L'extension du divin
On revient sur l’historicité générale ; l’humain crée tout au long des millénaires quantité de communautés ; lesquelles sont dites, faussement, immédiates ; en ceci qu’elles se créent évidemment dans et par la complexité ; sauf que la réflexivité (ce qui veut dire aussi bien le contrôle, au sens positif ; il faut savoir ce que l’on dit, organise, décide pour parler, ordonner, organiser à peu près correctement) la réflexivité donc est assurée par le collectif ; en somme on parle dans l’oreille de l’autre et réciproquement, et cette origine est inscrite au cœur même du langage et tout aussi bien de chaque conscience, qu’elle soit reliée à et en la communauté ou qu’elle soit devenue individuellement active (comme on verra) ;
et ce non pas seulement parce que causalement elle s’origine dans la communauté, mais parce que la “conscience” est un rapport et qu’ainsi elle (se) parle et s’entend ; elle fait retour, elle saisit ce qu’elle dit (et donc saisit également, doublement, triplement, ce dont elle parle ; le signe n’est pas collé à l’objet signifié, on peut dire et redire différemment, on peut échanger des signes et on peut traduire une langue dans une autre, et enfin il existe quantité de langages, immédiats ou fabriqués (les maths ou la philo ou une œuvre littéraire aussi bien qu'esthétique), croit-on pour autant qu’il existe quantité de sortes de “consciences” ? Non, évidemment, il existe une seule structure-conscience et quantité de contenus (ou de langages).
Mais aussi quantités d'intentionnalités, de champs intentionnels, lesquels sont unifiés en eux-mêmes, chacun.
Et donc on parle dans l’oreille de l’autre (tout comme le psychanalysé s’entend et ne s’entend pas dans l'oreille du psychanalyste ; et de là que l’on peut dire “plus” que ce que l’on croit parler ; et de manière générale il existe l'inconscient parce que langage ou intention ou conscience sont en tant que rapports et que toujours il en manque un bout, que ce soit l’un ou l’autre ; bref il y a deux bouts, au moins, comme dit l’autre.
Et ce qui précède afin de comprendre ou se représenter qu’il s’agit d’une plage de capacité ; l’arc de conscience, qui est un ressort, un rapport, un mouvement, se lance d’une seule articulation mais qui … articule ; elle est tendue du dedans du corps vivant au revenir vers-soi ; en quoi consiste “une conscience” ; il y a une conscience et c’est une unité individuelle puisqu’il s’agit d’un rapport qui assure de fait une telle unité, ce qui veut dire un tel sujet ; qu’il soit sujet veut dire qu’il est un rapport qui se-sait (un sujet) et peut donc alors instruire, ce qui veut dire inventer ou créer, des rapports, d’autres rapports et entretenir une architecture de rapports ; ce qui existe comme rapport peut se démultiplier (en quantité de rapports en nombre indéfini ou infini) sans se perdre lui-même en tant qu’unité ; puisqu’il ne s’agit nullement d’une unité substantielle ni déterminée.
Ce qui laisse absolument entier son mystère ; puisque l’on entre dans l'indéterminé, et ce d’autant plus que l’arc de conscience, le rapport, est arcbouté dans et par le présent, dans l’actualité, dans l’activité du possible qui se crée.
Or donc il fallut passer de la “pensée” comme unique horizon, qui permettait de tout expliciter, qui se constituait comme horizon ‘universel) de tous les horizons à la structure antérieure à toutes les pensées ; soit donc, reprenant la tentative kantienne, découvrir le système qui précède les systèmes et qui n’est évidemment pas lui-même un système mais une nouveauté ; qu’il nomme transcendantal ; et que l’on continuera de repérer ensuite ; par Hegel, Husserl, Sartre mais aussi par Nietzsche, Heidegger, Lacan ; soit dans une transcription de rationalisation, soit d’irrationnalisation (ce qui n’empêche pas que chaque philosophie parie néanmoins sur une cohérence, puisque sinon rien n’est compréhensible, et ne servirait à rien, de sorte que de toute manière est conservée l’ancienne formulation rationnelle, quand bien même les diverses fondations seraient présentées comme “irrationnelles”).
Passer de la pensée (comme horizon et donc idéal) à la structure du sujet (Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre et au final Lacan qui, bien que prétendu anti-philosophe, travaille à la racine même d’une conscience-dans-un-corps-vivant) se poursuit donc durant trois siècles et quelques. c’est qu’il faut au final mettre au jour la structure qui précède la “raison” et ce à un niveau tel que soit encore supportée (et donc acceptée) la dite rationalité ; à tort ou à raison on admet ici que la structure de conscience qui crée des rapports (parce que rapport elle-même de pied en cap pour ainsi dire) est adéquate à toute espèce de production, invention, création ; qui impose chaque fois une cohérence suffisante et ce en philosophie ou en littérature ou en esthétique ou en éthique et politique, bref en tout puisque par “conscience” on désigne la racine de toute représentation (langage, système, nombre, signes, et y compris champs de perceptions ou affects en un corps vivant) ; indiquant par là que l’être de l'homme (qui n’est pas un être) s’implante non dans une causalité ou un passé ou une essence ou quoi que ce soit, mais dans l’actualité d’un champ intentionnel qui évidemment nait avec lui-même.
Mais rappelons cependant que ce champ intentionnel, aussi actuel soit-il, dispose depuis (au moins) 3500 ans d’une historicité et qu’il est même l'historicité comme telle ; il existe une historicité parce que le champ intentionnel apparaît dans son propre champ et ceci tel : je suis celui qui est/sera, l’être est, je suis le chemin, je pense/je suis, déclaration universelle de toute société humaine projetant de devenir humaine, etc et cent variantes au cours du temps accompli) ; soit donc que cette naissance actuelle et dans le présent même est l’historicité du temps, l’historicité du présent.
Répétons ; il y eut quantité de réalisations, mais il existe une ligne absolue, ce qui veut dire formelle, qui, elle, réalise, dans les présents successifs, le même alignement structurel ; par quoi l’introduction du champ intentionnel dans son propre champ rend possible la démultiplication des rapports (et donc leur transmission, ce qui se nomme historicité) ; puisque se dénommant, il annule que le réel soit la réalité, ou donc que le signifiant se réduise au signifié (à tel ou tel monde humain immédiat) ; créant la multiplicité de la littérature, des éthiques ou des esthétiques ou des politiques. Dès lors le signifiant revient à/vers chaqu’un, et ainsi découvre le monde, le monde comme donné-là, ouvert aux spéculations ou aux explorations. Puisque ce signifiant, devenu ces signifiants pluriels, reçoit une unité de l’externe des contenus ;
Mais alors s’impose une cohérence que n’atteignaient pas les mondes humains précédents, qui se régulaient par le collectif, le trésor du langage partagé d’un monde acquis tel quel ; plus rien n’est acquis, or pourtant se révèle l’unité transcendantale du dieu un tout-autre, de l’universel pensé, des deux sujets et de la révolution (l'institution de la société humaine à l'intérieur de son propre champ, ce qui se nomme la-révolution).
La fondation (du monde et de l’humanité) consiste à agrandir le cercle du présent, le cercle, l’étendue, l’extension ou donc la capacité du cercle du présent, de sorte que ce faisant le présent, l’actualisation puisse toujours plus se réaliser, se rendre réelle ; que l’on y ajoute l’intention-même (Dieu), l’universalisation (la pensée), les deux sujets (pour et par autrui, pour et par soi-même, le Christ, Descartes), l’intention explicite de la société humaine (la révolution et le réel, la réal-isation de toutes les intentions).
Rappelons que l’essence, l'unité de “ce qui est” consiste en ce rapport (ou donc dans le possible) et qu'il convient au rapport de devenir, soit donc non seulement de passer en/vers/par/pour ce qu’il n’est pas, mais consiste à produire, créer ce qui n’est pas, ce qui devient :
« Je suis celui qui sera, qui est en cours d’exister”
“et étant parfait, il me manquait cela qui est imparfait et donc libre, et c’est la capacité incrustée dans la liberté qui, elle, devient”.
En ceci consiste l’extension du divin, par, évidemment, hors de lui-même, et ce par quoi nous sommes, vraisemblablement, appelés, et qui se réalise au fur et à mesure (comme il convient à la liberté, à “cela qui dépend de soi” pour devenir, et il n’y a aucun devenir qui puisse passer outre cette dépendance de par-soi) et (comme il convient à une réalité” qui se produit “de son activité propre”, sinon il n’est aucune raison qu’une “réalité” paraisse et il n’est aucun sens à ce que ce devenir, tout cet effort, des choses, des êtres et des consciences, que tout cet effort donc disparaisse).
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