et des objets), de l’esprit même, de la logique qui guide le monde, en se ramenant à la définissabilité (ce qui signifie la raison), tandis que la pensée, le dieu et le sujet tiraient vers une cohérence ;(laquelle est autrement supérieure à la raison, au monde, au naturalisme et au moi, en ceci qu’elle entame une tension bien plus ancrée au plus loin sans quitter ce que par l’être, le là du donné on peut comprendre).

C’est cette tension qui s’est affaissée, en gagnant par ailleurs en concrétisation et réalisation, mais cohérence structurelle qui ne peut en aucun cas être séparée de ces concrétisations et réalisations, et que donc la pensée, le dieu et le sujet n’appartiennent plus eux-mêmes aux mondes particuliers, mais sont déjà la montée de la structure dans le donné là ; raison, naturalisme et moi sont des effets, pensée, dieu et sujet sont les causes structurelles. Si l’on ne remonte pas jusqu’aux causes on se perdra dans les effets.

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L'ampleur structurelle anthropologique

15 Mars 2015, 16:50pm

Publié par pascal doyelle

C’est donc dans la plus grande sauvagerie que nous jette ce qui est arrivé à l’humain et que les grecs tentent de mettre en forme.

L’activisme de conscience est la puissance même ; en ceci qu’il n’en existe aucune autre ; et par puissance il faut comprendre la potentialité. Ce qui veut dire que l’activisme développe une redétermination du donné, à commencer bine sur par notre réalité. La détermination humaine est issue de cette puissance, en ceci que l’acte de conscience précède même le langage ; c’est parce que les cervelles produisent « de la conscience » que celle-ci articule, rapporte les signes aux choses et les signes aux signes, et sa propre structure en et via les signes. Le langage s’utilise. Il s’utilise dans le monde et l’horizon du monde est ce à quoi a affaire l’activisme de conscience.

Autrement dit ça intentionnalise n’importe quoi et n’importe comment. Ça crée des mondes. Et chacun de ces mondes s’habitue à lui-même et outre de résoudre le donné, son donné particulier, se met en scène évidement lui-même et se représente sa propre historie ou mythologisation, ou cosmogonie. Ça produit donc à chaque fois un monde à la fois.

Sauf lorsque l’on découvre que ça n’est pas la confiance dans le langage, ou le groupe ou l’histoire représentée de telle localisation mondaine qui vaut, mais d’une part qu’il existe un monde donné là général et unique et donc universel et que d’autre part notre réalité est un-être et non pas une idée.

Les grecs inventent tout autre chose qu’un contenu, mais permettent de passer outre les contenus, en commençant d’élaborer le système humain second qui sur existe par rapport à tous les mondes (y compris le monde grec lui-même, de même que la réflexivité cause le christianisme comme effet et n’appartient pas en propre aux chrétiens et affiliés, c’est un mouvement anthropologique nouveau et autre, autre que tous les autres qui s’impose) et qui donc substitue à l’idée que l’on se fait de soi (comme groupe ou réalité humaine ou langage, etc), la structure généralisée, vide, formelle, qui n’obéit à rien ni à personne, qui joue son propre jeu, qui calcule sa prévisualisation constamment ; une fois lancée la nouvelle anthropologie, anthropogenèse se tient et ne se lâche plus.

Parce que de notre être ça n’est pas qu’on le veuille, c’est qu’on en est saisi. Ça devait arriver, ça tombe chez les grecs, ça s’est agité un peu partout ici et là, les grandes mystiques ou les grands systèmes humains le devinèrent plus ou moins en ceci ou cela (politique ou esthétique ou idéel, etc), mais ça se cristallise en une fois, pour toutes, autour de la méditerranée et tout comme ça crèvera le monothéisme juif en le redupliquant, réinventant par le christ et suivant (puisque le christianisme se réfléchit dans le réflexif monothéiste juif, c’est un doublet qui redécouvre tout autre chose tout autrement, mais une altérité qui redéploie l’articulation antérieure jusqu’alors réduit, de même que postérieurement c’est selon l’esthétique, l’éthique ou la politique que l’on retrouvera en tous les mondes et que l’on ira chercher, réaccumuler, la réflexivité attirant et préservant la réflexivité).

S’installe donc une unification de tous les mondes, nous privant certes de ces richesses et diversités, mais rendant possible en sa structure nouvelle d’autres possibilités (le monde universel unique provoque qu’il y ait de nouvelles possibilités qui n’appartiennent plus comme groupes localisés).

Comme déjà énoncé, il ne s’agit plus de réflexion de notre réalité sur elle-même (la raison de l’humanisme qui en est seulement une version, un effet), mais bien plus l’advenue, le surgissement d’un structurel (la conscience-de valant en et par elle-même hors de tout langage, hors sol, hors communauté, ayant à s’inventer entièrement ou réorganisant les éléments réflexifs déjà présents dans les mondes). Et c’est cette structure qui commence par se représenter en des systèmes, dont la concrétisation et l’amplification, la réduction et la facilité, se dénommera « raison » et « humanisme », mais qui, en sa réelle structure, est surhumaine ou a-humaine et sur-raison, cad pensée et conscience formelle. Mais chaque système est si intensément complexe et retournée sur et par lui-même qu’ne chaque sommet c’est l’articulation au réel qui se montre à défaut de se démontrer forcément.

Par exemple penser déconstruire la pensée, c’este encore rechercher du sens ; c’st considérer que ce qui avait lieu dans la pensée, l’universel, la raison, ou toutes ces figures, était essentiellement constitué d’un contenu, présenté comme super essentiel, et vouloir ramener ce contenu à des éléments (du monde, du langage d’un poétique, d’une mathématisation, etc ). Alors que pensée et réflexivité étaient tout autrement ordonnés et exhibaient –dans la monstration de son activisme et possiblement dans la démonstration tentée de celle-ci) l’archi-tecture, la structure active d’un mécanisme de conscience-de.

Il est tout à fait passionnant de déconstruire, mais cela ne dit rien de l’enjeu para-essentiel ; que c’est d’une architecture qu’il s’agit et non d’un contenu (qui serait le Sens, l’ordre ou la raison ou l’humain en soi, ou pour le moi sa « personne-même » destinale). Tout est vrai et valide des déconstructions mais est insuffisant ; ça n’est pas ce qui se joue et de plus de croire que l’on trouvera des éléments antérieurs aux constructions, c’est d’une part encore chercher le sens et d’autre part réduire l’architecture à des infra-morcellements ; perdant du même coup l’ampleur incontestable des figurations qui eurent lieu.

Ce qui remplace la pensée, dieu-christ ou le sujet cartésien est toujours rapetassé et réducteur et tombe dans le travers de n’être plus capable d’assumer et d’assurer l’ambition de conscience articulée au réel absolu et radical. C’est en demeurant au même, niveau surabondant et formel que l’on peut comprendre cela qui eut lieu et ce qui est possible à partir de cette ampleur.

Par exemple Heidegger intuitionne bien que la pensée n’est pas la raison, mais il a tort de croire que Platon ou Descartes ne relèvent pas de la Pensée précisément (il croit que la « pensée » est un contenu, une onto théologie de l’étant suprême, etc), et tend à réduire leur pensée à des mouvements faibles et appauvris, ce qui est en soi ridicule et auxquels il n’opposera que des retours aberrants ou délirants. De même Nietzsche mais Nietzsche possède suffisamment d’ironie supérieure et de distance.

Identiquement la croyance de résoudre la pensée à des éléments scientistes ou pseudo, même une anthropologie, n’oppose que des diversités tout à fait valides, mais non suffisantes et qui ne permettent pas de s’aligner sur la grandeur et la profondeur d’articulation que la pensée, dieu le christ ou le sujet étendent intrinsèquement ; intrinsèquement puisque par la pensée, le dieu christ ou le sujet on existe à la racine, déjà ; on a atteint le degré natif, en deçà duquel il n’est rien d’autre. On y existe sur le bord du monde, de tous les mondes, à la racine, radicale, et on ne peut pas relativiser ce à partir de quoi tout le reste advient.

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