L’intercession du présent
Le but général est d’examiner de telles hypothèses qu’elles puissent expliciter sinon expliquer (chacun jugera) la réalité telle qu’elle se donne “là”. Étant entendu qu’ici il est supposé a priori que la réalité se dédouble par la réalité à proprement parler, la détermination, la matérialité, ou les contenus de conscience,
et d'autre part le réel, la forme de la réalité (ce qui devient alors “la forme des réalités”, les réalités, la détermination s’étendant indéfiniment ou infiniment, on ne sait, mais cela importe peu) ; la forme de la réalité est “le réel”, qui est autre que la réalité elle-même ; à savoir, dit autrement et pour déplier cette “qualité de réel”, la forme de la réalité est le présent (ce qui veut dire l’exister comme réel et l’être comme réalité ou détermination)
et ,seconde occurrence du formel, l’arc de conscience ;
marquant par là qu’elle est un mouvement, mais la réalité ou le réel existent eux-mêmes comme mouvements, il s’agit, dans tous les cas, de mouvements dans le mouvement, tout ce qui existe bouge ou se meut, puisque toute réalité est activité, repose sur elle-même comme autoproductrice ; dieu, pour les croyants, ayant conféré à la réalité sa propre capacité ; créer ; ou, sinon, le réel se définissant en et par le possible).
Si soudainement (figure de style) le champ intentionnel s’impose à l'intérieur de lui-même, le champ dans le champ, c’est par un signifiant, qui, comme il désigne une unité ou une verticalité ou une horizontalité et tout à la fois puisque l’on est transporté dans le mouvement-qui-bouge pour ainsi dire, alors on se déplace du contenu (quel qu’il soit) au contenant (la forme “conscience” qui crée des contenus, le champ intentionnel que l’on peut bien rassembler comme champ signifiant, mais le “signifiant” n’explique pas qu’une conscience existe ; au contraire une “conscience” est le rapport qui permet de saisir l’ampleur de ce qu’il faut nommer “le réel”.
L’illusion de l’être, de la raison classique ou de la métaphysique grecque ou des philosophies systématiques qui suivront, projettent l’unité de conscience et chosifie ou objective celle-ci ; elle, la conscience, qui est absolument (cad formellement) mouvement (et c’est ce mouvement qu’il faut penser, situer, caractériser, désigner, et donc rendant possible d’ouvrir suffisamment d’explicitations ou d'explications, qui soient pertinentes et adéquates, en ceci que sont exposés les mouvements ; désigner “dieu” c’est désigner un mouvement, et il le dit lui-même, tout comme le “je suis” du christ ou le je suis cartésien, ou de la révolution qui ne cesse pas de se mouvoir, rappelons que le communisme veut fixer la révolution dans une caricature d’universalisme, remplaçant le désir, mouvant, par le besoin, défini extérieurement).
L’illusion de l’être c’est la mise en forme ontologique d’un objet qui vire en “Chose” ; la Chose terrifiante qui fusionne ; ce que Sartre désigne comme ensoi-poursoi, une monstruosité qui ne peut pas être, réellement, mais qui est imaginée, figurée et surtout désirée, ; et c’est cette chose fusionnelle qui se répercute constamment dans les désirs d’objets (et tout aussi bien mais bien plus élaboré dans le tomber-amoureux, qui déçoit quand même énormément la plupart du temps).
Comprenons bien ; que l’on se situe (de fait depuis Descartes) par-dessus la raison, ne signifie pas que l’on annule le plan, la planification systématique et rationnelle et universelle, mais l’inverse, cette planification est étendue.
Ce qui se découvre, se dé-couvre, c’est la structure comme effectivement “là” ; ou donc notre être n’est pas une idée, ou un esprit ; Hegel ne définira pas notre être comme pensée, mais en tant que “conscience” ce qui veut dire néantisation, travail du négatif , la pensée étant le résultat (et au point d’en dresser l’historicité ; Phénoménologie de l’esprit ; doublée par l’autre phénoménologie, Science de la logique) ; ou Kant initialement qui situe l’être libre “de l’autre côté” non visible, le nouménal.
Ce dont on s’entretient alors c’est d’une structure ‘en dur’ telle que donnée là, qui est “hors pensée, représentation, idée, etc”. Une structure qui existe en elle-même, passant outre la nécessité, pourtant impérative, d’une “représentation”, de signes, de langage (et donc d’une communauté qui parle, un langage n’existe pas de par soi ; et c’est bien en cela que l’arc de conscience est “en émergence” et ce pour la raison que toute la réalité est en commencement d’émerger, de naitre, de “se produire” ; la soupe des quantas ne se concrétise que dans le champ, le lieu des “choses”.
Comme on verra pour la “conscience” et les signes.
Ce qui constituait le centre névralgique de la-pensée (universelle rationnelle) se constituait de l’horizon tel qu’imposé par l’être, la cohérence qui objectivait toute la réalité en une unité ; il s’avère qu’il existe au moins une structure qui outrepasse l’être et la pensée ; ou donc, cela signifie que le système universel s’étend, s'applique à un nouvel objet, lequel est effectivement ce qui est décrit par Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan ; il est évident que la rationalité continue d’être admise telle quelle et que c’est de plus un remaniement de toute son étendue qui est porté par ces nouvelles attentions ; soit donc des dimensions, des pliures internes au réel tel que là.
de même que les idées ou les systèmes d’idées portaient la division et l'ensemble des distinctions que ces systèmes opéraient, les portaient jusque dans la perception du donné là, du monde, tel que grec ; le christique entamant évidemment une soudaine verticalité, absolument originale, et originelle, qui privilégiait autrui et soi-même comme centre de tout monde ; comme antérieur à tout monde ; St Augustin peut bien créer la possibilité du cogito (presque) identique),
puisque c’est cela même qui est absolument mis en jeu, au centre dorénavant de tout jeu, de tout jeu de signifiants ; ou donc le “je” occupe la place centrale du signifiant maître ;
ce qui est mis en jeu, le sujet, le je, le signifiant-même (le verbe) est cela qui crée des rapports ; puisqu’il est, lui, hors des rapports déterminés, il est le “rapport à (soi) dans lequel rapport le “soi” est non telle ou telle identité (ou contenu) mais est le rapport lui-même”, soit donc l’archétype absolu (cad formel) à nul autre pareil ; et pour cela il lui est possible de créer, d’inventer , de par son caractère purement formel.
L’arc de conscience est la seule unité vide qui existe donc dans la potentialité d'accueillir toute réalité mais aussi tout réel, ce qui veut dire toute nouvelle structure.
Ce par quoi le christique est précisément l'articulation qui s’expose telle dans le segment naissance-mort et qui donc se perçoit hors de cette naissance-mort ; qui, littéralement et dans le fait, ressuscite de son vivant ou au-delà de la mort (selon que l’on est croyant ou pas). le je est alors inscrit (et non seulement écrit) en tant que historicité, que plus rien ne pourra ni répéter ni oublier ; c’est la naissance et le re-Commencement (non seulement puisqu’il initie la re-Création, selon la foi, mais aussi, pour le mécréant, de ce que par exemple la pensée, grecque, sera repensée à nouveau à partir et la littérature et la politique et l’éthique etc, bref tout).
Soit on admet cette structure et donc qu’elle est capable de s’intuitionner de fait (puisqu’elle est un rapport à “soi” ou (soi) et ainsi formelle ; quand bien même serait-elle née par hasard et ne correspondant à rien, son caractère formel est pourtant indubitable. Dans cette logique stricte, le réel existe structurellement. Il déploie simplement le possible et dépourvu de tout à-venir.
Soit on suppose qu’une telle structure, qui peut bien apparaitre “par hasard” (dans la première admission) mais que ce serait absurde et même idiot,
qu’une telle structure donc est capable d’exposer la plus grande capacité possible (à savoir susciter tout signifiant et tout signifié, toute intention et toute réalisation) qu’une telle structure ne peut pas disparaître sans retour, effaçant non seulement la réalité mais aussi le réel et enfin annulant que le possible soit. ce qui est absurde puisque le possible ne peut pas ne pas être. Et, deuxièmement, ce faisant il n’est aucune finalité plus grande pour le possible que celle du possible lui-même ; ou donc le réel est plus grand que lui-même, pour faire court.
Et puisque ce caractère formel exprime, manifeste, expose (et évidemment se manifeste à soi-même) qu’il soit le liant absolument parlant de tout ce qui est (fut ou sera) ; impliquant dès lors que le possible existe.
Et ceci compte tenu de ce que ce caractère formel sera capable de créer dans le présent, dans l'actualisation ce qui précisément existe en tant qu’activité pure, brute et exclusive. L’arc de conscience est littéralement la mise en forme de l'actualité du possible, la mise en jeu exclusive du temps comme présent, cad comme exister.
Cette actualité est absolument fondamentale ; elle actualise, rend réel, et donc repose sur, dans, par et pour sa propre activité ; toute chose, tout être est son activisme, on ne voit pas une réalité exister à partir d’un ordre préalable, ça n’aurait aucun sens.
De la sorte est isolée et analysée la structure, de conscience, agissante et selon sa formule ; à savoir qu'elle existe indéterminée ; soit donc par la ruse qui consiste à “toujours elle est conscience de quelque chose” mais ne se réduit pas à quelque “quelque chose” que ce soit ; elle prédomine sur tout contenu et donc peut insérer dans la détermination (le langage, les signifiants, les idées ou les représentations ou les relations humaines) la signification (vide), le sens (formel) qui manifeste représente, expose et permet de commencer d’organiser mais aussi de créer son devenir (formel) en propre.
Pour donner une illustration ; il est clair que l’on reçoit par exemple son prénom du dehors, d’autrui, du langage etc ; mais lorsque paraît la conscience (de soi) de ce prénom, c’est l’arc de conscience qui passe, littéralement, au premier plan ;
si autrui est un et autre (et non pas réductible à son rôle, statut, à son héroïsme, et ainsi de suite) alors la structure agissante re-Crée à chaque instanciation.
Ce qui se partage (la vérité) et ce qui se propage (la liberté) est cela même qui se-crée.
De même que les universalisations ne traduisent pas seulement le donné (la “nature”) dans la représentation, mais continuent la naturalité, sa matérialité en tirant les perspectives d’universalisations ; par ex les mathématiques excèdent la réalité, les esthétiques exposent plus avant la perception, l’intention avance sur l’affect et évidemment bien en avance du pulsionnel ; c’est l’en-avant qui attire le temps. Le temps, ou plus généralement, le possible même qui attire du dedans, qui est, en vérité (et pour nous en liberté) le dedans des choses, des êtres et des consciences.
Ce qui veut dire que le dedans s’exige en et par des cohérences (tout ce qui est rapports poursuit des cohérences et refoule le n’importe quoi au fur et à mesure ; de même le corps vivant est pour la conscience l’unité exclusive qui rend possible qu’il y ait conscience ; il n’y a pas une structure qui s'exécute du dehors des réalités ou de l’extérieur du corps vivant, mais une structure qui continue, de même qu’elle porte, et finalise à terme les réalités et le corps.
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