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instants philosophie

Le spermatozoïde un-tel

15 Mars 2015, 10:54am

Publié par pascal doyelle

Tout ce qui creuse le sujet, par le néant, le manque à être, le désir, l’être pour la mort, l’indétermination passive et molle, l’infini qui n’aurait pas d’aboutissement dans le fini, enfin tout ce genre de travers négatifs (par lesquels la pensée morne se permet de catégoriser l’être réel que nous sommes et de l’entrer dans des cases, dialectiques ou autres), s’oppose instantanément d’une part à l’ampleur des grecs (qui adorent la pensée pleine et entière), et d’autre part au chrétiens (si ils suivent ce que le christ déplace soudainement ; que tout a déjà commencé), et enfin (ce qui fait 3) à Nietzsche qui est le seul et unique à affirmer instantanément que « ça est ». Genre « ça y est, ça c’est fait, passons à autre chose, à un autre univers ».

Il n'y a pas de manque. Signifie aussi que le réel est parfait. Si l’on en n’est pas convaincu, pensons que par effet de spermatozoïdes et d’ovule, si ça se trouve nous serions un autre, un autre que « moi ». Ça s’est joué d’un cheveu (à moins de supposer que le spermatozoïde n° 1253 était prédestiné à la rencontre … ce qui est plutôt compliqué, ou que l’on est l’enfant sans corps de parents ou de causes psycho sociales diverses et que l’on aurait la même conscience en étant un autre corps … ce qui est délirant).

Le réel est parfait puisqu’au moins, au minimum, on y est, on y existe. Ou alors c’est que l’on n’est vraiment pas content d’exister ou que l’on aurait préféré être un autre ou pas du tout. Pourquoi pas … mais alors n’existant pas rien du tout n’aurait été en remplacement ; l’aurait été autrement n’a rigoureusement aucun sens, réel. La non existence supprime d’un coup toute variation (histoire de bien comprendre que l’on y existe pour de vrai, que ça n’est qu’une seule fois, qu’il n’est pas de double et que ce qui est ici et maintenant est définitivement tout ce qui est, qu’il n’y a rien d’autre a priori, que ça a déjà commencé et c’est ici que ça a déjà commencé).

Il est clair que si l’on possède une quelconque influence, de par ce que l’on pense, sur ce que l’on est, ça urge. Si ça ne se passe pas maintenant, ça n’arrivera nulle part ailleurs ni jamais.

Que le réel soit parfait ne signifie pas que l’on s’en contente ; de fait le réel est en mouvement, donc il ne se contente pas d’être juste et simplement « là », bêtement. Qu’il y ait temps et pluralités (on ignore quelle quantité de pluralités, peut-être des tas d’univers ou des tas de planètes ensemencées et des tas de races diverses, on ne sait pas) et ce dans quand même un sacré désordre ou si l’on veut un gaspillage éhonté d’énergie, veut dire que tout est mouvement et cherche quelque chose. Quoi ? On ne sait pas, pas encore, enfin vu d’ici.

Puisque le réel se cherche, nous aussi. En cela c’est parfait. Que l’on trouve ou non est une question absurde ; parce que si l’on est en recherche et que par ailleurs tout ce qui est cherche aussi, on s’existe communément dans la même perfection ; ça explore. Ça explore ce qui est. Et personne ne sait, a priori (après on peut croire ce que l’on veut), ce qu’il en est, ce que cela donne.

Revenons sur le spermatozoïde et l’aléatoire de la naissance. Si c’est juste la rencontre délirante d’avec l’ovule qui nous fait-être, en un mot, cela signifie que l’exister est le (fait). Ce qui est extravagant, naturellement, pour notre esprit (et comme quoi ça n’est pas un esprit que l’on a, que l’on est). C’est la juxtaposition d’une seule fois qui crée qu’il y ait ce « moi-même ». Mais en même temps sitôt cela acquis, c’est absolument et pour la totalité du temps (ou quoi que ce soit qui en tienne lieu, si il est plusieurs sortes de temps dans différents univers) ; bref pour de vrai et de réel, ça n’arrive que par là, par le fait d’exister.

Autant dire que l’on n’admet pas du tout que de la réalité il n’est que de l’essence, de la détermination ; il y a de l’exister. Ça ne signifie pas que ce soit forcément un hasard, ça peut être tout à fait déterminé compte tenu de la force expulsant le spermatozoïde et du degré d’inclinaison ou du coefficient de pénétration, allez savoir, c’est le n° 1253 qui l’emporte. Cela se peut fort, mais de toute manière ça n’a rigoureusement aucun sens ; on n’en peut rien conclure du tout, sauf de superposer une sorte de destination finalisée à tout, à la moindre molécule. Déterminé ou pas, hasardeux ou non, c’est juste un désordre sans nom.

Mais le fait, d’exister, est la preuve. Invariablement et totalement. Ça ne peut plus ne pas être tel, pourvu que cela ait eu lieu.

Quoi que. Parce que si tout est en mouvement peut-être est-ce en mouvement continuel. A savoir que l’exister varie tout le temps, constamment. Il y aurait une quantité de possibilités qui ne se concluent jamais, ou plutôt se concluent continuellement ; et justement continuellement. A chaque micro seconde ça se joue et vous décidez constamment en diffraction continuée. Mais ce serait là une position extrême, que « tout » se joue continuellement, bien qu’il vaille que dans chaque présent quelque chose se joue néanmoins, outre donc toutes les données déjà réalisées, et que vraisemblablement on ne peut pas reprendre et rejouer.

On lance les dés seconde après seconde et quelque chose à la fois est toujours acté et pas acté ; peut-être pas « tout » donc mais quelque chose, un petit quelque chose qui se remet en jeu à chaque fois. Bref on existerait sur le bord du monde, ça on le sait, mais réellement sur le bord : risquant de se relever et de retomber à nouveau, sur la corde, comme dit l’autre, le danseur. Ça se décide ici même, ici et maintenant.

Si c’était comme notre « âme » qui était en jeu, au fond ça ne jouerait pas vraiment (elle serait acquise éternellement ou quelque variation dans le genre), mais si l’exister apporte quelque réalisation de par lui-même (ce qui est l’hypothèse), ce qui est lancé se réalise ou non selon son expérience ou exploration ou aventure ou décision ou soudaine imagination ou selon les prédispositions, les considérations préalables, les rassemblements, les rives et dérives potentielles que l’on étend.

Pour cela, nul n’étant censé ignorer la loi, il faut le savoir, sinon ça ne serait pas loyal (ou pas logique, si l’on préfère). Mais est-ce que nous l’ignorons ?

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Le corps différé des mois

14 Mars 2015, 09:37am

Publié par pascal doyelle

On ne peut pas imposer l’universel aux mois, aux corps (du reste c’est la faiblesse de l’universel d’être dans l‘impossibilité d’amener à l’individué), aussi les corps, les mois, les consciences-en-un-corps, essaient-elles de passer non pas outre mais au-delà de leur corps, du corps de leur moi (en lequel corps donné là inerte d’un point de vue ontologique, en ce sens que les finalités de conscience sont absorbées par et dans les fian lités exclusives du corps, ça n’est pas tant qu’il y ait des finalités du corps mais que cette finalisation soit exclusive et éjecte les autres finalités). Et ce en inventant de soi une image de corps.

Cela veut dire que ça ne passe pas autrement que par les nerfs. Ça s’incruste probablement bien plus essentiellement qu’on le croit ; puisque les idées sont des intentionnalisations et que donc les intentionnalisations sont des fibrillations du corps.

Or le corps est engagé parmi les autres, et c’est un cercle que l’on ne peut pas rompre, et qui se joue bien au-delà du conscient, de ce sur quoi, pourtant, on avait fondé les nouvelles sociétés ; sur l’appréhension consciente. Mais comme le conscient est seulement périphérique, le cercle intérieur (des échanges) qui prend appui non du conscient mais d’un plus grand calcul, trouvera continuellement les tours et détours pour cerner le conscient et l’universel.

Notre être de conscience est articulé au réel, et c’est tout. Et toutes les autres articulations sont internes à cette articulation instantanée ; tant que l’on ne parviendra pas à atteindre l’articulation au réel, les articulations internes seront des symptômes ou le deviendront ; on pourra jurer sang et os de l’universel, de la vérité, de dieu ou de l’humanisation, ça n’atteindra pas structurellement le nœud interne.

(Rappelons que le nœud interne, l’articulation est dite interne et non intérieure, parce qu’évidemment le rapport au réel est purement vide et hors contenus, et que cet « interne » est en réalité un externe absolu, radical, on ne sait pas ce qu’est le réel, il est seulement le positionnement « là » ; « là » il y a le réel, et les autres rapports se supportent, comme dit l’autre, de cette articulation imprenable (sinon elle ne serait pas rapport au réel mais rapport à telle ou telle réalité, déterminée.)

Mais dans le même temps, l’universel ou dieu ou l’humanisation s’interposent. De toute manière ils sont impératifs ; il faut articuler au plus loin à chaque fois. Toute articulation basse entraine ou est tout simplement une minoration de notre être ; une dégradation. Parce que la tension entretenue par l’universel, dieu ou l’humanisation si elle cesse ou ne se maintient pas, se rabat sur les pauvres finalités ; les finalités à la portée. Ce qui veut dire « là » dans le donné immédiat ; le corps physiologique reconnait si spontanément ces finalités données là, qu’il finit, ce corps inerte (inerte ontologiquement alors même que le corps de notre espèce est hyper actif), par récupérer toute la finalisation intentionnelle. Et il n’est pas assuré du tout que d’agiter dieu ou l’universel ou l’humanisation soit la garantie de bien être saisi de l’articulation majeure, unique, essentielle, archi des grecs ou hyper des chrétiens ou méta de Descartes (et suite) ; ils peuvent n’être que des symptômes.

L’articulation majeure est installée dans le corps. (Rappelons que l’arc de conscience se produit dans les cervelles, mais on peut tout aussi bien dire par tout le corps … sauf que c’est différé sur le corps et instantané dans la cervelle). Aussi tout moi est infiniment à proximité de sa « conscience » ; mais tout moi ignore qu’il est « conscience » puisqu’il croit qu’il est ce moi, personnel et essence destinale (il aurait un « sens » et ce malgré que tout lui démontrerait qu’il n’est pas de ce Sens présupposé ; le sens présupposé est en fait un bricolage, et de plus ce sens se visualise en fonction des autres ; ce qui fait-sens c’est ce qui parle de, aux, par, vers les autres, qui détiennent le monde, les objets, les relations même ; les autres échangent le monde, si on n’entre pas dans les échanges, on perd tout, il faut donc conformer sa signification à « ce qui se dit », cad ce qui s’échange).

Or l’articulation majeure est la pointe extrême de conscience (qui ne tient que de cela et dont tout le reste est fonctions dans le grand calcul qui échappe, qui se-sait mais dont on n’est pas le conscient), et le jeu, le grand jeu est ainsi de pré-voir l’articulation majeure ; ce qui s’intuitionne en quelques figures ; de la pensée et de l’universel (la révolution par ex, pour nous, ou la vérité pour les grecs), de dieu et de la foi (comme conversion de « naissance-mort » à «au-delà du seul vécu »), du sujet et de la méta-conscience qui se diffère et cherche bizarrement son être dans l’étrangeté et le corps.

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L'ontos qui crée le réel

12 Mars 2015, 09:54am

Publié par pascal doyelle

Que l’on s’est imaginé durant quantité de mondes humains, une synthèse selon les données accueillies, là, tel quel, formant à chaque fois un monde spécifique. Mais il se trouve que l’on a extrait de cette production qui synthétise, le mécanisme minimum sur lequel sans le savoir les synthèses, cad les mondes humains tous divers, étaient fondés ; l’activisme de conscience.

La conscience est un mécanisme utilisé habituellement et dans son usage normal à l’intérieur des mots, des significations, des relations et sert donc à véhiculer des contenus ; mais il est advenu, survenu, que l’on a compris qu’il fallait user de ce mécanisme en lui-même, indépendamment des contenus.

Cela donne une hyper intentionnalisation, qui cesse de se contenter des mots et des contenus d’une communauté, d’un groupe, et cessant d’agir spontanément doit réfléchir à l’organisation de son intentionnalisation (qui autrement coule de source, se fond dans et par les échanges du groupe et le groupe fait office de vérité ; est vrai ce qui est parlé et compris par le groupe qui le retrouve naturellement dans le monde là, donné, habituel).

L’hyper intentionnalisation se nomme autrement « idées ». Les idées sont les intentionnalisations nouvelles qui relèvent d’une expérience existant séparément du groupe et qui font appel à l’expérience de chacun séparément qui un par un se retrouvent sur une nomination éprouvée telle, comme effectivement présente dans le monde, le corps, la perception, que cette expression appartienne ou non à un groupe et donc inaugurant une expérience nouvelle et renouvelée à chaque conscience du donné là.

Le donné là n’est plus nommé ou échangé ou partagé a priori par un groupe quelconque, et chaque conscience aboutit forcément toujours dans le même monde donné là unique et universel ; à concurrence que chaque conscience puisse avancée et ré exprimer face et pour les autres consciences qui auront alors chacune à affirmer ou infirmer.

Or il se trouve que créant une approche en-plus (de tout groupe et langage donné particulier), non seulement il faut que les contenus se plient à cette cohérence (qui permet qu’ils soient transportables et donc puissent être retrouvés par chacun, élément par élément qui soit identifiés et reconductibles) mais aussi cette reconstruction continuelle et continuée doit être ou chercher l’adéquation au travers du filtre que chacun devient vis-à-vis de ce donné là.

Ce faisant cette sur-élaboration, qui vient en plus des groupes, des communautés, des paroles, des langages, des corps habituels, des perceptions rituelles (créant une perception esthétique au sens propre autant que figurée), découvre ou invente une série d’idées qui tombent parfois sous le sens, qui existaient peut-être déjà dans le groupe, mais auxquelles de toute manière il faudra assigner un surcroit de sens ou les modifier plus ou moins profondément ou carrément les inventer, les créer, rechercher les correspondances entre l’expérience nouvellement libre et ouverte du même monde unique universel et la pensée, ce qui se dénomme dès lors « la pensée » ; elle le dit tel quel, comme si auparavant on n’avait jamais pensé (ce qui est faux) mais en tout cas jamais pensé de cette manière là (ce qui est vrai), et qui veut dire ; tout élément énoncé est constatable ici même.

Par ailleurs ou supposément ou subissant des contenus habituels ou partagés par un groupe, mais existant ici même et contre la validité desquelles idées on ne pourra rien, puisqu’elles diront le monde même tel qu’il est et qu’elles exprimeront l’acquisition par toute pensée par elle-même et contre cela non plus, cette liberté astreinte à la réalité incontournable, on ne pourra rien. La réalité est l'effective réalisation de l'être libre ; c'est là que c'est libre, puisque c'est là que le libre se renouvelle ; la réalité est "ce qui n'est pas prévu" par quelque groupe que ce soit, et seules les consciences y ont accès (les mondes humains tournent en rond). et par réalité on entend aussi bien le monde donné là, que la structure elle-même de notre être, qui n'entre jamais, jamais dans les échanges et les paroles, qui est toujours externe à tout. Outre donc que l’on remplace la véridicité du groupe (garant jusqu’alors de la vérité), par la vérité tout court et que l’on ait à élaborer les règles de la vérité (relativisant toute vérité définie si elle ne passe pas la cohérence de la pensée),

Ce qui se passe dans l'outrepassement est la construction invraisemblable d’une structure générale qui rend possible qu’il y ait pensée (quelles conditions de logique ou d’argumentation ou de clarté ou d’explicitation lui accorder), qu’il y ait des consciences individuées qui pensent (à quelle condition, à quelle conversion, à quel investissement individué doivent-elles se soumettre ?), qu’il y ait une dimension en propre qui réclame et nécessite qu’elle soit pensée volontairement puisque de fait l’on est passée de l’acquisition spontanée de la vérité partagée de fait dans un échange de groupe à une reconstruction toujours neuve des vérités dans le système formel libre et adéquat à chacun de la vérité purement et toujours radicalement autre.

Grecs et chrétiens

Or la positon de ces séries d’exigences se nomme soit métaphysique lorsqu’elle a pour finalité l’établissement de systèmes et de discours (et tient la pensée pour le contenu des contenus, le méta contenu, ce que l’on nomme ici l’archi-tecture des grecs), soit ontologique, l'hyper, lorsqu’elle va tenter d’originer la pensée à plus grand qu’elle-même, sans pour cela sombrer dans l’illusion ou les sortes de subjectivismes ou de synthèses de groupe.

Ontologique en ceci que si la pensée, qui est absolument conservée et garantie, est originée, ce en quoi elle s’origine est « encore plus cohérent » que la pensée seule ; on nommera cela le sujet.

Soit donc la pensée hyper active des chrétiens (et affiliés), qui permet de reprendre la totalité de la pensée grecque, dans un schématisme plus expansif, tellement expansif que pour le définir il faut passer de l’archi-tecture à l’hyper-tecture ; soit donc pour faire court ; de prendre le devenir individué de la naissance à la mort et forcément au-delà de la mort (puisque la conscience qui réunifie la naissance de chacun à la mort du même chacun, est plus grande et requiert une pensée autre et étrangère ; la sur-naissance, ce qui est absolument ce que « foi » signifie).

Pour penser adéquatement à la fois la véridicité nouvelle, métaphysique, l’archi, et le renouvellement intégral, ontologique, l’hyper, il fut renouvelé ou créé un vocabulaire qui se réfère à l’expérience éprouvée (non seulement perçue, imaginée, vécue, échangée, parlée, argumentée, élaborée, mais éprouvée en et par la nouvelle structure méta-ontologique, cette épreuve est requise si l’on veut comprendre l’horizontalité grecque absolue et la verticalité chrétienne absolue dans toute son émergence), d’une part du monde, de la pensée en un monde unique universel, mais d’autre part de la flèche intense lancée par le christianisme.

Et cela se marque de ceci ; non seulement on crée des idées mais aussi, ayant à penser la méta organisation du système formel (des conditions de penser et donc en plus d'existence, de la naissance à la mort et au-delà, que l'on y croit ou non on "est au-delà"), se marque d'hyper liens, dont la réalisation formidable est la pensée hégélienne de re-liaison de tous les devenirs. Le méta est tout aussi bien le sur-déploiement kantien du sujet. On manifeste alors absolument le méta-organisationnel.

L’extensivité grecque recouvre le monde, l’intensité réflexive chrétienne (et affiliée) brise le vivant (c’est pour cela qu’il montre le Sur-Vivant). Or qui brise le vivant ouvre l’esprit. L’esprit contrairement à la pensée, se-sait ; l’esprit est ce qui est en plus de la pensée (intégrant évidemment toute la pensée, tous les systèmes, toutes les idées, et ne cédant en rien à la rigueur, qu’il continue et poursuit dans l’exigence de cohérence ; pour faire bref, cohérence engendre rigueur, grecque, et exigence, chrétienne et originante, originant la pensée à un être).

si il y a esprit, où s'enracine-t-il ? De l'individu stirnérien à la variation intentionnelle husserlienne, de la volonté Schopenhauerienne ou nietzschéenne à tout simplement s'enracine en lui-même, l'esprit" de Hegel.

L’esprit, ce qui se nomme dès l’abord tel, et qui sera en son intégrité pensé par Hegel, puisque précisément par la force structurelle qu’impose qu’il y ait à penser de la naissance à la mort et au-delà, cela requiert une théorie qui n’est pas encore construite. Les grecs pensent à partir de la cohérence, tout comme Descartes cherche la cohérence du sujet, en qui s’origine la pensée, mais la cohérence soit comme rigueur soit comme exigence, ramène tout le donné à la présence, à « ce qui se donne ou se construit » en étant présent ; or la réflexivité chrétienne outrepasse en augmentant la puissance de la présence (ce que Descartes fonde philosophiquement en installant la volonté comme antérieure ontologiquement à la pensée, mais la volonté n'est pas encore l'intentionnalité, qui s'enracine plus loin dans la structure et qui pousse plus loin à être, et n'est pas encore elle-même l'intentionnalisation, comme procédé, comme machineries créées sur le mécanisme de conscience-de, ce qui commence avec Sartre et sa conscience-vide mécanique) ; ce qui se donne comme théologie, comme mystique, comme exigence du sujet passant au-delà de sa seule actualité, est aussi ce qui plus tard déchirera les grands sujets, ou ce qui existentiellement et ontologiquement abrutira par sa puissance la conscience que l’on en a. Rimbaud déchirant toutes les pages de pensée et renouvelant tous les signes.

La pensée à partir de la réflexivité chrétienne est indescriptible et use de tous les moyens afin de vaincre l’impensabilité ; autrement dit il est une constante tentative de totalisation (suivant en cela les grecs) mais aussi de verticalité (qui passe outre le vivant, et se pose un temps comme esprit, qui est une précision accrue de la pensée) ; le passage du tout au Un qui admet en son sein la totalité (fut-elle alors multiple, peu importe puisque même alors le Un assurera la pensabilité, le Un non pas dieu comme au début, mais l’étrangeté de notre être comme étant Un), est ce qui décrit la réalité au plus haut, au plus loin, au plus réel, et puisque cet être est réel (et n’est pas une idée), il s’en prend au corps, à la perception, engendrant toutes les esthétiques, ou éthiques ou politiques, ou idéels (y compris les instances objectivistes ou objectales).

Le lieu de cohérence est donc à la fois ce qui se pense grec, et ce qui se « veut », s’intentionnalise à partir du christianisme.

Or évidemment grecs et chrétiens sont les effets d’un mécanisme qui n’est ni grec ni chrétien ; qui appartient à tout le monde, (cad à personne en réalité, qui s’appartient à lui-même, à lui seul, en ceci que l’humain ou la personne sont des effets de ce mécanisme, il est seul cause absolue et radicale de tout le reste).

Ce qui en retour ne signifie pas que la cause ne parle pas effectivement et très précisément au travers de ces deux grands, immenses retour vers (soi). La cause se retourne vers elle-même par les grecs et les chrétiens et se cherche. Elle cherche à exposer l’intégralité de sa puissance, ce qu’il faut traduire par ; sa potentialité.

Comme elle a abandonné tous les mondes, particuliers et assignés à une synthèse parmi tant d’autres à chaque fois, elle a ouvert le monde unique universel et tout autant notre-être tout nu et sans rien d’autre que sa forme, la forme de son être (qui ne tient à aucun contenu ni aucune synthèse, ni aucune vérité en particulier, mais qui maintient la vérité comme principe et la liberté comme logique).

Vérité principe et liberté principe signifient référence à l’unique monde universel et à l’unique être individué (qui seul accède sans barrière au monde donné là et tout autant au là du donné, de tout donné, métaphysique et ontologique à la fois). Ni la vérité n’est sans la liberté, ni la liberté sans la vérité en son principe ; qui annule qu’il y ait UNE vérité mais qui maintient, parce qu’elle va découvrir, qu’il existe un système formel du vrai et du libre et qu’il s’agit là du Même système agissant et réflexif.

Dont la théorie, la vision, la pensée, l’orchestration est depuis le début l’objet même de la philosophie ; élaborer la compréhension du système agissant réflexif. Remonter dans les conditions de vérité, de liberté et finalement les conditions d’incorporation (de la structure dans et par un corps, ou donc de matérialisation), mais évidemment dans le même mouvement de mettre au jour les articulations métaphysiques puis ontologiques, puis structurelles.

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Histoire de la pensée : le réel

9 Mars 2015, 16:39pm

Publié par pascal doyelle

Lorsque dans le même temps Descartes définit le monde par l’étendue et qu’il place avant la pensée la conscience de la pensée, tout est joué, tout est joué autrement.

Le monde a un bord et l’on existe sur le bord du monde. Qu’ensuite cela se réfère à dieu est question personnelle, mais de toute manière le bord a un rapport avec l’infini.

Comme on ne sait pas du tout ce que « infini » signifie, comporte, on dira que notre être a un rapport indéfini à ce qui est, cad à l’étendue.

Si l’étendue est tout l’être (nonobstant qu’il a un bord et que l’on est assis sur ce bord), alors toute l’étendue est dans l’instant, est un présent absolument là et il n’est que le présent (et à cette simultanéité, rien dans le monde n’a accès, puisque chaque point présent est absolument celui qu’il est ; on ne sort jamais de son point-présent et tout exister « là » est radical, absolument radical).

Que par ailleurs il est ou non un point au-dessus de tous les points, un externe à l’étendue, nous n’en savons rien. Puisque pour l’instant nous existons sur ce point-ci. Ce qui sous-entend ou ouvre la dimension que le présent est peut-être la dimension qui traverse d’éventuelles autres réalités. Étant donné de fait l’on a avancé que le présent est l’être lui-même.

Si l’on se demande « qu’est-ce qui (est) vraiment ? », il faut bien admettre que seul le présent est réellement et absolument. Il n’est aucune autre visibilité, pour ainsi dire, de l’être, que le présent.

Or c’est au présent que Descartes nous montre ; voila, regardez, c’est ici que ça existe (en tant que je).

De là qu’il faut envisager la cohérence qu’entend découvrir ou orchestrer la philosophie, comme étant la perfection ontologique de « ce qui est réel » ; le réel est tout ce qui a lieu, effectivement, et cela ne peut pas se déduire ; puisqu’il faut expérimenter les éléments qui entreront éventuellement en déduction et que le repérage de ces éléments est l’œuvre de la philosophie ; qui consiste donc à remonter en conscience ce que l’expérience de l’être de conscience rend possible.

Or pour cela, pour valider cette expérience, il faut donc supposer que l’être de conscience découvert, (par les grecs, les chrétiens et affiliés et Descartes et suite), est effectivement un être et se confier à cet être, lui accorder confiance et prétendre que toutes les démarches entreprises élaguent puis marquent et cartographient la possibilité de cet être bien réel (et non que c es expériences soient subjectives ou à rebours qu’elles soient des idées ou des systèmes « entre autres » et tombant dans le relativisme, et pas plus la réflexion d’une nature humaine sur elle-même, laquelle n’aurait d’expérience que morcelée et composée, de langages et de perceptions par ex, de physiologies et de cultures diverses, de subjectivités et d’objectivités régionales), et que cet-être est en lui-même la saisie en propre de sa position.

Ce que cet être nomme « l’être », là au-devant, que Descartes nomme comme ici et maintenant (origine de toute pensée, cad pour Descartes de tout ce qui nous vient) et que les grecs désignent comme monde, cosmos, et dont la pensée est l’expression ; la pensée est la vie du cosmos en ceci que par la pensée (et sa cohérence) la perception du monde est augmentée, mais puisque c’est l’arbre vivant qui orchestre le monde apparent, la précision et la cohérence étendent leurs racines partout au travers et dans le monde, élevant la perception mais aussi puisque c’est notre-être qui est en son entièreté (et non pas en sa composition comme la pensée, interprétée comme raison seule, nous y limiterait), c’est l’entièreté qui en agit et en existe.

D’où la dispendieuse division en éthique, politique, esthétique, idéel, qui ne sont pas en mesure de se réunir (mais division qui était requise alors, afin de faire apparaitre l’universel traversant les domaines intentionnels et ouvrant ces régions intentionnelles afférentes aux dits domaines, qui, notons- le, ensuite existeront de fait ; éthiques, esthétiques, politiques, idéels, acculturation, humanisation et personnalisation). Mais qui ne se réunissent pas en acte.

C’est l’acte même pourtant que vise la philosophie. Celui qui réunit les domaines intentionnels. Et cela ne peut se réaliser sans que cet acte soit pour lui-même existant et dit. Ce qui commence avec et par Descartes qui pousse plus loin notre-être dans sa structure même et énonce enfin que notre être non pas forcément est le bord du monde (Descartes réserve encore cette positon à dieu), mais se tient sur le bord du monde. Dont on voit bien que par la suite il sera question du temps.

Et lorsque Descartes pousse notre être, c’est réellement ; il avance physiquement, physiquement sur le réel. Il y est engagé corps et âme, il instruit le cheminement en cartographiant sous ses pas ; ses déplacements sont les placements, les positionnements, les « là » où se situe le réel. Et donc il restructure à la racine ; ce qui signifie que la pensée grecque n’était pas une abstraction, ni de se confier aveuglément à l’idée, mais s’imposait d’orienter et réorienter et désorienter ; que l’être soit ensuite par Descartes dénommé « étendue » est un heurt, un choc, un renouvellement dont on n’a pas encore absorbé le coup, et qui superpose à neuf une autre imposition quant à l’être, originant ce que les grecs percevaient.

Il est clair que les grecs recherchaient l’être dans la pensabilité, ce qui ne signifie pas le « sens » ; puisque pour eux la pensée est un fait et qu’elle pense effectivement le monde, cosmos ; mais comme ensuite il y eut le christ qui nous promît la survie éternelle, c’est cela qui prit la qualification de Sens (la réussite de la réalisation de « soi » par la pensée, ou par une vie achevée, ou une vie héroïque ou éthique, etc, étant théoriquement pour les grecs amenée de la conduite conforme à la pensée, comme effet de sa cause intellective, et comme ils se tenaient à la pensée et non au sujet, et ensuite à l’intentionnalité qui s’évase et se poursuit en toutes les fonctionnalités de conscience, il suffisait, intellectivement de penser pour que la cause produise ses effets).

Le changement introduit par le christianisme (ou ce qui prit ce nom là, la technologie structurelle « mentale » qu’invente le christ ou qu’il découvre, dont il poursuit effectivement la conséquence t la logique en se fondant sur la structuration même qu’implique l’acte de conscience, qui effectivement est en plus et par dessus la naissance et la mort, de fait ) est autrement intense et si difficilement pensable qu’il fallut évidemment un autre régime de compréhension ; le christianisme n’est pas une religion a-structurelle (parce qu’aucune n’est a-structurelle, mais en ce cas la structuration est hyper essentielle), en ceci que pour se concevoir de la naissance à la mort et au-delà, il faut bâtir une intense intentionnalisation ; ce qui aboutit à la refondation d’acculturation généralisée qui requiert tous les domaines, et crée ou découvre toutes les régions qui se subsument sous l’hyper intensification que l’effet de Sens exige à partir de cette cause structurelle, celle qui articule au plus haut, au plus loin l’arc de conscience (de ma conscience engoncée dans le monde-corps-intérêts particuliers à la dernière conscience indéfiniment possible de dieu via l’incarnation de l’acte-même de (soi) ).

Mais la difficulté du christ, bien qu’il provoque qu’il y ait Sens et exigence individuelle absolue, est de rapporter toute conscience comme ne s’acquérant que par et pour dieu ; on est sauvé par la foi, la conversion, la renaissance en et dans la conscience de l’un-seul ; le christ.

Or Descartes rétablit un super étrange parallèle. Il est une singulière continuité et une continuité singulière entre dieu et le « sujet » (étant entendu que le sujet n’est pas pour et selon Descartes la caricature qu’on a voulu lui prêter). Un virement ontologique sans précédent et qui divise l’histoire en deux. On a voulu retrouver et comprendre cette division, via les allemands, par l’intellection de notre «être » d’un point de vue idéel ou idéaliste, mais il faut Husserl pour qu’à l’inverse quasiment, ce ne soit plus dans l’idée de soi, mais dans la technique même, dans la technologie étrange qu’est l’activité de conscience que la sauce prenne. On a commencé alors de démonter cet être (et non plus de le penser).

On a voulu démontrer « ce qui est » depuis les grecs et beaucoup ont encore (tout à fait légitimement mais en son ordre propre) prétendu apporter la démonstration de quelque chose depuis, mais en même temps on s’est aperçu ou contraint par l’expérience même, qu’il s’agissait d’abord (sans abandonner la démonstration) le montrer … le montrer là en acte, et puis finalement on a commencé de le démonter, pièce à pièce ou en le prenant par un bout, en dévidant la pelote, et ce selon deux voies ; celle de la technique pure (la réflexivité sur cet être étrange) ou celle de l’expérience in vivo ; de Stirner à Nietzche en passant par Schopenhauer, puis de démonter cet être engoncé dans un moi (le sujet dans le moi) dont Lacan est le dernier philosophie.

Autrement dit passer de la démonstration à la monstration et puis au démontage, de tout cela il ne faut rien abandonner, rien céder ; c’est un seul et unique plan qui explore son advenue, son surgissement ; le surgissement d’un être qui quitte le groupe-parole-monde immédiat et localisé (qui nous a guidé depuis plusieurs centaines de milliers d’années par les tribus et la Parole Vivante partagée dans un monde donné) et qui se retrouve « là » dans le devant, le ci-devant monde-étendue aberrant et autre.

Mais qui aussi découvre et dé-couvre son être propre spécifique qui n’a de commun avec rien qui existe dans ce dit monde ; qui explore son possible. Qui de la démonstration de la pensabilité, passe à la monstration de ce même être en acte et ensuite à la remontée interne de la structure par elle-même (de la voie technologique husserlienne ou existentielle et illustrative, requérant toutes les régions, de l’esthétique à la politique, de l’acculturation, pour nous la mass médiatisation puis l’hyper médiatisation d’internet, à la personnalisation, jusqu’à la concrétion du moi… jusqu’à la densification incorporée qu’est le moi), ceci est à la fois l’exploration de la Possibilité (de notre être tel quel), son invention et sa création par lui-même (œuvrant structurellement et lançant ses rapports nouveaux constamment, rapports ontologiques à l’étendue et à son corps même), et ourdissant le démontage de cela même qui le constitue ; le démontage in vivo de la structure par la structure elle-même, ce qui ne se fait pas sans douleur. Douleur étrange venue d'ailleurs.

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L’ontos, le rien agissant

7 Mars 2015, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Toute conscience étant rapport à (soi), elle est absolument séparée de la réalité, de l’immédiat, bien que, étant vide et formelle, elle ne sait pas en quoi et comment ; il n’y a pas de pourquoi et de raison de cette séparation ; sinon une raison structurelle ; étant rapport à (soi), elle exclut tous les autres rapports de fait ; elle n’a donc rien vers quoi se tourner, se référer, et pas même elle-même ; puisqu‘elle n’a pas d’essence et d’ordre et de sens ; elle est, tel quel, sans rien, vide, mais entièrement positivement « là », dans son effort même, dans sa tension.

Rappelons que la conscience est l’arc réflexe créé par une cervelle (quels que soient les contenus de cette cervelle, en toute cervelle il se crée un tel arc, parfaitement identique formellement à tout autre arc de cervelle, pour ainsi dire), et que la conscience, surgie de la cervelle, est arc boutée au réel (la position du réel, peu importe, pour el moment sa détermination).

Surgissant de la cervelle, elle emprunte d’abord des contenus (elle ne nait pas « formellement » mais de tel ou tel contenu pour s’en émanciper instantanément, puisque l’on peut s’attacher à plus d’un contenu à la fois, et que l’on a la possibilité de tous les contenus éventuels, le rapport est plus « grand » que ce qu’il contient, évidemment, et crée la forme qu’il est, et étant réflexif il est lui-même la conscience du rapport ou de la possibilité d’établir des rapports), mais il est arrivé, par les grecs, que le rapport s’est épris de lui-même, se considérant en et par lui-même ; a commencé dès lors l‘élaboration intentionnalisatrice libérée des contenus donnés dans les mondes particuliers pour les contenus créés (les universalisations en tête) n’ayant plus affaire au groupe-langage-monde localisé et immédiat.

L’interruption de conscience antérieure à la raison

Mais ce ne sont pas seulement les universalisations ou les catégories ou les savoirs ou les sciences, qui se jouent ; c’est le positionnement structurel qui surplombe ces réalisations ; dont le rapport « prototypique » de l’être, que plus tard on désignera du renouvellement de conscience (intégralement renouvelée) par le dieu chrétien, et bien plus tard on nommera l’étendue cartésienne ou le réel ontologique ou existentiel ou lacanien. En ceci la pensée, la réflexivité, est plus archi et hyper que la raison ou la nature humaine. C’est dans la racine (le lien notre-être/l’être, la conscience/le réel) que la philosophie s’immisce, la racine qu’elle tente de dénouer, et ce non par la voie de l’objet et de la raison, mais celle de la pensée et du retour-sur/vers (soi).

L’encaissement concret de la structure dans le moi

On voit donc que la structure alors qu’apparemment elle retourne pour nous à une sorte d’immédiateté (le moi, le donné là, les objets, la nature humaine, le moi, l’objectalité et l’objectivisme, puis succombe au groupe à nouveau, au langage et au corps), est ce qui architecture au sens propre ; elle archi-tecture ou archi-structure ; la politique, l’éthique, l’esthétique, l’idéel reviennent mais relus et ce par-dessus les universalisations, et qui cherchent leur concrétisation, soit donc le corps du moi. Mass médiatisation ou internet, prophétie science-fictionnesque ou fantastique, mille esthétiques créées durant le siècle, révolution interne des années 60, renouvèlement de la sexuation, de l’affectivité ou des relations, poursuite des droits personnalisés, perfectionnements dans tous les domaines jusqu’à ce que les réformismes parviennent à rebooter l’ensemble orchestré du monde humanisé.

La conscience interruptionnelle

Elle continue de lancer son arc sur le monde, le donné, le corps, l’humanisation, la personnalisation et veut quelque chose, quelque chose d’autre. Puisque son être n’est assigné à rien ; elle est le rapport pur et simple, la source ininterrompue qui peut tout aussi bien s’interrompre … c’est bien en cela qu’elle est absolue ; si elle était composée, une interruption serait gravissime, mais étant seulement formelle, peu importe les ruptures ; elle revient constamment telle quelle, une et articulée au Même Réel, donné là, ce qui signifie donné « là », le « là » du donné, articulé au réel.

Conscience et réel comme « là » ontologique

La boucle de rétroaction qui crée la conscience est une fausse explication, parce qu’elle n’explique rien du tout ; c’est qu’il y ait « conscience » qui crée la boucle, et non la boucle qui crée la conscience ; la boucle est le moyen ; « conscience » est tout aussi « donné là » d’évidence que « être ». On ne peut pas dériver l’être, il est originellement tout l’être (et rien d’antérieur qui l’explique). De même il est un réel qui est nommé « conscience » que l’on ne peut pas dériver. Lors même que l’on connaitrait les processus physiologiques qui provoquent « conscience » dans la cervelle, on ne connaitrait pas le rapport de conscience, puisque cette conscience est précisément d’être rapport à (soi).

Le rapport est premier (toujours déjà premier, puisqu’il se crée à neuf)

Il faut comprendre ou visualiser que le (soi) est non connu, puisqu’il se crée de se rapporter à lui-même ; la conscience est rapport du rapport. Illustrativement ; c’est parce qu’il y a conscience qu’il y a langage ; le langage est signes, signes qui pointent les choses, et donc liaison entre deux entités ; ou d’un signe à un autre, ou formulant tout sorte et indéfiniment de rapports, pourvu qu’ils soient mémorisés dans un système ; et de même tout langage a pour fin non de former un tel système mais que ce système soit relié à chaque fois à telle ou telle réalité ; le dernier des systèmes est le seul réel, le réel seul, tel qu’il est pris et repris par une conscience qui s’arc boute, celui qui relie les intentionnalités au donné là, mais il n’est aucun système qui parle « ce système », bien que de ce fait tous les systèmes aboutissent tôt ou tard au/vers le dernier système, qui est donc le réel lui-même ou votre conscience.

Le retour du rapport en-deçà de lui-même

La philosophie est la manière de s’interposer afin d’ouvrir le réel, plus grand. De rendre possible l’impossibilité de s’introduire entre la conscience-de et le réel là. De suspendre notre être afin qu’il puisse se saisir ou être saisi du rapport même. Du rapport qui n’a pourtant pas, pas du tout d’interface ou de correspondance ; la philosophie suscite une correspondance qui dévie constamment mais ce faisant donne à voir le rapport. Et donc amène à rédupliquer cette conscience par une autre, vous demande d’être saisi de ce glissement qui saisi et est saisi.

Le renvoi au réel-même (et à l’activisme de toute conscience-de)

Il est ainsi vrai et faux que le réel ne puisse pas se dire … il peut au contraire totalement se dire en ceci ; qu’il se montre, la réflexivité est mise en suspension du réel, la volonté, l’intentionnalisation de s’interfacer dans le réel, d’interposer le réel par lui-même. Mais alors toute la charge est supportée par la conscience prise qui est plantée là même dans l’étendue du réel et si nous sommes en mesure d’y accéder et si ce n’est pas sur le mode du langage, c’est que depuis les grecs, la pensée, la philosophie nous sommes à même le sol, à même le réel, directement, frontalement. C’est ce que l’on a nommé l’être dont on croit à tort qu’il vous envoie par-dessus le donné là, alors que les grecs veulent penser justement l’apparescence, le surgissement des choses, leur raison de venue au monde ; de sorte que la pensée soit la pensée vivante qui anime le monde et nous le donne à percevoir en plus de distinctions et des distinctions qui portent, qui différencient.

Le cheminement est un par un

Autrement dit la pensée renvoie au rapport vers le monde perçu, et l’augmente, puisqu’elle prend le monde perçu dans l’articulation de l’être, du réel qui emporte avec lui les réalités, qu’il y ait un monde et un seul ; en quoi on avance effectivement dans et par et selon le monde mais aussi selon l’être, selon le positionnement que provoque l’articulation au réel, grâce à la pensée, grâce au réflexif. On ne sera pas d’accord avec Platon, Descartes ou Kant ou Heidegger, mais on ne pourra pas s’en passer, d’aucun, puisque c’est là que c’est dit-montré. Est montrée la surface unique et unilatérale (ontologiquement) du réel, le dernier « système » qui les contient tous, et dont la philosophie qui exhibe la partition notre-être/l’être veut exposer l’architecture.

Faire appel à la torsion

Ce qui est unilatéral (notre être sur la surface étendue du réel) et qui croit pouvoir maintenir cette unilatéralité et se connaitre dans une représentation, un objet (d’adoration ou de désir ou objet libéral ou scientiste) est rendu en conscience comme articulé et n’ayant pas d’objet, de représentation et devant faire appel précisément à la torsion que seule la philosophie cessant de la représenter (en des discours d’objets ou en des fictions contemplatives), que seule la philosophie met en œuvre dans sa forme torsadée, que le réel est et n’est accessible que selon le rapport.

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Ethique de l'ontos - 1

4 Mars 2015, 16:33pm

Publié par pascal doyelle

Puisque les grecs ont découvert, dé-couvert, notre être, celui-ci n’est jamais abordé selon telle ou telle catégorisation mais puisqu’à chaque fois que l’on pense ou parle, on pense ou parle de lui, l’éthique est proprement la nature même de « cela que l’on est », et entame totalement tout le possible de cet être, de cette structure vide et formelle.

Si le sujet est la remontée dans la conscience en tant que structure vide ayant affaire uniquement à ses positons, vis à vis du réel, cad de l’être, tout aussi bien l’être cosmos des grecs ou l’être étendue cartésien, le donné là en tant que l’être est le là du donné (ce qui dans le donné est « là », étant le présent),

Le dit sujet étant purement activiste, consiste dans la mise au jour des positions ; la première est l’absolu du Un, le Un en tant qu’opératoire (et non le un adoré objet, contenu adoré super essentiel, qui n’a pas du tout lieu en philosophie, puisque la philosophie est activement ou n’est pas, elle est le Un qui opère, opère le réel), et cet Un est désigné ici comme le présent même.

Si le un est, il n’est pas de totalisation ; non seulement aucune totalisation qui serait un tout (et qui aurait un sens ou un ordre), mais une totalisation même limitée est relative ; un corps est un ensemble momentané.

De toutes les réalités, toutes dispersées au fondement, il n’est finalement qu’une assurance ; que chaque conscience soit Une, non parce qu’elle est essentielle ou super essentielle (elle ne recèle aucune substance ou unité en soi), mais parce qu’elle est conscience-de, ce qui veut dire rapport ; et qu’elle existe absolument uniquement dans son effort, son activité, sa tension ; et que ce rapport est rapport à (soi) et donc formel et donc seul absolument réel (rien ne peut dénier le rapport de rien avec rien , aucune composition ; si l’on se demande ce que l’inconscient ou la psychanalyse nous apportent, c’est face à et pour une conscience qu’existe un inconscient, ça n’est pas l’inconscient qui produit qu’il y ait une conscience, mais qu’il y ait une conscience qu’elle produit son inconscient, il ne faut pas inverser la réalité).

Il n’est donc aucune certitude de quoi que ce soit sinon le rapport vide formel ; le seul réel dont on soit totalement convaincu ne peut pas se dire, s’objectiver, se poser au devant de soi, puisque de soi il sera toujours antérieur.

Revenons sur la rétroaction ; la conscience-de se crée en retour, quel que soit l’énoncé, la dénomination (pierre, jacques), c’est le « je suis » du « un-tel » qui compte ; peu importe « qui » puisque ce « qui » n’a de réel que de dire « je » (ce qui ne suppose rien du tout). Autrement dit chaque conscience n’existe qu’en retour et donc pour cela est formelle, pure forme du retour ; il est clair que dans ce retour et quel que soit son nom dans le monde, c’est le rapport qui compte et vaut.

Peu importe le vécu, l’identité, le moi, le corps, le donné acquis ou non acquis, de toute manière « cela », cet être, n’est rien du tout sinon de se rapporter à (soi) ; un soi que l’on ne nomme absolument pas, puisqu’il n’est pas sinon le rapport que secondement voir secondairement il est, et c’est précisément d’être secondaire qu’il est plus grand que tout le reste (sinon il n’existerait que déterminé et composé).

Ce retour-sur est la technologie inventée par le donné, le donné là, le là du donné, comme outrepassement de ce qui est. Autrement dit il est inutile de chercher à rendre comme Un e Tout, à la fois, « ce qui est », parce que « ce qui est » est brisé déjà de fait et déjà autre que lui-même ; rien ni personne ne sait ce que le Un-en-plus, la structure du retour-sur, peut. Ou donc l’être est le potentiel, la potentialité, la puissance même ; le réel qui peut.

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Le moi, le sujet impossible et le corps-en-plus

3 Mars 2015, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Le sujet est complètement à l’arrache. Le sujet n’est évidemment pas la caricature que l’on a voulu prêter à Descartes ou au subjectif ou au romantisme, etc ; c’est une structure concrète et par concrète une structure réelle. C’est ce que décrit Sartre, le pour soi, très étrange ; ou l’être-le-là de Heidegger qui est censé chargé de l’Etre (celui au-delà des étants et qui n’est pas lui-même un super étant, ou donc n’est pas un contenu mais la forme qui contient les contenus et n’est pas elle-même un contenu).

Le sujet est ce qui tente de remonter la structure ; de remonter des contenus à « ce qui contient les contenus » (en réalité il ne contient pas les contenus mais les expulse) ; le sujet ne se crée que de ce mouvement impossible qui veut reprendre la structure laquelle surgit dans la cervelle, indépendamment de tout contenu et donc aucun contenu ne permettra d’en saisir l’architecture, l'archistructure ; mais la structure elle-même peut réaliser ce tour de force de ménager des passages au travers et par les contenus, tout tordus, qui conduisent au saisissement de cette structure-même ; pour cela il faut évidemment s’incarner, ou plus exactement s’incorporer le retour ; on ne comprend pas la philosophie sans philosopher, on n’adore pas une œuvre, une esthétique, sans s’y investir, s’y exister. Et que cela devienne corps. Plus ça devient corps, mieux c'est. (Et pour cela le summum du moi est l'état amoureux, il croit l'autre corps, et il ne peut pas avancer plus haut, loin, externe que cet amour, et même si il est beaucoup d'autres devenirs que le moi ignore, ceux du sujet, tous les sujets sont néanmoins toujours et rien que des mois).

Que par-dessus ce corps-çi il se surimpose un corps en plus, une image-idée ou une idée-image de ce même corps, là, bien concret, mais qui par son idée-image ou image-idée se rend capable de synthétiser, d’assimiler une plus grande ampleur que ce moi n’en est capable en ceci que le moi, tout moi, dans sa contenance même, est happé, finalisé par/vers son corps, oui, mais donné là, le corps inerte ontologiquement, qui simplement existe, vit, et dont les finalités propres absorbent toute la forme de conscience, en se faisant passer pour les finalités réelles et suffisantes ; toutes les intentionnalisations du moi aboutissent à se confondre par mille détours, (qui le rendent capable de langage, d’échanges, d’exercer une profession, d’assurer une personnalisation, etc,) mais mille détours qui reviennent au bout du compte à un corps, à un moi-corps.

Aussi l’autre voie est-elle de non pas annuler qu’il y ait un moi-corps, ce serait absurde, mais d’ajouter à cette finalisation vers la pesanteur du corps ici là, un autre corps ; celui qui est capable d’assurer une intentionnalisation qui s’échappe, qui puisse déployer sa propre mesure et démesure, qui acquiert sa dimension. C'est ce que éthique, esthétique ou politique ou idéel tentent de réaliser mais sous l'égide de l'universalisation, tandis que Rimbaud ou Nietzsche ou même Descartes imposent de réaliser autrement qu'universellement ; ils l'imposent singulièrement, on ne joue plus à penser comme "tous", mais à penser comme "uns". Le régime de l'être a complétement changé et rend plus réel encore l'universel.

Les anciennes figures, figurations de la dimension étaient pleinement réalisées par la pensée grecque, la réflexivité chrétienne et affiliés (notamment à partir du monothéisme, mais aussi des pensées étendues ou intensives en toutes civilisations), et assumé et assuré par Descartes et le sujet, le réflexif pur et simple et fondamental (et inimitable, non répétable), mais ensuite puisque l’universel et le sujet sont de fait lancés dans l’histoire, l’ampleur se réduit et aboutit à la définition de l’humain par la raison, la nature humaine et le moi.

Ou donc la réflexivité devient le retour sur elle-même de notre nature humaine et par quoi elle se régule, et non plus cette réflexivité grecque ou christique ou cartésienne (et ce jusqu’aux idéalistes allemands, et les Grands sujets fous ou délirants ou désarticulés ou existentiels ou ontologiques qui suivront jusqu'à Lacan), par raison-nature humaine-moi, ça n'est plus l’ampleur valant et ouvrant la dimension structurelle par laquelle on n’est plus objet ou objectif ou d’objectalité (par quoi les sciences ramènent les mois à leur capacité ; celle d’assumer leurs objets … ce qui est très bien mais absurde ; si un moi n'assume pas son objet de désir, il se dépièce, sa conscience possédée retourne dans le subjectivisme mortifère voir mortel)

Par l'ampleur, par laquelle dimension, chaque conscience assume, subsume, assure, porte, reporte sa potentialité même de tenter de devenir son être ; ce qui est impossible. Et c’est de cette impossibilité (en disant ; vous voyez bien que c'est impossible !) que l’on se va se rabattre sur une « nature humaine », un « moi » et une « raison » toute plate.

De ce que l’on ne sera plus en mesure de comprendre son identité selon un sujet, mais exclusivement limité à un moi, on deviendra fou ou dégradé ou idiot ; dans la limitation donné là qui ne comprend plus rien parce que les morceaux de réalité que le moi rencontre dans son existence, son vécu, sa vie, ne forment jamais un Un opératoire.

Non pas qu’il y ait un Un qui tel un super objet amènerait tout, mais bien un Un opératoire qui soit la possibilité de division, de division de quoi ? De l’intentionnalisation ; par quoi l’intentionnalisation étant bien trop à l’étroit dans le monde, le donné, l’humain ou le moi, peut enfin se diversifier, se déployer, et donc créer ses distinctions ; celles là même qu’autorisent, que permettent la pensée grecque, la réflexivité intense chrétienne et affiliée, le réflexif pur et simple cartésien et grands sujets ; que l’intentionnalisation ne soit plus abaissée dans et vers les finalités pauvres, mais qu’il lui soit possible de se démultiplier par le devant et par le haut.

Il faut noter, quand même, que la définition de notre réel comme étant la nature humaine, le moi et la raison, cela équivaut à être pensé. Etre pensé par les autres. Ce qui revient à ces théories qui sont pensées à partir du sujet (puisque de toute manière tout le monde, tous et tout, est pensé à partir du sujet cartésien, qui non pas invente ce sujet mais le montre, l’expose, et qui décrivant un être effectivement réel est de toute façon incontournable), mais du sujet ignoré ou absenté ou nié ; la science absente le sujet, le moi ignore le sujet qu’il est, la critique tue le sujet en le recouvrant par son guano. C’est au nom du sujet absenté ou ignoré ou nié, que l’on rabat le sujet réel (puisque l’on ne peut pas évacuer le sujet, sa structure, cet être dans le réel) vers son donné, auquel il ne correspond pas.

Puisque rien ne lui correspond.

Ça n’est pas que l’on veuille établir une correspondance avec une autre sorte de détermination, surnaturelle ou idéelle, etc, qui empruntent toutes aux contenus, à tel ou tel contenu toujours quelconque (tous les contenus sont quelconques en comparaison de la structure qui les contient), quelconque voir grotesque. Non, le rapport à (soi) qu’est le sujet ne correspond à rien, pas même donc à (soi), et de la sorte est libre (si il correspondait à un contenu ou à un « soi » il ne le serait pas). Figurons cela par ceci ; il est une simple source qui surgit de la cervelle, un arc de cercle vide vers le réel et qui passe outre tous les contenus (et tous les groupes-langage-monde, et toutes les personnalisations-corps), et instrumente l’horizon au bout de toutes les étendues du monde, bref sur le bord.

Le bord externe donc, qui se situe au-delà des horizons dans le monde-étendue (ou les mondes divers si il est quantité d’univers), mais aussi le bord interne ; interne en tant que toute structure de conscience (vide) est ce bord lui-même et la source penchée sur le présent ici-et-maintenant constant.

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Le rétrécissement du réel

28 Février 2015, 09:02am

Publié par pascal doyelle

Et puis la fin du monde.

A force de nier qu’il y ait un sujet, on a écrasé l’universel.

C’est que la réflexivité et ses trois composantes ne peuvent que difficilement être supportées, portés par la sorte d’humanisation limitée que nous avons instruit. Lorsque la pensée est réduite à la raison, le sujet au moi, le donné là réel à l’objectivisme et à l’objectalité (que ce soit celle du moi lui-même ou celle du libéralisme naturaliste), c’est l’ancienne ambition universelle, puis celle du sujet réel et la réflexivité incorporée qui s’effondrent.

L’ancienne ambition prévoyait une articulation gigantesque qui puisse être mise en œuvre pluriellement, mais qui réclamerait une méta-intentionnalité, laquelle devait commencer de se passer des contenus pour élaborer une architecture intentionnelle par dessus tous les contenus et les comprenant.

Mais l’attitude naturelle, spontanée de l’intentionnalité est de se préserver, de se cloitrer, de se rendre limitée par et pour des contenus ; aussi a-t-on défini l’humain comme nature humaine, le moi comme ce corps destiné, le sujet comme subjectivité.(cad sa réduction à l'objectalité et encore est-elle "idéalement").

Inversant intégralement la compréhension. Méconnaissant les textes et les machineries intentionnalisatrices en réduisant leur contenu à une disposition donnée là ; on peut en cela reprendre la compréhension heideggérienne de la problématique, mais tout reste à préciser, et notamment de n’avoir pas saisi que cette mécompréhension est tout à fait récente, par exemple que l’inversion de la compréhension de la pensée comme raison nous la devons à Kant et ce bien malgré lui, puisqu’il pensait surétablir ( méta établir) par-dessus la raison (l'entendement) un autre règne qui lui garantissait l’accès à la pensée rendue structurellement, cad en l’occurrence transcendentalement.

Le rétrécissement de vue permit fondamentalement d’abandonner l’universel, de le transformer en moyen pour des finalités basses et immédiates, dont les fondations n’étaient plus reconnues que dans la nature humaine, dans le corps du moi, dans l’objectivité et la transformation de toute réalité en objets pour des sujets niés, absentés, ignorés, puisque maintenir qu’il y ait des sujets réels eut impliqué la continuation de l’universelle pensée réelle.

Lorsque l’on a cessé de considérer la pensée grecque, le dieu des chrétiens et affiliés, le sujet cartésien, comme les sommets, non acquis encore, de notre être, nous nous sommes rabattus sur des interprétations petites, ridicules, caricaturales, limitées d’une cervelle étriquée. Il semblait tout à fait naturel, évidemment, d’interpréter les sommets en fonction de données là immédiates, plutôt que d’élaborer la compréhension de la structure, de l’architecture, de la volonté et de la puissance que la pensée, le dieu de réflexivité, le sujet réflexif imposaient de toute la hauteur de leur découpe, de la découpe de leur lame divisant radicalement, à la racine, la réalité d’une part et d’autre part le réel.

Pour se maintenir à niveau il eut fallu être en mesure de reprendre la tenue réflexive et non pas de s’abaisser jusqu’à n’admettre de réel que les réalités ; croire que l’on tenait solidement « ce qui est » en se contentant des morceaux de bouts de réel que l’on nomme les réalités, que ce soit celles du moi ou celle des sciences, de l’étatisme abandonnant la démocratie, était une idiotie, ce qui veut dire une facilité. Tout ça s’est effondré dans la facilité, lâchant la proie pour l’ombre et depuis nous errons dans les labyrinthes noirs d’une stupidité sans borne, cad mortelle (effectivement), en plus d’être mortifère (mentalement). Ça n’est pas le capitalisme seulement qui s’emploie à notre mort, c’est toute compréhension bâtarde qui ne se tient pas au niveau de ce que l’architecture, la structure de conscience visualisait jusqu’alors sous le triple de la pensée, du dieu chrétien de réflexivité, du sujet réflexif tel quel et qui s’est dénivelé jusqu’aux déterminations les plus pâles et pauvres qui soient.

Qu’en plus de l’objectalité amoindrie des mois et des sciences humaines, et des objectivismes pétrifiés des sciences limitées à elles seules, mais employées de toute manière techno-étatiquement ou techno-économiquement (ce qui veut dire pliées sous le joug d’une infra finalisation, indigne des sciences elles-mêmes), qu’en plus donc on y aille du retour des anciennetés religieuses, des racismes, des délires divers et variés, de la dégénérescence pharmacologique ou des psychotropes stupéfiés et éberlués, ou des morbidités psychiques des mois ou de finalement, finalement qu’on s’empresse de la guerre de tous contre tous, la destruction de tous envers tous les autres, n’est que la même suite logique qui clôturera l’abaissement catastrophique du niveau réflexif, qui ne sut pas tenir la hauteur initiée.

N’ayant pas su reprendre l’articulation réflexive initiée, c’est l’ensemble, la totalité de la réalisation qui tombe.

Autrement dit la pensée grecque, le dieu chrétien et affiliés, monothéiste et universel et essentiellement Un, le sujet réflexif pur cartésien, marquent les étapes à partir desquelles ça commence de tomber. Parce que l’on ne parvient pas à poursuivre la montée réflexive et que celle-ci ne trouve plus le souffle qui lui puisse ouvrir ses dimensions suivantes ; non pas que la raison, remplaçant la pensée, la nature humaine remplaçant l’universel, le moi remplaçant le sujet, soient des cauchemars ambulants mais ils le devinrent … la raison, la nature humaine et le moi, la personnalisation, étaient requis, mais maitrisés par leur compréhension structurelle ; ce que Descartes, Kant ou Hegel, Husserl ou Heidegger ou Sartre tentaient de maintenir la tête hors de la marée naturaliste et immédiate, aux infra finalités.

Ce que, ce mouvement ascendant, les grecs ou les hyper théologies de la dernière conscience possible indéfiniment réelles (dieu), ou Descartes et son sujet invisible et générateur, engendrant, imposaient et qui permettaient de structurer intégralement la vision de toutes choses, puisque les grecs, les grandes réflexivités du Un, le un du sujet partaient par principe de l’unité centrale incommensurable, qu’il était impossible de les remplacer par quoi que ce soit ; les positions fondamentales susnommées réinterprétées selon le monde, le donné, le moi, la raison seule, perdaient toute leur ampleur. En réalité ces réinterprétations n’ont pas assuré ; elles consistèrent à retomber dans les mêmes ou de nouvelles ornières ou contribuèrent au retour du pire, au nazisme, au marasme des plus abominables désordres et à la sauvagerie (cad à cette horreur dont la nature réelle a horreur, qui ne tombe jamais aussi bas), et puis ensuite à la flagornerie la plus plate, à la facilité odieuse, d'un petit monde étriqué, doté d'une naissance incompréhensible et d’une mort terrifiante (coincé évidemment à l'intérieur des limites du christ et incapable de se débarrasser du scotch, dirait le Cpt Haddock).

Réinterprétant le devenir jusqu’alors réel, par les réalités n’était pas idiot, sauf que les réalités ne suffisent pas à penser la structure, l’architecture et le un. Toute interprétation selon les réalités aboutira à réinjecter la pauvre finalité sans atteindre l’ampleur initiale. On pourra déchainer ses efforts, il n’est aucun moyen de rejoindre la structure et le un via le seul monde, le moi, ou le donné immédiat, puisque précisément l’archi des grecs, l’hyper des chrétiens et affiliés, le sujet réflexif se dégagent de cesser d’y être, dans le monde, et s’engagent justement de le surplomber par un détour radical, une transversalité autrement élaborée et si cela ne correspond pas à ce que par « réalité » le moi, la raison ou la nature humaine entendent, c’est que ces trois là se trompent, se sont engagés dans un corridor étroit, dans une technologie mentale insuffisante pour commencer à peine de maitriser l’ampleur structurelle.

Et l’important est ici ; ce ne sont pas la raison, le moi, la nature humaine qui infectent l’articulation en la réduisant, c’est le regard qui use de la raison, du moi et de la nature humaine parce qu’il en use sans ajouter au moi, à la nature humaine et à la raison d’arc boutant structurel ; il ne redresse pas la représentation ou l’organisation humaine ou le corps vers l’originel, croyant que tout s’arrête au corps donné (et non incorporé), à la nature humaine (sans l’universel), à la raison (sans la pensée, sans la réflexivité). Le problème n’est pas la manipulation de la détermination et la focalisation de l’attention sur la détermination (définir l’homme comme nature humaine) mais que cette attention soit exclusive et ne voit pas, finalement, plus loin que le bout de son nez. Ne nommant plus le structurel, il devient impossible de le saisir (et on sait que s'en saisir, c'est en fait en être saisi, transporté), sinon de sublimer tel ou tel totem, très ancestral, de tomber dans le magique et l'irréel (ce que n'étaient pas les transcendantaux, les transcendantaux s’utilisaient structurellement et portaient effets suffisants, dans le méta, de l'archi, de l'hyper et du réflexif, c'est une incompréhension tétanisante que de comprendre les transcendantaux comme illusions ou irréels).

Sa courte vue renvoie à l’horizon même de l’intentionnalisation : à l’absence fondamentale d’horizon ; on vit pour vivre, et rien de plus. Il n’est aucune, littéralement, aucune finalité assignée en l’horizon ; on est « là », bêtement « là », à vivoter et à s’angoisser de mourir, rien de plus ; pourquoi n’existe-t-il pas de finalité externe à cette nature humaine ? Pourquoi ne se donne-t-elle pas ou ne s’ouvre-t-elle pas à une fin qui la provoquerait ? Pourquoi est-ce le calme plat ontologique et donc la destruction endogène ? Pourquoi aucune finalité et pourquoi cette limitation à la seule survie que du reste nous ne sommes pas même capables d’assurer ?

Il faut préciser autre chose ; si l’humain s’est restreint à un monde sans « transcendance », c’est dans la compréhension caricaturale, cad dans l’interprétation nauséeuse, de ce qui anciennement, bien que se donnant ou prétendant transcendant, offrait en réalité, dans les faits et les effets, offrait une possibilité interne absolument réelle ; que l’on ait nommé cela Pensée, Dieu ou Sujet, sert de repoussoirs aux interprétations qui croient être en mesure de comprendre ces transcendances par d’autres voies, lesquelles sont si petites, étroites et immédiates, que toutes les interprétations ayant perdu le sens du mouvement, s’effondrent dans tel ou tel donné « là », dans la même facilité de monde, qui de plus n’explique rien du tout, et entasse sur la tête des consciences le guano très habituel.

En bref, ce que l’on nomme habituellement « transcendance » est une incompréhension fondamentale qui prend appui sur le donné là en oubliant le là du donné (ce qu'à l'origine on nomme l'être, d'où la révolte et le refus et la découverte heideggerienne)… Le naturalisme généralisé (qu’il s’installe de la biologie ou du corps ou du langage ou des sciences humaines, ou du désir ou des multiplicités, seraient-elles mathématiques) ne permet pas, ne permet plus de reprendre le mouvement structurel tel dont pourtant c’est cet élancement de tout l’être qui en fut au principe de l’ampleur bien plus extensive, intensive et dense (archi, hyper et méta).

En somme tout est devenu raplapla ontologiquement ; la vérité étant que le moi, la nature humaine et la raison comprennent les transcendances en fonction de leur propre principe, leur limitation et ne voient pas que « transcendance » autorisait une assumation bien plus étendue de l’existence et qu’au lieu d’une rupture et d’une négation, il fallait tendre une toile, un tissage, une trame intégrant la raison dans la pensée, la nature humaine dans le structurel, le moi dans le sujet.

Or pourtant l’accès transcendant ou structurel fut bien insisté par Descartes ou Kant ou Husserl ou Nietzsche, ou Heidegger, ça n’est pas faute de n’être pas prévenu. Mais ils furent utilisés à l’inverse de leurs propositions.

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Accélération et dilatation de notre être

25 Février 2015, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Comme la conscience est un être séparé autre que l’imagination, la perception, la raison, le langage, etc, elle suit donc sa propre aventure et comme cette conscience, séparée, est tenue ici pour la pointe de notre réalité humaine, et ce que l’on nomme comme étant notre être lui-même, tout à fait autre et sans correspondance avec quoi que ce soit qui existe dans le monde.

Encore donc faut-il préciser ; la conscience, la conscience-de, le mécanisme de conscience, la structure actuelle, l’articulation au réel, est nommé « notre être », mais ce serait bien plutôt l’humaine et la personnalisation qui sont les effets de cette structure ; qui bien qu’indifférente à la violence, et étant elle-même spécifiquement un être subtil, lui préfère le grand calcul stratégique aux petites tactiques mondaines et immédiates, celles noyées dans le flux des finalités données là, finalités réductrices et qui toutes tombent dans la disparition.

Et si notre réalité est cet-être, alors il devient difficile de délimiter son rayon d’action ; éthique, esthétique, politique ou idéel (maths pour les grecs, puis sciences, etc) circonscrivent des régions (inventives) dans la réalité donnée (découverte et explorée et autant d’étendues, d’extensions et d’intensifications de sa matérialisation, qui est tout autre chose que sa matérialité), qui produisent des domaines intentionnels, mais il est impossible de circonscrire son action à l’éthique ou à l’esthétique, etc, alors qu’à chaque fois, lorsque bien menée, c’est notre être qui en sa racine est touché, atteint, modifié par l’expérimentation. Sa racine se déplace.

Ce qui modifie la conscience-de porte donc conséquence sur toute l’étendue de notre réalité ; ce qui oriente ou désoriente la pointe cause structures et destructures dans toute la pyramide inversée, celle qui repose sur la pointe. Distinguons donc notre réel, notre être spécifique (qui n’est pas le « nôtre » mais dont nous sommes les effets, comme dit), de ses réalisations, des réalités, et donc distinguons le réel de la réalité.

Ce qui constitue le cœur, le centre, le point de notre réalité est notre être réel ; soit donc l’activité ou l’activisme de conscience ; est parfois subitement engagé dans une accélération de son principe, de son être ou une dilatation. Lorsque cessant de se contrôler par ses contenus, s’éprend de sa structure, de sa forme, l’accélération ou la dilatation, formelles, constituent le devenir propre de toute conscience, de chaque conscience ou sa possibilité (le désir amoureux peut sembler pour un moi tout au moins, le summum de son état de moi, par lequel il s’outrepasse ou explose outre son moi la conscience qu’il est, en l’accélérant et dilatant ; pour un moi c’est sa plus grande capacité vécue, mais inutile de dire qu’il existe quantité d’autres possibles de la Possibilité).

La structuration intentionnalisatrice s’emploie alors à être selon son ontologie spécifique, celle qui relève du réflexif pur (ce qui donne les sujets sou les grands sujets). accélération ou dilatation, intensification ou extensivité que provoque l’œuvre, l'esthétique, l'éthique (dont le désir d'être ou l'état amoureux pur les mois), la politique et la soif révolutionnaire, l'idéel et l’objectivisme ou donc ce retournement interne de tout cela et du monde, qu'est la philosophie (et la constitution d'un sujet, d'une remontée dans la pointe de conscience constitutive). Il est nombre d'esthétique emportée vers l'éthique et/ou la politique ou l'idéel, et inversement et réciproquement, puisque c'est le même notre-être qui œuvre et creuse la structure dans la matérialisation (aboutissant actuellement au corps-du-moi)

La mise en possibilité de notre être n’est pas du tout conquise, admise, effective or pourtant en même temps elle l’est toujours et constamment ; la structure de conscience réserve de fait son potentiel puisque son « essence » est sa structure même, son programme est sa forme et non un contenu ou une composition (inutile de cafouiller à définir ceci ou cela ; la potentialité, cad la puissance au propre et au figuré, est en réserve de soi, en réserve de (soi), et on ne connait jamais ce que l’on « sait » a priori, la conscience déploie le savoir, ou donc le se-savoir, qui outrepasse le connaitre, relatif à un objet, mais qui le "voit" littéralement sur la surface du monde, qui le voit par son corps).

Or cependant elle crée de telles compositions qui reçoivent la formulation de sa forme, comme les grecs les universalisations (éthique, esthétique, politique, idéel, ajoutant à cela la discipline, la philosophie, qui se charge de penser cet être-en-plus du groupe et du langage et élaborant ses machines intentionnalisatrices et explorant son empirie propre, celle qui se dévoile à partir de cet être nouvellement su par lui-même, et qui de ce savoir, de ce se-savoir, se modifie et rematérialise quantité de différences dans le monde).

Puisque c’est cela la finalité, celle qui échappe au monde et dont les finalités ne retombent pas dans le monde ; les finalités structurelles qui s’adressent au présent même. Autrement dit les finalités structurelles qui ne retombent pas dans le monde, ce sont celles qui habituellement se posent comme éternelles et divines et surréelles. Mais si l’on suit notre schéma la réalisation de notre être s’effectue en et pour et vers le seul présent.le seul présent qui doit absorber la puissance et être retrouver, et retrouver la puissance, la potentialisation.

or une conscience est du début à la fin, la Même ; pareillement qu'il existe un seul présent, il est de chacun une seule conscience continuée qui se calcule en interne (usant de tout le reste, intériorité ou extériorité, corps ou langage, donné ou monde des mois, etc).

Cela revient à dire ceci ; il faut se structurer l’âme ou ce semblant sans-nom qui n'existe pas, que l'on nomme ici la structure, suivant l'identification qu'a opérée la philosophie en décortiquant notre être, depuis le retournement cartésien du réflexif, Descartes, Kant, Hegel mais ensuite achevant la précision Husserl, Heidegger, Sartre. l'emploi technique des idées, des rapports, parce que notre-être est la technologie sur le donné et s'est inventé cette structure de conscience sur la surface-étendue du donné.

Et ça ne s’effectue qu’ici et maintenant. C’est ici et maintenant que s’active la conscience potentielle ; on ne sera jamais que ce moi-çi, mais la structure, fragile, de conscience, qui déploie son élaboration structurelle prend pied de et pour mais aussi par le seul présent. C’est la structure qu’il nous faut activer, poursuivre indépendamment et indépendamment de tout. Puisque le présent est l’être, l’être est antérieur (ontologiquement, et non dans la mondanéité ou la détermination, et pour cela la philosophie est seule à poser l’ontologie comme antérieure), et travaillant notre conscience (cad la structure de conscience, la structure comme vide et forme et ayant à remonter dans son être structurel et non en une « intériorité »), c’est cette élaboration qui crée la fibrillisation de notre être, qui élabore les rapports à partir du Rapport que la conscience est, qui provoque ses tissages qui n’apparaissent que par la conscience et ce au travers, littéralement, des contenus.

Puisque les contenus créés par et pour la conscience ne sont lisibles que par et pour une conscience qui les prend en elle-même, en plein (et non dans l’objectivisme ou l’objectalité). Il faut retourner la conscience pour saisir la philosophie, ce qui veut dire en être saisi. Il faut œuvrer sa perception esthétique pour être pris d’une Œuvre, il faut se conduire le comportement pour remonter du corps à la conscience éthique, il faut penser la constitutionnalité des sociétés humaines pour rechercher la politique.

Pour en être saisi, il est clair que ça ne se découpe pas … on n’isole pas un morceau de l’œuvre, ou d’une pensée ou d’une éthique ; et si l’on est saisi, c’est que l’on est dessaisi de « soi », de son moi (étant entendu que l’on est forcément un moi et que même on n’est que cela … et que donc le dessaisissement est impossible, que le sujet est impossible, ce qui ne l’empêche pas). Ce dessaisissement est précisément que l’on n’y est plus mais que n’y étant plus, on existe dans l’en-plus ; la structure de conscience est toujours en plus de ce qui est. Or il n’existe de fait rien d’autre que ce « là », ce donné.

Donc l’élaboration de conscience n’est pas le conscient, la pensée n’est pas la raison (tout cela se retrouve dans le donné et la surface, non en dehors, sur le bord) ; pour comprendre une pensée, il faut penser soi-même, et ce qui se dit dans une pensée, c’est non pas l’être, mais notre-être/dans-l’être. C’est ce rapport que créent les grecs, que dieu comme dernière conscience possible entame dans le monde ; que l’on y croit ou non cette structure est devenue nôtre, plus que nous même, pareillement tous sont cartésiens, de fait, puisque Descartes montre cet être tel qu’il est, et ne présente pas du tout une idée de nous-mêmes.

Ce qui s’est réalisé est la mise en distance de notre être, la problématique absolument impossible, puisqu’il n’est rien qui puisse relativiser ce qui n’a aucun rapport (avec quoi que ce soit) … et pourtant c’est cela qui est réalisé, au moins en un sens ; de le montrer, sinon de le démontrer.

La philosophie n’a pas abandonné de le démontrer … aussi incompréhensible cela paraisse chez Heidegger ou Lacan ou irrationnel chez Nietzsche ou délirant par Rimbaud ou Artaud ; ça se cherche, ça cherche son expression, cad les intentionnalisations par lesquelles on pourra soulever le noyau, comme d’un levier, d’une série de leviers. Et comme on ne peut pas atteindre directement ce qui non pas sans cesse (comme d’une essence qui serait repoussée à l’avenir) mais de fait, par nature, recule parce qu’elle est en retrait, ce sera transversalement qu’elle est accédée ; transversalement ça doit susciter en la conscience de chacun en ceci qu’il faut prévoir comme par devers soi, la prédisposition, l’antériorité d’être, le reflux incessant, la vague du réel qui poursuit les réalités, être saisi de ce qui préexiste constamment, la retenue de conscience qui fabrique notre âme et ce pour une raison ; afin de remonter si singulièrement l’horloge que le temps s’arrête et que se presse l’unique conscience continuée que l’on est.

Devant chaque œuvre, la structure de conscience remonte dans l’antériorité et de chaque œuvre se gonfle d’antériorités. Lesquelles antériorités sont instantanément reportées vers le monde, puisque la structure de conscience (sans contenus) travaille vers le réel, est la jointure des réalités et du réel et que cette jointure dépend de notre motivation à être.

Sans doute cette jointure est active constamment, et qu’on le veuille ou non elle s’existe (puisque la conscience est en nous, en notre réalité, une structure-autre, n’ayant rapport avec rien sinon le retour, le rapport qu’elle est dans sa dimension fragile) mais on comprend bien que sa prédisposition de soi (son se-savoir qui n'est pas nécessairement connaissance, qui est entame de l'intentionnalisaiton vers son origine structurelle) accélère son activisme ou dilate sa durée, et l’on ne peut attaquer frontalement son être (ce serait ripper là-dessus et toute attaque frontale serait elle-même un symptôme d’une intentionnalisation précédente, ou un fantasme de retour au moi) ; on ne peut pas le vouloir et son atteinte, son accession n’est pas la volonté mais l’intentionnalisation transversale, la ruse, la dilatation du temps, le raccourcissement ou l’extension de l’espace.

Raison pour laquelle c’est l’intentionnalisation de conscience qui fut découverte après la volition cartésienne bien étrange déjà.

On comprendra de ce qui précède, qu’il ne s’agit nullement de connaitre ce que l’on fait … mais d’appeler l’horrible, l’épouvantable, l’abominable structure du Rapport insensé, la racine qui se meut, et qui creuse plus que le réel. Qui entame le réel, qui sabre le réel (et donc emporte très largement toutes les réalités) de sa lame.

Ou donc ; la philosophie a pour finalité d’emporter toutes les réalités, les systèmes, les langages, dans le creuset, la forge ou l’explosion interne du réel. Ce par quoi il est plus, en plus de lui-même.

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Le réel est bien bizarre

21 Février 2015, 18:00pm

Publié par pascal doyelle

Il est probable ou logique que le néant existe ; mais cela n’importe absolument pas, puisque, existant, il n’opposerait aucune résistance ni aucune interaction avec quoi que ce soit, n’étant rien du tout.

Par contre si le néant existe d’une part et que de fait d’autre part, visiblement, l’être/ le réel est, alors l’être et le néant existent tout autant l’un que l’autre ; l’un et l’autre ne se mélangent pas, puisque de toute manière il n’est de néant que le « rien du tout». Par contre donc le réel/ l’être existe et intégralement.

C’est juste que l’on ne comprend pas bien ce que « exister intégralement » signifie comporte, suppose, implique. Ce que l’on sait est donc l’absolue positivité de ce qui est, de ce qui existe. C’est absolument et totalement réel.

De ce que l’on en voit, l’être est tout un ensemble de réalités ; si la loi de tout ce qui est, est le possible, puisque l’être comme le néant existent, ou toutes les différentes sorte de réalités, dont nous n’avons aucune idée, image, imagination, puisque nous sommes contraints d’imaginer en fonction des éléments empiriques de cette réalité qui est nôtre, que l’imagination est un arrangement d’éléments donnés là, et qu’il est clair qu’il ne s’agit en aucune manière d’imaginer le Possible qui préside au néant égal à l’être, selon cette empirie qui est nôtre ; le possible qui existe, qui crée l’être et le néant, est la Possibilité même, c’est intégralement que le néant est et intégralement que l’être est.

De toutes les sortes de réalités qui existent (dont nous n’avons aucune idée, ou expérience et que donc nous sommes dans l’impossibilité de définir tout l’être possible, toutes les différentes formulations de réalités, que ce soient des univers en nombre ou seulement en cet univers quantité de mondes possibles, de toute l’empirie on ne sait que ce que l’on a « vu », perçu), et si le possible est la loi de tout ce qui existe (compte tenu de ce que nous ne pouvons juger ou imaginer le dit possible doué de seulement cette réalité qui nous entoure), cela coïncide « radicalement avec cette radicalité » du présent.

Si le présent est l’être lui-même, l’unique est sa propriété. Ça n’existe qu’une fois, tout n’existe qu’une seule fois. Et parce que le présent existe absolument et que donc ce qui existe absolument est une-fois, et pas deux. Ce qui veut dire aussi que ça n’existe réellement qu’une fois ; il n’existe qu’un seul instant, depuis le début (de notre univers en tout cas, ou ce que nous nommons tel), c’est le Même Instant qui est.

Mais à rebours, si l’on peut dire, et instant unique (qui les contient tous, et peu lui importe puisque le présent n’est pas une détermination, mais la forme des déterminations et qu’une forme telle peut se splitter, se diviser indéfiniment), le réel (dans tous les mondes, tous les univers, toutes les réalités, imaginables ou non) est un seul. Bien que nous ignorons jusqu’où, jusqu’à quelles formes internes ce présent s’existe ; on nommera donc « réel » les possibilités de ce qui pour nous se donne comme le présent. Et de cela on n’a aucune idée, image, compréhension.

Quoi que si le présent est « ce qui est », il faut bien saisir que l’on n’a rien de plus proche que le présent ; on ne sort jamais du présent, rien ni personne ne sort du présent. Il faut plutôt concevoir ou imager l’inverse ; tout sort du présent. L’ensemble de la détermination s’est mémorisé dans et par ses présents, qui ont tous disparu mais qui se gardent en mémoire dans l’essence des choses ; une chose déterminée est l’ensemble des informations qu’elle a accumulée ou plus exactement elle n’est pas un substrat qui aurait reçu ces informations, mais est l’ensemble d’informations lui-même ; il n’existe pas une abeille et puis les qualités de cette abeille mais l’abeille est l‘ensemble de ses/ces qualités, sinon ce serait un bourdon, ou autre chose. De même les lois ne sont pas surexistantes aux choses, elles sont les choses mêmes (si les lois des abeilles s’appliquent à toutes les abeilles, c’est qu’elles relèvent toutes statistiquement de la même configuration).

Ce dont toute conscience-de témoigne est que le réel comme « là », comme présent s’oppose apparemment à cette conscience ; en ceci que la conscience voudrait former un cercle et que le réel vient interrompre ce cercle et que donc le réel est autre que la conscience … Mais c’est une illusion rapide, parce que l’on est conscience de ce que justement on l’est dans le réel ; c’est la distance même qui fait que l’on est rapport au. Est-ce à dire qu’il faudrait introduire une sorte d’altérité, d’autre dans le Même ? Non pas du tout, c’est le Même qui se renvoie du présent, actuel, cad du réel à la conscience ; la conscience n’est rien que le rapport à. C’est pour cela qu’il n’existe aucune « substance » qui serait « conscience », mais cela implique également que ce à quoi elle a rapport (qu’elle est de ce fait) est non pas le défini, le déterminé, mais le formel. Cad le présent ou le réel.

On comprend bien que le réel dont il est question est alors tout à fait étrange ; c’est la forme même de ce qui est, partout, sans être rien de déterminé en particulier ; mais c’est ici même, ici et maintenant que ça est. Un des phénomènes étranges est la poussée existante … le fait prime sur l’essence ; c’est d’exister que se déclenche la mémorisation, l’essence des choses, les choses sont marquées du fait ou absentées de sa non réalisation.

En somme on aurait pu être un autre spermatozoïde, rencontrant l’ovule et être un autre, mais de ce fait on n’aurait pas été du tout ; pourtant ayant été, nous le sommes, et absolument ; l’absolument est l’exister. A moins de proposer un ordre intégral du moindre détail de ce qui est, on ne voit pas comment cela pourrait se comprendre autrement. Ce qui heurte profondément la conscience (le rapport) que la conscience a (et est) d’elle-même ; puisque ce rapport se-sait il se croit absolument. En quoi il n’a pas tort, puisqu’il existe et que cela vaut absolument, mais cela lui parait quand même bien incompréhensible, puisque le rapport du se-savoir (savoir que l’on existe) est lui décisivement absolu ; il ne peut pas s’ignorer et se biffer d’un trait ou se non supposer. Il se débat dans l’incompréhension quant aux pistes délirantes de la réalité. La nécessite du rapport qu’il est, (l’auto nécessité, qui se réclame elle-même de fait et s’obtient unanimement pour ainsi dire) se heurte à tout.

Le se-savoir est bien dans la logique très étrange du possible ou du réel ; qui s’autorise des exactions délirantes mais parce que précisément le réel, étant le possible, ou plutôt la possibilité, on ne sait pas ce que cela comporte.

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