Le réel avançant
L’ontologie du réel avançant
On dira que tout ceci est une construction.
Au sens où “il faut y croire pour le voir”.
Mais tout est une construction.
C'est pour cela qu’il existe un présent et que, même, le dit présent est l’exister.
L’être qui est une idée pourrait reconstruire, pour nous, une simulation, un modèle de “ce qui est”, mais l’être ne peut pas s’objectiver comme une chose morte, inerte, immobile ; ce qui devrait être modélisé, c’est le mouvement lui-même.
Pour illustrer ; tout comme les entités quantiques qui se “fixent” une fois qu’elles entrent en contact avec d'autres, et constituent ainsi une “réalité” ; sur laquelle réalité pourront s’élaborer à leur tour d’autres réalités plus complexes ; à la base, antérieurement, les réalités énergétiques sont indéterminées. la “réalité”, sous les auspices d’ensembles de plus en plus ordonnés d’éléments de plus en plus définis, la “réalité” donc s’installe au fur et à mesure et dans la visée, la perspective, et donc au final la vision de sa réalisation.
C’est de la même manière que le vivant se tisse dans les entrelacs de tel ou tel milieu ; et pareillement qu’une conscience se produit d'abord dans tel ou tel monde humain. Pour ensuite, ayant installé cette fois la structure même dans le champ de la structure, le signifiant dans le signifiant (dieu et l’intention, l’être et l’universel, les deux sujets, selon autrui et selon soi-même, le réel et la société humaine en sa propre vue et donc au su et au vu de tous et de chacun), tout peut alors être absolument, cad formellement, instancié comme autre.
Puisque le signifiant est entré dans la vue du signifiant ou le rapport dans la vue du rapport (comme l’être pour la pensée, autrui ou je pour chacun et enfin tous pour chacun et réciproquement), alors à chaque fois le champ du possible s’est ouvert en se positionnant vers lui-même ; l’intention (dieu, le temps, l’historicité, la sortie des mondes cycliques et des idoles, des “divinités” et du sacré pour et vers le divin séparé et autre que le monde, et autre que l’humain ou que telle ou telle humanisation), l’universel (qui se décentre, selon l’objectivité), autrui christique et sujet cartésien, révolution qui contient en elle-même ses deux dimensions, liberté et égalité, et ensuite potentiellement fraternité) ; bref évidemment quantité d'ensembles de déterminations sont découverts, inventés, continués, créés, mais surtout dans le chemin des articulations de structures (par exemple le monde donné là est devenu accessible en se positionnant comme être, autre que “pensée”, et permettant de jouer des idées ou tout d’abord et primordialement de produire une pensée qui n’est pas “la vérité” mais la possibilité de quantité de vérités, et donc l'invention de langages, de systèmes nouveaux et différents au lieu du langage/croyance commun
Sans doute sont visibles les ensembles de déterminations (les esthétiques, les politiques, les sciences, puis les humanisations et les personnalisations, et ainsi de suite) mais ce qui rend possibles ces développements, ce sont les déploiements de structure.
Et de fait ces ensembles d'éléments ne sont visibles, ou lisibles, qu’à partir de l’instanciation de structures ; il est impossible d'expliquer à un alter ayant vécu dans un monde cyclique, holistique, un monde partagé ce que c’est que l'individualisation de la personne.
Est-ce que cela implique, cette remarque, une hiérarchisation ? Effectivement ; en ceci que l'individualisation emporte avec elle une complexité, une distinction qui produit quantité de nouveaux ensembles, quantité de signifiants ; de même que l'universalisation grecque augmente totalement la perception (Platon avait raison les idées nous font-voir le monde donné-là, situé hors du langage commun partagé).
Il faut comprendre que la propension à définir des idées afin de percevoir (que le croire précède le voir) est supportée par un positionnement (qui commence de se dire “ontologique” mais cela vaut aussi bien pour le dieu un tout-autre, les deux sujets christiques et cartésien, le réel et la société se tenant dans sa propre vue et donc dans son “su”) ; l’être qui porte au-dessus dans l’invisible le dit donné qui dès lors apparaît ; les grecs ne croient plus en une vérité mais croit en la vérité comme véridicité, engageant une pluralité de vérités (qui viendront comme tous ces divers systèmes) ;
L’ontologique qui paraît tout abstrait, en ce cas (qu’est-ce que “l’être” ?!?) est en vérité “le plus réel”, et ce qu’il engendre, ce qu’il rend possible c’est que la pluralité des systèmes explorent la réalité (le donné) et le réel (le positionnement même) ; ce qu’il rend possible, puisqu’il est l’être comme signifiant vide que l’on a compris de lire comme formel, diversifie la représentation, ce qui veut dire augmente la pensée, qui, insistons, devient vraiment la “pensée”, qui n’est plus la représentation commune partagée (qui désignait les choses avec le doigt) mais que chacun s'introduit en la possibilité de la représentation ; requérant une attention soutenue pour penser, pour organiser des idées (et donc en route vers “les systèmes” ) ;
En ceci qui va ouvrir et rendre possible d'accéder à des champs ; et ces champs n’existent que positionnés, positionnés par cela seul qui a conscience-de, conscience-de la position que le réel existe ; qu’il se distribue comme dieu, la pensée et l'universel, les sujets ou l'historicité-révolution, cette avancée par quoi se structure la société humaine dans sa propre vue, et qui ne peut pas l’agir sans le savoir ; de même pour dieu, la pensée, les sujets, tout comme la “société”).
Si la “conscience” est un champ, cela veut dire qu’elle assigne, et donc qu’elle s’assigne ; cet ancrage offre la capacité des positionnements ; que l’on y croit ou non le dieu un tout-autre (le divin en tant que séparé et non comme partie sacrée du monde ou du temps, cyclique), l'augmentation (par et pour chaque conscience) de la pensée, en rupture de la communauté (et ayant accès au monde donné “là”, indépendamment de la représentation communautaire), les deux sujets (le christique de soi comme autrui, et le cartésien d’autrui comme soi, ou inversement mais on comprend bien que le positionnement inaugure des champs structurels distincts), la société humaine, celle des sujets, et société qui se sait comme société (et ayant douté de dieu, réduit la pensée à la raison rationnelle voire raisonnante, synthétisé le sujet en individu, voire en égotiste, qui deviendra le “moi” des années soixante, pour fixer un repère, une date, une époque).
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