Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

Se tenir au bout du réel

14 Janvier 2017, 13:30pm

Publié par pascal doyelle

On nomme cette précédence de la structure « conscience » ; ce que l’on sait depuis des temps immémoriaux ; sauf que l’on remplissait cette conscience par un contenu et que l’on croyait qu’il s’agissait de la conscience que ce contenu avait de lui-même ; ainsi « j’ai conscience de moi » parait supposer que le moi existe avant la conscience et qu’elle y est utilisée par une identité ; alors que c’est l’inverse ; l’arc crée le moi comme il crée le langage (on sait bine que chacun reçoit le langage, qui est créé collectivement, mais c’est l’arc qui génère le langage, qui est rapports, par la cause qu’il est lui-même, arc de conscience, le rapport unique), comme il crée la perception ou les désirs. Il faut toujours constamment un point d’attirance hors du champ, par lequel tout ceci se met en branle.

Si cet arc, cette structure d’attirance est dite précédant, c’est qu’ontologiquement elle est première bien qu’elle vienne après tout le reste (cad l’univers, ce monde vivant, cette société humaine, ce langage, ce corps, ce vécu, etc) ; elle est ce par quoi tout cela s’installe, au sens ontologique, au sens qu’il faut un arc tendu vers le « là » du donné (le réel de la réalité, le réel hors-cervelle, hors mémorisation) ; autant dire que la structure de sa verticalité (qui est purement formelle, sans rien) est horizontalement enfoncée dans le donné humain ; elle soulève déjà depuis toujours n’importe quelle société humaine, de même qu’elle expose dès la racine tout vécu et tout corps individuel ; tandis qu’auparavant le collectif faisait office de vérité et de réalité, étant entendu que depuis la révolution chacun est délaissé, seul, unique, de par son corps, cet arc est extrêmement tendu et concentré en chaque personnalisation ; il se déclenche après l’enfance lorsque l’on parvient à se positionner « soi hors de soi », ce qui est une manœuvre éprouvante et fondamentalement complexe, et que l’on n’est plus le soi que l’on était, on devient le point-autre (on tombe amoureux par ex) ; bien que l’on éprouve l’impossibilité d’être ce point-autre (celui par lequel on (se) perçoit), puisque c’est « soi » que l’on perçoit … n’y étant plus. Ce chassé, ce glissement et l’impossibilité de rejoindre le point à partir duquel on perçoit, oblige à se considérer soi, comme si le dit point n‘existait pas ; or pourtant c’est ce point-autre qui existe et non pas le moi. Le contenu prend toute la place, il bouche le champ, mais en vérité c’est l’arc et le point-autre qui existe. De sorte que, en vue de l’éthique ontologique (qui décidera ou plutôt qui permettra d’orienter notre être, la structure de notre être, son exister), c’est l’élaboration de ce point-autre que dessine la philosophie (discipline la plus claire et transparente, mais éthique ontologique qui parcourt toutes les articulations, esthétiques éthiques, politiques, etc).

Et ce qui vient de ce point est toujours absolument autre ; parce que ce qui reglisse dans le conscient, dans la perception, dans la représentation et l’image, laisse le point-autre encore et toujours autre ; tout ce qui est intentionnalisé est situé, positionné sur et par l’horizon et l’horizon s’échappe puisqu’il ex-pose.

Il faut donc une intuition et perception absolument hors norme, puisque ce qui est a-perçu excède, est autre et soupçonné d’être ce à partir de quoi « il est perçu ». Il est perçu de la réalité et du réel. Et ce à partir de quoi on se perçoit. Et cependant on sait bien que l’on se perçoit… et que c’est sans fond. C’est ainsi une terrifiante articulation que l’on soit perçu par « soi-même » qui n’est pas du tout ce moi. Et c’est en ceci que l’atteinte est terrifiante, par exemple comme rapport à dieu ; « il nous regarde », il est le regard-dedans. Si l’on se demande à quoi correspond, pour ceux qui ne croient pas (et ici on ne présuppose pas du tout la croyance), à quoi correspond « dieu », c’est que le dit Regard absolument Autre toujours déjà impérativement Autre, est le point-aveugle même de chaque arc de conscience ; le point-aveugle qui-voit.

Ce qui nous est effectivement devenu presque, pour beaucoup en tout cas, insupportable ; on ne comprend même plus cela ; parce que l’on sait depuis la révolution (et la raison du 18éme, et le droit et la constitutionnalité, mais aussi surtout depuis l’acculturation et les esthétiques-poétiques, etc) que « mon » regard m’appartient ; sans cette intériorité le sujet se supprime et ça n’est pas acceptable, tout traversé et transpercé qu’il serait, qu’il était, par dieu et son observation externe, et dépouillé de son « moi-même » ; ça ne respecte pas du tout la construction structurelle ; si un dieu me supprime, il n’est pas dieu. Et de ce fait on pensera bien ceci ; que si pour nous dieu nous dilapide et que nous réclamons une intériorité, c’est qu’auparavant ce dieu transperçant créait, constituait cette intériorité, grand soulagement de devenir enfin l’individualité, sous l’exemplarité christique,  l’intériorité de ceux qui ne disposaient pas de la révolution et de leur statut d’acculturation individuelle, et que enfin vient la psychanalyse qui nous dépiaute si intégralement qu’encore le Regard, un regard encore plus étrange que celui de dieu, nous possède ; l’in-conscient.

Mais ce regard m’appartient-il ? Non qu’il soit possédé ailleurs, bien qu’on le signale des autres, à tout bout de champ ; ce serait pire si ce regard m’appartenait pas justement. C’est parce qu’il ne m’appartient pas et qu’il n’appartient à rien ni à personne que je, le Je et le moi, nous sommes libres, délivrés, de toute appartenance ; Bout du bout ou Bout du Bord, excentré et Autre. Forme sans rien ni personne, mais une et strictement individuée, tellement individuée qu’elle n’a pas même besoin de raisons, de causes, de déterminations, de contenus, d’identité pour s’exister individuée. Chaque arc est juste et rien que le Un lui-même, le rebours du pur et brut, voire brutal présent.

Lorsque l’on dit que l’arc de conscience est autre que le moi, on ne sous-entend pas du tout qu’il appartienne à quiconque ; on veut dire par ‘arc de conscience’ qu’il n’appartient à rien ni à personne, qu’il n’appartient pas même au moi et c’est tant mieux parce qu’alors l’arc est l’individué pur et brut. Non seulement cet arc ne supprime pas qu’il y ait un moi, langage ou humanisation, mais il montre par où cela s’en va. Ça s’en va par le bout. Le bout par lequel ça ex-siste. Et le bout nous transporte, nous pousse soudainement au Bord. C’est bien ce que les récits et pensées existentielles (ou mystiques ou ontologiques ou les expériences à vif telles qu’elles furent, toutes) ressentent, en renversant le centre, dans le décentrement complet de celui qui se perçoit abruptement de l’extérieur. Ou plus exactement (en quoi il faut un vocabulaire approprié, adéquat à son « objet », absolu, cad formel), qui se perçoit de l’externe, de la structure.

Se tenir au bout du réel

En somme on se tient du bout. On est toujours déjà au bout. Celui par lequel tout s’en va et celui par lequel tout survient. Et comme c’est strictement impossible d’y être, d’y être un tel ou d’y être ceci ou cela, que l’on n’y est pas, alors on y ex-siste. Ce qui est, est déterminé, et il n’est que le déterminé, mais l’exister est en-deçà ou au-dessous ou par-dessus, bref pas à sa place du tout, et signifie, indique, montre, du doigt, là où cela (n’importe quoi, tout, et plus) existe. C’est toujours du niveau d’en dessous que l’on est, ou de par-delà, comme jadis, que l’on intentionnalise, que l’on décide ou désire (et la psychanalyse en fait ses choux gras, et ce sans elle-même parvenir au bout du bout, parce que c’est impossible) ; Kant nommait cela nouménal, l’en-deçà, et y incluant l’étrange liberté ; ça vient de « là », disait-il. C’est le Bord sur lequel on se trouve perché depuis Descartes ; la Volonté nietzschéenne est dite comme cette volonté-autre (celle qui nous-veut, et qui veut selon le plus ou le moins) mais c’est une semblable délimitation ; on peut tenter mille approximations du même Bord.

Il n’est pas lieu, ou plus exactement il est effectivement lieu, de distinguer l’in-conscient et l’arc de conscience ; l’un comme l’autre n’entre pas dans le conscient. On ne dit pas « inconsciences », mais in-conscient ; or l’arc de conscience qui est arcbouté au réel ; son horizon formel, à partir de sa verticalité vide et stricte ; l’arc n’est pas le conscient mais le pose en re-venant du bout du monde, du vécu et du corps. Lorsqu’il re-vient, il revient mais comme il ne (se) voit pas, c’est comme si il venait tout court, vers nous, constituant ce nous, ce moi (et on remarquera l’arc de chacun est aussi l’arc de tous ; il n’existe que des uns, qui reviennent avec lelangage, par ex, le monde humanisé). L’in-conscient est et n’est pas l’arc de conscience ; l’échappée inconsidérée, considérable ; et si la psychanalyse démontre, lacaniennement, la structure in vivo, démontant le moi, la philosophie a supposé, expérimenté, explosé le conscient (qu’elle a quasiment tout élaboré dans le même temps, dans le même mouvement), et explosé el conscient sur la verticalité aberrante de la structure (du Bien par-dessus les idées, du dieu tout autre, du sujet impossible, de l’altérité de tout ce qui est). La description psychanalytique s’ajoute à, aux descriptions excentrées de la structure, de l’exigence, de la dureté de la limite externe-interne de notre être, qui tient justement dans l’altérité du point-autre, toujours en-dehors puisqu’il re-pose n’importe quel donné.

Mais la logique est la même ; l’altérité crée la réalité, et l’altérité est la racine même de ce en quoi nous sommes jetés ; il nous revient donc, puisque l’on n’entend pas se laisser faire, de nous saisir à notre tour de la racine ; soit d’abord de nous y pré-disposer, et en fait, au fond, de se nouer au Bord structurel de tout monde donné, de tout monde humain, de tout corps. La prédisposition consiste à ramener en nous toutes les explorations, toutes les illuminations, et les débordements, telles qu’elles se permirent effectivement d’être conduites de l’arc de conscience (l’altérité est à cette fin : déborder ; si le Bord était le Un monolithique, ça ne bougerait pas et ne s’engendrait aucune réalité, pour qu’il et puisqu’il est une réalité, c’est que le Un est l’altérité elle-même, que le Un provoque infernalement qu’il y ait réalité, parce que dire réalité signifie dire réalités, de ce qu’il y ait réalité, il y en a nécessairement plusieurs et qui dit plusieurs dit indéfiniment). Et le nouage du réel afin de pénétrer dans l’inépaisseur du Bord, dans le rouage de la machine absolue qu’est le réel.

Puisque c’est ceci qui compte, qui est recherché ; accorder notre être à ce qui est ; or il faut pour cela que l’être puisse comporter la distinction, le déchirement, l’altérité, et qu’il supporte une structure sans frein, libre avec force et puissance, potentialité, et si le réel supporte une telle structure c’est qu’elle lui est native ; la même logique qui imprime un être structurel en plein décalage ontologique, c’est la même logique qui origine la réalité. C’est par timidité que l’on cherchait par l’universel et la réconciliation ; la vérité est la brutalité du réel ; machine étincelante et violente. Se rendre violent et étincelant, mais non pas entre soi, non pas via à vis des autres consciences ; violent et étincelant et assumer la brutalité du réel, pour la convertir, convertir la plus effrayante brutalité, la rage et la violence, puisque l’on n’est pas de l’altérité native sans péril et sans périr : l’être qui surgira du dedans du réel, ce seront les dieux étranges et tous ensembles si distincts et si furieux, les dieux, les méta-machines structurelles qui existeront hors proportion et ajouteront la réelle dimension du monde. Celle qui n’existe pas. C’est l’impossible qui se cherche bruyamment dans les myriades de réalités, au travers de toutes les races, de tous les mondes ; ici ou là certaines y parviendront, pour les autres l’effacement, des mondes entiers oublié.

La machine du réel est impitoyable (mais l’est-elle vraiment ? on ne sait pas) D’une brutalité effroyable, et une monstruosité, une horreur, ça n’est pas l’Ordre qui préside, c’est le possible. Et pour qu’il y ait « réalité » il faut qu’il y ait la Possibilité. Et pour que dans cette réalité il y ait un être qui se tienne de lui-même, il faut qu’il y ait arc de conscience, ce qui veut dire « rapport à soi du rapport » (parce que si il s’agissait d’un rapport à soi d’un être déterminé, ce serait un être déterminé et non un rapport à soi, et il serait alors dépourvu du possible, de l’indétermination). Et si cet être doit s’accorder à son indétermination c’est afin qu’il réalise non plus une réalité déterminée, mais encore plus grand que la réalité ; le réel comme possible pur. C’est cela le sens de ce non sens, de cet insensé effroyable ; que dans la possibilité de la réalité, il surgisse un Possible plus grand. Ce qui est strictement impossible et constitue l’enjeu absolument radical, à la racine, la racine qui n’existe pas encore, qui commence d’exister depuis le tout début du réel.

Le réel est ce qui rend possible un plus grand possible encore. Croit-on que l’on obtiendra le réel plus grand que lui-même (étant entendu que le réel est absolument tout ce qui est, qu’il n’existe rien d ‘autre en dehors) sans déchirement, et admettre le déchirement non pas comme subi par « ce qui est », mais le déchirement à la source même, comme structure antérieure à tout ce qui est ? Sans l’effroyable déchirement, la distinction, la distinctivité poussée bien au-delà du possible, et n’est-ce pas à cette fin que dans la possibilité de la réalité, pousse à s’extirper plus grand que soi, le réel, et plus grand que le plus grand encore ? La structure est lancée, et elle ne s’éteint pas, elle ajoute. Créer de l’infini dans l’infini, et encore plus d’infini, et cela requiert ceci ; que la réalité, à la base splittée d »jà depuis toujours, soit elle-même infinie, qu’elle possède l’énergie infinie afin que d’innombrables infinités surgissent et créent, chacun, leurs cheminements, leurs élaborations en-plus.  

Et on voudrait que cette machinerie infernale puisse être supportée par un corps ? Par un moi ? Par une personne humaine ? C’est bien qu’il est requis de passer à autre chose que ce bricolage de déterminations, un moi ça ne peut ou ne veut que se lover, ça gémit et ça se rassure. Le sujet impossible est l’autre âme, l’autre corps, l’autre surface du monde.

Et plutôt que de se sustenter aux mamelles de l’universel, comme autrefois (ce qui permit la révolution et autres gigantismes, quand même), cette fois voici le sujet bien nanti et presque assuré de sa structure ; structure qui plonge, par Sartre et Lacan, jusqu’au Bord. Et entendons jusqu’au Bord du corps. Que va-t-on savoir en faire ? Il convient que nous ayons les cartes en main, puisque dorénavant nous sommes parvenus au Bord, et qu’il nous est acquis qu’il ne s’agit jamais, nulle part, en aucun sens, d’un contenu quelconque à agiter, mais de la structure de cet arc, en tant que surgeon de toute l’altérité qu’est le réel, et qu’ainsi c’est du maniement de la structure par elle-même dont il est question et non plus des innombrables colifichets qui animent prétendument nos vies.

Voir les commentaires

Le sujet dessous le moi

11 Janvier 2017, 10:38am

Publié par pascal doyelle

Il n’y a pas de sujet, parce qu’il est impossible ; mais c’est parce qu’il est impossible qu’il y a un sujet ; sinon il serait déterminé et partie du monde ; le sujet est de fait une structure impossible.

Il est effectivement des mois, c’est certain, mais composé, et qui se rêve, s'imagine un ; il se rêve parce que par l'avers il est selon le sujet, et c’est le sujet qui se propulse comme moi ; le moi croit ou imagine qu’il est, alors qu’en fait il ex-siste comme sujet. Impossible cependant de pousser le sujet dans le monde ; le sujet expose au-devant le moi, le monde et tout le reste, mais n’apparait pas. Or le sujet ne projette pas le moi au-devant de lui-même ; la cause est inversée ;  le sujet attire le moi à partir du réel ; le sujet, impossible, existe dans le réel et étire le moi vers le réel, à l'inverse du sujet kantien (quoi que l'on ne sait pas trop puisque si l'unité de l'entendement est une fonction, le sujet pratique est un noumène et on ignore "où" est le nouménal).

Or donc le moi est, et il est plein de parties, composé donc, et n’existe pas et les parties tiennent de ce que le sujet étire le moi. Grosso modo. Le sujet est impossible et n'existe qu'en acte, cad au présent.

La philosophie a créé la pensée pour prendre au piège le Bord du monde, mais ça glisse, ça prend la tangente ; de sorte que les systèmes de la pensée (des grecs à Descartes) prennent chacun telle ou telle tangente (et ce de manière structurée, pas n’importe comment et progressivement, mais pour l’instant nous sommes dans le passage de la pensée à l’origine de la pensée, soit le sujet, la structure, celle qui n’est pas et qui existe). Toutes les pensées et les systèmes pèchent par un coin. C’est par le coin que le réel entre dans la pensée ; chaque système (chaque système conséquent, cad qui assume jusqu’au bout et suffisamment achevé en sa profondeur de limite, de Bord) se retourne à la fin ou au début ou même au milieu, et c’est le Bord du monde qui pointe son nez ; il crève l’écran. De sorte que l’écran crevé, ce ne sont plus les images qui se montrent mais le miroir qui se relève d’un cran.

Il est faux de prétendre que la philosophie a voulu boucher le trou, enfin oui c’est ce qu’elle a voulu parfois, mais sa structure est telle qu’elle ne peut que, malgré les auteurs, creuser le gouffre structurel ; la pensée, dieu, le sujet, l’altérité, tout ce que l’on voudra, sont des opérateurs qui creusent le trou du réel brut. La pensée est divine, dieu est hyper exigeant, le sujet est un tourment et l’altérité une horreur. L’altérité est partout prononcée.

Le passage du monde, du composé, des images vers le miroir, dans la tangente prise, du Bord du monde est aussi le Bord du moi… ce qui est quand même beaucoup plus concernant. On est au Bord. Chaque moi est au Bord, et de son sujet, impossible, il souffre. Il souffre d’abord parce que ça fait mal, on verra, et parce que le sujet étant impossible, il ne sera jamais satisfait et que l’on est obligé de passer à autre structure de finalisation que la satisfaction, et ainsi de rompre la finalisation habituelle qui plie les intentionnalités vers le corps, et le corps n’est plus le repère que l’on pensait, et l’on n’a plus, du coup, de repère du tout, et enfin parce que le moi tend à interpréter la volition (on ne sait comment dire) interpréter la volition du sujet comme il en a l’habitude, selon le monde, le vécu ou le corps, mais c’est tout à fait autre chose que veut le sujet ; le moi est dans une profonde, profonde incompréhension. Depuis le début qu’il est, le moi n’y comprends strictement rien. Il fait semblant.

La structure du sujet est toute petite, minuscule, un rien du tout ; c’est seulement la passation de la cervelle vers le réel. Et ça fout le bazar. Une cervelle aime enregistrer ce qu’elle sait déjà. Pas la structure du sujet, pas l’arc de conscience tendu au réel. Tant que l’arc se contente de sa fonction d’enregistrement en la cervelle, ça fait, elle fait semblant. Mais l’arc est nourri d’une passion sans borne pour son activité, son activisme ; il peut très bien vouloir plus et autrement, et s’en éprendre (dans le monde des mois on appelle cela l’amour, ou l’angoisse ou des affects qui prennent tout le corps, qui glissent ou prennent la tangente du corps habituel ; il invente tellement de tangentes, des malheurs, des obsessions, des tortures que l’on n’en est plus maitre du tout, c’est sa passion absolue, cad formelle ; sa passion est formelle et non du monde ou du corps donné).

Passion sans borne parce que l’arc est sur le Bord, mieux il est le Bord lui-même ; rappelons que l’arc de conscience part de la cervelle, revient et re-vient du monde (parce que lorsqu’il revient c’est comme si il venait tout court ; il surgit nu, il revient vêtu) et que dans ce retour, c’est un nouveau tour, un re-tour, sur la surface du corps, ou plutôt créant, comme ça, de toute pièce, d’une seule pièce presque parfois, la nouvelle surface du corps, voire l’autre surface de peut-être l’autre corps (sait-on jamais). Donc ça fait mal, et mal en un sens très bizarre et incompréhensible, qui n’a aucune référence en rien dans ce monde ; on n’y est pas, dans ce monde, on le sait bien. Un pied de ce côté-çi et un autre pied on ne sait sur quel plan.

Si ça n’était pas une toute petite structure de rien du tout (au sens propre : qui n’est pas du Tout) ce serait une énorme structure déterminée (qui contiendrait la pensée du monde, ce qui est non seulement inimaginable, mais surtout absurde ; il n’y a pas de Tout dans la réalité, et donc encore moins de Tout pensé de ce tout de la réalité qui n’existe pas). Et cette structure énorme ne pourrait pas se mouvoir : or l’arc de conscience est justement cela qui se meut, ce qui se meut au plus vite, le plus rapide moyen qui soit (que l’on connaisse, ailleurs on ne sait pas) ; parce que cet arc est minuscule, sans rien, pure forme structurelle, et rigoureusement souple et agile. Pour se mouvoir il faudrait que cette énorme structure se modifie entièrement à chaque fois ; ce qui n’est pas faux non plus ; puisqu’il faut pour enregistrer une modification changer les connexions (toutes sortes de connexions, neuronales, inconscientes, conscientes, relationnelles, culturelles, etc), mais outre cette énormité de la cervelle, on dispose d’un rapport neutre, vide et formel ; l’acte de l’arc au présent. Un mécanisme minuscule, arc-ticulé au réel. Un arc-boutant.

(Une conscience ça sert à cela ; apercevoir ce que la cervelle ne perçoit que déjà mémorisé, cad ne perçoit pas, et donc la conscience, cette technologie, s’utilise à reprogrammer, hyper rapidement, la cervelle qui est un gros bœuf très mou du genou).

Et d’autant plus souple et agile, qu’il est, cet arc, à la limite, ce qui veut dire sur le Bord ; sur le Bord du monde, sur le présent ; l’arc est arc-ticulé sur le Bord, dans et par le présent ; pour cela il disposera toujours d’un avant sur la cervelle ; il existe avant la cervelle (et de ce qu’elle contient) parce qu’il revient, lui, du Bord, du présent, du réel.

Le moi pourra espérer être autant qu’il veut, non seulement ça n’arrivera pas, mais ça n’a même aucun sens dans le réel ; ça n’est pas fait pour cela ; le moi est un moyen pour le sujet lequel n’est pas mais existe.Il sera toujours ouvert par un coin, ouvert, nu et torturé par le coin.

Il est tout à fait vrai et effectif qu’il y a des mois, dans la réalité, la vie, le monde ; que l’on suppose avant le moi (dans l’avant ontologique et non chronologique, causal, puisque le sujet qui est impossible n’est pas selon le temps, le temps est une construction dans le moi ou l’humain ; on parle là de la temporalité non du temps physique ; de même on a beau changé on est toujours le Même, parce que l'on est le même sujet impossible) que l’on suppose, avant le moi, un sujet ne veut pas dire que celui-ci viendrait prendre la place du moi, ce serait idiot. Comme le soupçonne Descartes c’est un dispositif de dispositif, et le clou des dispositifs est ce mécanisme, l’arc de conscience, qui sort de la cervelle et du corps et du langage et du monde humain et se tient arcbouté au réel. Au réel seulement. Mais on ne voyait pas bien à cette époque comment un tel décalage pouvait se passer de toute substantialité, essence, détermination, serait-ce de détermination universalisée (Kant appelle cela le « sujet », mais tellement happé par l’universel que le sujet-universel-kantien n’est qu’une ébauche du sujet qui suivra ; créé de Stirner à Lacan, en passant par tous les sujets et grands sujets qui suivront le long des deux siècles, qui s’arracheront les tripes et la mentalité à qui mieux mieux).

Or un moi lorsqu’il pense à lui-même ou aux objets ou aux autres, etc, cible un contenu ; l’arc s’oublie dans son contenu ; le contenu seul vaut, seul est déterminé. Et donc seul le moi est. Sauf qu’il est perçu, décidé, voulu, désiré, etc, par un point qui n’est pas ; le sujet. Ce sujet a deux faces ; celle de la psychanalyse et celle de la philosophie.

Il n’y a pas lieu de choisir entre les deux, c’est le même ; il n’y en a qu’un, la difficulté est que le sujet ne rentre pas dans le monde, la détermination ; il est toujours déjà en dehors, sur le Bord. Or pourtant c’est certes dans les démêlés du monde, de la détermination que l’on nomme et désigne mais tout cela est perçu (au sens large) à partir du Bord unique (il y a quantité de parties du monde, du moi, de la cervelle, mais il n’y a qu’un Bord, le non nommé, non perçu, non pas négativement parce que positivement ce à partir de quoi on perçoit ; on n'imagine pas de positivité plus subtile et affirmative que celle du Bord impossible).

Il ne rentre pas dans la réalité mais se tient du réel (philosophie) et du corps (psychanalyse) ; c’est pour cela que c’est le même ; évidemment il ne s’utilise pas de même manière. La philosophie cherche à situer très exactement le Bord du monde, la psychanalyse le Bord du corps, ce qui veut dire de ce-corps-ci, d’aucun autre ; chaque arc est effectivement réel en tel corps, à chaque fois autre et un, unique, puisqu’il est, l’arc, accroché par un corps (par quoi d’autre ?) au réel ; et quel réel, qui est seulement le Bord, sinon du monde donné là, du vécu pour un moi ? Et donc totalement particulier, un signifiant, un signe, cad un rapport ; quoi d’autre puisque l’arc n’est pas un contenu mais un rapport, arc-ticulé, un retour sur le corps par lequel il se crée une surface-autre de corps.

Le Bord qui cloue le moi à son corps est dans le monde, vécu, et même perçu, et retenu dans le filet de lalangue, un rapport ineffable, non dicible ; lalangue parce que le langage est rapports (signes ; le langage n'est pas substantiel, mais relations) rapports dans le rapport d’arc de conscience ; un arc de conscience, ça crée des rapports, ça crée des langages ; étant lui-même formel, il ne crée pas des « substantialités » ; et l’accrochage de l’arc au réel dans un corps est si extraordinairement structuré qu’il ne faut pas moins que Lacan pour dépatouiller un peu ce dont il est question. Manifestant que l’arc de conscience est arcbouté non pas à la pensée (ou à l’idée image de soi comme moi) mais est un corps, revenant du monde, le corps pris dans le retour. 

Mais la psychanalyse, ça n’aura échappé à personne, vient après, bien après, la philosophie … Après Sartre pour Lacan et après Descartes et après Platon tout autant ; c’est parce qu’il y eut la positon du sujet (très bizarre ; le sujet cartésien ou kantien sont très bizarres, c’est le moins qu’on puisque dire, et ça veut dire quelque chose, quelque Bord) qu’à partir de cette position du sujet qui est inamovible parce qu’unique (il n’y en a qu’une) que l’on se perçoit un « inconscient ». C’est même le sujet qui se montre à lui-même « holala comme je suis déterminé ! ». Pareillement le moi se dit « oh comme je suis malheureux !».

On peut nommer ce sujet qui observe "sujet-objectif", rien n’y fait, si il y a un sujet objectif (Descartes annulé, restant comme sujet pas même vide mais absenté, comme si il n’y avait pas, plus de regard même, alors que de toute évidence il y a bien quelqu’Un qui regarde), c’est qu’il y a un sujet tout court.

Et croire que le dit sujet est défini par la philosophie comme « sujet massif », comme contenu, c’est vrai en partie mais c’est alors seulement opérer un seul tour. Or la philosophie est un re-tour, et retors qui plus est, qui se joue de ce qu'elle pose (très hégéliennement). De même que l’on a utilisé dieu ou « la-pensée » comme d’un moyen, on a utilisé le-sujet comme d’un outil, comme d’un opérateur d’efficacité ; on en a creusé le réel et c’est de là que non seulement on parle philosophiquement mais que l’on montre. C’est par le-sujet, pseudo massif, que l’on a structuré la vision que l'on a du sujet impossible. ON a reconstitué le sujet, la structure non-étante, ex-sistante.

Descartes ne définit pas le sujet (sinon comme énoncé relatif au dispositif complet dans le discours second) il le montre ; il montre comme il est impossible (cad en sa topique, infini) ; raison pour laquelle ça se présente comme cela, comme discours de la méthode, comme monstration du pas avancé. Il montre le Bord. Il nous glisse sur le Bord ; c’est pour cela qu’on ne peut pas l’oublier.

Suivre les tangentes de la philosophie, qui est la discipline chargée d’analyser « ce qui est arrivé à l’humain » autour de la méditerranée, c’est s’engager sur le Bord du monde, et ceci en se coulant dans les textes même qui s’avancent sur la ligne du miroir ; c’est donc dessiner le miroir, ce qui se rend réel sur la surface, la peau elle-même. Un corps extraordinaire, tout parcouru et tout vivant de la sorte de vie qu'est le structurel. C’est donc prendre absolument au sérieux tout ce qui est arrivé depuis 25 ou 30 siècles ; ça ne s’est pas rendu réel pour rien ; ce ne sont pas de vagues ou compliquées « compostions » de parties du monde,  des systèmes de bric et de broc, ou des réflexivités absconses ou subjectivistes, mais une ligne traversant effectivement la réalité à partir du Bord. Ni Sartre ni Lacan n’arrivent pas hasard. En fait rien n’arrive pas hasard.

Mais pour parcourir le réseau de lignes, il faut outrepasser les images vers, pour le miroir même ; systèmes de la pensée comme machines extrayant l’articulation surintentionnalisatrice du monde (créant des distinctions en pensées, en idées, en rapports intentionnalisateurs qui sont ou seront des différenciations du monde, du corps, dans la perception ou l’éprouvé) ; embrayages réflexifs qui se retournent sur la structure qui origine ces pensées et ces représentations et ces esthétiques, et ces politiques, et qui opèrent ces réflexivités des re-tours, de nouveaux tours dans le réal et la réalité même ; expulsions hors du monde en quête de l’altérité de l’Etre, de l’exogène Volonté ou analytiques de la structure même de notre arc de conscience, sartrien ou lacanien.

L’expérimentation de l’arc de conscience est ainsi éprouvé au contact même et nécessite pour chacun d’élaborer, de son vivant (ça ne se reçoit pas en héritage, ça n’est ni spontanément nous-mêmes, ni naturel, ça n’est inscrit nulle part tout-fait et ça doit être éprouvé au vif, dans l’actualité du présent brut), d’élaborer le hors-champ de la vision ; celle qui n’appartient pas au donné.

On est loin alors, très loin, de la sorte d’immanence et de platitude du monde donné en lequel nous serions tenus d’être « heureux » et « satisfaits » ; le changement est complet qui renverse les finalisations immédiates  et qui convertit en antériorité activiste, antériorité structurelle qui veut se réaliser, qui pousse à l’exister, mais qui pousse par l'attirance. Parce que la structure, l’arc de conscience ne contient pas un « programme » ; c’est la structure qui est le programme, et en ceci nous y sommes absolument, formellement concernés, investis, par-devers, ou selon l'avers de notre moi. Structure activiste infiniment souple et accélérative, qui est instantanément le Bord, qui s’ex-siste comme Bord, à partir duquel le reste (l’humain, le moi) se déroule, littéralement ; elle ne contient rien, elle rebroie et elle crée les, la tangente ; la tangente est ce à quoi sert le monde, et à quoi servent les mois. Le moi est à usage de son sujet (et il n’y en a qu’un seul, à chaque fois, un par corps ; le corps est bien plus étendu que la pensée ou que le langage ; il est étiré par l’arc qui pointe à partir du réel, il est attiré structurellement).

Voir les commentaires

Méta-machinerie

7 Janvier 2017, 10:36am

Publié par pascal doyelle

 

Ce qui origine la pensée

Les grecs ont raisonné, mais beaucoup ont raisonné auparavant, d’un discours qui se voulait clair et expose nettement ce qu’il dit. Ce qui change c’est que les grecs précisent que le contenu sera ici et maintenant, dans le monde, explicite ; que donc il sera l’objet d’une constatation, que ce qui est dit est constatable par quiconque et d’autre part cohérent ; sans cohérence  certains de ses éléments seraient hors de portée (imaginaires ou supposés au-delà du monde, de l’expérience) et on ne peut plus recevoir l’énoncé.

La cohérence suppose que tout l’énoncé est ici même complet, et que le raisonnement est lui-même du constaté intégral. Tout dépend alors de ce que l’on va placer dans le cercle des éléments constatables ; les grecs considèrent que la pensée est elle-même par elle-même constatée et de toute manière si il n’y avait pas « pensée » il n’y aurait pas de discours du tout ; ce qui est très bien, sauf que lorsque la pensée veut rendre compte d’elle-même, elle se heurte à son incapacité de se manifester si intégralement que la « pensée » puisse être pour elle-même explicite ; sinon de pétitionner de principe que la pensée est la pensée et qu’elle pense tout, mais ne récupère aucune raison d’être de son existence. Il faut alors considérer que la pensée est le sommet total et absolu, et se figer en cette supposée hyper évidence (le Un serait le Tout).  

(Mais, plus inquiétant, même en récupérant une « raison d’être » … ça ne suffit pas. En vérité rien ne suffit, il existe toujours et encore un écart, décalage ontologique, une distance relevant d’une dimension, et une horreur. Le bien, le bonheur, le monde, la vérité, tout cela c’est bien beau mais ça ne suffit pas.) 

La raison remplaçant la pensée. On peut tout à fait postuler que la pensée est la raison et que la raison est seulement le décryptage du donné et qu’il n’y a rien de plus à rechercher. On ne juge ni du statut de la pensée, ni de pourquoi il y a une pensée, ni du pourquoi il y a un monde, c’est juste « là », de fait. Peut-être en attendant de remonter à partir du « comment le monde s’est formé », mais le comment ne nous donnera pas le pourquoi ; on trouvera peut-être une ou mille causes, et encore faudra-t-il expliquer ces causes du monde, etc.

Le fait même est hors de portée de tout système de causes. Excepté pour dieu qui est, a priori, cause de soi, tout le reste est une affirmation unilatérale d’un donné non explicable. Et si dieu est auto explicable, c’est qu’il a la forme non d’une pensée mais d’une conscience. Ce qui veut dire de la liberté même de se causer soi ; mais on passe alors des grecs au monothéisme, par quoi se montre que le mono atteint une plus grande cohérence, bien qu’elle cesse d’être rationnelle au sens passif ; il s’agit d’une cohérence activiste.  

(Pour outrepasser ce genre de remontée des causes passives, il faut comprendre que le donné « là » est précisément lui-même sa propre mécanique ; activiste. Sous conditions, sous les conditions précises.)

On peut admettre que la pensée est une unité et on ne peut la dériver de rien ; il y a la pensée et puis c’est tout et en admettant dans le cercle de la pensée que la pensée se justifie elle-même, cad qu’elle dérive d’elle-même ; ce qui est plutôt compliqué et comme précédemment on ne voit pas pourquoi il y aurait, en plus de la pensée, un « monde » et encore moins pourquoi ce monde est « matériel » et qui ne peut être expliqué, dérivé de la pensée, puisque visiblement la matérialité du monde est autre en soi, n’est pas « de la pensée ».

Ce par quoi il faut saisir que la « pensée » est un tissage, de rapports, par des signes, et qu’il y a un tissage parce qu’il y a une structure qui tisse les signes (le signe étant lui-même une relation, une mise en relation et que pas du tout l’idée ne tient « toute seule ») ; cette structure est elle-même le rapport, unique, qui crée des rapports, c’est son travail,  sa logique, son activisme ; le langage est un tissage (passif) de relations dans et par l’unique rapport (activiste). 

Aussi passe-t-on à un second niveau ; la pensée dérive ; elle dérive d’un être spécifique et si il est dit spécifique c’est qu’il est étrange et il est étrange non seulement lui seul, mais le réel, là où l’on est, est étrange. Le réel est au présent ; il y a un présent, qui apparemment dévore toutes les réalités, et il n’y a aucune raison pour qu’il ne dévore pas la pensée elle-même. La pensée s’origine, se cause en et par un être spécifique qui est un préalable à la pensée, à savoir un être qui a conscience.

L’arc de conscience est une structure vide et formelle, qui lorsqu’elle se dégage ou commence de se dégager de ses contenus, en se surintentionnalisant, par la philosophie qui réutilise langage par exemple ou l’esthétique et les signes ou le politique, qui, gagnent leur indépendance (par rapport au groupe) tels les grecs, cet arc impose que la forme prenne le pas sur le contenu ; les grecs surinvestissent l’actualisation intentionnalisatrice, l’idée, et amène toute l’intentionnalisation en machines hyper-actives, les systèmes.

Mais revenons ; il était intenable que l’on se contente de la pensée (qui n’était dérivable de rien et gardait son unité absolue incompréhensible) ni de la raison (dont on ne pose plus même la question de sa dérivabilité, sinon accidentelle et dont on ne reconnaissait pas l’unité), aussi a-t-on en un sens repoussé le problème en admettant que la pensée se cause d’un être spécifique ; la structure de conscience. Sauf que ce ne fut pas un détour, ni de repousser le problème en un subjectivisme ; la pensée s’origine effectivement dans une structure antérieure et celle-ci hérite de la cohérence ontologique. Et du poids ontologique.

L’exploration de la structure antérieure à la pensée monte en qualification et s’impose comme LA structure réelle et univoque : unilatérale. La philosophie devient la réflexivité réelle sur un être réel et effectivement agissant (très remarquablement situé par Fichte, mais qui cible, finalise encore l’articulation selon un « idéalisme » ; la structure s’y re-expose continuellement (la reprise constante qu’il effectue par ses Doctrines de la science) ; et non dans le sens inverse d’une structure organisée dans le donné même.

C’est cette hypothèse qui émergera bon gré mal gré au travers des élaborations ; lors même que l’on visera l’idéalisme ou la Volonté ou l’Etre, la structure ne manquera pas d’apparaitre au travers et malgré l’énoncé manifeste ; jusqu’à ce que Sartre atteigne l’ontos, l’os, et que Lacan, bien arcbouté sur Sartre, déroute à nouveau l’actualisation de cette structure dans-un-corps.

Ce qui du reste permet tout autant d’admettre que l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel et l’acculturation, la personnalisation ne peuvent passer par la pensée régulée comme universel, mais que universellement il n’est dans le réel que des singuliers. Et que esthétiquement par ex quelque Un crée et crée pour quelque autre Un ;  éthique, politique, mais aussi esthétique et poétique doivent mettre en forme chaque structure de chaque arc formel ; c’est leur utilité , absolue, formelle dans l’historicité ; rendre accessible la structure en forme de Un vers chaque arc ; modifier la perception, le corps, le vécu, le relationnel ;  et esthétique et poétique s’imprègneront d’une formulation de plus en plus singulière (de celui qui relève son moi, et son humanité, vers le Un formel ontologique ici même en chaque arc ; ce qui peut s’approcher par une théorie de l’image, l’imaginal si l’on veut, la forme d’image que l’on se donne, qui nous vient sur la surface du corps, de l’autre-corps, le corps travaillé par l’arc structurel) ; que l’éthique est un rapport à soi élevé fois deux ; que la politique signifie la liberté, dont on n’a pas fini de ramener le rayon ; et que l’acculturation et la personnalisation, de manière générale, ont pour finalité de rendre possible un corps capable d’opérer quantité de réalisations, d’inventions, de créations. En bref esthétique et politique aboutissent à activer chaque arc de conscience (ce que la mass et micro médiation réalisent dans l’historicité, la nôtre depuis plus d’un siècle).

(Que se produise en chaque arc, par lui-même, un corps capable de supporter cet arc formel de conscience, ce qui n’est pas évident du tout. Ou plus difficile encore, que cet arc soit capable de se supporter lui-même, de se savoir et puis connaitre et agir en sa pré-disposition, en quoi consiste l’éthique ontologique recherchée partout.)

Esthétique ou éthique ou politique ou acculturation relèvent non pas de la « pensée » mais d’un être spécifique ; la structure  de conscience inscrite en un corps lequel existe dans un monde. De sorte que cet arc seul perçoit le réel et le présent, et si les idées de dieu, du sujet et du monde sont hors de portée de la raison raisonnable, c’est normal ; ce sont les configurations limites qui tenaient le Bord, mais l’attention à la structure de conscience est devenue la frontière-autre, la limite d’altérité ; c’est que qui s’opère depuis Kant.  

Ou alors si l’on suit l’ampleur de ce qui est en jeu on appelle « pensée » non plus seulement le discours auto-cohérent, mais le discours qui tient compte du constatable (à savoir tout cela sus nommé) : donc non pas la pensée toute seule (ou la raison  qui n’interroge même plus sa place, son lieu) mais la pensée comme pensée de notre-être/dans l’être ; ce que les grecs avaient bien compris (ils n’animaient pas la « raison », mais le monde par la pensée et la position de celle-ci, cad le retour sur soi de cette pensée, sa position dans et par l’être). Et si tout en conservant l’articulation grecque de notre-être/dans l’être, on déplace l’origine comme antérieure à la pensée, il faut admettre la structure, l’arc/dans le réel (que celui-ci soit l’étendue, le monde, l’altérité, le donné, l’existentiel, ou le présent).

Suite à la pensée on a nommé « raison » ce qui prît la place de la pensée ; sous condition que l’on ait inventé, créé le sujet, lequel pouvait alors aisément utiliser la pensée comme raison, dans le circuit sujet-objet, et intériorité-extériorité comme subjectivité-objectivité, sous condition donc qu’il cesse de se présenter lui-même dans le discours, qu’il s’oublie et s’annule et s’absente, ou se dramatise comme subjectivité (ou comme maladie, psychique, puisque le poids ontologique de l’arc en chacun est effarant) ; on a donc abandonné, par la raison, toute la verticalité, ne conservant que l’horizontalité, le monde donné là, le corps, le moi, l’humain. Ce qui est tout à fait excellent mais absolument partiel (voire partial, et formant à soi-même une idéologie, non péjorativement ; l’idéologie réaliste naturaliste humaniste). Ayant créé le sujet on a pu poser « le donné expliquant le donné » soit l’objet face à un sujet (rendu absent, absenté), mais aussi le moi doté d’une unité propre (inscrite comme citoyen par ex, mais plus généralement comme sujet de l’acculturation, de l’esthétique, du poétique, du récit, etc).

Si l’on reprend la pensée au sens initial, grec, de notre-être/dans l’être (et non plus de cet être coupé de lui-même et réduit à une partie du monde, ce que de toute évidence il n’est pas, puisque déjà il s’interroge, se penche sur le monde, autre) alors penser équivaut à réflexivité ; soit retour sur l’être, le là du monde (et si pour les grecs il s’agissait de l’amour du monde, pour nous il s’offre comme altérité effarante) et retour sur cet être que l’on est dans ou sur le monde (la structure) et retour de manière générale, sur le Fait, absolu, que le réel existe (et qu’il existe comme présent).  

Réflexivité n’est pas le retour du contenu sur lui-même, mais qu’il y ait un être, spécifique, qui soit capable, d’élaborer une pensée (des séries de relations dans et par le rapport qu’il est), de créer des esthétiques, de lancer des éthiques, de prévoir des politiques, de se diviser comme sujet-objet, d’éprouver la surface de son corps et qu’il est un moi. La structure est ainsi bien plus cohérente en sa description, en ceci que cette description tient compte, simplement, du donné là (et non pas postule idéologiquement qu’il n’est que le donné objectivistement conçu) ; et le départ en est Descartes qui montre, de fait, dans le Fait même, qu’il y a un tel arc effectivement réel.

De sorte que la vision se déplace (elle se déplace elle-même, elle est gyroscopique, n’a pas de point fixe, elle est le point-qui-se-déplace et c’est la théorie de ce point sans fixité qui est l’objet philosophique même, si l’on peut encore parler d’objet, c’est uniquement une analogie) ; ce qui travaille Descartes, Kant, Fichte, Hegel, Husserl, (Nietzsche, Heidegger), Sartre, Lacan c’est la mise à jour, patiente, de la structure de cet-être. Il ne doit pas être conçu que cette enquête, l’examen de cet-être, cet arc de conscience, soit comme le préalable, la subjectivité qui attendrait la pensée, la raison ou l’universel, mais en tant que cette structure est avant-tout, antérieure ; et que donc la pensée (qui garde absolument toute sa qualification, qui est universelle, qui est vraie en ces idées et systèmes (sous les conditions que l’on verra), et raison s’adonnant au monde et droit s’agissant de la structure des libertés dans la société humaine etc) que la pensée, donc, est moyen, moyen de cette structure ; la structure emploie tous ces moyens afin de déployer son entière capacité.

Ce qui veut dire sa possibilité ; l’arc formel de conscience est la technologie, ce mécanisme de l’arc de conscience, qu’a créé le réel (en tant qu’il est la machine qu’est le présent), et ce apparemment afin de produire dans le monde, dans le donné, dans le présent un autre accès ; ce qui veut dire un autre excès ; l’arc de conscience (le réel est un excès qui s’ouvre par un autre excès, on ne sait en quel sens).

Soit donc le rapport à (soi) en lequel rapport le dit « soi » est le rapport lui-même, et non telle ou telle identité ou détermination ; ou si l’on veut parmi toutes les choses qui sont, identiques à elles-mêmes, il existe un être qui a rapport à soi et qui (est) ce rapport qu’il (a) ; l’être se déplace dans le (a) ; ce qui est rigoureusement insensé et impossible, et pourtant réel (donc le réel est l’accès à l’excès, pour le dire ; ou le plus petit est le plus grand ; dans l’infini du réel il y a un ou des infinis).

(Remarquons ; le rapport que la structure est, n’est pas le Moi fichtéen ; en ceci qu’il n’a pas de contenu, et qu’il n’y a pas lieu de jongler avec la déduction d’un contenu substantiel, qui doit se diviser ou s’auto diviser, Moi/non-Moi, comme si la « pensée » était un être en soi ou comme si cela engendrait une Pensée qui se sait elle-même, hégélienne, au travers des consciences-subjectives ; il s’agit ici d’une structure effective et réelle, non d’une idée ; sitôt que l’on pose la pensée comme « pensée qui se sait » on n’en sort plus ; il devient impossible de montrer l’altérité du donné, ni l’effarement radical d’exister, ou qu’il y ait un présent par ex, et on n’atteint pas la capacité détendre la réflexivité à l’exister même, à ce splittage fabuleux et inhumain du réel, dont on ne sait pas de où il se produit, ni vers « quoi » il avance ; ce que le mécanisme de conscience dans la machine du présent « veut » ; dans l’hypothèse d’une pensée qui pense on aboutit à une grosse tautologie qui ne signifie rien ; par quoi se remarque que forcément et quelque que soit la séquentialité que l’on adopte, il faut y introduire l’altérité et si on introduit l’altérité, quoi que l’on fasse, l’altérité est le réel même, elle dévore tout, ou fait tout ex-sister).

Comme c’est un rapport, on ne peut pas dire qu’il « est », on le nomme donc ex-sister. L’analytique de cet ex-sister est tout l’enjeu. Et il ne fallut pas attendre Sartre ou Heidegger ; depuis le début l’articulation, le rapport arc/exister, est ciblé, sous différentes et distinctives formulations dont aucune n’est à négliger ; il faut remonter intégralement le devenir depuis la méditerranée (et plus loin évidemment) pour réintégrer la structure de cet arc que l’on est, de réactualiser toute la possibilité du Bord du monde.  

A savoir que le monde a un Bord parce qu’il devient, et il devient parce que le présent est le « lieu » unique de la production, effarante, du Un, du Un en un sens spécifique ; du Un comme altérité (du donné monde dispersément Autre) et comme méta altérité (des arcs de consciences indéfiniment ouvert et autres), libre ensuite de supposer une hyper-méta-altérité (à la suite des métas) ; une méta-hyper-machinerie incrustée dans la machine réel, au-dessus du réel, plus réelle que le réel. Bref celle que l’on voudra, parce que de cela on ne sait rien.

Mais cette processualité indique que si hyper altérité il y a , aura, a été, sera, méta existante, sur-existante (une sorte de « méta hyper structure », qui serait l’infini par-dessus et dans et par l’infini du monde donné là ; bref un « être hyper monstrueux invraisemblable » mais diablement passionnant à penser, engendré par le donné splitté lui-même monstrueusement) c’est que la logique du réel est quand même bien insensée … Il n’est pas un être-là-donné, passivement écrasée sous son propre poids (tout monde déterminé est destiné, apparemment, à disparaitre) mais est un être actif et donc non plus un être donné mais un activisme, une machine, un mécanisme ; raison pour laquelle il y a un présent. Le présent, ce qui nous est si proche, au point de nous précéder partout, est l’activisme même.

Voir les commentaires

Théorie de ce qui a lieu, ici et partout

1 Janvier 2017, 16:49pm

Publié par pascal doyelle

La division est le réel, non pas qu’il y ait division du réel, la division est le réel ; aussi ne peut-on penser ce qui est comme si il était une chose, mais qu’il faille bien plutôt penser la division comme telle. Lorsque la métaphysique, la pensée ou dieu sont supposés comme super contenu (de tous les autres contenus) on peut juger qu’il s’agit là d’une erreur ; mais si l’on y prête attention suffisante ou si l’on s’y investit, on comprend bien que la pensée ou dieu servent d’opérateurs et installent eux-mêmes que la division soit réellement ce qui est pensé, représenté.

Autre version ; il faut passer des images (des représentations, des idées, des identités, que soit tel le moi ou tel le langage) au miroir et penser le miroir lui-même. Et on perçoit bien alors la difficulté ; on ne peut user d’images pour le miroir et pourtant il n’est que des images.

Aussi la technique philosophique est-elle distordue ; elle subit, accepte, intègre l’inflexion de son « objet » ; étant entendu que cet objet est le sujet lui-même. On a pu gloser et se moquer de l’arrogance philosophique en la cantonnant au subjectivisme ; mais d’abord aucun autre discours ne dit le sujet (la science s’en garde bien, faisant comme si les objets de connaissance n’apparaissaient à personne, face à un regard vide et annulé, non interrogé) et d’autre part les prétendues contradictions philosophiques ne valent que lorsque l’on se limite de définir son objet comme un objet et non comme un devenir, un possible, d’une structure remarquée, localisée, détourée, exposée, décrite, montrée, et même démontrée ; et autre-objet qui se fonde sur ceci ; qu’il existe, de fait, un décalage et que notre structure d’être est un tel décalage ; ce serait manifester son « objectivité idéologique » que de présenter notre être tel une chose ou une composition inerte (cad subissant, passive, alors que visiblement nous sommes capables de modifier notre milieu mais aussi de modifier notre composition, et que donc nous n’en sommes pas). C’est ce décalage qui est « sujet » ; ce qui existe comme rapport et qui doit être dénommé « exister » et non « être ».

C’est en ceci que parce qu’il y a arc de conscience, il se constitue une perception, un langage, un corps, une humanisation ; l’arc tisse immédiatement la réalité, et trame instantanément le réel. Il n’y a pas perception puis conscience structurelle, langage puis conscience structurelle, monde humain puis conscience structurelle ; il y a arc de structure portant sur le réel, et puis le reste est produit comme effets.

Outre cette évidence de décalage, dit forcément ontologique puisqu’il ouvre un autre plan, il faut considérer les explorations de ce décalage selon une parfaite lucidité et admettant leur altérité, ne pas abolir ces expérimentations qui eurent lieu ; puisque le décalage est réel, les devenirs à l’intérieur de celui-ci sont opérés par chaque arc de conscience, à vif de leur existence. Ce que bien sur sa nature même de décalage, de rapport rend possible ; le rapport qu’est une conscience / de soi manifeste une altérité telle qu’elle s’exporte hors d’elle-même, qu’elle assiste à sa différenciation absurde, et pour la raison qu’elle est déjà toujours un tel décalage ; le décalage ne se produit pas en plus d’un donné, le décalage était déjà là et le donné, la détermination ensuite ; et ce qui veut dire sans raison et le problème tout à fait général est celui-ci ; dès que l’on admet le décalage et donc l’altérité, alors l’altérité devient le réel même…

Ou si l’on préfère ; il est absurde que le même conditionne le même, puisqu’ils sont structurellement identiques, tandis qu’il est extrêmement étrange et pour ainsi dire terrifiant que l’altérité puisse se configurer elle-même ; ce qui est pourtant son principe absolu. Que si il est effectivement un être qui soit Autre que lui-même, ce dont témoigne le décalage, alors le réel supporte au moins un être qui obtient en ceci son statut aberrant de gyroscope (en un sens spécifique, dépourvu de plan central, qui tourne sans référant mais qui tourne) ; il n’est aucun point fixe qui le fige, parce qu’il est, lui, le point qui se meut. Ce par quoi, donc, les choses se déplacent. Gyroscope parce que l’on ne sait pas de « où » il regarde, étant ce à partir de quoi « il est regardé », que tout se trouve au-devant de ce point.

C’est ce que signifie que l’arc de conscience se tienne de l’exister et non de l’être ; et que si l’exister, le présent est cela seul qui est, toute la réalité est relative à la forme : il n’existe que l’exister et l’être lui est relatif. Que le présent et le monde en est le dépôt, ce qui veut dire le moyen. La réalité va produire des déterminations jusqu’à ce que dans les déterminations un être-autre, une autre forme apparaisse, et si un forme apparait, en tant que formelle, elle sera relative non à la détermination mais à soi en tant que forme, et on n’imagine pas autrement une forme que celle-ci ; ce qui existe du rapport qu’elle est comme rapport. En retour dans la réalité si il se produit une forme, c’est la réalité est elle-même constituée formellement et que, autant que l’on sache, la forme active dans la réalité est le réel, cad le présent.

Nous sommes donc par, et sans doute pour, ce centre-absent (qui est le centre parce qu’absent, sinon il serait dans la composition du monde, et le dit centre ne doit pas, ne peut être imaginer autrement que « le plus proche », « partout le plus proche », et il n’est rien de plus proche que le présent), et de nous balancer sur ce centre, autrement nommé Bord du monde, cela fait l’objet d’une intuition, ou plus exactement d’une perception ; ce qui parait évidemment délirant, puisque ça n’est pas dans le monde, mais il serait incohérent que cet être, qui est un rapport, n’ait aucune perception du cercle ou demi cercle qu’il forme ; cette perception est interne à la structure même mais comme nous nous situons ici au centre aberrant de tout ce qui est, l’obscurité est la richesse de l’articulation même ; inutile d’imaginer que l’on en viendra à bout aisément et ce d’autant plus que le centre constitué en et par l’altérité est justement ce qui est en cours, ce qui se réalise, et ce par « quoi » il est un présent, étant ce présent lui-même. Mais en un sens spécifique. 

Ce qui est supposé est donc ceci ; que lorsque notre structure s’apparait à elle-même c’est nue et non comme un contenu, mais ayant enchevêtré la logique du contenu en celle la forme, ayant enchainé le contenu mais à plus grand que lui ; ce qui se nomme « pensée », mais la pensée subira un remaniement structurel, jusqu’à atteindre la réflexivité analytique, à savoir le retour sur cet-être à partir duquel nous sommes les effets ; enchainer mais afin de libérer et cela ne va pas sans mal et parait si lourd à porter ; le réel n’est pas une facilité. La pensée est la mise en jeu intentionnalisatrice (sous-entendu ; tout se passe ici et maintenant et on ne peut rien supposer au-delà du donné là et du donc du « là » du donné, soit l’être). Comment le serait-il ? La forme est la nouvelle perception, celle qui use du langage et du groupe et du monde et du corps, en une autre-fin ; et elle en commence par se formuler comme pensée, cad comme développement de ce qui était jusqu’alors plié dans tel ou tel contenu, dans tel ou tel monde humain particulier, et la notion de « particulier » apparait bien sur rétrospectivement, à la lumière que cette fois il ne s’agit plus d’un monde particulier, mais du monde même, caractérisé comme monde universel, ce qui signifie surtout, a priori, unique (en ceci que l’on ne sait pas ce que « universel » signifie réellement, pour le moment) ;  elle brise les contenus préalables, ceux du groupe et du langage et crée son propre signe ; caractérisé par la survenue de la forme sans rien, outrepassant n’importe quel contenu, représentation ; créant le nouveau langage, répercutant les nouvelles expériences accomplies à vif, dans le retournement du monde devenu perçu et saisi dans le kaléidoscope qu’est la pensée, la sur-intentionnalisation qui s’acquiert du vivant de soi et non reçu en héritage.

Chacun doit réaliser, rendre réel la pensée, puis le christique, puis le sujet, puis l’altérité, puis l’analytique (Sartre et Lacan) de cet ontos (l’os de notre chair, l’os dans notre chair, la structure) ; l’acquérir de son vivant puisque c’est d’une part ici et maintenant que parait l’arc et la structure réelle et que d’autre part il s’agit d’élaborer l’autre-surface du corps (le corps qui perçoit plus que son dû) et par lequel procédé il faut agglutiner les images suffisantes qui mènent au miroir et non plus aux images du monde, du moi, du corps donné là (qui en cas tournent en boucle ou pire s’enfoncent de plus en plus en-dessous du donné, dans le donné creusé, écrasé, déliré, déformé par l’arc qui, lorsqu’il ne se sait pas, cherche dans l’immédiateté ce qui n’existe que structurellement).  

Et que s’apparaissant à elle-même cette expression, manifestation est un fait objectif ; autrement dit lorsque ces arcs de conscience tenteront de mesurer la source, la nature, le rayon, la possibilité du dit décalage (puisque c’est ce décalage qui est constaté et qui émerge tandis que, jusqu’alors enclos en un monde particulier), dans leurs tentatives ils accusent pleinement le coup et comprennent bien qu’ils suscitent la source de l’être, mais ne savent pas encore que la source pointe durement, quoi que le Un ne soit pas autrement que la sourde pointe invraisemblable, hors logique objective ; ce qui leur vient est une articulation, une énonciation, une description spécifiquement rigoureuse ; de par cette logique impérieuse que l’arc qui se constate n’entend pas quitter le réel.

Puisqu’il ne suppose rien au-delà ; il veut saisir et être saisi par ce qu’il énonce, ou plus généralement par ce qu’il intentionnalise. Malmener l’instruction, l’enquête menée par cet arc sur sa propre position, sur la nature et le rayon et le possible de ce décalage, c’est se priver de sources de première main et du seul type d’expérience ontologique qui se puisse (puisque seul l’arc de conscience a accès au réel, lui seul est posé vers l’horizon ; il est cet accès au sens où il l’ex-siste dans l’ex-sister) ; c’est ne pas voir que ce qui transparait, traverse l’énonciation est perçu dans le présent même et l’actualité d’une puissance, d’une potentialité qui s’exerce et se réalise, et se rend réelle ; c’est croire que ces expériences se bluffent elles-mêmes comme tel ou tel contenu, alors que ce qui se montre c’est une position, ce qui signifie une structure. Et c’est de cette position extrêmement étrange et non objective, au sens qu’un signifiant voudrait en récupérer le signifié, que la philosophie est tordue et provoque la distorsion de l’arc de conscience qui l’y entend, qui s’y entend.  

Il faut ainsi poser objectivement, et donc hyper objectivement, que ce qui eut lieu est la torsion de ce point du centre sur, vers, par lui-même et notifier ce fait comme un fait objectif. Il y eut réellement des arcs de conscience qui se sont postés sur le Bord et décrit l’aperception dite par exemple  transcendantale du réel. Mais en fait toutes les pensées, cad les réflexivités, les retours vers/sur cet-être, analysent (et y compris et surtout en tant que cette structure n’est pas observable sinon en tant qu’elle se crée, sinon elle ne serait pas formelle ; l’arc avance par le réel sur son possible brut) analysent cette structure qui n’est pas un donné mais une articulation, arc de conscience/réel, et signifie que même le réel est articulé, est un non-un (n’est pas un être) mais est de cela le véritable Un (comme Exister pur et brut), comme présent constant, invariant.  

Voir les commentaires

L’arc dans le moi

27 Décembre 2016, 11:03am

Publié par pascal doyelle

L’arc-portant du moi

Il y eut ainsi rupture, absolue, totale, intégrale, autour de la méditerranée ; on nomme cela « occidentalisation » mais comme le mouvement intègre toute la méditerranée jusqu’au Proche-Orient, c’est uniquement par facilité d’appellation d’abord et ensuite parce qu’effectivement l’occidentalisation est la proie de l’altérité fondamentale (qui est aussi bien l’altérité de tout ce qui est ; l’univers, ou les univers si il y a lieu, est une monstruosité, une brutalité effarante).

Mais cette altérité est la vérité, cad la réalité même.

Les grecs et les monothéismes, le christique et l’européanisme, la révolution et la raison humaniste naturaliste réaliste individualiste sont les effets d’une découverte qui fut aussi une invention, une création ; parce que ce qui fut découvert (ayant été jusqu’alors re-couvert par les diverses cultures, peuples, mondes humains, particuliers, séparés, natifs) est une structure, l’arc de conscience, et qu’elle ne peut pas se montrer dans le monde, est non visible, étant ce par quoi il est du visible.

Si l’on s’en prend à la philosophie, elle découvre premièrement qu’existe la possibilité de pensée ; soit donc de produire des intentionnalisations à propos du monde donné « là » (le « là » signifiant l’être des grecs, et l’universel de la pensée assumant le monde, le donné) et de les produire « de son vivant » si l’on veut ; en ceci que pour penser il faut créer pour soi-même une pensée qui n’appartient plus au groupe, au langage, au donné, au corps, mais qu’il doit être expérimentée de visu ; la pensée, ce qui se nomme soi-même tel, est l’augmentation considérable de l’intentionnalisation à propos du monde, du vécu, du groupe, de la perception, en bref à propos de tout puisque la structure qui pointe au travers est celle antérieure à tous les phénomènes humains, toute la représentation, tous les mondes ; toucher à cette structure c’est modifier la totalité des effets ; les effets de cette structure, donc tout, y compris ce dont elle-même cette structure se considère réclamant une auto conception, et définissant sa position, sa position par rapport à ce qu’elle cible ; le « là » de toute chose et tout être, l’être, le réel.  

On comprend donc que cette structure doit créer son propre repérage ; elle n’a rien du monde, ni de l’humain défini comme monde particulier, et la « pensée » tout comme l’esthétique ou la politique, éthique ou l’idéel, doivent reposer sur leur propre mouvement ; mais comme la structure n’est pas « en soi », mais se tient techniquement en tant que Bord du monde, le moindre de ses déplacements soulève telle ou telle partie du monde donné là ; son objectité (entendons par objectité non seulement l’objectivité, mais les tout autant les réalisations humanisantes qui s’inscrivent comme déploiement du possible de cette structure ; et ce jusqu’à la révolution, instituant le un par un de chaque arc de conscience, cad la liberté, la politique même) pourra emplir le monde, voire le déborder (et sous peine de le dévaster).

Ainsi le dieu Un tout-Autre, la pensée, puis le sujet puis l’altérité s’imposent comme exigence, exigence pure et brute. Tandis que constamment l’humain veut se refermer comme monde, comme langage, comme donné, comme groupe et finalisation selon les intérêts particuliers. Remarquons que le sujet n’est pas l’individualité ; l’individualité s’est fondée sur l’universel mais pour oublier aussi vite que possible cet universel, à quoi s’opposerait le sujet qui maintiendrait idéalement l’universel mais à sa manière kantienne extrêmement froid et sans contenu jusqu’au vertige. Sauf que le sujet n’est pas seulement selon l’universel ; le sujet est le singulier ; ce par quoi il excède même l’universel mais à condition, sous condition qu’il soit, que chacun soit amène de s’élaborer lui-même.

C’est ce qui fut recherché en tous sens par toute individualité ; que dans un moi se structure le sujet ; à savoir que le sujet est impossible ; c’est cette impossibilité même (qui crée qu’il y ait sujet, sinon ce serait une pierre ou une table) qui travaille, torture le moi (qu’il n’y ait pas satisfaction en quoi que ce soit de sa structure de sujet et en tant que cette structure doit se tenir elle-même comme insatisfaction, et que donc elle ne se soutienne pas, plus du corps ; tandis que tout le moi est architecturé sur ses finalités ployées, pliées vers le corps, vers le « bonheur » comme état du corps, ce qui se retrouve dans l’inquiétude psychanalytique).

Le christique, la pensée, le sujet, l’altérité (comme philosophies et acculturations) tendaient à supporter cette insatisfaction ; mais l’adaptation de la pensée en raison, de dieu en naturalisme, du sujet en moi ont cru admissible que, étant naturels et réalistes, les mois puissent effectivement rendre réel leur bonheur (puisque toutes les parties de la « nature humaine » trouverait, à n’ne point douter, leurs correspondances dans le monde ; ce qui évidemment est erroné). Aussi les mois deviennent-ils fous, décentrés, mais au mauvais sens ; ils subissent le décentrement que de toute manière le sujet (impossible) en eux enclenche. Qu’il y ait dans le moi un centre (décentré apr structure, sinon on ne serait pas « conscience ») insatisfait est pour le moi une obscurité incompréhensible, cad fondamentale ; puisque ce dé-centre de l’arc de conscience non seulement, si l’on peut dire,  est fondamental mais est antérieur à toute représentation, signe, vécu, corps, langage, etc. aussi est-ce une incompréhension absolument outre mesure, hors de portée d’un moi ou d’un humanisme ou d’une raison qui croit que tout est donné dans le donné. Le Bord du monde donné n’appartient pas au monde.

Ce qui se nomme sujet, comme singulier impossible, est précisément ce qu’explore depuis le début non seulement la philosophie mais toute esthétique et poétique, éthique et politique ; le tout assumant une éthique ontologique ; qui sans contredire Kant et l’universel, s’instancie comme sujet dans la singularité ontologique et existentielle ; soit donc ; comment programmer l’arc de conscience … qui ne se programme pas … qui se réoriente, se prédispose ; la prédisposition est justement ce que Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan veulent installer dans leur exploration, création, dans et par leur technologie (technologies parce que sur cet être technique, cette technique ontologique, inventée par le monde donné là,  qu’est l’arc de conscience articulé au réel).   

Le sujet, dit impossible, n’est pas le sujet universel ; il n’y contredit pas (parce que sans l’universel il n’est pas de sujet réel ; il faut se respecter et respecter les autres sujets, sinon dans nos actes et nos intentionnalités on ne parvient pas à lever le niveau, on sort de la cohérence minimale, en deçà de laquelle il n’est plus que du brouillon et du fantasme), mais le sujet ontologique par delà l’universel c’est le créateur, l’inventeur, l’imaginal ; le créateur de formes, l’inventeur technologique, l’imaginal psychologique, voire psychique au sens de grande psychologie, et relationnel ; que l’on sache que tous soient alignés sur l’universel n’a pas appauvri l’humanisation puisque cela a permis la personnalisation … de même que chacun soit un moi n’a pas réduit le champ mais décuplées les possibilités. De même que la philosophie n’a pas écrasé par la pensée mais au contraire rendu possibles quantité de systèmes, d’éthiques, de politiques, de sciences, de droits.

Remonter dans l’architecture de l’arc de conscience est ce dont le moi ne peut pas se rendre compte ; il croit que « sa » conscience est la sienne … que son moi est ce qui limite sa conscience. Sauf à croire parfois qu’il fasse partie d’une « conscience globale » ou d’une unification ésotérique. Alors que son arc de conscience remonte via Jimi Hendrix, Rimbaud, Nietzsche et Descartes, le christique ou Aristote. C’est l’articulation telle qu’elle fut inventée, créée, explorée, et donc élaborée, architecturée et dont son arc est issu, né, porté.  

L’arc-portant est la racine ; que le moi ne cherche qu’à résoudre sa propre détermination, enfermé dans son image (l’image et non le miroir lui-même, or la pensée, la réflexivité, le sujet permettent justement de restructurer pour notre conscience le miroir et non les images), cet enfermement le condamne. Au tourment indéfini. Il s’agitera d’une image à l’autre, d’un ensemble de déterminations à l’autre, d’un objet à l’autre contenu, sans se connaitre comme forme, structure et demeurera étranger à son devenir, à son historicité.

La vérité étant que toute l’intégralité de ce monde humain, selon son organisationnel propre, veut le convaincre par mille moyens de sa non originalité ; le monde humain s’ingénie à le clouer sur place, le figer, fixer sa forme dans tel ou tel ensemble de détermination. Dans le même temps ce moi, les mois tous ensemble, cherchent à utiliser ce paquet d’images extérieures afin de réintégrer son être ; ou donc d’intégrer dans ce corps la forme impossible de l’arc de conscience. Cet arc qui, rappel, né de la cervelle vers le donné là et le « là » du donné (la position de réel), est difficilement supporté par un corps, et pareillement l’humain ne supporte pas que tout contenu soit et en soit qu’une représentation ; une représentation toujours refermantes que les configurations explosent (dieu le un tout-Autre, le christique, la pensée et l’universel, le sujet et l’altérité et la singularité individuée) et desquelles elles exigent qu’elles adhèrent non à telle ou telle réalité close mais au réel non clos.

C’est une volonté pliée vers le monde qui a voulu s’inscrire comme rationalité réaliste naturaliste ; en ceci que la raison (du 18éme, celle qui ne garde de Kant que sa limitation de la métaphysique mais en voit pas qu’il voulut installer le transcendantal du sujet, en quoi il présentait que la philosophie était passée à un autre registre du réel, suivant en cela Descartes) va imposer partout que la pensée, la cohérence ne se définit que via la version d’adaptation de la réflexivité qui a transformé la pensée de structure en raison du donné ; le donné explique le donné et le moi n’est qu’un bricolage psychologique (un corps langage). Il est clair que la raison s’effectuant comme donné est en réalité la fixité de l’objectivité ; soit donc que certes l’objectivité est vraie et réelle mais en même temps elle est la production de consciences qui annulent qu’il existe de la conscience.

Il apparait ainsi que la philosophie ni la structure du sujet (impossible) ne s’effondrent hors du monde, mais tiennent le Bord lui-même ; et on n’a pas le choix, puisqu’il s’agit de la structure réelle antérieure à tout choix, ce qui veut dire « qui les rend tous possibles » et ce depuis que cette structure est apparue (dans l’historicité et comme historicité ; puisque ce qui existe structurellement retient, re-tient, tout déplacement de position sur le (même) Bord. Pareillement les mois, chaque moi, un par un, sont soumis à l’antériorité de la structure individuée ; c’est pour cela qu’il existe des mois, qu’ils aient à se coltiner la dureté. Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan tiennent non pas une vague structure inefficace et irréelle, mais la dureté du réel, de même que les Grands Sujets éprouvent et nous montrent les cheminements impossibles (par-dessus l’universel et au travers que leur épreuve et extrémismes, vouloir encore au-delà de l’universel la singularité) et que les sujets (Descartes, Kant, Fichte, Hegel) délimitent l’attention qui précède, qui origine l’universel. Ils fixent l’invariant, l’hyper objectivité de l’arc structurel (comportant à la fois l’arc de conscience et l’arc du présent, ce creusement abyssal).

Voir les commentaires

De la liberté brute, décentrée, élevée

21 Décembre 2016, 15:51pm

Publié par pascal doyelle

L’horizon derrière le monde, par-dessus le corps.

On cherchera en vain une telle réunion qui serait l’Etre ; parce que la finalité du réel est d’utiliser la détermination, les choses, les êtres, la matière, et l’énergie auparavant, afin de créer une forme absolument autre. Que don l’être, le donné là n’est absolument pas du tout complet et donc ne peut pas être pensé « objectivement » ; entendant par là non seulement la métaphysique (il n’existe pas de tout qui serait Un, pour la raison que le Un existe et que donc il exclut quelque tout que ce soit), mais aussi la science ; non pas qu’elle ne puisse pas, un jour, comprendre toute la réalité donnée là (pourquoi pas), mais en ceci que de toute manière cette conscience que l’on en aura s’exclura de fait du jeu de l’ensemble du donné ; et la question se posera ; que fait-on maintenant ?

Par ces deux exemples, pour ainsi dire, on comprend, presque, que la structure du réel n’est pas un donné qui serait un tout, mais un Un qui exploite la réalité, les réalités, lesquelles ne sont que des moyens d’un fin qui échappe ; ou, ce qui revient au même, que le réel est ouvert. C’est pour cela qu’il existe un présent et que si il existe le présent seul est réel, ou donc que le réel est le présent. Et rien d’autre.

Tout se passe dans le présent, et pour chacun dans son ici et maintenant (ce disant on n’imagine pas du tout qu’il existerait un point externe qui percevrait tous les ici et maintenant, on n’en sait rien du tout ; on constate que chacun est dans l’ici et maintenant ; ce que vous lisez dans l’ici et maintenant (qui est seul réel), est écrit depuis longtemps, dans son ici et maintenant propre ; parfaitement, cad absolument distinct ; un jour on sera mort et sorti de l’ici et maintenant unique, les dinosaures ont disparus depuis longtemps, il ne reste des ossements ou du pétrole pour les fougères et plancton, ce sont des choses, des choses qui restent, des informations qui transitent, des dépôts du présent, qui a créé, engendré les mondes, les réalités, les dinosaures).

Pareillement il n’est pas de futur ; on se demande bien de où il viendrait. Ça n’est pas parce que l’on pense, imagine le futur qu’il existe ; en général on imagine le futur (ou rassemble le passé) en vérité en fonction des intérêts du présent. Cela veut dire que l’on est libre et absolument libre ; ce que l’on pense mais aussi désire, imagine, croit, décide, intentionnalise de manière plus générale dispose le futur et interprète le passé. Si vous avez une âme (ce que l’on n’affirme pas ici, on n’en sait rien, ni ce qu’il faudrait entendre par là), c’est ici et maintenant qu’elle se décide, se dessine, se juge, se compose et se recompose ; la liberté n’est pas de choisir entre le bien et le mal, mais d’inventer, de créer, d’ajouter au donné des possibilités que seule une liberté peut créer (des possibilités donc qui ne sont pas dans le donné, qui ne sont pas dans votre passé par ex, du reste tout moi est déjà lui-même un surplus par lequel il entend se débarrasser ou se dérouler ou s’enrouler et ré enrouler son passé ; un moi, ça n’est pas une composition de langage-corps, mais une décision et une imagination qui seules se perçoivent ; on pourra en passer par la psychiatrie, psychanalyse, psychologie, par telle ou telle expérience ou attente heureuse ou déçue, etc, mais si ce sont des perspectives qui éclairent l’intentionnalité que l’on est, aucune n’est la perspective unique et exclusive que l’on existe ; même durement influencé ou contraint on joue sur la dimension unique qui s’ouvre seule par et pour une liberté).

Notre âme, cad ce que l’on fait de soi (et on influe toujours sur ce que l’on est déjà, on se débrouille toujours avec ce bricolage qu’est un moi, on bricole le bricolage), est donc en instance, en instanciation du présent ; ici et maintenant décidez de ce que vous serez. Ce qui parait absurde.

Mais c’est ce que l’on fait, constamment.

Evidement on ne décide pas de ceci ou de cela ; on remodèle. Une conscience est un arc ; elle ne tient pas dans les signes, mais dans la mise en forme des signes ; une conscience est élevée au plus haut point ; il n’y a pas plus élevé. Chaque moi est le plus haut point qui se puisse atteindre ; aucune autre conscience d’une part et aucun discours d’autre part n’a de point aussi élevé que cette conscience se tenant loin, très loin hors d’elle-même ; elle se perçoit. Toujours la même histoire ; je suis Pierre Dupond ; on voit qui est Pierre, mais qui est « je » ? Et bien le « je » sait mieux Pierre Dupond que Pierre Dupond.

Le « je » est l‘horizon, Pierre Dupond est un objet, si l’on veut, posé au-devant de l’horizon ; lorsque Pierre se parle, il est infra la ligne d’horizon. Chaque fois qu’il parle il est infra ; rien ni personne ne peut remplacer la ligne d’horizon ; la ligne d’horizon ne peut pas se remplacer elle-même. Si Pierre pouvait atteindre la ligne, celle-ci serait composée et donc ne serait plus la ligne d’horizon (pour énoncer ceci ou cela il faut se placer du point de vue la ligne). Le plaisant en somme c’est que la ligne est absolument libre en ceci que rien ne la remplace ; aucune chose, aucun énoncé, aucune parole, aucune conscience que l’on en prend puisque toute conscience prise est infra la ligne. Elle n’appartient à rien ni à personne, et donc existe hors et indépendamment.

La psychanalyse peut éventuellement intercaler entre Pierre et la ligne un simili « je » (d’où la difficulté que ce soit dans le transfert une sorte de « je » que serait le regard du psychanalyste), mais le « je », la ligne hors champ, détient le regard en réalité ; c’est sur cette ligne de fond si absolument reculée et passablement effrayante que l’on se « regarde », sans que rien n’en préjuge.

A partir de la considération d’une telle ligne qui n’appartient à rien ni à personne, mais qui est elle-même le « je », un « je » effrayant et autre (et qui est à la source de l’intuition structurelle de Nietzsche, que la Volonté agit en moi, que l’on est Autre, que le réel est l’altérité invinciblement autre), on remodèle. On remodèle ne signifie pas que l’on va intervenir sur l’horizon ; c’est impossible, mais que l’on va l’orienter ou désorienter (peu importe ; des désorientations apparemment difficiles et insupportables, seront peut-être des orientations nouvelles et déployées).

L’orientation et la désorientation de l’horizon consiste à ne pas décider ; ce qui est encore plus bizarre. Il faut admettre par principe que le conscient, la décision consciente, est immanquable on ne peut pas ne pas décider, à peu près et si on manque de décider la plupart du temps les autres, la société, etc, nous poussent à nous convaincre, et comme les autres ou la société sont extérieurs on a intérêt à obéir, en gros à faire comme si, voire à y croire, que l’on a décidé ;  ce qui vaut aussi pour soi-même, on croit que l’on a décidé de la ligne ; ce qui n’est jamais, jamais vrai ; la ligne est indécidable, d’une sauvagerie inouïe, qui n’est pas forcément la violence. La ligne est indécidable de ce point de vue là, cad de tous les points de vue du monde, du vécu, du moi, etc ; parce qu’elle est le point de vue unique qui place et déplace tous les autres.

Le regard autre, le « je », l’horizon place et déplace tous les points de vue, parce qu’il est neutre, sans rien, vide, formel, et que qui que vous soyez, quoi que vous ayez décidé, ici et là, le point autre unique formel reviendra. Reviendra parfaitement identique et sans rien et vous regardera. Sans qu’il appartienne à qui ou quoi que ce soit et c’est pour cela que l’on est absolument cad formellement libre.

Cela peut être dit autrement ; l’arc de conscience qui surgit de la cervelle, revient du réel (qu’il positionne) et ce retour est un re-tour ; un nouveau tour, toujours constamment un tour nouveau et autre. C’est en ceci que l’on ne s’échappe pas, n’échappe pas à soi (et qu’il est, accessoirement, de la psychanalyse). Et si il est impossible de contraindre consciemment l’horizon (puisque toute motion consciente sera infra l’horizon, mais de même toute perception, tout corps, tout désir revient de cette ligne là), il est possible d’influer sur le faisceau ; de légèrement décaler le regard. Ce qui est on ne peut mieux illustré par l’esthétique ; une œuvre va commencé on ne sait où, ni comment influencer la base même de l’existence, de l’exister ; et on peut décider que, oui, les œuvres influenceront mon existence ; l’arc de conscience comme libre se situe très haut et au plus haut possible ; une décision structurelle, ayant d’éthique ontologique, doit être prise très haut, dans l’élévation afin de manipuler, autant que possible, la ligne horizontale, qui se déclinera en ligne spatiale et représentative et désirante, décidante, etc ; puisque notre structure, de tout « je », est le Bord du monde et qu’elle ne peut pas être prise par devers ; seulement vers l’avant, ayant à choisir quelle avant, avancée on lancera dans son existence (que les œuvres influeront par ex) afin que de cette, ces ultimes positions se dérivent les possibilités (on peut choisir la révolution par ex, mais aussi se nouer aux immédiatetés, qui se résolvent en général dans le corps donné là, par ex faire des enfants ou famille ou le sexe ou le regard des autres, ce sont des généralités remarquons-le bien, et qui se situent au bord de l’extrême, à la ,limite de la conscience que l’on en a, cad de la conscience que l’on n’en a pas ; comme évidences, naturelles, spontanées, ce qui n’est pas ; il n’est rien du tout de spontané, juste de la construction).

La philosophie depuis le début sans doute « prétend » que l’on peut vouloir directement, pour ainsi dire, et qu’il faut s’inscrire dans le Bien, le Vrai, le Beau, mais c’est plus, beaucoup plus retors que cela ; la philosophie montre ce qui sera inoubliable, à savoir que l’on peut lancer des instructions dans l’arc de conscience, de telle sorte que ces instructions (puisque notre arc est une forme, est, existe formellement) mènent très loin, très lointainement et que ces instructions tôt ou tard vous reviennent.

Un peu comme de se décider pour le Bien ; le Bien n’offre que beaucoup de désavantages, sur le moment, dans l’immédiateté (qui est prise par des tas de finalités, de désirs, de satisfactions, au regard desquelles le Bien est une abstraction), mais le Bien est un pari ; une influence bien plus étendue, un jeu de mécanisme(s) bien plus extensif et qui si il ne donne pas immédiatement, est ce qui rendra possible encore plus de retours, à l’avenir, en et par les autres, par et pour soi-même ; le Bien garantit le plus grand possible. Pareillement le Vrai est de cibler la réalité, parce que n’importe quelle imagination s’épuisera (de totaliser ses possibles particuliers), mais le Vrai fondé sur la réalité ne s’épuisera que lorsque la réalité sera épuisée.

Voir les commentaires

La limite des extrémités

17 Décembre 2016, 12:06pm

Publié par pascal doyelle

Kant sur la pointe.Interprétation des dernières pensées.

Ainsi tout objet est admis comme un, mais c’est un pseudo, comme un tout mais il es faux, et toute vérité énoncée, tout énoncé logique ou mathématique, tout idéal, ne tiennent uniquement que dans et par le faisceau de l’intentionnel arc de conscience ; c’est l’intention qui dispose des objets, des contenus ; et donc c’est une description spécifique qui traite de cette intention en elle-même, qui dispose par ailleurs de ses, ces contenus. Et les contenus sont des signifiants de l’intention et non la vérité ; mais alors la vérité est du côté de l’intention et non des énoncés. On a cru que Kant nous exposait la subjectivité préludant à l’énoncé, acquérant par là les conditions restrictives de toute énonciation, et cela est exact, mais ça n’était absolument pas son but. Son but était de délimiter, et non pas définir, les conditions hyper objectives de notre être ; en détourant l’objectivité, de délimiter l’hyper objectivité. La vérité est non le signifié imaginé sous tel signifiant, mais le signifiant même.

Que cette description obtienne un sujet, une subjectivité apparemment purement formelle, le sujet kantien, mais le sujet cartésien ne le cède en rien (Descartes dresse le sujet sur la paroi non seulement de l’infini, dieu, un dieu assez étrange, mais aussi sur la paroi du doute, de ce que le doute rencontre comme pseudo réalités ; tout e qui est, est infiniment douteux, sans signifié, et le seul signifié est renvoyé sur el Bord ; dieu, dont on n’a aucune conception, et l’intuition que l’on en a n’obtient probablement qu’un milliardième de ce que dieu est, cad n’obtient rien, sinon la vision formelle de la passation) cette description qui est passée outre ou en-deçà de la « pensée », ne signifie pas que cette structure formelle soit insatisfaisante ; que les suivants prétendront remplir, mais qui, en développant la forme et en croyant la substantialiser, au sens de la pensée comme sujet, hégéliennement par ex, insisteront en déployant non le super contenu substantiel, mais en déployant la forme elle-même se pourchassant dans de super contenus de plus en plus architecturés, mais architecturant la forme et non le contenu ; c’est en ceci que les contenus prendront d’étranges formulations, ils subissent le poids structurel de la forme dégagée par Kant (qui continue l’exploration de la forme ouverte par Descartes, qui origine la pensée dans un être spécifique, être qu’il commence d’établir dans sa dimension qu’il nomme infinie ; Descartes ne recourt pas à dieu pour seulement justifier les énoncés, mais afin de dresser la paroi réelle ; celle qui tient sur la supposition structurelle.

De même à la suite de Kant on se saura plus sur quel pied danser ; on ne comprend pas qu’il indique le sens d’une dimension externe et que la philosophie, depuis Descartes mais aussi sous une, à peine au fond, autre formule par les métaphysiques grecques et les théologiques, que la philosophie ne parle pas seulement du monde, d’un énoncé vrai, d’un objet ou d’un contenu, mais de la structure qui conditionne et rend possible tous les objets mais aussi tout le réel ; non seulement des choses mais de la dimension qui précède les choses, et les êtres.

Les êtres et tout autant notre être ; nous ne sommes pas de ce monde, parce que nous sommes de la structure, de l’inépaisseur de la structure qui précède le monde ; non que la structure vaille en dehors de ce monde, mais ce monde est le signifiant de ce signifié très étrange qu’est la structure. C’est ce que veut dire Kant ; par ses extrêmes dénouements qui bordent le monde, l’objectivité, la perception,  l’esthétique et le jugement, l’être moral, cad structurel du libre universel ; il lui manque de concevoir la sauvagerie du libre pur et brut.

Il ne voit pas encore ce qui sautera aux yeux des suivants ; que nous sommes immergés, non seulement autour de nous, par le monde devenu univers gigantesque, et historicité violente, immergés dans l’altérité. Il croit que le sens de ce qu’il décrit et de la dimension dont il s’approche plus que quiconque, que ce sens est un apaisement, un bonheur, une surnature, dieu et les âmes ; il ne voit pas que la bataille est une guerre, extrême et profonde ; qu’il faudra aller plus loin encore en nous et dans le monde, l’altérité du réel. Que le défi est bien plus conséquent que de simplement réguler le donné et l’immédiat par l’universel et le libre consenti.

Les révoltés qui suivront ne veulent pas seulement subvertir la claire raison et sa, ses régulations, ils veulent augmenter et exploser le libre en tous les sens possibles, puisqu’ils voient bien que le monde est bien plus grand et bien plus dur que le monde régulé kantien ; et la dite révolte commencera en pensant gagner plus grand et plus lourdement, à perdre le réel. Le monde dont ils parlent n’est plus le même que le monde régulé potentiellement par le un structurel kantien ; la structure s’est re-présenté par les grecs et le christique (suite au monothéisme du Un tout-Autre), mais elle s’est libérée par la révolution. C’est la totalité des possibles dans un monde délivré mais déchainé.

Parce que dessous les révoltes envers la raison pacifique, régulatrice, pointe encore l’attente d’une satisfaction, mais la structure déchainée sur le monde n’est pas humaine, du tout ; ce qu’elle peut engendrer est totalement hors de proportions, incontrôlable. A moins de parvenir à maitriser la structure, l’analyser et en tirer les conséquences ; c’est parce que dans la structure délivrée est enkysté par le fantasme (d’une réalisation de soi, du désir, du monde, de la puissance) et parce que la structure délivrée au lieu de penser selon l’hyper objectivité sa dimension spécifique a cru en des fantômes surnaturels (mais au sens de magique cette fois, de mondainement suscités), qu’au lieu de reconnaitre son être comme réflexivité, comme criticiste, comme pensé en seconde formulation, on a investi cet être de détermination, de signifiants dont on attendait qu’ils soient les signifiés très réalistes, très mondains, très déterminés, très consistants ; il n’est pas de consistance.

Il n’existe que l’inconsistance de la forme qui se suppose. La dimension non de l’être, mais de l’exister ; ce que soupçonne si rigoureusement Descartes et Kant ; ce que savent Sartre et Lacan. La volatilité de la forme, de l’arc de conscience et du présent c’est sa souplesse sauvage et de cohérence pure et brute. Il est clair que le chemin, la voie, la vérité est de transformer cette brutalité en subtilité.

L’humain, le moi, la pensée, l’esthétique, etc, tout cela est effets de la structure, mais ce sont des effets actifs et permettant en se transmettant, par l’acculturation généralisée, de transformer les consciences, les arcs de consciences sauvages en articulations auto-normées ; non pas normées de l’extérieur, comme on aurait pu le comprendre Kant et qui nous horripile tant, mais auto-normées.   

Et il faut conserver le tiret de auto-normé, parce que cela implique que chaque arc parvienne en la forme une et dés-articulée de son ex-sister ; on dit « désarticulée » en signifiant « articulé » ; ce qui est articulé est d’abord et quoi que l’on fasse une dés-articulation ; c’est en ce sens que le défi ontologique (cad concernant toute la réalité parce que le réel comme racine) est bien plus exigeant et plus profond que ne le permettait la description kantienne (qui en demandait que de s’abandonner à l’universel) ; ici il faut non seulement s’abandonner à  l’universel (parce qu’il n’est aucune individualité en l’infra universel, que via le filtre universel seul il peut exister une individualité suffisante), mais il faut acquérir la singularité.

Qui est, comme on l’a vu, non pas le non universel, mais ce qui origine l’universel lui-même ; la cohérence ontologique antérieure à la cohérence universelle (qui fut élaborée durant tous ces siècles, et depuis la méditerranée).

Sans doute l’épopée nietzschéenne tombe dans le panneau d’une sauvagerie délaissant l’universel et la raison, mais ceci est juste une façade ; la vérité est que Nietzsche cherche à élaborer la liberté ensauvagée (et requérant qu’il puisse passer outre l’universel et la raison et la démocratie et le sujet et l’humanisme, tous ces abandons sont effectifs et résolument dangereux et affaissements de la pensée, de l’intentionnalité), mais aussi il cherche la subtilité du libre a-humain, affronte ce que Kant ne voyait pas, la dureté et la profondeur du défi ; pareillement Heidegger. Et seuls les descriptions sartriennes et lacaniennes parviennent à conserver la dureté en même tant que l’exigence…

Il ne faut pas se laisser berner ; ce que soulève Kant est le plus effroyable élévation qui se puisse ; depuis les grecs et le mono nous sommes à la lisière de la réalité et abordant le réel de cette réalité ; lorsque dieu nous dit qu’il en va de notre âme, il en va réellement de notre âme ; en quelque sens qu’on le prenne et que l’on y croit ou non ; dieu est, à tout le moins, ce qui signe la structure active, celle en deçà de laquelle il n’y a rien, plus rien ; ce que ce mathème, dieu, ou le christique ou la pensée ou le sujet ou l’altérité, nous signifient c’est que « vous voici au Bord de tout ce qui est, choisissez ».

Sans doute nous n’avons pas le choix, mais ce dont nous n’avons pas le choix c’est d’être selon le monde en oubliant la forme structurelle du réel ou d’exister selon la structure antérieure à tout monde. Et de décider de la tenue de la supposition. La supposition du Un, du Un qui, finalement, a pu se frayer un chemin au travers de ces signifiants, qui se prenaient pour le signifié. Le signifié absolu.

On sait qu’il n’est pas de signifié, c’est le sens de toute la révolte envers la raison substantielle ou envers la pensée (interprétée selon la perspective née au cours du 18éme, 19éme, 20éme et qui confond que la pensée soit une sorte de raison préalable ; mais on a vu que dieu, la pensée et le sujet, antérieurs au 18éme, manifestaient une tension tout à fait différente de celle tout à ras de terre de la raison naturaliste et réaliste, démocratique et humaniste, déterminée). Et toute cette révolte et cette altérité afin de conférer à notre structure une plus grande volatilité, souplesse, multiplicité (puisque n’ayant alors plus affaire au contenu monolithique ou à l’universel et tous les sens, les directions, physiquement y compris, les orientations et les désorientations, surtout, devenant des possibles).

Les mois étant extrêmement proches de la résolution de leur être, basculent toute leur attente et stoppe la programmation du sujets en espérant devenir de grands sujets ; de matérialiser le sujet impossible (que Descartes et Kant connaissaient comme impossible, dont ils parvenaient à détourer, sans y pénétrer, l’impossibilité ; renvoyant à dieu-l’infini ou au nouménal, à la liberté et surtout à l’indétermination, transcendantale). Matérialisation qui les engage dans d’épouvantables tourments (il faut que l’arc de conscience, la structure du Bord s’incorpore dans un corps, dans un vécu, un moi, et ne s’offre même plus la protection de sa formulation universelle) à commencer par Fichte, Hegel, jusque Nietzsche et Heidegger (ces deux derniers tentant de passer outre et de non pas seulement rendre réel le sujet mais de définir le sujet a-humain, autre, puisque visiblement l’absolu ne passe pas dans les tentatives précédentes, il faut donc supposer une altérité, dont on remarquera, qu’elle soit la volonté ou l’Etre, qu’elle se débat avec le Un ; le Un absolument autre (l’Etre, autre que les étants, autre que le dieu un, visualisé comme la grande étantité, ce qu’il ne fut pas vraiment, parce qu’il fut exigence ; et la volonté comme multiple, en tant qu’ontologique, de la multiplicité, comme mondes et autre en tant qu’elle est l’autre-volonté pour ainsi dire, elle n’est pas la « mienne » ; du reste les deux appellations « volonté » et « être » sont plutôt ambigües … et bien qu’elles veuillent manifester l’altérité, empruntent une dénomination pour le moins traditionnelle, et comme d’habitude, ça n’est pas un hasard).

Il ne s’agit plus d’attendre dieu, la pensée divine grecque, le sujet et son accès à l’infini mais de vouloir, désirer, imaginer ici et maintenant dans et par ce monde, de sorte que l’attente au lieu de spirituelle, devient magique ou investit autant l’objectivité que la révolution ; ça ne veut pas spiritualiser la réalité, ça veut matérialiser l’intentionnalité brute, native, excessive, matérialiser le Bord du monde … dans le monde. Ce qui est absolument impossible. Il n’y a rien qui puisse contenir le Bord.

Et cela ne signifie pas que la technologie qu’est le Bord soit un non sens (bien qu’évidemment on le reçoive si impressivement comme tel), mais que le Bord doit lui-même s’instruire ; lancer sa propre instruction, sa propre mise en forme, formaliser la forme qu’est l’arc et le réel, le présent, répéter la forme en et par elle-même ; l’arc de conscience est déjà réflexivité, il construit le donné qu’il perçoit ; aucun donné construit ne peut satisfaire ou répondre à l’indéterminé qu’est l’arc ; c’est donc que l’arc doit construire, relancer, animer non plus tel contenu ou telle construction mais en propre la forme qu’il est. La forme de structure doit s’installer dans le corps.

Quant à savoir si le corps est « destiné » à cette fin, structurelle, c’est une autre question ; le Un se crée au fur et à mesure (sinon il n’existerait pas de présent, et donc pas de réalité) et on ne peut pas préjuger ; on ignore vraiment quelle disposition du corps doit être appelée par la forme qui devient (et nous n’en sommes peut-être pas capables). Aussi tant que l’on a voulu imposer par-dessus le corps une idée, une morale, l’universel, l’image (l’image dont se pare le moi y compris), ça ne pouvait pas prendre et les révoltes, les négations, les altérités voulurent proposer une prédisposition qui soit bien plus antérieure que les morales et l’universel ; la Volonté et l’Etre préexistent et outrepassent, l’historicité marxiste ou l’objectivité scientifique, ou toutes les versions, y compris la psychanalyse, ayant pour finalité explicite de nous expliquer et en fait d’annuler que le gouffre structurel soit ouvert en nous ; le gouffre serait une « maladie » ou simplement la réalité n’aurait aucun sens ; mais si le Bord est ce qui seul existe (et que tout le reste c’est l’être comme effet du Bord), le Bord, aussi difficile soit-il, est le sens, l’orientation, la direction.  

Et la structuration de la structure doit être précisément l’acquisition de la forme de la structure ; ce qui se travaille de Descartes à Lacan. Il faut vraiment demeurer le nez collé à la préhension d’un « résultat », d’un objet là, mort, inerte, objectif, mangeable, désirable imaginairement pour le moi, pour ne pas comprendre que la philosophie est passé depuis longtemps sur l’autre versant, la paroi du réel, l’antériorité à tout monde, et qu’elle observe, analyse, éprouve avec son sens de la gyroscopie sans repère, éperdue et affolante, affolée ; mais le mouvement du gyroscope est le repère , unique, le seul, son mouvement, son hyper objectivité. Son glissement dans et par la structure.

Voir les commentaires

Noeud du réel

14 Décembre 2016, 12:21pm

Publié par pascal doyelle

Pensée et analytique de l’altérité brute

Si l’on observe la totalité, la totalité, des images, des signes, des directions qui abreuvent le moi, la personnalisation comme processus qui prend la suite de l’humanisation et de l’universel, on s’aperçoit du gouffre de l’indéfini en lequel chacun est précipité. L’indéfini est l’ensemble des finalités basses et mortes par lesquelles le moi croit être en mesure de se tirer du mauvais pas. Mais le pas est acté et il glisse.

On a renié l’infini pour l’indéfini. Seul l’infini et la compréhension exacte de la structure de notre être aurait pu nous maintenir dans la réalité ; parce que la réalité s’articule en et par le réel (au sens où n’existe le réel, cad le présent, et qu’abandonner l’infini et le réel et le présent purement actif c’est entrer dans le fantasme, de remplacement de la réalité). Ce qui est infini (c’est un adjectif pas un être) c’est le présent ; l’infini est absolument proche et même antérieur (à toute réalité) ; l’infini est l’articulation qu’est le présent qui distribue continument (de là que l’on ne peut pas mesurer ni l’espace, ni le temps ; parce que l’on ne peut pas mesurer l’exister des choses mais seulement les choses).

On a vu que dieu, la pensée, le sujet, puis l’altérité ontologique (Nietzsche, Heidegger) ou enfin l’analytique ontologique (Sartre et Lacan) tenaient ferme le réel et décrivaient la structure de notre être, ce qui veut dire non de ce bricolage du donné, de cette composition de réalité, mais décrivaient l’arc de conscience arcbouté au réel même.

Mais le monde de l’humanisation, et suivant de la personnalisation, ont crû être en capacité de définir le réel par la réalité, et d’approuver, tous en chœur, que le donné puisse expliquer seul le donné, et le désir et ses objets, et la volonté et son monde, et le langage la pensée, etc. Tout cela est faux.

Pour accepter le réel il eut fallu admettre l’étrange et incompréhensible Un qu’est l’exister, sous sa forme structurelle,  celui qui est sans visage, sans détermination, sans prise d’aucune sorte et continuer d’élaborer ce que la philosophie et puis Descartes et Kant et Husserl et Sartre et Lacan continuèrent chacun pour sa part ; en fait dès que l’on entrait en réflexion, on basculait dans la réflexivité, soit le gyroscope ; non pas la réflexivité qui prendrait comme substrat une identité (le moi-sujet, dieu monolithique, la pensée massive ou le Un qui serait Tout), mais la réflexivité qui n’a plus de repérage et nait de son re-tour même, lequel bien que non déterminé est structure ; celle-là même qui occupe absolument la pensée mouvante, de retournement grec, de renouvellement christique, d’analyse impossible du sujet et de l’altérité ; celui qui n’a pas de repère, qui est miraculeusement, son propre repère et son seul réel, mais splitté, coupé, brisé, séparé, pur arc de tension extrêmement brutal, dont la division est l’exister même et non dont la division diviserait quelque chose de précédant, la précédence est l’explosion même, effroyablement hors de proportion, c’est elle qui mesure (aussi brutal que l’univers est d’une effarante violence interne et externe, l’arc de conscience est le digne fils de son père en somme ; la filiation est directe, devant l’impératif de non pas maitriser mais d’orienter la violence ontologique absolue, sans répit et sans recours aucun, nous nous sommes effondrés, peut-être sommes-nous trop gentils ; forts avec les faibles, les autres êtres humains, et faible, excessivement faible face au tout-puissant, au gigantesque réel ; on préfère se déchiqueter les uns les autres plutôt que d’affronter, c’est-à-dire haïr, l’univers, pourtant l’univers veut bien effectivement nous anéantir et accessoirement tuer chacun d’entre nous ; un par un il viendra nous chercher).

Apparaissent donc le Un du dieu (le Un tout-Autre), le Un de la pensée, et celui du sujet, et celui de l’altérité, et en ce cas, contrairement à la négation qui anime Nietzsche ou Lacan (le Un est l’altérité même, pas étonnant qu’il se contredise absolument ; il est capable de tout, capable du tout de la réalisation), en ce cas donc de la pensée de l’altérité et de l’analytique de l’altérité,  le Un est si étrangement au plus près de lui-même … énormément arraché, tranché, absolument divergent ; c’est parce que le Un est la divergence pure et formelle qu’il y a une réalité … sans cela aucune ne serait possible ; le Un n’est absolument pas ce qui réunit la réalité ou la réunira, ça ce sont des rêves, des rêveries, des imaginations, et pour le moi et le monde des mois, du fantasme ; si il existe(era) un dieu ou « équivalent » il sera en-plus de la réalité, en plus de l’être et tellement autre que notre pauvre imagination s’est contentée de visualiser son image, visage au semblable du connu, mais il sera presque quasiment terrifiant, au sens de sidérant, de l’absolue puissance qui s’extrait d’elle-même, c’est à cela ou qui y ressemble autant qu’on le puisse, qu’est destinée une « conscience de (soi) » ; dont l’homme n’est qu’un exemple ; il est clair, si l’on peut dire, que le (soi) en question est très exactement entre parenthèses parce que nous n’en entrevoyons que le début du commencement du petit bout (d’autres races que la nôtre y parviendront sans doute) ; l’être, dieu, le sujet, affirmation de l’altérité (l’auto affirmation nietzschéenne comme trajet tout aussi hyper-objectif que fut celui de Kant ou Husserl, du devenir de l’arc) étaient des sortes de mitoyenneté, de compromis, par lequel on tentait de saisir un peu le mouvement tournant du total gyroscope, incandescent, et on y est parvenu plus ou moins, à l’extrémité des pensées apparemment obscures et apparemment incertaines ; elles n’avaient rien d’incertain du tout ; on ne l’a juste pas vu, pas perçu, pas intégré, pas ré-organisé suffisamment.

Pour ré-organiser le Un tel qu’il a pu ici et là avec d’épouvantables douleurs structurelles, des torsions incompréhensibles selon le monde, le moi, ou le corps, torsions du gyroscope, hors vie, hors sol, sans repère et avançant dans le vide formel, le tourment structurel, tel qu’il a pu nous apparaitre, vaguement, il y eut fallu le restructurer et donc acquérir l’arc de conscience mais bien bâti sur lui-même, sur l’impossibilité (sinon ça ne serait pas amusant, le Un ne s’y amuserait pas ; c’est son taf de s’extraire de lui-même, à quoi servirait cet univers délirant et gaspilleur, incroyablement gaspilleur et débile,  sinon d’inventer, dans sa dispersion effroyable, des petits « un », un par un ; à charge qu’ils se mettent en chasse du Un impérieux et par-dessus toute cette réalité statistique).

Autrement dit on ne peut pas acquérir le Un, poursuivre le Un, s’amener au plus près du Un inhumain, hors sol, hors champ, hors détermination, sans se pourvoir. Sans se prédisposer, comme disait Heidegger (qui n’était pas le plus sot, bien qu’il se soit pourri dans un « idéal » imbuvable, comme chacun sait, et dont malgré toute la pensée vise à établir une perspective étrange et autre et montrer comment nous serions déjà « pris » dans le point unique et totalitaire, il faut le dire, de l’Etre ; il a tort de croire que « cela se ferait sans nous » … instrumentalisant une sorte d’hyper dimension incompréhensible, surhumaine, réellement cruelle ; ça c’était de la rêverie ; l’articulation de l’arc de conscience et du réel est un mécanisme impitoyable mais technologique, l’arc de conscience dans une cervelle est une technologie inventée par le donné là, est une technologie inventée dans le vivant mais hors-de, et articulée elle-même à la machinerie qu’est le présent). La prédisposition, le mécanisme, en nous, c’est ce que recherchent Platon ou Descartes ou Kant ou Sartre ; comment doit-on « se tenir » pour rendre son arc de conscience suffisamment orchestré et qu’il puisse supporter (et ce corps-çi comme vu) supporter la tension qui se tire d’elle-même ?

Via le corps, donc : on voit qu’il n’est pas seulement question de la philosophie (la philosophie pense en seconde manière l’articulation telle qu’elle peut être analysable en se rembobinant elle-même et ce faisant elle pense et montre cet arc, cette articulation de l’acte de conscience et du réel, mais aussi comme on ne peut pas toucher à cet arc sans le modifier, bien sûr la philosophie a elle-même créé de l’Arc), via le corps on voit parfaitement que l’éthique, la politique, l’idéel et l’esthétique n’existèrent pas pour rien ; il s’agissait d’élaborer la nouvelle surface du corps, ou la surface du corps-autre. Empli de telle œuvre, quelle qu’elle soit, ce mouvement intégralement externe devait nous inculquer l’interne, la structure interne de la surface du nouveau corps (c’est très clair par Rimbaud ; c’est cela qu’il dit, son impossibilité de se couvrir le corps par l’autre-corps, et probablement en tous les sens de l’évocation…

Il faut bien faire la part des choses ; ceux qui veulent vous guérir, veulent vous affadir. Ce sont ceux qui ne pardonnent rien qui vous disent la vérité, le réel, l’actualité présente la plus difficile. Dès que ceci ou cela se plie et s’affaisse, dès que ça part en couilles, pour ainsi dire, c’est du mensonge, du compromis. Mais la mort ou la froideur insane de l’univers ne sont pas des compromis. Il n’y a rien, absolument rien dans la réalité, ou le vécu, qui soit un compromis. Le Un est scrutateur et  sans recours, sinon le Un.

On est bien en peine de définir le Un, le contraire serait étonnant. C’est quand même cela qui s’avance en-deçà de toutes les proportions et peut-être au-delà. Mais le Un, et, si l’on a suivi, notre arc de conscience, à chacun, un par un (on n’a jamais vu de « conscience universelle » c’est du vague à l’âme cela, de même qu’il n’y aura pas de réunion de tous et de tout en un seul Grand Tout, ce sera tout à fait autrement et autre chose que ces faibles imaginations ; le Un sera en plus absolument et rigoureusement Autre, puisque c’est, depuis le début, cela qu’il crée : l’Altérité, la plus titanesque distinctivité qui se puisse) chaque arc donc en est le rejeton ;  et si l‘ensemble des modulations de notre arc de conscience prend un apparaitre aussi difficile et extrême (de l’hindouisme à Lacan, si l’on agrandit le cercle structurel, de "cela qui nous accompagne" et en vérité nous précède depuis le début, qui était avant même le début de l’humain, puisque l’humain est l’effet de cet arc de structure qui s’arcboute dans le réel, par le présent brut, actualisant toute la possibilité possible) c’est qu’il faut avancer techniquement dans la technologie hyper-objective qu’est le réel, et dont la méditerranée, puis l’Europe ont commencé l’analyse, point par point, avançant.

Mais par ailleurs cela signifie ceci ; chaque arc est intimement ou extimement comme dit l’autre, (celui qui est fondamentalement notre autre, historiquement ; Lacan ; Sartre et Lacan analyse l'articulation qui nous précède), l’intuition non d’un contenu déterminé électif (l’humain, le moi, le désir et son objet, toutes les sortes de compostions, qui se donnent pour « vraiment réelles » mais sont seulement des signifiants d’un signifié de l’impossibilité même, qu’est le présent réel) mais l’intuition de la structure par elle-même ; étant un rapport, elle ne peut pas ne pas (se) saisir.

Et ce qui passe dans l’auto-intuition (qui ne désigne pas du tout une identité mais un mouvement pur, le mouvement originel qu’est l’exister) est inanalysable (ce que pourtant on rend possible par l’effort, depuis que les français ont mis les pieds dans le plat (ne râlez pas, c’est comme ça) avec Descartes, Rousseau et la révolution, Sartre ou Lacan ; nous y sommes allés fort… pas sûr que l’humain, ni nous-mêmes, en soyons capables) ; l’inanalysable intuition est la foudre structurelle frappant, se frappant elle-même en retour, qu’elle transmute en re-tour, un nouveau tour, nouvellement joué et nouvellement joué à chaque fois, par chaque présent suffisant de densité mentale, et évidemment joué en et par chaque arc, un par un.

C’est ce que veut signifier Nietzsche (et raison pour laquelle il fait florès) ; Nietzsche est le maniement du un que l’on est, par lui-même, et il cherche la prédisposition du gyroscope ; c’est pour cela qu’il invente ce procédé stupéfiant que la volonté en nous ne soit pas la nôtre … en un sens structurel c’est vrai ; l’humain est l’effet d’une structure, ontologique, l’arc de conscience, forme parfaitement indéterminée et vide, mais forme et structurelle réelle ; on n’explique pas la « conscience » en définissant ceci ou cela dont elle est « la » conscience ; c’est ceci ou cela qui appartient à la forme-conscience, forme-tension, forme attention ; ça n’est pas « ma » conscience, c’est moi qui appartient à cet acte, cet arc… mais il n’empêche absolument pas que cet acte soit un, et un par un, rigoureusement et parfaitement, puisque la perfection est « ce qui est formel », sans composition, et capable de composer avec toute détermination ; il est donc, comme le connaissent les grecs en lançant l’être, instantanément réel ici même, une perfection du réel, mais elle n’est pas humaine, ni inhumaine (au tort de Heidegger et de Nietzsche) mais mécanique et logique ; le Un n’est pas encore, il sera et c’est ce potentiel qui attire toute réalité.  

Voir les commentaires

Le résumé, l’articulation brutale du réel

11 Décembre 2016, 13:19pm

Publié par pascal doyelle

 

On a vu donc que l’on a créé des mondes particuliers ; il fallait être né au-dedans pour parler le langage, percevoir selon le groupe, interpréter selon la religion ou mythologie, échanger selon telle symbolisation. Ça ne s’improvise pas, il était impératif d’identifier spontanément le regard aux échanges, la conscience à la parole, le monde au groupe, etc.

Autour de la méditerranée s’invente « soudainement » une rupture, dite ontologique (et elle est nommée « ontologique », d’en inventer à ce moment là le mot lui-même, puisque la rupture, le décalage qui apparait dans le monde est extrêmement difficile à identifier, à désigner de ce que précisément il n’est pas du monde, mais se constitue du Bord du monde, ce que l’on a nommé la pensée, le Un, le Bien, etc) ; du fait de la profusion de mondes, de peuples, de cultures, en une localisation restreinte mais aussi en tant que ramenant au fur et à mesure toutes les influences, de l’orient à l’Afrique, de l’Egypte, et ainsi de suite,

ramenant donc il surgit une autre structure ou la même structure mais en tant que prenant conscience de son activisme de conscience ; on n’intentionnalise plus un monde, on Sait que l’on intentionnalise, ce qui change tout, et les grecs sont éberlués de comprendre qu’il est possible de programmer ou mieux de pré-programmer la représentation et cette fois donc cette représentation se nommera « pensée » (la pensée est la pré-disposition qui s’en prend à la représentation qui auparavant était « seulement » partagée entre tous dans tel ou tel monde particulier) et se développe une discipline spécifique qui a à charge d’étudier cet activisme, de transformer la spontanéité précédente en volonté explicite (ce que de tous temps, par la suite, on regrettera fort ; qu’il faille produire des représentations volontairement et non plus suivre une spontanéité ancienne manière).

Mais de même l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel (la connaissance objective), l’humanisation et une partie de personnalisation (bien que non au même sens d’individualité qui viendra ensuite) se développent en et pour eux-mêmes (séparément de la religion du groupe, de la parole partagée, du monde donné immédiat, au sens de immédiatement perçu-parlé-échangé-imaginé ensemble dans le Même groupe). Ainsi il est une dimension totale et non pas seulement philosophique (qui est toute à son objet, à sa question ; qu’est-ce qui se passe ? qu’est-ce qui investi à ce point, à ce degré de distinction, l’espèce humaine ? pourquoi, au lieu de parler, entre soi, pense-t-on ?).

Ce faisant il faut comprendre la pensée non comme attachée à son objet, mais comme déploiement et invention de quantité d’intentionnalisations qui vont se créer en plus, en plus de tout monde humain, de tout langage, de tout détermination ; autrement dit lorsque la philosophie installe l’être, cette drôle d’idée absolue, sans doute aucun elle veut circonscrire la totalité de ce qui est, en une fois accessible en une seule pensée, susceptible d’être dépliée et absolument claire et donc intégralement présente ; ce qui veut dire, en sous main, que l’être est intégralement « là », il n’y a pas de double monde, et il faut être grec pour aimer le monde à ce point ultime, ça n’est pas rien, c’est tout, tout le désir élevé au-delà de lui-même pour le monde et la vie, l’apparence et la beauté accouplée à la vérité totale, et que si l’être est intégralement « là », et qu’il soit donc susceptible d’être pensé (puisque si il manque un élément on ne peut pas penser adéquatement le donné), si il est intégralement « là », c’est que l’être est parfait, absolument réalisé et totalement accessible à la pensée de l’homme.

Cet idéal est et demeure, mais entretemps on s’est aperçu que la pensée n’est pas, bien qu’étant le seul moyen adéquat de tout déploiement de l’intentionnalisation, n’est pas l’origine ; l’origine est le dit « sujet » désigné cartésien, puisque Descartes est celui qui eut l’intuition de la structure précédant la pensée, engageant plus tard Kant, Hegel (et Fichte, qu’il ne faut surtout pas oublier), Husserl et ce jusque Lacan. Découvrir la structure qui antérieurement à la pensée permet qu’il y ait pensée, intentionnalisation, et donc invention d’intentionnalisations nouvelles, autres, qui se distinguent en elles-mêmes, comme intentionnalisations (recollection que mènera formidablement Hegel), et outre cette distinctivité de l’intentionnalisation qui crée dans et au-delà du langage, se produisent des différenciations (dans le monde et la réalité et l’humanisation).

L’ensemble de l’acculturation qui en résulte manifeste dans le donné, non plus qu’il se produise un monde humain particulier (cad qui apparait particulier au regard du monde donné « là », unique et universel depuis la méditerranée), mais qu’il s’y actualise une articulation.

L’articulation en question fut d’abord entreprise très haut, de la pensée, de dieu (qui, rappelons, étant le Un tout-Autre interrompt absolument, cad formellement, la réalité, le monde et nous libère de ce poids du monde), très élevée donc mais qui s’est propagée jusqu’au plus près ; à savoir jusqu’au corps même et ce depuis que l’humanisation (qui fut fondée dans et par l’universel) s’est transmuée en personnalisation (on n’imagine pas qu’il y ait humanisation universelle sans qu’elle se poursuive par une personnalisation, extrêmement gaspilleuse mais qui aurait dû se réguler, s’auto réguler, puisque c’est le principe même de la démocratisation personnalisée, on a obtenu par contre la consommation personnalisée, pour faire court).

L’articulation qui s’est imposée comme principe, comme logique du monde prit, il est vrai, une expression fixée ; dieu, la pensée, le sujet, l’universel, l’humanisation, la raison, la naturalité, le moi humain et la « nature humaine » ; mais usant de ces fixités, elle les a déplacés et  qui plus est, l’articulation les a inventé et nommé afin de les déplacer.  Ce qui ne répudie absolument pas dieu, la pensée, le sujet, l‘universel, etc ; l’articulation les a créés, ça n’est pas pour rien. Mais l’articulation n’est pas « dans » ces signifiés ; par ex le christique (ce que l’on connait le mieux) intime l’ordre ici et maintenant de basculer ; ce qui bascule c’est l’arc, l’articulation que chacun existe, par laquelle la conversion est libération (des intérêts du monde qui séparent les individus et alimentent la ligne de mort du monde, doublement par la mort, réelle, physiologique et violente, horrible, de tous contre tous) et renaissance ; puisqu’au principe du christique il est outre le retournement du monde, grec, le renouvellement de notre attention à exister (ce dont toute notre acculturation relancera mille fois).

Bref. L’articulation est ce qui vient à apparaitre et comme elle ne le peut pas, elle va s’attacher à analyser et remonter l’intentionnel ; l’intentionnel de l’articulation qu’elle est, et ce mouvement antérieur est possible puisque ça n’est pas un « être » ce qu’elle est, mais c’est un mouvement ; qui dit mouvement dit point de départ et point d’arrivée, distincts et dans cette distinction absolue (parce que formelle) s’introduit précisément la possibilité de l’intentionnel ; qui ne perçoit donc pas un autre être mais le même être étant entendu que cet être est déjà autre structurellement.

Si cette articulation est autre constitutivement (non pas un être qui serait séparé ensuite, mais une séparation qui se déplace comme mouvement et engendre des effets entretemps), elle peut percevoir structurellement son activisme propre, sa propre confrontation (que ce qui n’existe que dans l’arc de conscience puisse ne pas saisir qu’elle soit un arc … serait plutôt curieux, à moins de nier que la conscience soit un arc, cad une conscience de soi comme conscience, ce qui est absurde et alors dans cette absurdité remplacer cet-être de conscience par ce que l’on voudra ; le langage, la société, la physiologie, ce uqi n’expliquerait rien, seulement les causes mondaines d’un être qui tient au rapport qu’il existe avec lui-même). Qu’elle puisse percevoir cet activisme c’est ce qui des grecs à Sartre (et a contrario Lacan) s’est passé, via St Augustin, Descartes, Nietzsche, etc. L’accès, l’excès de la « conscience occidentale » ou européenne ou comme le dit ici méditerranéenne est cet intuitionnel structurel.  La suréminence de l’arc sur ses contenus.

Et lorsque la raison, naturaliste et réaliste, l’humanisme et le moi, croient être en mesure de ramener cet arc (qui se situe sur le Bord du monde) à telle ou telle partie du monde non seulement c’est peine perdue mais cela risque fort d’étouffer l’activisme lui-même et de nous enfoncer dans une historicité fixée, figée, gelée ; qui se contente de se prendre pour la raison, l’objectivisme, le donné là prétendument « naturelle » et de même de délaisser les mois, comme si ils n’étaient que des corps-langage, des subjectivités, du subjectivisme, alors que la philosophie montre, absolument, que ce qu’elle désigne dans le réel est précisément une structure hyper objective.

Cette dimension permet, enfin (après tous les reniements de soi de notre historicité), de considérer objectivement (ou hyper objectivement) l’ensemble des explorations, des avancées, des aventures, des excès, des orientations et désorientations (qui n’ont plus aucune raison de s’enfermer ; le rationalisme ou l’humanisme peuvent refouler les désorientations, les psychologiser, mais si notre être n’est absolument le conscient mais l’arc de conscience les désorientations seront encore plus essentielles et pour tout dire fondatrices autant que les orientations, qui en apparence flatte notre ego mais qui en fait s’imposent comme hyper exigeantes ; dieu, le christique, le sujet, l’altérité de Nietzsche et Heidegger, le démontage de Sartre et Lacan exigent un tel investissement et une telle rigueur qu’il suffit de se cacher les yeux.

Il faut prendre au sérieux Rimbaud ou Artaud, Kafka ou Nietzsche et manifester à nouveau l’entièreté et la difficulté extrême, rigoureuse de leurs explorations. On existe dans le réel et c’est le réel qui avance, et rien, absolument rien ne s’effectue, dans la rigueur de ces consciences, au hasard.

Pas plus que la gigantomachie de Led Zeppelin, qui nous manifeste les densités architectoniques, le tellurique, les sons originels ; la structure est absolument et formellement précise et s’avance jusque là. Toute densité suffisante (cad œuvrée, éprouvée, dans le corps même) possède sa réelle raison, sa  causalité structurelle, qui apparait au jour lorsque tel ou tel arc de conscience est possédé de son articulation.  

Voir les commentaires

Le singulier pur et brut

8 Décembre 2016, 18:36pm

Publié par pascal doyelle

Si tout moi, ce qui veut dire tout être humain ayant été assigné (par l’historicité) à cette forme d’existence dite de la personnalisation (qui fait suite et prend la suite de l’humanisation réalisée par la, les révolutions ; il n’y en a eu qu’une seule, de révolution), si tout moi se doit à un sujet, et que celui-ci est invisible, n’apparait pas, jamais, est hors champ, alors on se doit à l’invisible. C’est comme ça.

On peut nommer comme on veut l’invisible (dieu, la pensée, la détermination naturelle, la Volonté, l’Etre, l’ICS, etc ou bien « moi » ou « la nation » ou Rimbaud ou qui l’on voudra), toutes les dénominations fonctionneront comme signes de l’invisible, qui est tout sauf mystérieux (bien que l’on ne sache pas « où » elle va), l’invisible étant la structure, la structure de la conscience, qu’il faut comprendre au plus près, c’est-à-dire comme structure de l’attention, du faisceau de conscience. Ou si l’on veut ; toute conscience est conscience de quelque chose, certes, mais peu importe parce qu’au vrai elle est conscience de « rien », de la forme même, sans contenu attaché.

Si l’on dit ; en fait on est conscience de « rien », alors que visiblement on est un moi, un être humain, au 21éme, d’un corps et d’une intersubjectivité, etc, cela parait absurde ; on n’est pas « rien », on est tout cela. Mais du point d’invisibilité, ça n’est pas que tout cela que l’on est soit sans importance, la question est ; qu’est-ce que l’on en fait, de tout cela que l’on est ?

Il est ainsi un Point, invisible, le seul en vérité en lequel on voudrait exister, et bien que l’on soit « tout cela » ; c’est le point dont on tombe amoureux par ex. ou soudainement on se dit « houlà, Kant avait raison verticalement et dans, presque, tous les sens ». C’est ce point là, une écoute réitérée de Lad Zep, par ex, c’est de ce point là que l’on se tient. Parce que l’on en fait quelque chose, on l’agit, ou il nous agit, puisqu’alors étant invisible on ne peut pas le manipuler, comme une attention d’objet ou d’un contenu ou d’une représentation ou d’une détermination) ; c’est lui, le point Autre, qui nous travaille (et comme il est non visible et tel un point, il n’est pas lui-même déterminé, par contrôlé par qui ou quoi que ce soit ; c’est parce qu’il n’est pas dans le monde, que par lui, nous sommes, en retour ou en re-tour (nouveau tour), libres. Ce qui est très compliqué, pour tout le monde, pour chacun ; mais la structure du libre brut n’est pas simple, sinon elle n’aurait pas grand intérêt, mais surtout elle n’aurait pas de raison d’être.

Il existe une structure de libre brut parce que le réel est le présent et que le présent est en cours et que l’on ne sait pas où il va (ni lui du reste ; de la seule constatation le présent est une machinerie gigantesque et profonde, un décalage absolu, cad formel, qui produit, pour nous en tout cas et autant que l’on sache, des arcs de conscience-en-un corps vivant, et on se dit que si arc de conscience il y a c’est en tant que relève du présent ; sans doute ailleurs, dans la ou les réalités, les univers peut-être, existe-t-il d’autres sortes de « conscience », de rapport à soi comme rapport, ayant su se débrouiller un  peu mieux que nous ; arc de conscience, rapport à (soi) comme rapport, est donc une structure dont on ne voit pas comment l’éviter ; une chose est son identité, une conscience est le rapport qu’elle existe avec elle-même comme conscience, cad comme rapport, non identique, ce qui tombe bien parce que le réel, étant le présent, est lui-même non identique).  

Ce qui est bien pratique, comme principe (que l’on se tienne d’un point Autre, non visible et qui ne le sera jamais, autant que l’on sache), parce qu’alors on peut appeler à nouveau toutes les explorations et non plus se contenter du rationalisme, qui voudrait que le donné seul explique tout le donné et qu’il n’y ait rien d’autre, de sorte que tout intervalle, ontologique, soit immédiatement comblé par la raison, l’objectivité, la détermination (ou par le moi, le désir, son, ses objets, et tous les trucs qu’on veut nous vendre ou dont on pense nous convaincre ; rien ne peut combler le hiatus, cad chaque arc de conscience, et la philosophie ne remplit pas le trou, elle a passé son temps à augmenter la rupture ontologique ; plus vous entretenez du Un, quel qu’il soit, plus il se creuse ; aucune formulation n’a pu résoudre la conscience philosophique, parce qu’elle est « la discipline qui se charge de montrer, désigner le décalage ontologique » qui a pris l’humain, depuis la méditerranée ; la philosophie tourne autour du décalage et provoque en son lecteur, etc, le décalage lui-même et non son remplissement).

Or il s’avère donc que le donné, précisément, n’est pas du tout immanent, n’st pas un donné, et qu’il est même transcendant et non pas transcendant au sens où « pour nous » il serait autre (c’est évident, les choses sont à l’extérieur et on ne les connait que difficilement et encore selon notre approche) mais au sens où pour lui-même le donné est absolument, cad formellement, séparé, disrupté, scindé ; que la scission est l’articulation même du réel et que dans cette scission il est des réalités. C’est en ceci que la réalité est autre pour elle-même et c’est pour cette raison qu’il est un présent. Et si il est un présent alors n’existe, à proprement parler, que le présent.

Ajoutons que le présent alors se dresse comme étant lui-même une dimension, ou donc la Dimension, unique, valable partout et pour tout et tous. Le statut du présent est l’interrogation maximale en ce monde, pour nous (on ne sait pas si quelqu’un nous regarde par le voile du présent).  

De même que le christ ou dieu ou quoi que ce soit, introduisent mais aussi témoignent d’une interruption, ontologique (dont les fonctions religieuses de conscience entendent donner une interprétation ou compréhension, aucune raison de bannir quelque pensée que ce soit, et qui donnant une expression à ce décalage et comme il est hors de proportion, in-visible, ces pensées activent et déploient ce creusement du donné), de même le pensée, grecque, intercalant l’être du donné en plus du donné, remonte plus loin, hors du monde (dans ce qui conditionne le monde ou qui conditionne qu’il y ait pensée) ou de même que Descartes, Kant, Hegel, Husserl, jusque Lacan, découpent absolument, cad formellement, notre exister tel qu’objectivement il est réellement décalage ontologique par rapport à tout monde, donné, détermination,, vécu, corps, etc.

Autrement dit il est un donné là, mais aussi un « là » du donné. Et comme la critique, fort justifiée, du rationalisme  consistait à annuler qu’il y ait un autre monde, un arrière monde, cette critique tombe d’elle-même en ceci que ce qui est en plus n’est pas un double du monde, du donné, mais est le Bord même du monde, le Bord du même monde, pour ainsi dire. Si l’on remplace cette disposition (du monde et du Bord du monde) par l’hypothèse que ce Bord est lui-même Dieu … (ce qui n’est pas retenu du tout ici, puisque l’on se borne à la constatabilité), on en viendrait à l’impératif ; dieu est le Bord du monde. Ce qui, entre nous, jette un éclair bien singulier sur la description du christique (ce que ‘on connait le mieux, nous est le plus proche, mais qui peut être ramené à Jehova, Allah ou Bouddha ou qui l’on voudra, selon les modulations spécifiques). Parce que le christique nous a bien prévenu ; méfiez-vous, dieu est déjà là, et le jugement est en cours ; ou encore ; dieu délivre, libère du donné, du monde, vous vole votre vie mondaine mais vous insuffle l’autre point hors champ qui vous amène libéré de la naissance et mort. Il faut admettre cela, dont nous sommes tous nés, puisque le « moi » intègre précisément qu’il y ait un tel point-autre (dont il donne, pour lui-même, telle ou telle interprétation et surtout tel ou tel altérité ; je suis Pierre Dupond, on voit qui est Pierre Dupond mais qui est « je » ?)

Autrement dit il était absolu que l’intervention ici même du divin intercale dans le donné, le vécu, le corps, le monde et les êtres humains, la dimension ontologique, antérieure ; le processus de modification de la réalité par le réel. Ou si l’on préfère l’interprétation selon la constatabilité ; le christique (ou autre, toute religion, intervention de la dimension) manifeste, révèle, « pour nous », l’interruption du donné, du vécu, du corps ; c’est le moyen qui fut trouvé, par le mécanisme de conscience, pour introduire l’interruption par le mode conscient, forcément, de ce qui outrepasse le conscient ; la forme étant plus grande que les contenus ; puisqu’il est clair qu’étant constitutivement réflexif, notre être pour activer la dimension, purement structurelle, doit la représenter, bien qu’elle ne soit pas de l’ordre de la représentation (et que donc elle utilise la représentation pour se signifier, se désigner, se positionner, positionner le réel dans la réalité et non pas se satisfaire des réalités donnés, pour élaborer sa réflexivité et non pas se contenter des contenus).

Pour laisser apparaitre sa réflexivité, la constitution réflexive de son être, il lui fallait (se) penser ; raison d’être de la philosophie et raison d’être de la sur-activité qui se dénomme esthétique, éthique, politique, humanisation, personnalisation et acculturation de la nouvelle anthropologisation de la méditerranée ; son être qui de ce fait n’est plus un être, un donné déterminé, mais la suréminence de la structure sur, par-dessus toute détermination, tout contenu ; il faut bien qu’une structure non déterminée produise des contenus déterminés, sinon le « système conscient » serait d’une telle lourdeur qu’il serait impraticable et que de fait il existe précisément une structure conscience afin de légèreté et de souplesse ; le système d’un contenu régulant le donné, c’est celui des gènes et du vivant en général, non celui de l’arc de conscience, qui fut inventé, par le monde, le donné, la nature, afin de n’être pas naturel justement et de méta réguler, le « méta » étant précisément ce dont l’identification cause problème, oblige à penser, réflexivement ; seule la réflexivité, la pensée, la méta représentation, celle qui passe en plus du langage, qui adopte une élaboration en plus des contenus, peut rendre compte de cet-être, cet arc de conscience, qui est en lui-même et constitutivement réflexif. Mais esthétiques, éthiques, politiques, idéels (connaissances hors philo) suscitent en l’opérateur, le lecteur l’arc adéquat de conscience ; ces domaines réalisent le calibrage pointu de l’attention, son re-tour, à chaque fois (puisque l’arc et la réflexivité ne produisent pas seulement et d’abord l’universel mais le singulier, chaque arc capable, apte à intégrer la difficulté ; la difficulté du re-tour, des re-tours qu’opèrent chaque œuvre, politique, éthique, etc, qui ne se constituent pas sans effort, comme on a pu le comprendre immédiatement lorsque l’universel, l’universalisation oblige à un décentrement de son égoïsme, mais opération qui avance bien plus loin que le décentrement universel ; la philosophie nantie seulement de l’universel, n’a jamais pu comprendre ce que l’esthétique, le poétique signifie, ce dont il lance le signe, le singulier, qui ne supposent pas uniquement l’universalité mais la singularité de chaque arc. Etant entendu que le singulier se prolonge pas lui-même de sa propre soif d’exister, si il ne se soumet pas à l’universel ; l’universel (qui fut l‘horizon jusqu’à la révolution, l’Etat universel, la Loi, la science, etc) est le prélude, la prédisposition de la singularité (croire en une « immédiateté » c’est croire en ceci ou cela et non pas agir par la structure).

Un par un.

Voir les commentaires