De la gauche, de la droite
On a vu, on a dit que dans une société intégralement libérale, organisée par les profits privés, il convenait, de manière rationnelle, de laisser à l’Etat le, les moyens d’une solidarité, d’une répartition, d’une redistribution. Ceci se présentant comme un programme ou une logique générale qui veut, qui voudrait que si le niveau global mais aussi général et attentionné envers chacun s’augmente, se répartit à peu prés convenablement, alors le niveau, le degré de civilisation permet d’espérer un accomplissement humain et personnel suffisamment conséquent.
Mais donc il ne faut pas, de cela, tomber dans l’excès ; à savoir que la répartition, l’égalité se transforme en égalitarisme ; on a dit déjà que le communisme se suppose d’un humanisme du besoin, ce qui se tire du général, de l’universel, d’un humanisme universaliste et à vrai dire abstrait (on définit le “besoin” comme universalisation et donc à partir d’un énoncé sur la nature humaine, d’une proposition a priori d’une “essence humaine”) ; mais que inversement le libéralisme (sinon au débit du moins depuis les années 50 ou 60) pariait sur le désir, soit la singularité, la verticalité de chacun (peut-être pas hors de toute universalité mais à tout le moins laissé à chacun, ce qui évidemment favorise le commerce, et les fantasmes et les objets, produits industriellement ou pas).
Ceci, les deux positions, reposent sur la définition admise ;
- soit une universalité, une généralité qui s'impose exclusivement de "l'espèce humaine” telle qu’accessible par et dans un système, une idéologie (qui s’affirme ou se prétend vérité absolument admise, par tous idéalement, par quelque groupe ou élite du Parti)
- soit la constatation et l’institution d’une société qui s’est instancié en tant que système, oui, mais des libertés (il se trouve qu’en plus, et pas pour rien, cette société des libertés a pu, a su formuler la liberté Et l'égalité, s'ajoutant aux sociétés anglo saxonnes tenues presque exclusivement de la liberté seule, ce qui risquait de dériver en rivalité et concurrence généralisée) ; ce système des libertés ne se programme pas à partir d’une théorie et n’impose pas la “raison” à tous et à chacun, mais laisse chacun user, idéalement raisonné mais ça n’est pas requis du tout, user de son jugement, ce qui rend l'ensemble humain tellement sensible et vivant et évoluant ;
de même cette société humaine des libertés ne s’est pas décidée d’un ordre antérieur, mais s’est créé historiquement et même au fil des expériences (soit 2 siècles et plus pour la société française) ; le “réactionnaire” ou ce qui est titré tel ou équivalent, c’est celui qui admet l’acquis, historique, et ayant force de réalité du fait de cette acquisition même ; à savoir que ce système des libertés n’est pas du tout né d’un ordre, d’une théorie (mais de multiples théories et de multiples expériences et de quantité d’individualités,
y compris pour sa quote part des partis ou personnalités de gauche), mais que ce système est créé et institué hors de toute généralisation ; ce qui s’est généralisé ça n’est pas une définition de l'humain, universalisant, mais la définition de tous et de chacun, comme libertés, un par un et selon le signifiant mystérieux de la “volonté générale”, par lequel chacun accorde, apporte sa confiance à tous les autres et à chacun, et cela est fondamental (c’est que l’on tente d’analyser sous le concept de coordination, l’accord en temps réel tel qu’il s’élabore et qui compte sur l’unité, étrange mais réelle, du peuple français, en tant que, essentiellement, français ; ce qui veut dire non pas une “ethnie” évidemment, mais un accord politique étant entendu que cette nation là fut le premier Etat (moderne) et créatrice de l’installation, dans le monde, d’une société volontaire, d’une société humaine qui accorde le statut à qui que ce soit
(qui que ce soit qui admet ses principes, c’est clair, bien que pour certains ça ne le soit pas du tout … notamment ceux qui prétendent qu’il existe une “essence humaine” qui surpasserait tout, y compris la liberté de chacun et qui serait toujours par identité réelle et effective ; or si une société est fondée sur le système des libertés (il vaudrait mieux dire sur la systématique des libertés, des êtres en tant que libres) elle requiert l’accord et que l’identité en question soit précisément que chacun (et chacune) soit essentiellement libre et ait en vue de décupler cette liberté, en soi-même et pour autrui).
Dit autrement ; il ne faut compter, il est absurde de croire, il est illégal et illégitime de croire que “la révolution” (ou une quelconque théorie, imaginée de ceci ou ce cela)puisse remplacer et combler cet apparent “vide” que sont les libertés ; parce que les libertés (les êtres dit libres, chacun un par un) s’animent d’un vide formel, formel veut dire “bien plus grand”, bien pus grand que quoi que ce soit ; et que rien ne peut s’y substituer. Et surtout pas une “vérité” qui serait, prétendument, supérieure aux êtres libres un par un ; la “gauche” a toujours voulu superposer à ce fait massif de la révolution (qui fut différentiellement réalisée au fut et à mesure mais dans l'acquis, l’acquisition de cette historicité), une théorie supplétive, qui ignore et tend à abolir la coordination dite démocratique.
Plus réellement encore, remplacer l’historicité acquise, cad le dit système, par une théorie quelconque (qui est toujours quelconque par rapport à la véridicité de la structure historique, laquelle ne s’est pas rendue réelle “pour rien” ou “au hasard”), c’est remplacer par une ou des finalités (de besoins et prédéfinition de l’essence humaine) le système dont la finalité est le déploiement précisément des libertés ; la liberté est par structure la finalité de la liberté ou pour mieux dire, un système de libertés rend possible, accessibles encore et toujours de nouveaux rapports, en tant qu’ils sont suscités par eux-mêmes et non d’une vérité toute abstraite ou idéologique ou idéomaniaque.
Et ce étant entendu que seules des libertés sont capables, physiquement, physiologiquement, psychologiquement, sociologiquement, ontologiquement, de créer une telle élaboration de la liberté-même (sinon il ne s’agit que de conformité, de contrainte ou de dictature).
Ajoutons, donc, le système des libertés ne consiste pas seulement, si l'on peut dire, à exercer la liberté (et de la propager) mais a pour réelle finalité de déchiffrer, décrypter l'inouï, inventer et découvrir et créer ce qu'il en est de l'exercice de la liberté et de sa coordination entre tous. Et ce ne se peut que de l'engagement de chacun, et d'aucune extériorité.
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